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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 22:23

La Maire de Paris vient de faire une déclaration fracassante au Monde :

En 2020, plus aucun véhicule diesel ne roulera dans Paris.

En matière environnementale, on a l'habitude de telles promesses de Gascon : en 1977, Jacques Chirac avait juré de dépolluer tellement la Seine qu'on pourrait s'y baigner. On attend toujours.

Mais qu'on ne s'y trompe pas : il s'agit d'un "objectif". dans la bouche d'un politique, c'est une simple orientation, quelque chose qui sert à  justifier de modestes mesures à court terme comme "mettre en place une « zone à basse émission » dont nous allons progressivement interdire l’accès aux véhicules polluants" - ce qu'on déjà fait 200 autres villes en Europe, comme l'élue le souligne presque ingénument - ou "[prévoir] des aides financières à l’achat d’un véhicule moins polluant."

Qu'on se rassure : des actions fortes ont déjà été engagées : "nous avons organisé une conférence citoyenne avec un panel de citoyens franciliens" ; voilà qui est courageux, volontaire et - nous dirons même plus - citoyen.

Et la conclusion est imparable : "la conférence sur le climat aura lieu à Paris en décembre 2015, nous ne pouvons être en dessous de l'ambition qui sera portée par la France." On y verra donc Anne Diesel-Go arriver en VE.Avec ou sans masque à particules fines ?

Dans un autre registre, en rangeant nos archives professionnelles ce soir, nous sommes tombés sur un autre souvenir devenu a posteriori un gag douteux, façon Charlie. Cette fois-ci, c'est un document commercial publié en 1977 par une auguste société de conseil cherchant à éclairer le dirigeant perdu dans les méandres sous-productifs de son siège social : il s'agit de "livrer la promesse stratégique" d'une performance opérationnelle et économique encore meilleure en "transformant le centre nerveux de l'entreprise".

Pour donner encore plus d'altitude à ce discours déjà proche de la stratosphère, la couverture du fascicule fut agrémentée d'une photo que l'Histoire rendit catastrophiquement mal choisie :

 

Transforming-the-Corporate-Center.jpg

Il ne manque que la silhouette du premier avion dans le coin en haut à gauche.

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 11:41
Anyone who believes exponential growth can go on forever in a finite world is either a madman or an economist.

 

Cette citation a longtemps été la signature des communautés regroupant piquistes et décroissants, comme le montre d'ailleurs cette vidéo qui commence à devenir vintage.

 

 

Le blog Classe Eco a publié il y a quinze jours un intéressant article en partant de cette phrase attribuée à l'économiste mystique - économystique ? - Kenneth Boulding. Nous vous invitons à le lire directement si le sujet vous intéresse. Son point de vue rejoint assez le nôtre : notre imagination reste trop limitée pour que nous puissions vraiment imaginer l'avenir à long terme de la race humaine et des mécanismes sociaux, économiques et culturels qui l'animeront - mis à part le Scénario Noir.

N'oublions pas que la croissance économique est un concept assez récent : cela ne fait même pas un siècle qu'il existe. Avant de changer le monde, on commencera donc par changer le thermomètre.

pangeocene

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 15:01

Pour terminer provisoirement cette mini-série aéronautique dramatique :http://24.media.tumblr.com/26ad335d10b9119a701c3f4a8d1e4373/tumblr_n3d7dxT12z1tvespno1_1280.png

D'autres du même tonneau sur TL;DR Wikipedia

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 19:09

Comme vous l'avez sans doute remarqués, nous manquons quelque peu d'inspiration en ce moment. Notre créativité est-elle actuellement entièrement phagocytée par la recherche de nouveaux rideaux pour le séjour et la conception de nouvelles méthodes d'amélioration de la compétitivité industrielle ? Sans doute plus par la deuxième option en ce moment, mais in fine c'est la première option qui laissera une trace concrète et tangible dans le quotidien.

