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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 07:00
Tandis qu'une partie de la presse écrite cherche désespérément à se réinventer sur Internet, les réseaux sociaux sont à la mode : du précurseur LinkedIn jusqu'au surmédiatisé Twitter, on ne sait plus où donner du clic.

Grâce au talent prospectif qui fait notre renommée, nous sommes en mesure de vous annoncer l'arrivée prochaine d'une nouvelle génération de réseaux virtuels, les réseaux asociaux. Car si l'homme a un côté aimable et sociable, il a aussi un côté haïssable et haïssant tout aussi développé, comme nous l'a laborieusement rappelé Hollywood dans une double trilogie à grand spectacle.

Le premier sera bien évidemment l'inverse de Facebook - appelons-le Assbook pour cette raison.

Plutôt que d'y dresser votre liste d'amis et vous intéresser à leurs activités aussi dérisoires qu'ennuyeuses vous y établirez, façon FBI, le classement de vos ennemis. Vous pourrez aussi voir leur propre réseau d'ennemis, de façon à pouvoir comploter en toute impunité et anonymat avec les ennemis de vos ennemis, qui selon toute logique pourraient être vos amis. Vous y afficherez également votre statut, mais dans le but évident de les énerver et non de les amuser. Enfin un site où le côté obscur de votre ego pourra étaler sa suffisance : selon votre âge, votre statut sera "G U la meilleure note en math tralala", "mon bonus est plus gros que le tien" ou encore "j'ai une meilleure retraite que vous", éventuellement émaillé d'apostrophes prédéfinies comme "bouffon" ou le très politiquement correct "pauv'con".

On peut avoir envie de dire du mal de quelqu'un sans qu'il soit vraiment un ennemi. Le site SuperGossip vous permettra de vous épandre sur vos ex, vos collègues, votre supérieur hiérarchique, les personnalités politiques que vous avez dans le nez, etc. Idéal pour répandre rapidement quelques bonnes rumeurs bien malsaines ! Les recruteurs vont adorer : leur travail consistant à faire le tri dans le flot de candidatures, ils vont pouvoir se contenter de traquer le défaut qui tue - il y en a toujours un - plutôt que de chercher le candidat idéal. Ha bon, ils  font ça déjà ? Hé bien, disons qu'ils vont gagner en productivité.

Une variante de SuperGossip sera le site DeadLinks, où on pourra dénigrer toute personne à la seule condition qu'elle soit décédée. Après tout, pourquoi seuls celles et ceux qui vivent en ce moment auraient-ils la chance de voir leur réputation traînée dans la boue et exposée aux yeux du monde des internautes jusqu'à la Fin du Cyber-Monde ? Ceux qui pensent qu'on ne doit pas dire de mal des morts ne sont pas mûrs pour le XXIème siècle, et seront sans nul doute des cibles de choix de SuperGossip. Grâce à des passerelles entre DeadLinks et SuperGossip, il sera même possible de voir si votre mauvaise réputation tient plus de l'innée ou de l'acquise.

Sous ces dehors peu agréables à première vue, ces sites pourraient en fait nous rendre de nombreux services : par exemple, vos parents et vos vrais amis cesseront de vous inviter en même temps que Y. ou les X. qu'ils croyaient faussement de vos relations et que vous ne pouvez en fait pas/plus encadrer. Ils sauront aussi que vous n'aimez pas la tarte au concombre, que vous vous embêtez comme un rat mort quand on vous envoie en vacances dans la ferme de Grand-Papa ou que la perte de votre cher(e) époux(se) était en fait une délivrance.

Et surtout, face à ces déballages nauséabonds constamment renouvelés, ils cesseront de regarder qui vous êtes sur le Net et préfèreront le découvrir en discutant avec vous en face-à-face, à l'ancienne, en se moquant non pas du qu'en-dira-t-on mais du qu'en-a-t-on-dit.
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 07:00
Rassurez-vous, tout sera encore là demain matin.

Notre titre certes racoleur n'avait pour but que d'exprimer un point de vue propectif sur l'avenir proche du quotidien naguère de référence, le Monde.

Sur son flux RSS de dimanche dernier, on pouvait lire :
Comment s'informer sur l'épidémie de grippe porcine

Sources officielles, journaux mexicains, alertes Twitter, forums : les sources d'informations disponibles sur la grippe porcine.
Bon, il ne s'agit pas d'un article "officiel" du journal du soir, mais de celui du blog de Francis Pisani, le correspondant permanent du Monde dans le monde californien du Web 2.0.

