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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 09:52

Ca ne va pas fort pour la monnaie britannique.


Ce graphe, établi d'après les données de la BCE, montre un brutal décrochage de la livre sterling face à l'euro, amorcé l'été dernier, c'est-à-dire pile au moment de l'éclatement de la bulle des subprime.

Aujourd'hui, l'euro vaut 0,80 £, soit, pour utiliser une conversion plus parlante, la livre vaut 8 francs.

On ne voit pas pourquoi la tendance ne se prolongerait pas au moins jusqu'à l'été prochain : cela ferait arriver la livre au cours historique de un euro exactement, et éventuellement plonger sous ce niveau. Voilà qui ne va pas arranger l'amour-propre de nos voisins d'Outre-Manche.

L'économie britannique n'avait pas besoin de cela. Elle est en effet contaminée depuis plusieurs années par la terrible maladie anglo-hollandaise : l'hypertrophie de ses secteurs pétro-gazier et financier a désséché quasiment toute l'activité industrielle du Royaume, car on gagnait plus, en tant que particulier comme en tant qu'entreprise, à s'occuper de finance, d'immobilier ou d'énergie.

Maintenant que la finance n'a plus la cote et que l'immobilier s'effondre, il ne reste plus que l'énergie comme destination porteuse. Mais les champs de la Mer du Nord s'épuisent, les centrales électriques sont vétustes et le Royaume-Uni se trouve aujourd'hui dans la situation - inimaginable il y a quelques années - de devoir importer du gaz naturel après vingt ans d'exportations massives et d'acheter en catastrophe des centrales nucléaires aux froggies.

Car il est hors de question d'investir dans d'autres centrales au gaz, et encore moins dans des centrales au charbon, vu l'envolée des prix sur ce sale combustible. Il reste bien un peu de charbon dans les houillères anglaises, mais son coût d'extraction est prohibitif, contrairement aux USA qui en font toujours une source d'énergie d'avenir.

Côté transports, la situation n'est guère plus reluisante : le système ferroviaire britannique n'a pas retrouvé sa prestance d'avant les années Thatcher, et les compagnies aériennes low cost qui l'ont concurrencé doivent compter les jours avant leur faillite annoncée pour cause de pétrole cher... et de clientèle subitement moins dépensière.

Certains évoqueront l'argument positif classique lorsqu'une monnaie se dévalue : cela favorise les exportations. Mais qu'est-ce que le Royaume-Uni peut encore nous vendre... à part des dettes ?

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commentaires

Phyvette 12/04/2008 00:00

Se n'est pas bien de rire du malheur des autres .
Ce postulat posé, il est un peu jouissif de voir la monnaie de la perfide Albion , tomber par terre (c'est la faute à Thatcher), le nez dans le ruiseau (c'est la faute au PO).
Si la prévision est juste l'été sera Londonien.

Beurk 11/04/2008 21:34

J'attends avec impatience, lorsque dans quelques mois la situation sera singulièrement dégradée, les explications de tous les thuriféraires du modèle anglais.
Bon, je dis cela, mais je suis qu'ils ne se souviendront plus de leurs prises de position passées.