Economie, innovation, énergie, transports, climat... Un peu de sérendipité technophile dans un monde de brutes.
Nombreux sont ceux qui prédisent l'effondrement de l'économie occidentale, soit parce qu'elle est trop endettée (monétaro-piquistes), soit parce qu'elle ne saura résister au renchérissement des ressources naturelles (pur piquistes).
Pourtant, certains indices pourraient laisser penser que le futur de la nouvelle hyper-puissance OCDE est en train de s'écrire sous nos yeux. Par exemple dans un article récent du Monde :
A Paris, acheter un logement devient quasi impossible
Avec un prix moyen du mètre carré frôlant les 7 000 euros, et trois arrondissements où il dépasse 9 000 euros, Paris est une ville désormais inaccessible à ceux qui n'ont que leur salaire pour vivre.
On pourrait en effet alimenter la croissance mondiale pendant plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, en remplaçant le moteur industriel, alimenté aux fossiles, par un moteur immobilier, alimenté par une spéculation organisée. Il suffirait, comme dans Paris et d'autres grandes villes, savoir gérer la pénurie d'habitations, travailler l'urbanisme dans le sens qui fait monter le prix au m², savoir raser les quartiers louches au bon moment pour les réhabiliter de façon spectaculaire.
Sur ce plan, l'Europe et le Japon dispose d'un savoir-faire plus que millénaire en matière d'embellissement et de densification des villes : sauf à de rares endroits, les Américains ne savent que construire à neuf puis laisser pourrir. Il suffit de jouer une heure ou deux à Sim City pour s'en convaincre. Mais nous n'avons qu'un peu d'avance, si le vent tourne au développement immobilier durable, la compétition deviendra vite féroce et mondiale : les jeunes générations ont de moins en moins le sens du terroir, partir à plusieurs milliers de kilomètres ne les dérangera pas plus que ça. Du moment qu'ils conservent leur adresse e-mail et leur numéro de GSM...
Et il n'est pas si lointain, le jour où les statisticiens internationaux remplaceront le PIB par la valeur du patrimoine immobilier d'une nation pour juger de sa puissance financière ; un tel changement d'indicateur ira de plus dans le bon sens, puisqu'on passe à une mesure de flux à une mesure de stock, plus représentative de la richesse. Et les environnementalistes comme les anti-nucléaires seront ravis : hors de question de laisser des zones polluées et encore plus des centrales nucléaires dans le paysage - quoiqu'on doit pouvoir enterrer ces dernières...