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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 07:56
A gauche d'un article récent du Monde sur la capture et le stockage du carbone (CCS), un encadré signale que Greenpeace, dans un rapport publié le 6 mai dernier et intitulé Faux espoir (False hope) - comme un de nos articles, d'ailleurs - explique "pourquoi la captation et le stockage du carbone ne sauvera pas le climat".

Cette nouvelle posture aussi radicale que provocatrice ne nous étonne qu'à moitié, il y avait eu des prémisses dont nous avions fait écho.

Comme d'habitude, il ne s'agit que d'une plaquette de propagande : aucune étude propre ne vient corroborer la position martelée par l'ONG tout au long des 44 pages de ce document qui pourrait faire sienne l'ancienne devise de Paris-Match : "le poids des mots, le choc des photos".

Greenpeace se contente en effet de citer les études scientifiques qui vont dans le sens de son pitch (en français : boniment), ce qui donne un aspect argumenté, pseudo-scientifique, à l'opuscule, et de conclure par son célèbre leitmotiv :
Le marché des énergies renouvelables est en plein boom. En 2007, l'investissement annuel mondial dans les renouvelables a dépassé les 100 milliards de dollars.
Crise subprime oblige, on est curieux de savoir si ce montant sera aussi élevé en 2008. Pour avoir une idée de ce que représente 100 milliards de dollars d'investissement à l'échelle de l'économie mondiale, nous vous recommandons un petit tour sur notre page des ordres de grandeur, qui vous permettra de calculer que la seule Russie dépense à peu près ce montant chaque année pour construire de nouvelles centrales au charbon et au gaz, sans CCS bien entendu.
Des décennies de progrès technique ont rendu opérationnelles des technologies comme les éoliennes, les panneaux solaires photovoltaïques, les centrales électriques à biomasse et les collecteurs solaires thermiques.
On l'aura compris : cette année Greenpeace a obtenu des budgets publicitaires importants de la part de l'industrie des énergies renouvelables. Qu'une part importante des émissions de CO2 proviennent du secteur du transport, pour lequel les éoliennes ou les centrales à biomasse ne sont d'aucun secours, ne pose pas de problème au rédacteur de ce vibrant hymne aux technologies "vertes".
Les mêmes décideurs dans le domaine du climat, qui étaient sceptiques quant au CCS, croient bien plus à la capacité des technologies renouvelables à obtenir des réductions d'émissions de gaz à effet de serre : 74% ont exprimé leur confiance dans l'eau chaude solaire, 62% dans les fermes éoliennes offshore et 60% dans les fermes éoliennes terrestres.
Nous tombons là dans le discours typique du vendeur de lessive et des 49 marques de lave-linge qui recommandent son produit. Inutile de pousser plus loin la traduction, nous n'allons pas tarder à tomber sur le bon de commande.

Il y en a qui se plaignent de la faible transparence de telles organisations : dans le cas présent, il est pourtant facile de comprendre d'où vient l'argent.

  greenpeace-omo-like.jpgEn cherchant à ralentir voire empêcher le déploiement du CCS - et donc en permettant à plusieurs milliards de m3 de CO2 de plus de rejoindre l'atmosphère - on peut se demander si les auteurs de cet article ont conscience du fait que les prochaines générations pourraient un jour les poursuivre pour apologie de crimes contre l'humanité.

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Published by Aerobar Films - dans Dérisoirement Durable
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