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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 11:44
Relevé par Jerome a Paris dans le Financial Times (traduction Aerobar Works) :
Le Royaume-Uni n'a rien à vendre

M. Rogers dit que les deux principaux piliers soutenant la livre sterling ont été le pétrole de la Mer du Nord et la force du secteur financier britannique, en particulier le rôle de la City londonienne.

Mais M. Rogers dit que, comme le pétrole de la Mer du Nord est en train de s'épuiser, la position de Londres comme centre financier majeur va en souffrir.

"Je ne pense pas qu'il existe aujourd'hui une banque britannique solide, tout au moins, s'il y en a une, je ne la connais pas" déclare-t-il. "La City londonienne est finie, le centre financier du monde se déplace vers l'Est. Tout l'argent est en Asie. Pourquoi reviendrait-il à l'Ouest ? On n'a pas besoin de Londres", dit-il.
L'argent est sans doute parti vers l'Orient, mais une partie s'est arrêtée au Moyen-Orient, dans les coffres monumentaux de la finance du Golfe Persique.

Mais au fait, qui est ce M. Rogers ? Tout simplement le co-fondateur du fonds d'investissement Quantum Fund. Co-fondateur avec... George Soros, l'homme qui fit sauter la Banque d'Angleterre en 1992. De telles déclarations laisseraient entendre qu'un nouveau coup de boutoir  spéculatif est sur le point d'être porté à la vacillante monnaie britannique.

Cela dit, il n'a pas complètement tort : depuis combien de temps avez-vous vu marqué Made in United Kingdom sur un objet, quel qu'il soit ?




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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 10:16
Après des chiffres et des lettres, voici encore un jeu que la crise financière a remis au goût du jour.
Il s'agit là, non plus de franchir le premier un maximum de kilomètres, mais de se débarrasser au plus vite de ses actifs toxiques, représentées par des cartes dont la valeur faciale est exprimée en billions (milliards en anglais) de dollars. Vous reproduisez ainsi le comportement réel des banques - dont les logos décorent lesdites cartes - qui tentent aujourd'hui de redonner figure bancaire à leur bilan.

D'une simplicité biblique, le jeu est pimenté par des incidents multiples venant au hasard des tirages : panne de liquidités (c'est le moment de sortir sa botte secrète "banque centrale"), accident de trading ou encore dégonflement de bulle spéculative.
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 07:00
Si nous prenons ici comme titre le pendant, en français dans le texte, de celui d'un récent article de blog du chroniqueur économique du New Yorker, c'est que la citation qu'il y donne a un certain intérêt :
Les terrains vacants dans et autour de nos villes et villages ont vu leur prix monter, dans certians cas, de plusieurs centaines de pourcent... plus par l'effet de la concurrence et de la spéculation que par une quelconque demande résultant de l'accroissement de la population et de la prospérité réelle... La plupart ont été achetés, non dans le but que leurs acheteurs les occupent, mais pour les remettre sur le marché, et vendu à des prix supérieurs.
De quand date cette citation ? Bien évidemment pas de 2006, mais de...1836, un an avant ce qu'on appelle désormais la Panique de 1837 et qui ressemble beaucoup à ce qui s'est passé l'année dernière, comme nous l'apprend wikipédia :
Dans les deux mois qui suivirent, le montant total des faillites dans la seule ville de New York atteignit pratiquement 100 millions de dollars de l'époque. « Sur les 850 banques des États-Unis, 343 fermèrent leurs portes, 62 firent partiellement faillite et le système des banques d'État subit un choc dont il ne se remit jamais totalement. »
Méconnue des Européens, cette crise est d'ampleur comparable à... Oui, vous avez deviné, l'incontournable Grande Dépression de 1929. Et l'économiste Milton Friedman de la commenter :
La panique bancaire de 1837 fut suivie de conditions économiques particulièrement perturbées et d'une longue contraction jusqu'en 1843 qui ne fut interrompue que par une brève amélioration de 1838 à 1839. Cette grande dépression est particulièrement intéressante pour notre propos. Elle est la seule dépression enregistrée comparable de par sa sévérité et son étendue avec la Grande Dépression des années 1930 et ses évènements monétaires concomitants reproduisent largement ceux de la crise ultérieure. Dans ces deux cas, une fraction importante des banques aux États-Unis cessèrent leurs activités soit par suspension, soit par fusion --environ un quart lors de la première et un tiers lors de la dernière contraction-- et la masse monétaire diminua d'environ un tiers. Aucune autre contraction n'approche, même de loin, ce lugubre record.
L'Histoire ne se répète jamais, mais on note donc qu'une brève éclaircie économique peut se produire un an après le krach, pour laisser ensuite durablement la place à de moroses nuages. 2009 pourrait donc n'être pas si terrible que cela.

