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Economie, innovation, énergie, transports, climat... Un peu de sérendipité technophile dans un monde de brutes.

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Paré à plonger

Science et Vie consacre sa couverture - et un intéressant dossier - à la question de la montée du niveau des mers. La revue met même gratuitement à disposition un simulateur de montée des océans, après le simulateur climatique dont nous avions exploité quelques résultats. La fonte accélérée des calottes glaciaires est également à l'honneur, même si on y apprend peu de choses finalement. Il s'en dégage que les niveaux prévisionnels annoncés par le GIEC l'année dernière sont bien des minimums, et qu'aujourd'hui personne n'est capable de dire comment les choses vont se passer. Après, c'est une question de philosophie : catastrophisme éclairé ("mieux vaut se préparer au pire") ou optimisme prudent ("tant qu'on ne sait rien, inutile de s'affoler").

Même si, "dans notre Ford intérieure" comme aurait dit Bérurier, nous aurions préféré avoir tort, nous sommes satisfaits d'y voir confirmation de nos anticipations concernant le futur préoccupant du littoral dunkerquois et, plus généralement, de nos complexes énergético-industrialo-portuaires.

On y signale notamment un rapport de la Banque Mondiale, publié en 2007, qui fait un état prévisionnel des lieux suite à une élévation de 1 à 5 mètres du niveau des mers, niveau qui semble aujourd'hui le bon ordre de grandeur pour brosser les grandes lignes de notre plan A.

L'attention est attirée sur le fait que les réfugiés climatiques n'apparaîtront pas progressivement d'ici 2100, au fur et à mesure que le niveau des mers monte, millimètre par millimètre. Ces populations seront jetées hors de chez elles brutalement, en quelques jours, suite à une tempête ou un ouragan inhabituellement fort sans forcément être monstrueusement puissant - rassurez-vous, dans le scénario à +5°C, il y en a. On a vu la catastrophe humanitaire qu'a provoqué Katrina (400 000 sans-abris) dans le pays le plus riche du monde, on imagine ce que cela donnera en Asie (taille de lot moyenne estimée : la dizaine de millions).

Plaie d'argent n'est pas mortelle, aussi allons-nous terminer par ce point. Sur le plan financier, une inondation type La Nouvelle-Orléans de villes comme Miami ou Shanghai pourraient rayer des actifs immobiliers mondiaux, en quelques heures, des milliers de milliards d'euro.

Bref, si vous envisagez d'investir dans une résidence secondaire, ne prenez rien qui ne soit au-dessus des 10 mètres d'altitude. L'île de Ré est fortement déconseillée... Si vous préférez la montagne, visez tout de suite 2000 mètres ou plus d'altitude pour être certain d'avoir de la neige en hiver.

Si toutefois vous "craquez" cet été pour une charmante petite maison de pêcheur pas très en hauteur et que vous cherchez à savoir combien d'années vous allez pouvoir en profiter, nous vous conseillons de vous rendre à cette prochaine conférence-débat d'une des plus grandes climatologues françaises, Valérie Masson-Delmotte, qui fera un point up to date de la situation et des perspectives climatiques et répondra à toutes vos questions, le tout pour une somme plus que modique.

En plus, la conférence devrait avoir lieu le jour du minimum de la banquise arctique. Ce sera l'occasion de savoir si le record aura été ou non battu. Toujours selon Science et Vie qui a eu la bonne idée de mettre en application des marchés prédictifs un peu plus sérieux que ce qu'on trouve d'habitude sur le Web, le record a 68% de chances d'être battu.

Nous avons décidé d'être contrarian une fois de plus : pour nous, ce record ne sera pas battu cette année, même si le pôle Nord a effectivement de bonnes chances d'être découvert. Nous jouons donc la baisse, en position longue.


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