Profitons-en pour reconnaître que d'autres sur le Ouaibe ont du talent, comme par exemple le site de C-Section Comics dont nous avons découvert un excellent "livrable" lors d'une de nos récentes visites au coeur de la R&D d'un constructeur automobile dont le nom ne commence pas par un H :

smartphone-users.jpg

A votre avis, puisque nous trouvons ça drôle, quel smartphone avons-nous ?

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 07:00

Le blog d'Oil Man, pourtant souvent assez bien alimenté, a décidé de donner de la résonance à une thèse capillotractée d'un anthropologue qui a découvert d'économie sur le tard et a trouvé un raisonnement solaro-dépendant pour expliquer la chute de l'Empire Romain :

Un jour, l'empire se trouva à court de conquêtes rentables (déserts à l'est et au sud, mers à l'ouest et au nord). De ce jour, Rome dut compter non plus sur le pillage de vastes quantités d'énergie solaire accumulées par d'autres, mais seulement sur l'énergie, évidemment beaucoup plus modeste, offerte par le soleil année après année aux terres de ses provinces.

Donc, si l'Empire avait connu le nucléaire, nous parlerions toujours latin ?

Blague à part, en voilà un qui a complètement raté sa modélisation économique : la deuxième source d'énergie après le soleil, c'était bien entendu la main-d'oeuvre. L'Empire dominant pouvait imposer servage et esclavage et donc faire marcher la machine économique à son avantage.

wall-street-in-ruins.jpg
Quand les hommes de science essaient de sortir de leur domaine comme cet anthropologue  et veulent faire de l'économie, ils se plantent autant que Madame Michu. Un exemple encore plus flagrant a été donné récemment avec la réfutation par deux archéologues du mythe de l'écocide de l'île de Pâques que Jared Diamond s'est complu à développer dans Effondrement.

En résumé, selon Carl Lipo et Terry Hunt, la déforestation de l'île s'est produite lentement, autant par l'action des rats arrivés en même temps que les hommes que par ces derniers.

Les fameuses statues ne sont pas la cause de la déforestation : les archéologues montrent qu'elles n'étaient pas transportées sur des rails de rondins mais qu'ont les faisaient "marcher", un peu comme quand on veut déplacer un réfrigérateur sur de courtes distances. Il n'y a pas eu de famine et encore moins de cannibalisme. Entre les poissons - abondants, contrairement à ce que raconte Diamond - et l'agriculture - les habitants étaient des pros - il y avait largement de quoi nourrir indéfiniment plusieurs milliers d'habitants.

Si l'île paraît aujourd'hui aussi ravagée, c'est l'effet dévastateur des moutons qui y ont été introduits fin XIXe et qui ont tellement grignoté ce qui y poussait que le sol a fini par s'éroder.

Pour terminer sur les théories à trois drachmes sur les causes de "l'effondrement" - qui a duré plusieurs siècles ! - de l'Empire, il y a évidemment tentation de prétendre que le développement du christianisme créa un Pic Esclaves et que l'Empire tomba de ce fait en lente décadence, mais une telle relecture hâtive de l'Histoire est beaucoup trop simple - et donc fausse.

L'économie, ce n'est pas l'art de raconter de belles histoires mais, comme disait le Club de Montréal, une science humaine qui s'écrit avec des chiffres.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 22:50

Tiens, on a mis à jour notre jargon des technocrates et des économistes avec une nouvelle entrée qu'on a découvert en lisant le dernier "papier" de Corine Lesnes. POTUS, vous connaissez ?

POTUS spoke for about 8 minutes, with Lady Gaga sitting front and center. And although he never acknowledged her obvious presence, it seems likely the two crossed paths during greetings inside the house before the dinner.

Ca sonne comme "pataud", mais à des oreilles francophones uniquement.

En fait et tout simplement, il s'agit de l'acronyme de President Of The United States. Le "Of America" est omis, sans doute parce que POTUSOA rappellerait trop Pocahontas.

Et FLOTUS ? First Lady Of...