En 1837, sans doute certains tonnèrent-ils contre l'aveuglement des financiers et demandèrent-ils un nouveau capitalisme - il leur était impossible de demander un nouveau Bretton-Woods, vu qu'il n'avait pas encore eu lieu. Près de deux siècles plus tard, on doit constater que ledit capitalisme est toujours le même.

Une autre crise financière similaire à celle de l'année dernière est celle de la panique bancaire de 1907 :
La Panique bancaire américaine de 1907, aussi nommée Panique des banquiers, est une crise financière qui eut lieu aux États-Unis lorsque le marché boursier s'effondra brusquement, perdant près de 50% de la valeur maximale atteinte l'année précédente. Cette panique se produisit au milieu d'une période de récession, marquée par d'innombrables retraits de fonds des banques de détail et d'investissement. La panique de 1907 se propagea à tout le pays, de nombreuses banques et entreprises étant acculées à la faillite. Parmi les premières causes de la crise, on peut citer le retrait de liquidités des banques de New York, la perte de confiance des dépositaires et l'absence d'un fonds de garantie des dépôts.
Avec ce recul historique, on constate donc que Wall Street est plutôt coutumière de telles crises bancaires : la nouveauté en 2008, c'est qu'elle s'est propagée comme une traînée de poudre à la sphère financière mondiale, grâce à la mondialisation des échanges et des dépôts.

On notera que c'est cette dernière panique qui amena la création de la Fed, en 1913 : il a donc fallu attendre six ans pour que les dispositifs correcteurs soient mis en place. Rendez-vous en 2014...

Une note d'optimisme pour terminer : les Cassandre de la prospective ont l'habitude de nous expliquer que toute crise financière type 1929 crée les conditions nécessaires à une guerre mondiale. Les deux crises citées plus haut sont clairement deux contre-exemples ; aucun historien n'acceptera l'élucubration d'une Grande Guerre de 1914-1918 provoquée par la Panique new-yorkaise de 1907. A contrario d'ailleurs, il soulignera que les tensions nationalistes et inter-ethniques prévalant dans les années 1930 ne pouvaient que mener à un conflit, indépendamment de la situation économique.

Nicholas Nassim Taleb, dans son dernier ouvrage le Cygne Noir, souligne qu'aucun acteur économique de cette époque n'avait prédit la Seconde Guerre Mondiale. La prévisions des conflits relève de la sociologie, malheureusement le sociologue est le seul scientifique - s'il en est réellement un - à rester piégé dans son propre champ d'étude : la prise de recul lui est impossible.
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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 07:00
Depuis notre première version du tableau périodique des éléments capitalistes, l'addition de la crise des subprime a fini par se stabiliser à un peu moins de mille miiliards de dollars de dépréciation d'actifs, sans compter la chute des marchés actions de l'automne dernier.


Ce Top Ten de la capitalisation boursière en provenance de Bloomberg est plutôt select : il est constitué de 7 compagnies états-uniennes et de 3 chinoises, point. On a considéré que Wal-Mart était américaine, mais comme sa "mission" semble être d'inonder chaque communauté US de produits asiatiques, on pourrait la classer comme cheval de Troie chinois...

En fait, on y trouve quasiment les mêmes qu'avant, mais dans un ordre différent. Les pétrolières dominent le podium de tête, mais les NTIC restent bien accrochées.
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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 07:00
La chute de la livre sterling est-elle conjoncturelle ou structurelle ?

