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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 07:00
Le gouvernement vient de publier sa nouvelle feuille de route en matière d'énergie, les fameux PPI/PIP. C'est un document de base pour toute communication externe officielle - que les candidats à la présidentielle de 2012 feraient bien d'assimiler pour éviter toute nouvelle pitoyable bataille de chiffres faux - dans lequel il ne faut pas s'attendre à de fracassantes révélations.

Nous ne nous pencherons pas dans le détail extrême donné au plan sur les énergies renouvelables, d'autres le feront sans doute et mieux que nous. Mais la tonalité d'ensemble, résumée par le graphique ci-dessous (cliquez dessus pour l'agrandir), est digne d'intérêt.

On y constate en effet une décroissance marquée de la consommation de pétrole ; le rapport indique qu'il a tenu compte du développement du véhicule électrique dans les prévisions de consommation d'électricité. Mais la décroissance la plus marquée est bel et bien celle du gaz naturel, pour lequel les auteurs du rapport tirent l'alarme :
l’Union Européenne sera elle même confrontée, au cours des 10 prochaines années, à deux défis majeurs sur les marchés mondiaux du gaz naturel :
- la décroissance rapide (de l’ordre de -40%) de sa production intérieure ;
- la demande croissante et concurrente des autres continents sur un marché qui se mondialise de plus en plus
Les "autres continents" sont une litote pour désigner les grands consommateurs de gaz : les USA, l'ex-URSS et bien sûr la Chine, qui consomme déjà autant que l'Italie et qui fait plus que lorgner sur les réserves phénoménales iraniennes - d'où le fait que l'Empire du Milieu reste en tête de liste des préoccupations géopolitiques des grandes puissances, et que plus modestement la France souhaite, lentement mais sûrement, se passer de ce fluide énergétique.
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 07:00
Alors que la Bourse au carbone mise en place en Europe ne brille pas par son succès, pourquoi les Etats-Unis s'orientent-t-ils néanmoins vers cette solution, plutôt que celle de la taxe carbone ?


Cet article du New York Times l'explique.

D'une part, les Démocrates se souviennent encore d'une malheureuse taxe sur l'énergie qu'avait voulu instaurer Clinton, peu de temps avant que les Républicains ne reprennent le pouvoir.

D'autre part, la Bourse au carbone - cap & trade pour les intimes - flatte les bas instincts clientélistes des élus : ce mécanisme leur permet en effet d'accorder aux industriels certaines faveurs, comme des droits gratuits à émettre, en contrepartie de leur soutien pour le financement des campagnes électorales.

Ne dites plus cap & trade, dites... trafic d'influence.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 07:00
Un dessin amusant tiré du New Yorker daté du 20 avril dernier...

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 07:00
Connaissez-vous la loi de Gresham ?

Remercions James Hansen qui nous a permis de la découvrir, à l'occasion de sa dernière newsletter.

En effet, en réponse à une réponse qu'il a reçue du gouvernement australien, il y dresse une série d'arguments contre le système de cap-and-trade tel que nous l'avons mis en place en Europe et vers lequel semble également s'orienter le gouvernement Obama. Ainsi, sur la question de l'efficacité de la méthode des quotas :
1. Les quotas réalistes sont incomplets et ne régissent pas ce qui compte : les émissions totales.
2. Des compensations sont souvent permises et souvent faiblement garanties, ce qui crée encore plus d'incertitude
3. Comme c'est la cas avec n'importe quelle loi, les quotas peuvent et seront modifiés à plusieurs reprises d'ici 2050
4. Les quotas ont été/sont largement rejetés par certains pays, le quota mondial sera donc bien trop élevé.
5. Quand les quotas sont acceptés, ils sont souvent fixés à des valeurs trop élevées - comme cela est arrivé, par exemple, pour la Russie.
6. Si un jeu complet de quotas bas est établi, le commerce des permis d'émission sera probablement soumis à la loi de Gresham - "la mauvaise monnaie chasse la bonne" - Plusieurs pays émettront trop de permis ou échoueront à renforcer les exigences. Ces permis, moins chers, seront échangés sur le marché mondial et saperont le quota mondial.
7. Les quotas seront extrêmement difficiles à abaisser car ils doivent être fixés par rapport à l'activité habituelle (Business As Usual ou BAU), qui ne peut pas être prédite avec précision : les émissions BAU de la Chine ont augmenté de 27% de 1990 à 2000, mais augmenteront de plus de 100% de 2000 à 2010. En prétextant une erreur dans l'estimation du BAU, un pays peut facilement refuser de respecter son quota. Le Canada, un pays grandement respecté, profite actuellement de cette possibilité.
La plupart de ces arguments sont assez fondés, sauf le 6 où la référence à cette loi ne nous paraît pas pertinent.

La loi de Gresham s'applique, de façon générale, à un marché où deux types de biens s'échangent : le premier correspond à un produit de valeur, le second à un produit de moindre valeur mais qu'une règlementation assimile au premier type. Les acteurs d'un tel marché ont tendance à garder pour eux les biens du premier type, et à ne s'échanger que les biens du second type, ce qui fait qu'on ne finit plus par trouver sur le marché que ces produits-là. C'est ni plus ni moins que le jeu du mistigri, version financière : à la fin du jeu, les bonnes cartes restent en mains et le valet de trèfle circule.