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 21:29

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41Rd-Y1Pg7L._SL500_AA300_.jpgCertains forums eschatologiques - et surtout leur section "Théories économiques du complot" - vous manquent quand vous êtes inactifs, entassés dans les transports en commun ou à profiter des derniers jours d'été sur la page , sans connexion Internet ?


Alors ce livre est fait pour vous :

Flore Vasseur raconte l'histoire de Pierre, un trader désabusé qui ne sait plus quoi faire de ses millions. Un jour, il est convoqué par Mme Krudson, qui est à la tête du puissant groupe Bilderberg. Elle a besoin de ce génie des mathématiques pour contrer la montée en puissance de la Chine. Le but est simple : faire exploser le système avec un piège en forme d'algorithme, une formule dont lui seul aurait le secret et qui conduirait les marchés à leur perte.
Un roman fiction qui introduit une réflexion sur la schizophrénie contemporaine, où les individus sont sans cesse tiraillés entre culte de la performance et attitude éthique.
C'est aussi l'histoire d'un conflit entre deux empires : La puissance mondiale bascule vers la Chine, et les partisans de l'empire américain refusent ce déclin.


Pour ne rien gâter, les mots "pic pétrole" se rencontrent dès les premières pages.

L'auteure souffre d'un syndrome hélas assez banal de name-dropping - n'est pas Bret Easton Ellis qui veut - et pour qui voudrait se mettre dans la peau d'un trader, on lui recom-manderait plutôt le Cygne Noir de Taieb ou Un trader ne meurt jamais de Fiorantino, mais avouons-le, ça se laisse lire quand on n'a rien à faire de particulier, même si ça ne vaut pas le dernier billet d'Environnement2100 ou les Miscellanées de Mr Schott.

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 19:00

60-voitures-des-annees-60.jpgOn s'est récemment régalé avec un best of des rubriques de Starter dans Spirou ; on n'y a pas retrouvé l'article sur le voiture électrique mais on a découvert avec joie les nouveautés d'alors comme la R16 ou la BMC 850 - que tout le monde aujourd'hui connaît sous le nom de Mini Cooper.

On y voit aussi quelques architectures originales : par exemple la XPF 1000 de Pinin Farina, avec ses roues disposées en losange, comme celle que nous avait sorti Assystem et Sbarro il y a quelques années.

De même que l'Assystem City Car, la XPF 1000 ne fut jamais qu'une maquette pour salons, et non construite pour rouler. Examinée par les yeux experts de Starter, celui-ci avait rapidement identifié les défauts rédhibitoires de cette originale conception :

 

A l'heure où on cherche à mettre le plus de poids possible sur les roues motrices pour leur donner une meilleure adhérence, Pinin Farina ne laisse qu'un peu plus du tiers du poids total du véhicule sur l'unique roue arrière. Il est facile de comprendre que les accélérations et l'adhérence seront moins bonnes que celles d'une voiture classique.

XPF-1000--Starter-.jpg

D'autres innovations qui ont fait long feu y sont présentées, comme par exemple les moteurs à turbine - ah, chère Turbotraction ! - ou mieux encore, à vapeur : la Williams de 1962 est ainsi nanti d'un V8 d'origine Ford alimenté par de la vapeur provenant d'une chaudière alimentée au kérozène...

Ces articles vieux de 50 ans ont tous un point commun : la consommation n'est pas un sujet. Starter n'hésite pas à se plaindre longuement sur l'absence d'un manomètre de pressions d'huile, mais reste la plupart du temps évasif sur la voracité de ces belles mécaniques.

"On était avant le premier choc pétrolier", nous rétorquerez-vous. Certes, mais rapporté au pouvoir d'achat, l'essence était loin d'être bon marché, comme le rappelle cette petite courbe que nous venons de mettre à jour :

 

SP95-vs.-SMIC-1960-2010.png

Il est vrai qu'à l'époque, l'ivresse de la vitesse valait bien quelques efforts financiers ! Il est vrai que les classes populaires allaient à vélo...

Et puis, roulait-on autant qu'aujourd'hui ?

