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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 22:57
Dans son dernier courrier, le climatologue médiatique James Hansen sonne le tocsin :
Notre conclusion est que, si l'humanité souhaite préserver une planète similaire à celle sur laquelle la civilisation s'est développée et pour laquelle la vie sur Terre est adaptée, [la concentration atmosphérique en] CO2 doit être ramenée de son niveau actuel de 385 ppm jusqu'à 350 ppm. Nous avons trouvé que le pic de CO2 pourra être contenu à ~425 ppm, même avec des estimations (largement) généreuses pour les réserves de pétrole et de gaz, si on cesse d'utiliser le charbon d'ici 2030 (sauf si le CO2 est capté et stocké) et que les combustibles fossiles non conventionnels ne sont pas significativement exploités. Le pic de CO2 peut être maintenu proche de 400 ppm si les réserves effectives sont plutôt proches de celles estimées par les "piquistes" (les gens qui croient que nous sommes déjà au pic de production mondiale, ayant extrait environ la moitié des ressources pétrolières facile d'extraction).
Ce maximum plus faible de 400 ppm peut être garanti (en supposant qu'on cesse les émissions dûes au charbon d'ici 2030) si une limitation concrète des réserves est mise en oeuvre au moyen d'actions empêchant l'extraction de combustibles fossiles des terres appartenant à l'Etat, des régions off-shore sous contrôle du gouvernement [états-unien], des régions à l'environnement immaculé et des environnements extrêmes.
Contrairement à ce que prétendent encore les piquistes, le pic pétrolier n'atténue donc pas sensiblement  le réchauffement climatique : quelles que soit les réserves de pétrole et de gaz, c'est bien le charbon qu'il faut mater d'ici une génération.

Et en attendant, si on peut éviter d'aller forer en Alaska ou en Arctique (un environnement extrême et immaculé)...

On pourra juste reprocher à Hansen d'oublier les échelles de temps dans son portrait d'un monde au-delà des 450 ppm :
désintégration des calottes glaciaires, montée rapide du niveau des mers, extermination incalculable d'espèces
Ces conséquences funestes, certes réelles, ne seront probablement constatées qu'à la fin du siècle ou au début du suivant. Nous aurons largement le temps d'ici là de nous atomiser mutuellement.

Il est à noter que le courrier de Hansen fait référence à sa toute dernière publication (encore en cours de relecture si notre mémoire est bonne), où il annonce notamment que la sensibilité climatique serait plutôt de 6°C que de 3°C, sur la base d'analyses paléo-climatiques. Gavin Schmidt, qui n'est pas non plus un rigolo sur ces questions, jette un oeil scientifique critique (et anglophone) à ce doublement soudain. Nous consacrerons prochainement un article à ce point de vue.


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