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Sur quoi nous fondons-nous pour
prévoir une chute prochaine du baril tout en annonçant un possible franchissement du
"mur des mille dollars" ?
Pour cette dernière prédiction, la réponse est simple : l'inflation. C'est en effet la seule solution dont disposent les pays occidentaux, les Etats-Unis en premier chef, pour résorber leur dette colossale.
Mais qu'est-ce qui ferait s'effondrer le cours du baril à plus court terme, alors qu'il bat
record sur record ? Nous vous livrons ici les résultats de notre
modèle macro-économique inédit. Un petit dessin vaut peut-être mieux qu'un grand discours,
dans le plus pur style des prévisions
piquistes :

Nous y retrouvons notre vieille amie, l'inflation. Celle-ci serait en effet ressortie de son tombeau dès la fin 2001, du fait de l'ouverture en grand des vannes de liquidités par la Fed qui voulait éviter que l'explosion de la bulle Internet, puis le 11-Septembre, ne provoque une crise économique majeure.
Mondialisation oblige, elle s'est très vite propagée à l'ensemble de la planète. En Europe, on a accusé le passage à l'euro, début 2001, d'avoir provoqué une valse des étiquettes : il est probable que l'inflation ait aidé ceux qui effectuait les conversions de prix à avoir la main lourde.
Les matières premières ont donc logiquement commencé à s'apprécier. Cette tendance haussière a intéressé les investisseurs insitutionnels - aussi bien les sages fonds de pension anglo-saxons que les
hedge funds et les banques d'investissement - qui ont ainsi
emballé le marché des matières premières.
Face à ces prix, la demande mondiale a
commencé à s'assagir depuis 2006. Elle ne va pas tarder à décrocher : quand le pétrole devient trop cher, les
possesseurs de 4x4 finissent par avouer comme un seul homme qu'ils conduisent au-dessus de leurs moyens. Cet effet non-linéaire, dû au fait que l'utilisation du pétrole est souvent lié à la composante ostentatoire du
train de vie occidental (
"voyez comme je me déplace") et qu'on accepte plus facilement de perdre la face si on le fait à plusieurs, va provoquer une chute brutale de la demande.
Les pétroliers, qui spéculent actuellement à la hausse avec les autres, vont s'apercevoir les premiers de ce décrochage et changer rapidement de stratégie de couverture. Les
marchés à terme, mal équipés en systèmes de régulation, vont réagir instantanément et sans doute violemment, entraînant le baril vers des cours à deux chiffres.
Voilà pourquoi un baril à $75 vers la fin 2008 ne nous paraît pas impossible : il s'agit d'une simple division par deux de son cours, similaire à celle du NASDAQ entre mars et septembre 2000.
Ensuite, selon la gravité de la crise dans laquelle nous serons plongés, la demande finira par reprendre lentement sa progression... jusqu'à se heurter au
plafonnement de la production pétrolière. Les investissements préventifs n'ayant pas été réalisés pour cause de récession, il n'y aura pas de carburants alternatifs disponibles en quantité suffisante pour que la demande bascule sur eux, et le prix du baril pourra donc poursuivre son ascension vers des sommets
jamais atteints.
Hé oui ! Selon notre modèle, la hausse des prix du pétrole depuis le début du siècle n'est pas du tout dûe au
pic pétrolier. A la rigueur, le pic a servi d'argument aux acteurs des marchés financiers pour
maintenir la cadence. Mais patience, c'est juste une question de temps.
Pour les prévisions au-delà de 2020, c'est
ici...
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Cet article a été publié sur AgoraVox sous le titre Pétrole : bientôt mille dollars le baril