Que l'avion devient un moyen de transport de moins en moins à la portée de toutes les bourses, tout le monde commence à en convenir.
La baisse du trafic aérien, l'extension de la classe affaires
au détriment de la classe économique font partie des indicateurs qui devraient bientôt confirmer quantitativement ce changement de tendance.
Un autre indicateur, qualitatif celui-ci, est la façon dont les avionneurs segmentent leurs marchés.
Depuis plusieurs années, Airbus publie un état officiel de ses
commandes et livraisons, classées par zone géographique d'origine de ses clients, essentiellement des compagnies aériennes. Depuis que l'avionneur existe, il y a toujours eu de temps à autre quelques clients atypiques : des hyper-riches, du genre émir, qui répugnent à prendre un avion de ligne pour emmener leur harem faire les soldes. Le caractère marginal de cette activité ne justifiait pas d'isoler ce segment particulier de clientèle.
Le dernier état d'Airbus paru, daté de
juin 2008, isole désormais ce segment du
business as usual :

Certes, ces avions ne représentent aujourd'hui que 2% du parc Airbus ou du carnet de commandes. Mais les marges commerciales réalisées doivent être confortables, sans parler du fait que le client doit sans doute payer cash.
Et si, non content de leur offrir un onglet, Airbus les place désormais en tête de classement, c'est probablement parce qu'on estime à Toulouse qu'
il y a de l'avenir dans ces caprices de grands fortunés.
Par contre, on cherchera en vain l'A400M, l'avion de transport militaire, dans ce même état, sans doute parce la filiale en charge de son développement, Airbus Military, se considère entièrement dédiée au marché des joujoux peints en kaki
Gageons que les choses finiront par évoluer : plus économique du fait de sa propulsion à hélices, l'A400M pourrait faire un bon avion de transport civil, se posant en successeur du mythique
DC-3. Une alternative bon marché à
l'option techno-futuriste... si on accepte de faire l'impasse sur le confort et le bruit !
Ce serait le retour à une aviation vrombissante et cahotante, plus évocatrice de péripéties et d'aventures - l'aviation de Tintin et des génériques d'Indiana Jones.