
Nous avons déjà répondu
oui à cette question, mais on est loin de la riante
croissance verte que certains nous rêvent déjà, dans le même style niais de la campagne de pub
"On imagine" de Microsoft : lampadaires-éoliennes, citoyens souriants en vélo couché, panneaux solaires sur les toits et... et c'est à peu près tout car on est vite à court d'idées dans ces démarches de "verdissement" (en anglais
greenwashing) de l'urbanisme.
Certains maires
"green-gling", comme celui de
Limeil-Brévannes, cherchent à le faire croire en rebaptisant éco-quartiers de méchants lotissements implantés dans des ZAC ravitaillés par les corbeaux et hâtivement barbouillés d'une couche de peinture verte bon marché.
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Les maisons y seront sans doute un peu plus vertueuses sur le plan de l'efficacité énergétique que les "maisons de maçon" des années 1990, mais leurs habitants gaspilleront rapidement l'économie réalisée en devant se déplacer en voiture pour la moindre course, les transports en commun étant totalement absents de ces bruyants projets destinés à flatter l'ego du maire et accessoirement à accélérer la construction d'infrastructures routières supplémentaires, comme le montrent les
études d'impacts de la circulation.
Ajoutons à cela que la centrale à biomasse vantée par l'agumentaire de ce
"Quartier des Temps Durables" se chargera de dégrader la qualité de l'air - déjà loin d'être au top - en rejetant ozone, particules et oxydes nitreux directement dans les poumons des passants.
Cela nous rappelle ce désopilant
"impliable" signé Goscinny, décrivant l'idyllique vie des futurs habitants du Domaine des Dieux, sur les pelouses duquel
"gambadent les sangliers" - mais se gardant bien de leur parler du village gaulois.
Ne nous trompons pas : face au changement climatique, ce qui est à construire en priorité, ce sont des digues contre les risques accrus de crues et des barrages-réservoirs pour mieux gérer la ressource en eau. Pour l'habitat, la rénovation est la voie prioritaire, et on pourrait même se demander s'il ne faudrait pas détruire, une fois pour toutes, tous ces
lotissements pavillonnaires excentrés, que leurs habitants ruinés abandonneront tôt ou tard.