Ses remarques sur la volatilité des prix qu'induit un système d'échange de quotas sont par contre de meilleur aloi. Il cite également un journaliste du New York Times, qui souligne qu'en ces temps de désamour de l'opinion publique pour Wall Street, une taxe n'est pas forcément impopulaire :
Les Américains accepteront de payer une taxe pour que leurs enfants soient moins menacés, respirent un air plus propre et vivent dans un monde plus durable avec une Amérique plus forte. Ils sont moins prêts à soutenir une firme londonienne négociant les compensations d'une facture d'électricité de Boston avec une firme spécialisée dans les produits dérivés à New York de façon à aider le financement d'une fonderie d'aluminium à Pékin, ce en quoi consiste tout à fait le cap-and-trade.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 06:30
La blogosphère n'avait clairement osé la comparaison qu'au second degré.


Mais les journalistes ne reculent plus devant rien à propos de la Crise-de-la-Mort-qui-Tue : la comparaison avec 1929 devenant banale, les Echos de mercredi nous ont expliqué, dans leur dossier "spécial Crise", que :
pour comparer, il faut se référer à la Corée de 1997, l'Amérique de 1929, voire à la fin de l'Empire Romain.
Une de nos lectrices, que nous avions un peu trop rapidement épinglée, nous a certes appris qu'il existe des séries de PIB reconstituées depuis l'an mil. Mais de là à pouvoir établir des similtudes entre l'effondrement de la Bourse de Rome, de la parité sesterce/drachme ou bien des ventes de chars à quatre juments motrices d'une part, et des indicateurs plus actuels et représentatifs de l'état de l'économie mondiale actuelle d'autre part...

Il ne nous reste plus qu'à patentier pour découvrir la prochaine dramatisation abusive, par exemple en pariant que la même source devrait bientôt rapprocher notre futur proche de l'effondrement civilisationnel de l'île de Pâques, de celui des des Mayas ou peut-être même de la fin des dinosaures. Bizarrement, personne n'ose la comparaison avec un effondrement plus récent : celui de l'URSS, il y a vingt ans

Saluons en attendant l'amusante comparaison, plus primesautière et peut-être finalement plus juste, faite dans ce même numéro des Echos par Jacques Attali :
Le G20 vise à attendre la fin de la crise sans rien changer d'important. On pourrait presque comparer ce sommet à Londres à une réunion des alcooliques anonymes dans un bar à vins...
A bientôt pour d'autres citations rigolotes du Grand Jacques que nous avons déniché dans ses oeuvres de jeunesse : il donnait déjà son point de vue lors de la crise de 1973.

Il n'y a pas que les économistes qui font de l'archéologie !
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 22:00
LONDRES (Reuters) - Nicolas Sarkozy estime qu'une page vient d'être tournée dans l'histoire du capitalisme avec les résolutions du sommet du G20, qui a décidé de renforcer la régulation des activités financières.
Il était temps ! Allez donc lire ce qu'écrivait, il y a près de vingt ans, l'actuel rédacteur en chef de la Tribune...


Le logo du G20, qu'Obama a dû beaucoup aimer :
 l'Amérique en est absente... et la lumière semble venir de Sibérie !
L'image a sans doute été achetée un peu trop vite à l'agence de pub de Gazprom.


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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 07:42
Voici que le très sérieux Centre d'Analyse Stratégique - CAS, rien à voir avec les CDS - vient de nous pondre deux notes de veille sur la question de la valorisation des émissions de carbone :
Taxe carbone ou quotas d’émissions : quel instrument économique, efficace et équitable, pour lutter contre le réchauffement climatique ?

En France, en clôture du Grenelle de l’Environnement, le Président de la République s’est engagé à étudier la création d’une contribution Climat-Énergie en contrepartie d’un allègement de la taxation du travail. Récemment, le 5 février, il a évoqué la création d’une taxe carbone pour compenser une partie de la suppression de la taxe professionnelle.
Outre-Atlantique, dans son projet de budget intitulé « A New Era of Responsibility », transmis au Congrès le 26 février, le Président Barack Obama, dans une annonce qui marque un tournant historique, a décidé d’œuvrer dans la lutte contre le changement climatique. Il s’est plus précisément prononcé en faveur de la création en 2012 d’un marché des émissions de gaz carbonique de type « Cap and Trade ». Même si un nombre croissant d’économistes américains défend le recours à une taxe carbone redistribuée comme un instrument économique à la fois efficient et équitable de réduction des émissions, les considérations d’économie politique restent particulièrement prégnantes.
Afin de contribuer au débat, le Centre d’analyse stratégique publie conjointement deux notes de veille. La première analyse les avantages et inconvénients respectifs d’une taxe carbone et d’un marché de quotas d’émissions appliqués au secteur des transports. La seconde note apporte un éclairage sur les instruments économiques pour l’établissement d’un signal-prix carbone débattus aux États-Unis tant dans le cadre de la future législation climatique qu’en vue des négociations internationales de Copenhague.
La réponse des spécialistes du CAS est consensuelle - hybride, disent-ils eux-mêmes pour être dans l'air du temps : faisons du "Tax, Cap & Trade", c'est-à-dire encadrons le marché du CO2 par des prix plafond et plancher, ce dernier pouvant être directement prélevé sous forme de taxe, par exemple en augmentant de quelques centimes la TIPP pour le cas des transports.

