
Selon les
mesures du NOAA, la concentration de l'atmosphère en CO
2 a désormais franchi la barre des 384 ppm (parties par million), comme le montre le graphe ci-contre.
En données mensuelles, nous sommes dans une période de forte concentration : la végétation au repos dans l'hémisphère Nord ne joue pas pleinement son rôle de puits de carbone. La concentration devrait commencer à redescendre à la fin du printemps.
On note tout de même que le point bas de 2007 est au niveau du point haut de 2005.
Si
on prend un peu plus de recul et qu'on considère les principaux gaz à effet de serre (le CO
2, le méthane CH
4, l'oxyde nitreux N
20 et deux CFC) responsables à eux cinq de 97% de l'effet de serre anthropique, on s'aperçoit que le CO
2 a représenté en 2006 environ les deux tiers de cet effet, et non la moitié comme on le trouve souvent dans la littérature, cela sans doute parce que beaucoup s'en tiennent aux constats faits dans les années 1990.
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En effet, la concentration en méthane a ralenti sa croissance à partir du début des années 1990 et plafonne depuis 2000 (on le voit très nettement
ici). Cela ne signifie pas du tout que les émissions ont cessé : le méthane a une durée de vie limitée dans l'atmosphère, car il est dégradé par les rayons du soleil (en eau et en... CO
2) au bout d'une dizaine d'années. La situation stationnaire actuelle s'explique donc par un équilibre entre les émissions et la dégradation d'origine solaire.
Pour expliquer la baisse des émissions, la NOAA invoque des "changements dans l'ex-URSS" (serait-ce la généralisation du
torchage ?) tandis qu'une équipe internationale de climatologues pointe du doigt
la réduction des zones inondées : finalement, la sécheresse peut avoir de bons côtés. On peut aussi suspecter l'existence d'un effet de seuil, non encore explicité, du système climatique planétaire, tellement le phénomène est mathématiquement régulier.
Mise à jour de mai 2008 : quelques nouvelles fraîches et factuelles sur le permafrost et le méthane peuvent être trouvées sur le blog climat-evolution.
Cette carte, malheureusement non datée, de la
NASA montre la répartition des principales sources de méthane atmosphérique :

Plus que le CO
2, qui continue pour l'instant sa croissance inexorable (de même que le N
20, soit dit en passant), c'est l'évolution du méthane qu'il faut surveiller de près en ce moment, la fonte du permafrost arctique étant susceptible d'en libérer des quantités.
De plus, la production de pétrole et de charbon étant actuellement au taquet, celle de gaz naturel (nom commun du méthane) bat son plein, ce qui accroît mécaniquement les pertes par fuites.