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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 21:11
Dans les milieux économiques, quand on a trop utilisé l'expression "pays émergents", il reste un joker : BRIC.

BRIC, c'est une abréviation commode pour Brésil, Russie, Inde et Chine. On dit parfois BRICS pour inclure dans la liste l'Afrique du Sud (South Africa).

L'expression est jolie mais elle mêle des pays qui n'ont pas grand-chose à voir : le Brésil est un pays en émergence lente, la Russie est plutôt une ancienne grande puissance en ré-émergence et si Inde et Chine sont déjà plus proches du point de la vue de la géographie, il est néanmoins clair qu'on aurait du mal à confondre Bombay et Shanghai.

La crise financière actuelle, et probablement la récession qui va la suivre aux Etats-Unis, risque de faire éclater encore plus cet ensemble : Inde et Chine ont une économie en grande partie liée à celle des Etats-Unis.

Si la récession est vraiment là, les consommateurs états-uniens risquent de bouder les Chinese goodies étalés dans les rayonnages de Wal-Mart, et de moins fréquenter les call centers de la grande distribution, qui risquent d'être remplacés par des répondeurs automatiques.

Ajoutons à cela le protectionnisme rampant qui commence à hanter les couloirs de Washington et qui pourrait fermer encore plus l'accès au marché US des produits de l'Inde et de la Chine.

Brésil et Russie sont plus sereins : ils exportent leurs ressources naturelles plutôt que des heures de travail à bas coût. Et même quand les ménages occidentaux sont moroses, ils ont toujours besoin de céréales, de viande et d'hydrocarbures.
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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 10:56

Le Crédit Suisse a publié son estimation des dépréciations dûes aux crédits subprime, allant encore plus loin que celle du FMI.

Le montant correspondant, de 650 milliards de dollars, dépasse donc largement la capitalisation boursière d'ExxonMobil selon Yahoo! Finance.

Par contre, il reste encore du travail pour atteindre celle de Mitsubishi (102 mille milliards de dollars).

Si cette estimation est exacte, cela signifie que le pire reste encore à venir.

Maintenant, comme on murmure que Crédit Suisse doit prochainement annoncer encore quelques milliards de pertes, c'est peut-être une façon d'en minimiser l'importance : "nous n'avons perdu qu'une dizaine de milliards d'euro dans cette crise, c'est l'épaisseur du trait par rapport à d'autres..."
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 13:39
Steve Glanville, le développeur désintéressé d'Anim8or, le gratuiciel de modélisation et de rendu 3D à l'origine de la plupart de nos vidéos, travaille à la mise au point d'une version raytracing de son logiciel.

Sans rentrer dans la technique, il s'agit d'algorithmes de rendu 3D qui permettent de reproduire les effets de réflexion et de réfraction des surfaces.

Nous sommes en train de tester une preview très prometteuse.

Nous devrions pouvoir introduire encore plus d'effets flatteurs de jeux de lumière dans nos prochaines réalisations, du genre de l'image ci-contre, retravaillée depuis sa publication originale dans Subprime Street.
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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 09:52

Ca ne va pas fort pour la monnaie britannique.


Ce graphe, établi d'après les données de la BCE, montre un brutal décrochage de la livre sterling face à l'euro, amorcé l'été dernier, c'est-à-dire pile au moment de l'éclatement de la bulle des subprime.

Aujourd'hui, l'euro vaut 0,80 £, soit, pour utiliser une conversion plus parlante, la livre vaut 8 francs.

On ne voit pas pourquoi la tendance ne se prolongerait pas au moins jusqu'à l'été prochain : cela ferait arriver la livre au cours historique de un euro exactement, et éventuellement plonger sous ce niveau. Voilà qui ne va pas arranger l'amour-propre de nos voisins d'Outre-Manche.

L'économie britannique n'avait pas besoin de cela. Elle est en effet contaminée depuis plusieurs années par la terrible maladie anglo-hollandaise : l'hypertrophie de ses secteurs pétro-gazier et financier a désséché quasiment toute l'activité industrielle du Royaume, car on gagnait plus, en tant que particulier comme en tant qu'entreprise, à s'occuper de finance, d'immobilier ou d'énergie.

Maintenant que la finance n'a plus la cote et que l'immobilier s'effondre, il ne reste plus que l'énergie comme destination porteuse. Mais les champs de la Mer du Nord s'épuisent, les centrales électriques sont vétustes et le Royaume-Uni se trouve aujourd'hui dans la situation - inimaginable il y a quelques années - de devoir importer du gaz naturel après vingt ans d'exportations massives et d'acheter en catastrophe des centrales nucléaires aux froggies.

Car il est hors de question d'investir dans d'autres centrales au gaz, et encore moins dans des centrales au charbon, vu l'envolée des prix sur ce sale combustible. Il reste bien un peu de charbon dans les houillères anglaises, mais son coût d'extraction est prohibitif, contrairement aux USA qui en font toujours une source d'énergie d'avenir.

Côté transports, la situation n'est guère plus reluisante : le système ferroviaire britannique n'a pas retrouvé sa prestance d'avant les années Thatcher, et les compagnies aériennes low cost qui l'ont concurrencé doivent compter les jours avant leur faillite annoncée pour cause de pétrole cher... et de clientèle subitement moins dépensière.

Certains évoqueront l'argument positif classique lorsqu'une monnaie se dévalue : cela favorise les exportations. Mais qu'est-ce que le Royaume-Uni peut encore nous vendre... à part des dettes ?
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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 16:20
Selon les laboratoires du Fonds Monétaire International, le subpremium (en anglais subprime), ce nouvel élément chimique découvert il y a peu, ne serait pas un élément lourd comme nous l'avions précédemment publié, mais bien ultra-lourd.