De la part d'un organisme public a priori indépendant des lobbies industriels, ces positions assez tièdes ont de quoi surprendre. On distingue entre ces lignes la recherche désespérée d'un consensus démagogique : "ne taxons pas plus pour satisfaire les électeurs, c'est vrai que le marché actuel des crédits d'émission débloque complètement mais restons-y fidèles car il n'y a que cela qui plaît à Bruxelles et à nos économistes, et puis d'ailleurs Obama va faire pareil". Nous ne sommes pas loin du groupthink...

En attendant, une chose est sûre : il fera chaud avant que nous payons le carbone émis à son coût complet.


Illustration : campagne de récupération du cuivre (1942) d'après la vie quotidienne sous l'Occupation à Chateaubriand. Il y a plus de cinquante ans, on recyclait les ressources non renouvelables grâce à de l'énergie renouvelable
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 07:00
L'année dernière, tous les porte-parole de l'économie poussaient des cris d'alarme quant à la pénurie générale de matières premières. On a su depuis qu'ils se contentaient de hurler avec les loups des "investisseurs" des marchés de matières premières, et qu'ils ont confondu une bulle avec un pic.

Cette année, ils essaient de se refaire sur le sujet de la Super-Méga-Terrible-Crise-actuelle-que-1929-à-côté-c'était-une-plaisanterie, aidés par les "Monsieur Plus" du Quatrième Pouvoir.

Dernier exemple en date, la déclaration fracassante de Karine Berger (X - Sciences Po - ENSAE, excusez du peu, c'est bien pratique LinkedIn), directrice des études d'Euler Hermes SFAC :
Pour la première fois de l'Histoire, le poids des intérêts de la dette française devrait ainsi dépasser 3% du PIB, ce qui, selon Karine Barger, fera entrer les finances publiques dans une "zone d'instabilité".
On est ravis d'apprendre que chez Euler Hermes SFAC, il existe des bases de données permettant de comparer la dette de la France à son PIB depuis l'an de grâce 486, date à laquelle on fixe officiellement le début de l'Histoire de France. C'est d'autant plus remarquable que le PIB n'est mesuré en comptabilité nationale que depuis une cinquantaine d'années !

La coquille dans le patronyme de Karine ("Barger" au lieu de "Berger") nous laisse supposer que la pauvre journaliste (Sophie Louet) qui a essayé vainement de comprendre ce que racontait la directrice des études a rédigé trop vite son article et qu'elle a sans doute déformé une déclaration originellement plus raisonnable, du type "pour la première fois depuis la Deuxième Guerre Mondiale...", en l'annonce catastrophique ci-dessus.





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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 07:00
A fin janvier 2009, le CAC40 a repris les couleurs de l'économie réelle.

L'énergie truste les trois premières places du podium : TOTAL, EDF et GDF Suez pèsent à un seul un tiers de la capitalisation boursière du CAC40.

Banques et assurances, qui caracolaient naguère aux premières places, ont été rétrogradées au milieu du peloton : Axa est 8ème, BNP Paribas 9ème.

Le secteur automobile est dans les rangs du fond : Michelin est 31ème, Renault 32ème et Peugeot 38ème.
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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 07:00
En cette période dite de crise, il y en a qui affichent de grands sourires : les consultants en management. Ce terme vague recouvre aussi bien du détachement de contrôleurs de gestion à la journée que des projets informatiques ou de réduction des coûts.

Evidemment, en cette période économique difficile, les cost-killers salivent plus que d'habitude. Cette Schadenfreude (joie provoquée par le malheur d'autrui) se traduit notamment par des publicités tapageuses et envahissantes, qui vont parfois se glisser jusque dans des rites relationnels qu'on pensait jusqu'à présent, à l'instar des chaînes de télévision publiques, préservés de la réclame :
Sombres cartes de voeux (Les Echos)

Quant au cabinet de conseil en stratégie Roland Berger, il joint à sa carte un petit livret bleu roi intitulé « Comment traverser au mieux 2009 »
Mais la palme du mois revient sans doute à BearingPoint, qui "innove avec le plan Efficacité Opérationnelle".

On a beau chercher, que ce soit dans le contenu que dans le nom, on ne voit pourtant pas la moindre trace d'innovation. Ha, si, une innovation orthographique peut-être :
Avant de s'intéresser à l'efficacité des fonctions supports de ses clients, BearingPoint pourrait améliorer les siennes, notamment celles en charge de la communication externe, en leur offrant un dictionnaire. Certes, le retour sur investissement est difficilement chiffrable, mais c'est avant tout une question d'image.

C'était le conseil gratuit du jour des Aerobar Strategy Consultants.


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