En provenance directe de la Bank of England, les données mises en graphique ci-dessous confirment le caractère historique de l'année 2008. Sur l'année (janvier-janvier), la livre aura perdu de l'ordre de 30% de sa valeur, ce qui n'est pas banal. Et pour nous Français, il s'agit bien d'un plus bas historique depuis 1975.

Il s'agit de moyennes mensuelles, ce qui explique le fait que la valeur de décembre soit bien au-dessus de la barre des 1 € autour de laquelle se trouve désormais la monnaie de la Couronne britannique.

Peut-on interpréter cela comme une régularisation sur le long terme du modèle britannique, qui nous était encore cité en exemple il y a quelques années ? La remontée spectaculaire de la livre au début des années 1980 trouve ses origines dans la montée en puissance des champs pétroliers et gaziers de la Mer du Nord, qui eurent le bon goût d'être exploités alors que le prix du pétrole venait de repartir vers des sommets,

Le développement de la finance et de l'immobilier permit ensuite de prendre le relais de l'industrie pétrolière. Malheureusement, ces deux locomotives sont tombées successivement en panne, l'une à cause de l'autre d'ailleurs.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 07:00
La livre sterling se rapproche de plus en plus de la parité avec l'euro. Exprimée en francs français, elle a franchi mercredi le seuil historique des 7 FRF.

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 07:00

Les Echos ont publié, il y a quinze jours, un article au titre assez peu attirant : finance de marché, le double enjeu de la formation et de la recherche

Il s'agit d'un compte-rendu succinct d'une conférence donnée par une professeure de mathématiques financières. En fin d'article, on y trouve une confirmation scientifique de notre pressentiment des salades à Champignac :

Les mathématiciens n'ont-ils pas été bernés par les innovations de la finance, au même titre que le grand public ? La réponse a été « oui en partie », par référence aux dérivés de crédit : la recherche était encore à un niveau assez basique lorsque leur marché a décollé à partir de 2004 et l'identification des risques n'était pas assez maîtrisée. La chercheuse a aussi évoqué la dimension technique du face-à-face mathématiques et marchés financiers. Des exemples ? La pratique de la couverture quotidienne, qui a tendance à faire perdre la vue d'ensemble du marché ; la calibration aux prix de marché qui est un facteur de myopie ; ou encore le postulat que les options n'influent pas sur la valeur du sous-jacent, à remettre en cause partiellement.

En bon français, la loi de l'offre et de la demande physiques ne fixe plus les prix des biens, comme le pétrole par exemple : ce sont les marchés à terme prétendument "dérivés" de ce marché physique qui les déterminent.

Rappelons le point de vue de Mike Masters :

Le prix des futures de pétrole est fixé par l'offre et la demande en futures de pétrole.

C'est simple, il suffisait d'y penser !



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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 07:00

On voit souvent fleurir un calicot ainsi rédigé sur l'enseigne des pizzerias, quand le nouveau gérant veut faire croire à un réel changement dans la carte, le service ou la qualité des pizzas. Cela ne trompe bien entendu personne : comme la publicité mensongère est interdite, afficher "changement de direction" signifie qu'on ne peut pas écrire "nouvelle carte", "service plus rapide" ou encore "meilleures pizzas".

Autrement dit, quand on annonce un changement de direction, c'est parce qu'on ne change pas de cap !

C'est pareil pour les banques.

La valse de quasi-nationalisation récente pourrait faire croire que les banques seraient désormais vertueuses, que les banquiers redeviendraient les anges gardiens des industriels de l'économie réelle et que les affreuses salles de marchés, responsables de tant d'absurdités et d'excès, seraient enfin désertées.

Cette bannière publicitaire, capturée sur le site des Echos mercredi dernier, montre qu'il n'en est rien.

Quelle est donc cette institution financière qui pousse l'homme de la rue à spéculer sur les matières premières, et à faire ainsi repartir le prix des produits de base vers de nouveaux sommets ?

Non, non, vous ne rêvez pas, il s'agit bien de la Royal Bank of Scotland, désormais propriété de la Couronne britannique.

Speculation Save the Queen!