Avec un poids atomique de 565 milliards de dollars, il pèse à peu près autant que le quart du PIB de la France, comme on peut le constater sur notre page des ordres de grandeur.
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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 21:22
Nestl--threat.jpgOn ne s'attendait pas à une réaction à ce niveau aussi rapidement.

Le PDG de Nestlé, premier groupe alimentaire mondial, Peter Brabeck, a déclaré dimanche dans une interview au journal dominical NZZ am Sonntag :

Si l'on veut couvrir 20% du besoin croissant en produits pétroliers avec des biocarburants, comme cela est prévu, il n'y aura plus rien à manger.


Au-delà de la
ruée des fonds d'investissement sur les commodités, et sur les céréales en particulier, il semblerait donc qu'il existe effectivement une concurrence exacerbée entre l'industrie des agrocarburants et l'industrie agro-alimentaire en tant que débouché des récoltes.
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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 21:20
CO2-cent-alt.jpgDans le maëlstrom actuel où les cours de l'or, du pétrole, des organismes financiers, des matières premières, des devises alternent records historiques et corrections d'ampleur, il est bon de savoir qu'il subsiste quelques havres de paix et de stabilité. Le cours du crédit d'émissions de CO2 en est un : il reste accroché de façon inébranlable à son niveau plancher de 2 centimes d'euro la tonne.

Avec la désintégration en cours d'une bonne partie du système financier mondial (nous voici en plein climax de Cloverfield), qui va rendre particuièrement épineuse la question du financement des actions visant à atténuer les causes et conséquences du réchauffement climatique, cette stabilité au voisinage de l'origine nous laisse assez peu optimistes sur la capacité du monde à s'occuper de la vérité qui dérange dans les années qui viennent.

En plus, un peu comme en 2001, à l'éclatement de la bulle Internet, on commençait à voir des sites Web au business model improbable se transformer du jour au lendemain en erreur 404, voici qu'on nous relate les déboires du projet-pilote norvégien de centrale thermique à capture et stockage de (dioxyde de) carbone intégré : l'usine flambant neuve fonctionne très bien, mais elle n'est pas rentable.

Nous ne parlons pas couramment norvégien, il nous est donc impossible de savoir si EnerZine a traduit correctement l'article original :
"C'est risible", a affirmé l'organisation Greenpeace, notant au passage que la Norvège serait plus intelligente d'investir dans l'énergie solaire que dans les technologies CCS.
Difficile en fait de savoir ce qui est le plus risible : un projet techniquement au point mais économiquement bancal, ou des lobbyistes donneurs de leçons qui, de toute évidence, ont étudié avec le plus grand sérieux les conditions exceptionnelles d'ensoleillement en Scandinavie.
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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 15:56
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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 19:31
Moon FootprintUne étude du Département des Ressources Naturelles de l'Université de Cranfield (Royaume-Uni), citée par le New Yorker, montre que l'origine des produits alimentaires n'est qu'une variable parmi tant d'autres caractérisant leur empreinte écologique.

Quand, au supermarché, on découvre que les haricots verts viennent du Kenya, on s'offusque tout de suite de la dépense inconsidérée en transport et donc en carburant.

On oublie que la plupart de ces transports au long cours sont faits par des cargos géants, dont la consommation par tonne-kilomètre est sans rival. De plus, les routes maritimes ne nécessitent pas de construire des infrastructures, grandes utilisatrices de béton et d'acier, tout leur long mais juste aux points de départ et d'arrivée.

L'étude arrive ainsi à des résultats surprenants pour le "bon sens vert" : par exemple, un New-Yorkais émet moins de gaz à effet de serre en buvant du Bordeaux, directement expédié par bateau à travers l'Atlantique, que du vin californien, qui a traversé les Etats-Unis par camion.

En intégrant tous les paramètres de production locale - comme l'usage d'engrais ou la consommation énergétique liée à la culture sous serre - les chercheurs britanniques sont ainsi arrivés à la conclusion effarante qu'un Londonien souhaitant acheter des roses en février produira indirectement six fois moins de GES en préférant les fleurs livrées du Kenya par avion à celles expédiées de Hollande, pourtant simplement cultivées de l'autre côté du Channel.

Et en parlant d'empreinte, qui calculera le coût en GES de celles qu'Armstrong a laissé sur la Lune ?

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 05:25
undefinedLe cours du baril est reparti à la hausse cette semaine, les analystes y voyant (enfin) un simple mécanisme de balancier avec l'euro.

Aucune des raisons habituelles (arrivée prochaine de la driving season, géopolitique) n'a été évoquée pour une fois. Ugo Chavez, le chouchou des commodity traders, a temporairement abandonné la guerre froide comme les USA.

A chaque jour suffit sa peine. Ces arguments ne tarderont pas à revenir pour entretenir des cours records alors même qu'il n'existe aujourd'hui aucune pénurie. Tout simplement, les liquidités affluent sur les marchés de matières premières et Washington ne verrait pas d'un mauvais oeil que la situation perdure jusqu'aux Jeux Olympiques, histoire de mettre Pékin dans une situation humiliante (coupures d'électricité et taxis en grève au plus fort des Jeux par exemple). Le dollar n'a quant à lui aucune raison de cesser sa glissade.

Voilà pourquoi une pointe jusqu'à $130 en milieu d'année nous paraît envisageable.

D'autres records sont à prévoir sur les autres matières premières, notamment l'or, l'uranium et le charbon : naguère troquées sous le manteau par des survivalistes isolés, les rumeurs d'épuisement anticipé des ressources naturelles sont désormais industriellement propagées par les agences d'information financière pour entretenir la commodity frenzy et la chasse aux valeurs refuges.
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