Au menu de cet article, une foule de liens vers des sites très sérieux, comme le Center for Disease Control états-unien, ou bien vers des inutilités notoires comme ce désormais très médiatique Twitter - mais pas un seul lien vers le site du Monde lui-même, qui paraît ainsi ne plus être une source d'information valable sur ce sujet pourtant légèrement plus important que les derniers bons mots de Ségo.

N'empêche que cela fait drôle de voir, sur le site officiel d'un journal qui nous avait habitué en son temps à du journalisme d'investigation, un de ses rédacteurs expliquer quelles recherches auprès de quelles sources le lecteur doit lui-même effectuer pour être informé sur l'actualité.

Hé oui, sur lemonde.fr 2.0, c'est le lecteur (de préférence abonné) qui fait le contenu !

C'est vraiment devenu cool, le boulot de journaliste, boulevard Auguste-Blanqui... Mais gare à la chute finale à la façon du Monologue Sheakespearien chanté par Delerm :
Niveau intensité quelque chose qui rappelle
Le programme d'EMT pour l'année de quatrième
Pourtant la mise en scène était pas mal trouvée
Pas de décor pas de costume c'était une putain d'idée
Aucune intonation et aucun déplacement
On s'est dit pourquoi pas aucun public finalement
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 07:00
Swiss Re vient de publier la révision de l'étude qui avait fourni matière à cet article.

Elle est disponible en français ici.

Nous ne céderons pas à la facilité de paraphraser le communiqué de presse ; nous préférons reprendre le graphe ci-dessous, caché dans les dernières pages du rapport :
Le cyclone Nargis, survenu l'été dernier mais déjà oublié des Occidentaux, s'est d'emblée positionné à la quatrième place des catastrophes les plus meurtrières depuis 1970, avec plus de 138 000 morts, soit un bilan similaire à celui d'Hiroshima. Dame Nature se fait de plus en plus létale.

Le rapport souligne également que le développement explosif de l'Asie fait qu'aujourd'hui, de plus en plus d'actifs immobiliers ne sont pas correctement assurés face aux catastrophes majeures :
Bien que l'Etat de Floride aux Etats-Unis soit souvent cité comme exemple de zone à forte croissance exposée aux risques naturels, Shenzhen, ville du Sud de la Chine proche de Hong Kong, constitue également un cas d'école. Entre 1980 et 2008, sa population est passée de 300 000 à environ 12 millions [d'habitants]. Etant donné le passé cyclonique chargé de cette région côtière, l'impact potentiel de cette croissance rapide sur l'ampleur des dommages, assurés ou non, est considérable. [...] Aujourd'hui, la grande majorité des dommages engendrés par un événement bicentennal ne seraient pas assurés. Mais la Chine n'est qu'un exemple parmi d'autres.
Dans les annexes, on mesure également le lourd tribut que la Chine paie pour satisfaire sa soif en ressources naturelles : sur les 15 accidents majeurs survenus dans des mines (de charbon essentiellement) en 2008, 10 ont eu lieu en Chine et furent responsables de plus de 500 morts - soit à peu près le nombre total de victimes d'accidents d'avion dans le monde entier en 2008.
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 07:24
Puisqu'en ce moment, on n'arrête pas de parler de catastrophe dès que le Dow Jones perd brutalement quelques points, arrêtons-nous un peu sur les vraies catastrophes - celles qui tuent des gens - histoire de relativiser.

La compagnie de réassurance SwissRe établit périodiquement une petite étude sur les catastrophes naturelles et techniques qui frappent l'humanité, hors conflits armés. EDIT : une mise à jour a été publiée en mars 2009 et commentée ici.

Son historique remonte jusqu'à 1970, année durant laquelle une tempête et des inondations frappa le Bangladesh et fit environ 300 000 morts. Depuis près de quarante ans, cette catastrophe est restée celle qui fut la plus létale : elle est en numéro du classement des 40 catastrophes les plus mortelles de la période 1970-2007, qui firent au total près d'un million et demi de morts.

Un peu de comptabilité morbide nous donne le graphique suivant :

Les catastrophes "tectoniques" sont dûes à des séismes, des tsunamis - celui qui frappa l'Asie du Sud-Est en 2004 est à la troisième position dans ce sinistre Top 40 des sinistres - ou des éruptions volcaniques. Elles concernent la moitié de l'échantillon.

