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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 07:00
Sur son blog, Paul Krugman a fait part de sa contribution à la cérémonie des Ig Nobel, au travers d'un exposé dit "24/7" : 24 secondes d'un jargon incompréhensible, suivi d'une explication en 7 mots du domaine d'étude concerné.

Voici les 24 secondes :
Given decentralized constrained optimization by maximizing agents with well-defined convex objective functions and/or convex production functions, engaging in exchange and production with free disposal, leads, in the absence of externalities, market power, and other distortions, there exists an equilibrium characterized by Pareto optimality.

Et les 7 mots (en version anglaise) :
Greedy people, competing, make the world go round.
Des gens cupides en compétition font touner le monde.
Ce qui est la traduction, en langage clair, des 24 secondes précédentes de jargon.
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 15:02
Un futur candidat aux élections européennes vient d'attirer sur lui l'attention des médias en s'estimant être la cible d'une action d'espionnage :
Yannick Jadot, ancien directeur des campagnes de Greenpeace France, a affirmé mardi qu'une enquête avait été ouverte sur de présumées "pratiques d'espionnage" de ses ordinateurs dans lesquelles EDF "serait clairement impliqué".
Il est trop tôt pour dire s'il s'agit d'un peu de publicité à des fins électorales, ou bien si les suspicions formulées se révèlent être effectivement un nouveau mini-Watergate.

Il sera intéressant de voir comment la justice traite ce dossier.

Car, au-delà des rapports, forcément conflictuels, existants entre Greenpeace et EDF et pouvant donc favoriser ce genre de pratiques illicites, on peut se demander si l'espionnage a encore du sens de nos jours : Yannick Jadot, comme tant d'autres, est présent sur Facebook et y expose donc, comme tant d'autres, les banalités fascinantes de sa vie quotidienne mais aussi - et surtout - son réseau de connaissances. Nul besoin de disposer de barbouzes diplômés de plongée sous-marine en zone portuaire de la DGSE, un simple geek suffira pour révéler, grâce à quelques recherches Internet utilisant ce matériau, une grande partie des activités publiques et privées d'un "fesse-bouqué". Où finit l'étalage de la vie privée, où commence l'espionnage ? Voilà une frontière difficile à tracer.

Google l'ordonne à ses employés : don't be evil - ne sois pas méchant. Et ce que Google sait sur vous, il ne le dit à personne. - enfin, c'est ce que Google vous dit. Mais Facebook s'est bien gardé d'annoncer en quoi exactement consistait son code déontologique. Et vos "amis"  - y compris  ceux "qui vous veulent du bien" - ont accès illimité à toute votre activité passée sur le site, même à la fois où vous vous êtes connecté(e) un peu trop rapidement à ce groupe sulfureux qui fait désormais un peu tache dans le décor...

De même, quel possesseur de Blackberry se souvient d'un quelconque engagement du fabricant, RIM, relatif à la confidentialité des données qui transitent sur son terminal ? Et ceux qui utilisent Skype ? Sont-ils parfaitement certains qu'en ayant autorisé le "mode serveur" lors de l'installation de ce programme apparemment anodin de téléphonie, ce dernier n'en profite pas de temps en temps pour examiner discrètement le contenu du disque dur et envoyer quelques informations confidentielles à un mystérieux data center à l'autre bout du monde ?

Big Brother is watching you - parce que vous le voulez bien.
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 00:01

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 07:00
Yves Cochet - Les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites, pour des raisons géologiques et économiques que vous ne voyez pas. II faudrait mettre en place quelque chose d’entièrement nouveau, une société de sobriété dont je ne peux dessiner, de manière très sommaire, que quatre orientations principales. Premièrement : tendre à l’autosuffisance…
Marc-Philippe Daubresse - En matière d’autosuffisance, vous vous y connaissez !
Comme on peut l'apprécier, les débats à l'Assemblée ne volent pas toujours très hauts.

