Economie, innovation, énergie, transports, climat... Un peu de sérendipité technophile dans un monde de brutes.
A partir du 20 mai, le Congrès a tenu de multiples auditions sur le sujet de la spéculation excessive sur les marchés pétroliers et de multiples projets de loi furent introduits pour prendre des mesures sévères contre les spéculateurs. Il est probable que cette attention soutenue de la part du Congrès a fait que de nombreux spéculateurs sur les fonds indiciels y ont abandonné leurs positions.Le graphique ci-dessus, extrait du même rapport, apporte quelques données factuelles incontestables : il montre (aire bleue) que l'augmentation brutale des sommes investies dans les futures de WTI est directement corrélée à celle du prix du pétrole - et idem dans l'autre sens.
Après avoir nié l'évidence, l'organisme de régulation chargée de jouer le gendarme sur ces marchés a fini par avouer, lors de sa dernière audition par le Congrès le 11 septembre dernier :De l'aveu même du régulateur américain des Bourses de commerce, les intérêts spéculatifs ouverts sur le pétrole brut de qualité WTI coté par le Nymex (New York Mercantile Exchange) ont atteint 70 % du total contre seulement 37 % en 2000. Pourtant, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) se déclare incapable d'identifier le principal responsable de la volatilité des cours agricoles et énergétiques. Entre les fondamentaux et la spéculation, elle se refuse de trancher (Les Echos)et a expliqué sa lenteur de réaction et son impuissance par l'argument classique du manque de moyens :
L'Agence fonctionne en-deçà de son budget de 111 millions de dollars et les effectifs sont au plus bas niveauAvec 100 millions de dollars, c'est bien connu, il est impossible de faire quoi que ce soit ! Les blogs et les forums qui décryptent l'actualité sur la Toile disposent effectivement de budgets sans commune mesure...
Qu'il y ait une chute réelle et durable de la consommation dans l'OCDE, du fait de l'appauvrissement des ménages et du ralentissement de l'activité industrielle et commerciale, et le pétrole redeviendra surabondant.. L'OPEP sera incapable de maintenir les prix hauts : la plupart des pays qui la constitue ont besoin de la manne pétrolière pour maintenir à flots leur économie, voire pour maintenir le régime politique en place. Ces pays se battront entre eux pour capturer le plus de volumes et minimiser leur perte de revenus, ce qui fera chuter les prix, plutôt que de parvenir à s'entendre sur le maintien d'un prix élevé. Et les quelques rares investisseurs toujours présents sur les marchés de pétrole-papier préféreront jouer la baisse tant qu'une situation de pénurie ne se sera pas déclarée pour de bon - ce qui ne devrait pas survenir avant 5 à 10 ans, si la crise économique qui pointe le bout de son nez est effectivement, comme certains commmencent à le dire, d'une gravité équivalente à celle de 1929.