
Un sac de pommes de terre s'est de nouveau vendu hier à plus de 100 € sur le marché aux fruits et légumes d'Arras. Les analystes picards se perdent en conjectures sur les raisons géopolitiques qui ont poussé les cours à ce paroxysme. On évoque les négociations difficiles entre un planteur vénézuélien haut en couleur et un fabricant de chips américain, l'incendie d'une boutique de frites au sud de Liège et, au-dessus de la mêlée, la
politique du syndicat des grands producteurs agricoles de l'OPEPT (Organisation des Paysans Exportateurs de Pommes de Terre) dont l'intérêt est bien entendu la maximalisation du revenu de ses membres. Le retour des beaux jours va également pousser les habitants du Nord de l'Europe à consommer moult cornets de frites lors des Carnavals : c'est la fameuse
frying season.
L'imminence du
Pic de Parmentier est parfois évoqué, mais il ne tracasse en pratique que les transformateurs de pomme de terre, qui seront alors confrontés à une baisse de leur activité - à moins qu'ils ne vendent leurs usines entretemps, ce qu'ils sont justement en train de faire, comme par exemple
British Potato (qui cherche à se renommer
Beyond Potato) - de même que les "fritures" parsemant nos routes nationales qui n'auront pas su se diversifier dans les
panini ou les
bretzel. La plupart des consommateurs se retourneront sur d'autres produits, certes moins goûteux mais toujours abondants, en attendant le fameux Pic Féculents qui devrait survenir dans une trentaine d'années (voir graphe ci-dessous).