Les catastrophes "climatiques" sont principalement dûes à des ouragans, des tempêtes et des inondations. Deux canicules y sont également comptabilisées : celle de 1976 (6 000 morts en France) et celle de 2003 (35 000 en Europe). Les inondations du Bangladesh pèsent bien évidemment lourd dans le bilan : si on les retire du décompte, les catastrophes climatiques sont seulement responsables du quart des décès.

Les catastrophes industrielles restent en nombre très limité : elles ne sont que 3 à figurer à ce Top 40.

L'effondrement du WTC, avec ses 2982 victimes, ne fait pas partie des 40 catastrophes les plus létales - mais elle est numéro 3 au classement des catastrophes les plus coûteuses, après les ouragans Katrina et Andrew.

En 39ème position des catastrophes les plus meurtrières, on trouve les 4375 victimes de la collision d'un ferry et d'un pétrolier (Philippines, 1987). Puis viennent les 6000 morts de Bhopal (Inde, 1984) et, à la seizième place... la rupture du barrage Macchu à Morvi (Inde, 1979) : 15 000 morts, excusez du peu.

A l'heure où on s'apprête à commémorer les 50 ans de la catastrophe du barrage de Malpasset, qui tua 423 personnes en France le 2 décembre 1959, on s'aperçoit donc que les froides statistiques des assureurs vont à l'encontre du sens commun en matière de perception des risques majeurs relatifs aux énergies renouvelables.

Il est malheureusement impossible de positionner l'accident de Tchernobyl sur cette échelle, car il est hors de portée du champ de l'industrie de l'assurance occidentale. Si vous regardez les clauses en petits caractères de vos polices, vous constaterez qu'elles excluent toujours de leur périmètre les risques "issus de la fission de l'atome".

Manifestement, on ne peut pas s'assurer contre de tels Cygnes Noirs...

EDIT : un lecteur nous signale qu'au moment où cet article était publié, un astéroïde de 30 à 50 mètres de diamètre aurait frôlé la Terre à 60 000 km de distance, soit simplement deux fois plus haut que nos stallites géostationnaires. Voilà qui aurait relégué la chute de Citigroup aux dernières pages des quotidiens !
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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 07:00
L'indicateur synthétique CFNAI de la Fed de Chicago du mois de janvier est paru.

Par rapport au mois précédent, la situation continue de se dégrader.

Cette chute de plus en plus exceptionnelle s'explique par l'effondrement de la production industrielle en biens durables, dont l'automobile fait partie. La montée en puissance concomitante du chômage ne fait qu'aggraver la situation économique états-unienne.

Laissons-nous aller à un peu de narrative fallacy : cette chute de la production en biens durables provient de ce fameux retournement brutal de leurs marchés en septembre dernier. Ce retournement a été provoqué par la soudaine modification des conditions de prêt aux partculiers et aux petites entreprises, grands consommateurs de biens durables à crédit.

Ces modifications des conditions de prêt ont elles-mêmes été déclenchées par le Big Freeze de septembre 2008, quand plus aucune banque n'osait prêter à ses consoeurs, de peur que l'une d'entre elles ne suive Lehman Brothers au cimetière des grands établissements bancaires, et ne la fasse plonger à son tour.

Les Démocrates reprochent finalement plus à George W. Bush d'avoir laissé mourir Lehman que de les avoir englué dans le bourbier irakien. L'ancien gouvernement états-unien avait agi ainsi pour faire comprendre aux banques qu'elles devaient prendre en compte l'aléa moral (moral hazard), autrement dit qu'elle devait payer le prix des risques encourus.

Cette position est finalement assez proche de celle de la loi du talion, désormais abandonnée par tous les systèmes juridiques modernes :
Les peines prononcées aujourd'hui ne servent plus à punir le coupable, mais à préparer sa réinsertion dans la société après une période de réadaptation et ont à ce titre un but éducatif. Parallèlement, le concept de dommages-intérêts constitue la juste compensation financière à laquelle peut prétendre la personne ayant subi un préjudice moral et/ou une atteinte dans son patrimoine.
Buish n'a jamais été proche de Wall Street : comme l'explique bien Anatol Lieven dans son ouvrage Le nouveau nationalisme américain, la droite états-unienne s'appuie sur des valeurs de fondamentalisme chrétien et d'appartenance aux Etats du Sud et du Middlewest, et manifeste la plus grande méfiance, sinon le plus grand mépris, envers les élites intellectuelles de la côte Est. En quelque sorte, il a  soudainement appliqué au secteur bancaire sa philosophie concernant la peine de mort : il faut faire des exemples pour que les autres délinquants s'assagissent. On connaît la limite effective de cette croyance.

