Tandis que le baril fait parler de lui quasiment tous les jours, le
charbon liquéfié (
coal-to-liquids ou CTL) poursuit sa lente mais sûre progression.
Si l'on en croit la dernière
newsletter de
FutureCoalFuels, le lobby états-unien qui en assure la promotion, le premier débouché en vue est le transport aérien, en concurrence avec le
GTL (
gas-to-liquids).
Sasol, l'industriel sud-africain qui en produit tous les jours par milliers de barils, a réussi un très beau coup en faisant certifier, par les différentes autorités aéronautiques internationales
ad hoc, les carburants liquides que ses procédés sont capables de fabriquer. Il offre ainsi une alternative dûment labellisée à tous les pays qui dépendent fortement du transport aérien et qui disposent de charbon à défaut de pétrole :
Etats-Unis, Australie, Chine, Russie... et même le Royaume-Uni.
Car il ne s'agit pas forcément de maintenir à flots les compagnies
low-cost qui, de l'autre côté de l'Atlantique, ferment leurs portes les unes après les autres par cause de
pétrole cher mais aussi par disparition subite du crédit bancaire,
crise subprime oblige, par lequel ces compagnies se maintenaient à flot. Comme le signalait hier
Les Echos :
En moins de dix jours, pas moins de cinq petites compagnies américaines ont en effet dû cesser leurs activités ou déposer le bilan. Dernier en date, Frontier Airlines s'est placé vendredi dernier sous la protection de la loi des faillites. La compagnie de Denver poursuit néanmoins ses opérations, contrairement à Aloha Airlines, ATA, Skybus et Champion Air, qui ont dû cesser tout ou partie de leurs opérations au début du mois. Si les profils de ces transporteurs divergent, tous se disent victime du baril à plus de 110 dollars.
Pour un pays "charbonnier", l'enjeu national du CTL est double : créer de l'emploi dans la filière charbon - en ces temps
électoraux, voilà un
argument qui fait sens - et disposer d'une source d'approvisionnement sûre pour son armée. La même
newsletter de
FutureCoalFuels signale en effet que l'US Navy envisage de construire une unité CTL dans l'Indiana, dans le sillage de l'US Air Force qui pense en monter une dans le Montana.