Le méthane (CH
4) est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO
2 - son pouvoir réchauffant est une vingtaine de fois plus élevé - mais il est plus rapidement détruit par le rayonnement solaire, qui le transforme en... CO
2 et en vapeur d'eau. Il représente toutefois un sixième des émissions d'origine anthropique.
On a souvent l'habitude de résumer ses sources d'émissions aux ruminants et, plus généralement, au monde agricole. Les
statistiques environnementales proposées au public par l'Energy Information Administration (EIA), agence d'information dépendant du
DoE américain, montre une réalité plus complexe concernant les émissions états-uniennes.

Car, bien avant la fermentation entérique - une jolie expression savante pour désigner l'origine des flatulences des ruminants - on trouve deux sources bien plus industrielles : le traitement des déchets, notamment les dégagements issus des décharges, et la chaîne d'approvisionnement en gaz naturel. L'extraction du charbon est également une cause conséquente d'émissions de méthane, avant la décomposition des bouses et autres fientes. La culture du riz, parfois présentée comme cause importante, reste par contre anecdotique aux Etats-Unis.
Bref, aux USA, le méthane vient plus des poubelles et de l'industrie gazière que que des
hamburgers sur pattes.
Nous avons déniché une autre
étude qui couvre cette fois-ci le périmètre USA-
BRIC-Mexique - dommage qu'elle ait fait l'impasse sur le Moyen-Orient, dont les
"Oil & Gas Systems" - comprenez l'amont de l'industrie pétrogazière - ne peuvent que laisser échapper force méthane. Identifiant près de la moitié des émissions annuelles - contre moins de 10% pour les seuls Etats-Unis - elle redonne plus d'importance à cette fameuse fermentation entérique, sans pour autant nier le rôle important de l'industrie charbonnière et pétrogazière.