En l'occurrence, il s'agissait d'une session où l'on débattait du projet de loi issu du trop célèbre Grenelle de l'Environnement . Yves Cochet profitait que la tribune se soit libérée un instant pour y rappeler son credo pour l'avenir de l'humanité en général et de ses électeurs du XIVème arrondissement en particulier :
Premièrement : tendre à l’autosuffisance locale et régionale en matière énergétique et alimentaire, au nord comme au sud.
Deuxièmement : aller vers une décentralisation géographique des pouvoirs – bref, vers une France fédérale dans une Europe fédérale.
Troisièmement : s’efforcer de relocaliser les activités économiques.
Quatrièmement : viser une planification concertée et l’instauration de quotas, notamment en matière énergétique et alimentaire.
Débarrassé de ses atours catastrophistes ("La catastrophe actuelle n’est pas une crise financière, économique, écologique, politique, sociale ou culturelle. Elle est tout cela à la fois et simultanément") trop faciles par les temps qui courent et qui fleurent bon l'intellectualisme parisien légèrement gauchisant ("L’espoir d’une nouvelle phase A du cycle de Kondratiev succédant à la phase B que nous traversons depuis trente ans, est vain. Nous ne sommes pas à l’aube d’une nouvelle croissance matérielle ou industrielle, mais dans la phase terminale du capitalisme"), le point de vue d'Yves Cochet se révèle être un appel au retour d'une société qu'on pourrait techniquement qualifier de moyen-âgeuse, chaque région fonctionnant quasiment en autarcie, vaguement coordonnée par un pouvoir central lointain dont les prérogatives restent mystérieuses.

Cette recette-miracle à la crise actuelle tient assez du remède universel, puisqu'elle était initialement préconisée pour répondre à la menace du pic pétrolier, que nous avons probablement passé il y a deux ans dans l'indifférence générale. Apparemment, elle soigne aussi les maux de subprime et de CDS, même si aucun de ces principes ne traite les questions macro-économiques.

Ce qui est également étonnant, c'est que dans ce projet de société dite "de sobriété", la réduction des besoins ne vient qu'en dernier ! On commence d'abord à se replier sur soi-même, entre voisins, et puis ensuite seulement chacun doit se mettre au régime sec. On se croirait dans l'Ambassadeur des Ombres, cette bédé de Christin et Mézières où ledit peuple des Ombres, après avoir connu la gloire et la puissance, a décidé de revenir à une vie d'ascète, primitive et idéalisée, et cherche à convaincre les Terriens de faire de même.

Publiée en feuilleton dans les Pilote de la grande époque, cette série y a côtoyé le baba-coolissime Simon du Fleuve. Mais les auteurs faisaient leurs la position de Laureline, l'héroïne de l'histoire, qui donne le mot de la fin avant de rapatrier en catastrophe sur Terre les quelques rêveurs convertis  :

Et puis, vos Ombres, je les trouvais bien aimables mais un peu paternalistes, non ?

Mais revenons au Grenelle : nombreux se déclarent déçus par cette souris qu'ils espéraient montagne. Ainsi Jean-Marc Jancovici dans les Echos :
Au lieu d'une réponse fondée sur quelques grandes mesures très structurantes à l'effet d'entraînement puissant, le problème a été pris à l'envers, à coup de taxounettes et de mesures sectorielles mises en place de manière désordonnée. Les concepteurs politiques du processus sont ici en cause. Un petit coup de bonus malus ici, une taxe à l'essieu là, et un petit coup de certificats d'économie en plus : tout cela est un aimable bazar qui ne répond à aucune vision d'ensemble à la hauteur et à l'imminence de l'enjeu.
Certes, mais peut-on vraiment parler de publicité mensongère ? Revenons à ces fameux accords de Grenelle de 1968 qui donnèrent le titre à la présente initiative environnementale, sur quoi ont-il débouché ?
Les accords de Grenelle, conclus le 27 mai 1968 - mais jamais signés - aboutissent essentiellement à une augmentation de 35 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) et de 10 % en moyenne des salaires réels. Ils prévoient aussi la création de la section syndicale d’entreprise, actée dans la loi du 27 décembre 1968.

Rejetés par la base, ils ne résolvent pas immédiatement la crise sociale et la grève continue.
Bref, ce fut un échec, tout en ayant de même accordé des "petites" augmentations ici et un "petit" acquis social là. Mais ce ne sont pas les accords de Grenelle qui ont transformé la misère ouvrière de Zola en notre petit paradis de classes moyennes.