Pour en revenir à notre cher CFNAI-MA3, janvier 2009 reclasse la crise actuelle au-delà de celle dite du Deuxième Choc Pétrolier pour la mettre désormais entre cettre dernière et le Premier Choc Pétrolier :


La crise de 1973 fut déclenchée par la régulation brutale des prix du pétrole par l'OPEP, qui secoua fortement un modèle industriel occidental déjà fragile. La crise de 2008 fut déclenchée par la régulation brutale de l'écosystème bancaire par le gouvernement états-unien d'alors, qui secoua un modèle financier occidental déjà fragile.
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 07:00
Pour nous excuser de la fausse alerte de la semaine dernière, voici quelques images intéressantes en provenance de The Cryosphere Today.

Il est en effet possible sur ce site de comparer la situation de la banquise arctique pour un jour de l'année donné.

Voici la situation de cette année (à droite), comparée à celle de l'année dernière (à gauche) :


On constate d'étonnants "trous" sur l'image de droite (cercles rouges), au voisinage des côtes : il sont dûs aux problèmes de mesure rencontrés actuellement par les Scrutateurs de Glace à l'Eau. La forme globale de la banquise, elle, reste correcte.

Bref, même si notre banquisomètre ne déclenche pas d'alarme en ce moment, la banquise est loin de se refaire une santé.

Prenons donc un peu de recul pour finir de vous démoraliser complètement. Comparez donc la situation au 21 février d'il y a seulement trente ans à la présente :

Même en comblant mentalement les trous-artefacts avec de la bonne glace, on ne peut que constater que la glacio-calvitie de la planète est désormais bien engagée.

Nota : il est normal que la couverture neigeuse des continents soit nulle en 1979 : les données ne sont tout simplement pas disponibles.
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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 18:43
Assurément pas sous nos latitudes où nous continuons à vivre un bon hiver comme on n'en voyait plus, avec des températures fraîches et quelques flocons de neige de temps en temps.

Non, c'est en Arctique que la situation nous a paru un moment printanière : à en croire ce graphe - publié sur le site officiel du National Snow and Ice Center lundi dernier - la banquise avait commencé sa fonte, et de façon assez brutale, depuis une semaine. La courbe a vite été corrigée, une erreur informatique sans doute.

Pendant ce temps, à Nairobi, des gens très sérieux cherchent à faire croire qu'on peut à la fois résoudre la crise actuelle et la question climatique par un seul et même plan (le "New Deal Vert Mondial"), avec toujours les mêmes rengaines : réduction de la consommation en énergies fossiles pour les pays riches, et amélioration de la fourniture d'eau aux populations pour les pays pauvres.

Aucun de ces grands philanthropes ne nous expliquent toutefois comment le fait de "verdir l'économie mondiale" (sic) va surtout faire reverdir le dollar, ce billet vert qui est passe de voir sa valeur divisée par 2, 3... ou 10, de façon aussi inattendue que fond notre banquise polaire.
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 07:00
Quand les citoyens et les collectivités locales acceptent le progrès technique (autoroutes, usines polluantes et dangereuses, éoliennes, etc) en général mais pas chez eux en particulier, on appelle cela le syndrome NIMBY - Not In My Back Yard : pas dans mon jardin.

Ce syndrome est peu développé quand le pays est en plein développement. Il ne frappe généralement que les pays industrialisés. Ainsi, on peut penser qu'aujourd'hui, les habitants de la Hague, de Feyzin ou de Tricastin refuseraient de voir s'élever les cathédrales industrielles qui ont popularisé le nom de leur modeste bourgade - et cela d'autant plus que la contrepartie principale, à savoir la taxe professionnelle, vient d'être pour la première fois remise en question par le gouvernement.

Variante de ce syndrome, en version souterraine : NIMUG - Not In My UnderGround, pas dans mon sous-sol. La région Limousin en est un riant exemple.

En 1976, ladite région se voit autorisée par le Ministère des Pétété à dessiner un timbre qui la symboliserait sur les paquets et colis circulant dans l'Hexagone. Fièrement, la jeune collectivité territoriale soumet le projet ci-contre, qui sera retenu et figure désormais dans toute collection de timbres un tant soit peu sérieuse.

