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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 12:49
La montée des eaux provoquée par le changement climatique est un sujet sur lequel nous manquons encore de certitudes.

Le rapport 2007 du GIEC, de par son processus consensuel, a fixé la limite basse : 20 à 60 cm. Circulez, il n'y a quasiment rien à voir.

Nous avons précédemment évoqué une étude récente un peu moins optimiste, dont les conclusions laisseraient entendre que le rivage du Pas-de-Calais avancerait de dix kilomètres vers l'intérieur des terres.

L'un des derniers papiers de Jim Hansen se veut résolument provocateur. Plutôt que de maintenir l'hypothèse d'une évolution linéaire et donc très progressive de la fonte des calottes glaciaires, il prend volontairement l'option inverse d'une évolution exponentielle. Il arrive ainsi à une hausse du niveau des océans de 5 mètres d'ici 2100.

L'option est audacieuse, presque irréaliste. Pourtant, c'est effectivement la croissance exponentielle qui semble approcher le mieux aujourd'hui l'évolution des mers et des calottes : de nouveaux records de fonte sont attendus pour 2008, avec une probabilité conséquente que le pôle Nord soit libre de glace cet été, comme l'explique cet article du blog climat-evolution.



Une telle hausse modifierait complètement le paysage de nos régions côtières.

Pour ceux qui connaissent la riante région du Val de Saire, à l'Est du Cotentin, les ports pittoresques de Barfleur et Saint-Vaast-la-Hougue disparaîtront de la carte et une île se formera à quelques encâblures du rivage. Elle restera accessible à pied sec à marée basse, remplaçant ainsi l'île de Tatihou dont seul le sommet de la tour Vauban dépassera des flots.

Plus au Sud, les plages du Débarquement seront également rayées de la carte. Il ne restera, comme souvenirs de cette page d'histoire, que la Pointe du Hoc et le village de Sainte-Mère-Eglise.

Carentan sera probablement sauvée des eaux, car la topographie fait qu'il suffit de rehausser les digues actuelles pour éviter que la cité normande ne subisse le sort de la Nouvelle-Orléans.

Plus à l'Est, Deauville et Trouville pourront être également sauvegardées, mais à la condition de remplacer les fameuses planches par un mur de béton. Le front de mer de Cabourg pourrait devenir une marina, la mer léchant la promenade côtière sans toutefois passer par-dessus - à l'expresse condition que des digues soient construites autour de la ville pour éviter tout contournement.

Par contre, le port du Havre sera complètement englouti, de même que Cherbourg ou Brest. D'une façon plus générale, les ports sont des installations industrielles conçues pour un niveau de la mer précis. Les protéger par des digues est un non-sens, réhausser les quais et les entrepôts coûtera sans doute plus cher que d'en reconstruire de nouveaux, ailleurs...

... une fois qu'on saura plus exactement à quel niveau l'océan cessera de monter.
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commentaires

N
Si le groenland fond la mer montre de 18 m, si le pole sud fond elle monte de 70 m, si les glaciers fondent on peut rajouter un peu de rab, dans tous les cas on est loin des prévisions actuelles destinées à rassurer les populations. En d'autres termes si vous voulez vous en sortir installez vous dans les Pyrénées ou les Alpes et en plus au dessus de 2000 m vous aurez moins de moustiques, prévoyez aussi un peu de terrain pour cultiver vos légumes car il risque d'y avoir des problèmes d'approvisionnement, par ailleurs prévoyez un permis de port d'armes, la tranquilité sociale est loin d'être assurée dans ce cas.
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