Cessons donc de nous lamenter sur la tiédeur du compromis obtenu. C'était écrit ! Maintenant que ce train-là est passé, intéressons-nous aux horaires des suivants.
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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 12:38
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, défend sa position au sein du débat parlementaire sur le projet de loi concernant les OGM :
J'appelle chacun à prendre ses responsabilités. Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum. Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis, j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient.
Une prise de position assez courageuse, relative aux suites données au Grenelle de l'Environnement, face à ses deux "chefs", Copé (Président de son groupe parlementaire) et Borloo (son Ministre d'Etat).

Espérons qu'on ne va pas nous la remplacer par Claude Allègre...
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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 20:43
Dans la série "Prophètes de l'A-pic-alypse", notez le nom de Freddy Hutter. Nous n'allons pas lui faire l'honneur d'un lien hypertexte pour améliorer son PageRank, vous n'aurez qu'à utiliser votre moteur de recherche préféré pour trouver son site.

Freddy est apparemment un retraité piquiste qui a brutalement découvert la puissance d'Excel, notamment en matière de colorisation de l'arrière-plan des graphes, sans doute un jour de pluie dans sa cabane au Canada. Enfonçant complètement les travaux de WEARBEEFI, il a réussi à nous pondre l'Ultime Modèle en matière de prévisions de production de pétrole, à savoir un modèle capable de prédire l'avenir jusqu'en... 2325 :

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Les ruptures constatées un peu avant 2300 nous intriguent particulièrement : à part une guerre thermonucléaire en plein milieu des schistes bitumineux américains, nous ne voyons pas trop ce qui pourrait provoquer un tel effondrement...

Nos aïeux qui vivaient vers 1700 n'ayant pas eu Excel à leur disposition, voilà sans doute la raison pour laquelle les Encyclopédistes du Siècle des Lumières n'ont pu découvrir le pic de Hubbert. Il faut croire que Malthus, par contre, avait réussi à se procurer une version piratée auprès de visiteurs du futur, sans doute des descendants de Freddy : l'effondrement du pétrole polaire vers 2160 doit coïncider avec l'invention de la machine à remonter dans le temps.


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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 09:00
undefinedL'éditorialiste des Echos a attiré mardi l'attention sur les travaux récents de Markus Brückner et Antonio Ciccone, deux universitaires de Barcelone, qui estiment que :
une baisse de 25 % des chutes de pluies accroît la probabilité d'une transition vers la démocratie durant les deux années suivantes d'environ 3 %

et concluent que :
Une chute des revenus de 5 % due à de faibles précipitations accroît de 7 % la probabilité d'une démocratisation

Magie des pourcentages et des corrélations ! Le réchauffement climatique est donc une aubaine pour la démocratie. A l'inverse, on peut applaudir le Royaume-Uni d'avoir réussi à instaurer un régime parlementaire durable malgré un climat particuièrement humide. Et en déduire que la liberté doit être préservée des intempéries.

Bien entendu, ces deux pseudo-chercheurs oublient de donner leurs marges d'erreur, qui doivent être largement supérieures aux valeurs trouvées. Dissimulés sous des blouses blanches, ils sont de la race des boni-menteurs des instituts de sondage, qui nous annoncent avec le plus grand sérieux la victoire écrasante des futurs grands perdants des élections.

Avec le même esprit scientifique, on peut également démontrer que le mariage d'un Chef d'Etat accroît la probabilité d'un temps froid et sec, ou bien que le fait, pour une société, d'avoir le mot "Générale" ou "General" dans son nom accroît la probabilité de pertes financières monumentales.
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 13:41
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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 17:36
Finalement, que préconise la Commission de Libération de la Croissance (dite "Commission Attali") sur les questions énergétiques ? Les mass media se sont contentés pour la plupart de nous constituer un florilège pour alimenter les discussions de machine à café : les taxis, les pharmaciens, les départements...

Avant de rentrer dans le détail des 316 "décisions", examinons un peu celles qui sont inscrites à l'objectif "Affirmer une politique énergétique moins dépendante mais plus durable" :

79. Développer l'industrie éolienne
: rien à redire sur le principe... mais la Commission ne préconise rien de plus concret à ce sujet !
 
