Economie, innovation, énergie, transports, climat... Un peu de sérendipité technophile dans un monde de brutes.
Il est temps de revenir à une petite séance de scrutation de spaghetti avec la mise à jour de nos fameux indicateurs mensuels du prix du pétrole selon différentes devises et donc, selon différents points de vue.
Rappelons que nous avons choisi comme référence le baril de Brent. Il fallait bien en prendre une, mais celle-ci s'éloigne par fois assez sensiblement de l'autre référence la plus courante, le pétrole dit WTI (World Texas Intermediate) et c'est le cas en ce moment : le baril de Brent est en gros dix dollars plus cher que le WTI, pour des raisons conjoncturelles assez mystérieuses et pas forcément très avouables par ceux qui fixent ces prix.
On nous sert un peu de storytelling : les pétroliers qui alimentent l'Europe n'oseraient plus franchir le canal de Suez à cause des événements en Egypte - pourtant ils n'hésitent pas à se frotter aux pirates qui hantent le large de la Somalie - et donc le pétrole écossais connaît une brutale surcote par rapport à l'huile texane qui est loin de tout ça.
Pendant ce temps, une pénurie frappe de façon discrète la plupart des usines automobiles occidentales :
Pour faire face à l'extraordinaire croissance de la Chine et dans une moindre mesure à celle de l'Amérique du Nord, les groupes automobiles imposent un train d'enfer à leurs fournisseurs, qui ont du mal à suivre au sortir de la crise. L'usine de Volkswagen située à Wolfsburg, en Allemagne, va même devoir renoncer à travailler aujourd'hui faute de moteurs et d'autres composants en nombre suffisant.
Ces mystérieux "composants" en rupture d'approvisionnement sont essentiellement électroniques et proviennent de... Chine bien entendu. Il semblerait pour le moment que ce soit une simple défaillance de la chaîne d'approvisionnement, un effet rebond de la crise d'il y a deux ans.On attendra un peu avant de crier à la guerre économique totale Occident-Chine, même si ça doit énerver certains de ne pas pouvoir fabriquer une grosse berline de 30 000 € parce qu'il manque un composant à 0,10 €...
Bon, revenons à nos barils :
En minutes de travail, le gazole est repassé bien au-dessus des 8 minutes de SMIC et le SP95 s'approche des 10 minutes, soit un retour aux niveaux des pointes de 2005 et 2006. On est encore loin du record de l'été 2008, record tout relatif car, rappelez-vous, en pouvoir d'achat c'est en 2000 qu'eut lieu le plus important "choc à la pompe" des quinze dernières années.