Notre
dernier article à propos du prix du pétrole nous a valu un courrier de qualité.
Nous avions alors utilisé un raisonnement purement analogique pour estimer qu'en dollars 2008, le prix du baril pourrait descendre jusqu'à $30 si la demande s'effondrait sérieusement d'une fait d'une grave dépression économique.
On nous a opposé un raisonnement par les coûts marginaux : celui-ci reste valide, mais il suffit d'une réduction suffisamment forte - nous avons bien parlé d'un effondrement et non d'une simple baisse - intuitivement de l'ordre de 20% de la consommation actuelle, pour que le pétrole non conventionnel ne se vende plus du tout, la production de brut conventionnel suffisant à étancher la soif modeste d'un monde tournant au ralenti.
Nous en avons profité pour aller butiner un peu sur le site de l'IEA, qui a publié quelques statistiques intéressantes sur le
prix de production complet (incluant les coûts d'exploration et de développement) d'un baril :
Pour faciliter la comparaison avec les prix actuels, nous avons augmenté de 25% les coûts publiés (datant de 2006) pour tenir compte de la dévaluation du dollar.
En appliquant la théorie du prix marginal, on voit qu'un prix de $30 peut être atteint dès que les productions
offshore états-uniennes et "Divers Occident" (
Other Western Hemisphere), soit environ 20% de la production mondiale selon ces
estimations, se retirent du marché. CQFD.
Ce retrait a sans doute déjà commencé : cette année, les ouragans atlantiques perturbent peu l'industrie pétrolière
offshore du Golfe du Mexique, comme si elle fonctionnait déjà au ralenti.
Pour vous donner une idée de la crise économique qui sous-tend une telle chute de la consommation :
- le second choc pétrolier a fait baisser la consommation mondiale de 10% en 5 ans
- la chute de l'URSS a réduit de 40% sa consommation nationale
Ce qui s'annonce pour le monde entier se situe donc entre les deux !