L'espèce de lac bleu, au milieu, représente les contours administratifs de la région. Il est entouré, dans sa partie supérieure, de feuilles d'arbre, supposées rappeler la tradition sylvicole de la région. Mais que signifie la partie inférieure du timbre ? Un projet de circuit automobile ? Le lieu de sépulture du logo de la défunte ORTF ?

Que nenni ! Tout simplement, elle cherche à évoquer les mines d'uranium qui ont fait, un temps, la fortune de la région. Celle-ci se voyait sans doute déjà devenir une espèce d'Arabie Saoudite de l'atome.

Depuis, le NIMUG a frappé : on découvre que ces mines, fermées depuis quelques années car plus assez rentables, laissent derrière elles quantité de gravats plus ou moins radioactifs. Incroyable, non ? Et tout le monde de fustiger leur ancien exploitant, Areva, en oubliant comme par hasard les rôles et responsabilités pourtant incontournables des autorités locales.

A défaut de brûler (vu qu'elle ne dispose pas de réacteur nucléaire sur son sol) ce qu'elle a adoré, la région Limousin a retiré de son logo officiel ces atomes désormais trop encombrants, et l'a paré de quelques pixels pour faire djeun's :



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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 07:00
En guise de testament, Eric Besson a fait publier par le Centre d'Analyse Stratégique son rapport de prospective intitulé France 2025.

Les écrits prospectifs sont ennuyeux, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Car faire de la prospective, c'est prévoir le prévisible ; c'est prolonger des droites, des tendances.

Or ce qui fait le sel de la vie, au niveau individuel comme au niveau collectif, ce sont ces grands événements imprévisibles surnommés "Cygnes Noirs". Ceux-ci échappent par nature à toute prospective, tout ce qu'on peut faire c'est s'y préparer.

Les prospectivistes et futurologues tentent bien de vous expliquer qu'ils arrivent à prévoir ces Cygnes Noirs, en détectant par exemple les "faits porteurs d'avenir". Pourquoi pas, mais dans ce cas, quel était le fait porteur d'avenir du 11 septembre 2001 ? L'attentat conventionnel contre le WTC en 1993 ? Et en quoi la connaissance de ce premier événement permettait d'en déduire ceux de 2001 ?

Le réchauffement climatique n'est pas un Cygne Noir : il est en cours, de façon indéniable. Mais Katrina/Rita en était un, que personne n'avait prévu. Aucun blog ou site communautaire ne cherchait à alerter l'opinion, en 2005, du danger potentiel que courait la Nouvelle-Orléans, mal protégée par ses piteuses digues, face à un monstre cyclonique dont la probabilité d'occurrence ne pouvait pourtant qu'augmenter avec le réchauffement climatique.

La prospective nous donne donc les ingrédients du futur, mais il manque les proportions, les épices et la façon dont ces ingrédients s'agenceront pour donner le plat à déguster. On peut  prédire que demain sera fait de sucre, d'oeufs, farine, de beurre et de lait : c'est insuffisant pour savoir si nous aurons à déguster un céleste soufflé, un far breton étouffant ou une sophistiquée omelette norvégienne.

Mieux vaut donc inventer quelques recettes absurdes : à se moquer  du côté obscur de notre avenir, peut-être ferons-nous en sorte qu'il saura nous surprendre plutôt agréablement.
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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 07:00
En juillet 2007, Chuck Prince, le PDG de Citigroup, déclarait au Financial Times :
When the music stops, in terms of liquidity, things will be complicated. But as long as the music is playing, you’ve got to get up and dance.

Quand la musique s'arrêtera, en terme de liquidités, les choses deviendront compliquées. Mais tant qu'il y a de la musique, vous devez vous lever et danser.
Cette citation est à rapprocher de la petite phrase de Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, qui a donné une partie de son titre au livre de Jacques Testardle vélo, le mur et le citoyen :
C'est comme quand on est sur un vélo, on est obligé de pédaler, sinon on tombe...
Etonnant finalement de voir ces deux représentants du libéralisme économique avouer leur incapacité à prendre en main les rênes des chars qui leur sont confiés et à leur imposer une pause salvatrice.

Le libre-échange serait-il incompatible avec le libre arbitre ? Il y a en tout cas une philosophie bien rétrograde, digne de l'Antiquité, dans leur acception du destin.

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