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 07:00

http://storage.canalblog.com/92/09/57357/56165886.jpgCertains films de série B disparaissent mystérieusement des écrans alors même qu'ils se révèlent étonnamment actuels.

Utime Décision (Critical Decision, Baird, 1996) fait partie de ce lot : il décrit comment des terroristes moyen-orientaux parviennent à prendre le contrôle d'un Jumbo Jet, dans le but de le précipiter sur Washington. L'ultime décision dont il est question dans le titre est tout simplement celle que doit prendre le Président quand il faut donner l'ordre d'abattre l'appareil. Déjà vu ?

Nous avions visionné il y a quelques semaines - et avant le 11 mars, en bons visionnaires - le Syndrome Chinois (The China Syndrom, Bridges, 1970). Disposant apparemment d'un budget limité, le réalisateur a préféré investir dans le cachet des acteurs - Jack Lemmon notamment, parfait en directeur d'exploitation de centrale nucléaire - que dans les effets spéciaux. Résultat : de syndrome chinois il n'y a pas, même pas un petit relâchage d'effluents radioactifs, par contre il y a des méchants et des pourris partout dans l'écosystème de l'industrie nucléaire américaine : tout le monde en prend pour son grade. Une bonne illustration, même si elle est évidemment stéréotypée, des faiblesses de pouvoir et de responsabilité qui ont conduit le management de Tepco à transformer un de ses actifs en monument à sa propre bêtise.

Hier soir, nous sommes tombés sur un autre vieux film incroyable de modernisme : la Bête de Guerre (The Beast, Reynolds, 1988). Ce film narre l'épopée d'un équipage de char d'assaut soviétique perdu dans le désert afghan et poursuivi jusqu'à l'hallali par une bande de résistants en turban. Les Russes parlant américain, il n'est vraiment pas diificile aujourd'hui de transposer la situation à ce qu'est sans doute la guerre d'Afghanistan d'aujourd'hui. Ce n'était pourtant pas l'intention du metteur en scène, qui voulait sans doute évoquer le Vietnam en choisissant paradoxalement un lieu qui en soit l'exact opposé : pas une goutte de pluie, pas un arbre, rien que des rochers.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:00

zorkons - décroissanceTiens, on vient de jeter un oeil au dernier album de Spirou, Alerte aux Zorkons. Celui-ci maintient la tradition belge d'une bande dessinée mêlant à la fois distraction et éducation.

Hergé avait éclairé le chemin : son Tintin chez les Soviets avait pour objectif de détourner les têtes blondes du communisme ; un peu assagi après-guerre, jusqu'à son dernier album (Picaros) il aura chercher à faire passer un message mêlant morale et politique en filigrane des aventures de son héros à la houppe.

Le groom de la maison concurrente a longtemps été plus discret, mais sur le tard il s'est bien rattrapé.

Ainsi, dans cet opus 51, son écureuil mascotte n'hésite pas à rejoindre les rangs de l'ultra-gauche anti-productiviste en déclarant plus fort qu'il n'est haut son credo envers la décroissance (cf. extrait ci-contre).

Certes, depuis que Fournier avait repris le crayon des mains du Grand Franquin, Spirou n'avait pas hésité à se placer du côté des forces contestataires.

Dès 1977, dans l'Ankou, alors que le programme électronucléaire français montait en puissance, l'auteur breton n'hésitait pas à mettre en scène une centrale nucléaire qu'il faisait exploser au bout de quelques pages, histoire d'en dénoncer la dangerosité.

ankou---hymne-pompeux-au-progres-et-a-la-science.jpg

Mais en 2011, ces postures que d'aucuns pourront trouver naïves sont tout de suite mis en abyme par le jeu de l'humour et de la dérision.

Car, pour en revenir aux Zorkons, la case qui suit immédiatement celle de Spip-le-décroissant n'est autre que celle-là :

zorkons - zorglumobile

Hé oui chers lecteurs de Spirou ! La décroissance c'est très bien, mais pour embarquer 2 Suédoises en même temps il vaut quand même mieux un peu de technologie avant-gardiste...

O tempora, o mores !
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