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 07:00
Hi aïe eh oui oh oh heïtte : c'est comme cela que les zexperts zénergétiques zanglophones (ZZZ) désignent le World Energy Outlook (WEO) de l'International Energy Agency (EIA) dans sa version 2008, auquel nous avions déjà consacré quelques mots.

Ce fameux rapport est enfin sorti : comme il est payant, nous n'avons accès qu'à quelques morceaux choisis, comme ceux-ci :


Les données présentées ont assez peu de valeur : à l'AIE, le "scénario de référence" pourrait également s'appeler "scénario du père Noël" puisqu'il consiste à compiler les projections de tendances de chaque pays-membre, sans leur imposer une quelconque contrainte économique ou climatique. Tout le monde y projette donc ses fantasmes de croissance économique et oublie tout ce qu'il promet par ailleurs en matière d'efficacité énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Bref, ce scénario fixe une borne supérieure de ce que sera la demande énergétique d'ici 2030, mais devient justement de moins en moins probable du fait de l'absence de ces contraintes.

Pour la version 2008, l'AIE s'est sentie d'ailleurs obligée de rajouter le texte en bas (dénommé kicker par les ZZZ) :
Il est nécessaire d'investir 26 300 milliards de dollars en infrastructure de fourniture d'énergie [d'ici 2030], mais la crise bancaire pourrait retarder les dépenses - particulièrement dans le secteur énergétique.
Ce qui revient à dire que les banques occidentales seront aussi responsables du non-développement des infrastructures que ces méchants de l'OPEP qui-refusent-de-produire-ce-dont-l'OCDE-a-besoin-voire-au-delà-pour-que-ce-soit-bon-marché.

Il manque par ailleurs quelque chose de fondamental dans le graphe, cherchez bien...



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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 18:50
Ce fut un temps le surnom d'Edith Cresson au gouvernement. Pourquoi ? Parce que sa méconnaissance des dossiers et sa langue gaffeuse lui faisait commettre quotidiennement environ... six boulettes.

Si on en croit la Tribune, elle tient une sérieuse remplaçante en la personne de Ségolène Royal.

La malheureuse (?) candidate socialiste à la présidentielle, après avoir démontré son incompétence en matière d'énergie électronucléaire lors du fameux débat contradictoire avec Nicolas Sarkozy, puis plus récemment en ayant clamé haut et fort que le prix du gazole devait être parfaitement proportionnel au prix du baril, nous donne la recette de son plan de sauvetage de l'économie française :
D'abord je fais entrer l'Etat au capital des banques pour sauver les entreprises. Dans le même temps, je répercute la baisse du brut en baissant les prix de l'énergie. J'augmente immédiatement le pouvoir d'achat en supprimant le paquet fiscal que je transforme en un 13ème mois pour 8 millions de salariés. Et enfin je stoppe les délocalisations boursières. Et tout cela tout de suite. Arcelor Mittal a par exemple décidé de fermer ses hauts fourneaux en Europe. C'est impensable alors que la demande mondiale d'acier continue à augmenter.
Hé non, la demande d'acier est au contraire en train de chuter, c'est pour cela qu'ArcelorMittal doit fermer temporairement ses hauts-fourneaux : n'a-t-elle pas entendu que les usines automobiles françaises sont à l'arrêt ? Juste-à-temps oblige, les aciéries en amont doivent rapidement s'adapter à la demande, et arrêter quelques hauts-fourneaux - pas tous.

Le producteur brésilien de minerai de fer Vale nous donne d'ailleurs dans les Echos une description plus réaliste de la situation :
Le président de Vale, Roger Agnelli, a affirmé que les mesures étaient "un ajustement momentané" en raison de la "réorganisation" de l'économie mondiale et du repli de 20% de l'industrie sidérurgique mondiale. Le ralentissement de l'économie de la Chine - principal marché de Vale qui compte pour 20,5% de ses recettes - est le facteur numéro un des réductions de production.
On se plaint du capitalisme financier qui s'était déconnecté de l'économie réelle en générant des bulles spéculatives, mais en France, certains dirigeants de partis politiques semblent également vivre dans une bulle qui les coupe de l'économie réelle.
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