Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Economie, innovation, énergie, transports, climat... Un peu de sérendipité technophile dans un monde de brutes.

Publicité

Elémentaire mon cher Watson

Bob Watson, conseiller scientifique du gouvernement britannique et ancien président du GIEC, a officialisé la position pragmatique que nous avions évoquée comme le "plan A du climat".

Dans un entretien accordé au Guardian le 7 août dernier, il déclare que le Royaume-Uni devrait immédiatement commencer à se préparer à un réchauffement de +4°C de température planétaire.

L'impact d'un tel réchauffement est plus ou moins important selon les sources. Le Guardian s'appuie sur le consensus scientifique aujourd'hui en vigueur :
Selon le rapport Stern de 2006 sur l'économie du changement climatique, de 7 à 300 millions de personnes supplémentaires devraient être concernées par des inondations maritimes chaque année, il y aurait un réduction de 30 à 50% de la disponibilité en eau en Afrique du Sud et dans les pays méditerranéens, tandis que les rendements agricoles devraient décliner de 15 à 35% en Afrique, tandis que 20 à 50% des espèces végétales et animales devraient être frappées d'extinction.

Au Royaume-Uni, les impacts les plus significatifs devraient être l'élévation du niveau de la mer et des inondations dans l'intérieur des terres. Les climatologues prédisent également une augmentation des pluies diluviennes en hiver et des étés plus secs.
Mark Lynas, auteur de Six Degrees, donne une vision plus apocalyptique d'une telle élévation de température :
La plupart de l'humanité sera à court d'eau la boisson et l'irrigation : les glaciers des Andes et de l'Himalaya, qui alimentent les systèmes fluviaux dont dépendent des dizaines de millions de personnes, auront fondu, et leurs rivières seront périodiquement à sec. Des systèmes météorologiques complets, comme la mousson asiatique dont dépendent 2 milliards de personnes, pourraient être altérés de façon irrévocable. Des déserts auront envahi l'Europe méditerranéenne, pratiquement toute l'Afrique du Sud et la moitié ouest des Etats-Unis. Les latitudes plus septentrionales seront frappés d'inondations régulières. Des vagues de chaleur d'une férocité inimaginable calcineront les paysages continentaux : le Royaume-Uni devrait faire face aux températures estivales qu'on trouve aujourd'hui dans le nord du Maroc. La planète sera au beau milieu d'une extinction massive de la vie qui approchera en ordre de grandeur celle de la fin du Crétacé, il y a 65 millions d'années, quand près de la moitié de la biodiversité mondiale a été effacée.
Lynas résume la position de Watson en une phrase lapidaire qui serait selon lui la rengaine de tous les négociateurs en matière de climat : "mitigate for two degrees, adapt for four" - en clair, mettez en place des mesures atténuatrices pour ne pas dépasser +2°C, mais préparez tout pour +4°C.

Les discussions actuellement en cours à Accra
montrent d'ailleurs que nous sommes encore loin d'un consensus d'action préventive un tant soit peu sérieux :
Plusieurs propositions ont été avancées afin de financer la protection des forêts. L'Arabie saoudite a par exemple suggéré de lever un impôt sur l'industrie forestière.
Plutôt que de taxer le carbone, taxer la mauvaise foi permettrait sans doute de récolter rapidement les fonds nécessaires à la prévention climatique !

L'article du Guardian se conclut par une déclaration surprenante mais logique de Bob Watson : la pollution effrayante actuellement générée par les centrales chinoises et indiennes fonctionnant au charbon "sale" - relâchant des gaz soufrés dans l'atmosphère - nous donnerait un "bonus" de -100 ppm de CO2, les sulfures ayant un effet globalement refroidissant. Que l'Orient passe à la technologie du charbon "propre" comme l'a fait l'Occident  ferait faire un bond équivalent à +100 ppm à l'aiguille de notre carbonomètre ci-contre...
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article