80. Développer l'énergie solaire : là, c'est déjà mieux. La Commision propose de développer la filière industrielle silicium et de faciliter la R&D en systèmes énergétiques photovoltaïques et réseaux de distribution électrique intelligents. Pour cela, le prix de rachat du PV doit être complété par :  
  • - une couche de coordination nationale (Plan national, Institut national)
  • - un plan keynésien de relance de la demande "par exemple en matière d'équipement des bâtiments publics"
  • - un "partenariat avec les pays du Sud" pour développer et ouvrir leur marché aux futurs équipements solaires français
  • - un aménagement du code de l'urbanisme pour favoriser le solaire... et le bioclimatique. 
81. Renforcer considérablement le programme de recherche sur le stockage de l'électricité pour les véhicules propres : voilà qui va faisir plaisir à Bolloré ! Cela dit, dans un pays électronucléaire et avec un pétrole cher, le véhicule électrique n'est pas une ineptie (d'ailleurs, de source bien informée, un de nos grands constructeurs français en a lancé le développement industriel).

82. Développer le retour à la biomasse : Attali nous invente ici les biocarburants "de troisième génération" ! Il s'agit des carburants liquides produits à partir de micro-organismes ou d'algues, dont il faut soutenir la R&D. Ceux de seconde génération ne sont pas oubliés mais la Commission n'est pas très concrète à leur sujet (ils sont déjà prêts ?). La chimie verte est également évoqué en une phrase, sans actions précises associées.

83. Promouvoir une filière hydrogène
(83) : la recommandation propose de ne considérer que 4 axes de R&D à favoriser : la pile à combustible (PAC) pour automobile, la production d'hydrogène par électrolyse (le rapport ajoute "à basse et haute température", ce qui signifie qu'en fait tous les procédés sont autorisés, y compris évidemment la thermolyse), le stockage embarqué de l'hydrogène et la PEMFC, un type particulier de PAC particulièrement adapté... à l'automobile.

84. Développer la R&D sur le stockage et le captage du CO2 : rien de neuf sur le sujet, si ce n'est de préconiser des pilotes en vraie grandeur.undefined

85. Maintenir le rôle du nucléaire et le rythme de construction des centrales : pas touche au marché domestique d'Areva et de ses partenaires industriels ! Et l'objectif sous-tendu est bien de continuer à vendre de l'électricité nucléaire à nos voisins, en plus d'assurer l'indépendance énergétique nationale.

86. Maintenir le rôle de l'Etat dans le nucléaire : on peut lire entre les lignes que la Commission ne fait pas confiance au secteur privé pour administrer une telle industrie...

87. Sécuriser l'approvisionnement en ressources minières : le titre ne reflète pas la préconisation, qui est de "favoriser l'émergence d'un champion européen dans le secteur des métaux industriels (...) garant des approvisionnements en minerais nécessaires aux grandes industries françaises". Un seul champion pour tous les métaux industriels intéressants au moins l'automobile et l'aéronautique, c'est-à-dire qui contrôlerait l'acier, l'aluminium, le titane, le nickel, etc ? Tiens, je vais aller acheter quelques actions Eramet, à tout hasard...

88. Développer une politique énergétique européenne : une résolution qui affiche clairement la couleur : développer l'énergie nucléaire (parfois appelée "l'énergie sans CO2" pour éviter les répétitions lassantes) dans l'Union Européenne et "la future Union méditerranéenne" ! Cette directive pourrait s'appeler "l'EPR pour tous" et doit être directement recopiée du plan stratégique d'Areva.

Au menu du prochain épisode : la "croissance verte" selon la Commission.

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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 12:07

Sans doute pour asseoir sa position de "Man Of The Year" que lui a décerné le magazine Time, Vladimir Poutine pourrait cumuler les fonctions de Premier ministre et président du conseil d'administration du géant gazier russe Gazprom une fois parti du Kremlin en 2008, écrit vendredi le quotidien financier russe Vedomosti citant des sources proches du pouvoir (Les Echos de ce jour).


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