Economie, innovation, énergie, transports, climat... Un peu de sérendipité technophile dans un monde de brutes.
Cette fois-ci, nous avons décidé de nous projeter exactement 50 ans en arrière, en nous plongeant dans le numéro 471 de Paris-Match, publié le 22 avril 1958.Avec les explosions thermonucléaires et la quantité de chaleur qu'elles emmagasinent sous terre, on pourra produire de la vapeur à bon marché, de l'énergie deux cent fois moins chère que celle du charbon. On pourra créer des lacs artificiels, maintenir ouverts toute l'année le Saint-Laurent et la Volga, gagner à la culture des milliers d'hectares aujourd'hui gelés, épuiser totalement les puits de pétrole (on ne les exploite aujourd'hui qu'à 20 ou 25%), utiliser les couches profondes des gisements de houille.Un article paru dans Science et Vie la même année détaille un peu plus la vision aussi originale que dérangeante de M. Rougeron, pour ceux qui aiment la vraie science-fiction.
Indépendamment du problème politique posé par son utilisation militaire, la bombe H peut offrir à l'homme des utilisations pacifiques illimitées. Tout pays qui la possédera pourra mutliplier, du jour au lendemain, ses réserves d'énergie, devenir totalement indépendant des pétroles du Moyen-Orient, du canal de Suez, de toutes les ressources énergétiques d'outre-mer. Et cela, pour plusieurs centaines d'années.
Déjà, les grandes compagnies pétrolières sont sur l'affaire.Cinquante ans plus tard, Total commence effectivement à envisager de construire une centrale nucléaire au Moyen-Orient... Il était temps.
De ce monde d'il n'y a pas si longtemps où chaque Français consommait moitié moins de pétrole qu'aujourd'hui (cf. courbe ci-contre), les publicités ou "réclames" donnent une image sobre : en ville, la seule alternative aux transports en commun est le scooter - et nous prévoyons d'ailleurs son retour généralisé pour dans quelques temps - la voiture restant cantonnée aux grands trajets exceptionnels :Simca Ariane, le temps des vacances chaque fois retrouvé...Mis à part un ou deux objets dont l'usage doit commencer à échapper aux jeunes générations, comme ce "Mignon" de Philips ("le premier tourne-disques 45 tours automatique"), la vie quotidienne du Français de 1958 est loin de ressembler aux rêves décroissants de certains piquistes, qui s'imaginent condamnés aux années noires de l'Occupation dès que la production pétrolière commencera à décliner.