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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 22:01

http://static.waybackmachine.org/images/logo_WM.pngUn article papier du dernier Pour la Science nous a rappelé que le site archive.org ne se contente pas d'avoir, sur le plan historique, hébergé le premier nos vidéos.

Ce site mérite en effet son nom : il se destine à archiver le Web, ou tout au moins une bonne partie, et autorise gratuitement l'internaute à plonger dix à quinze ans en arrière pour voir la Toile à ses débuts.

Ainsi, vous rappelez-vous à quoi ressemblait la page d'accueil du Monde en 1996 ? La réponse ici. A l'époque, nous n'avions personnellement ni téléphone portable, ni ordinateur portable ni même d'accès Internet au bureau.

Cette machine à retourner en arrière ne se contente pas d'archiver la presse média, on y trouve aussi des forums et même des blogs dans leur charte graphique originelle. Mais cela reste quand même moins jouissif qu'une pile de Spirou poussiéreux dénichés d'une armoire...

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 17:51

Starter prend une déchargeC'est le titre d'un article que nous avons déniché dans le n°1502 de l'hebdomadaire Spirou paru en... janvier 1967.

A l'époque, on parle de batteries zinc-argent qui coûtent "aussi cher qu'une Ferrari". Finalement, on aura donc fait quelques progrès en 50 ans... Le dessin du titre, avec Starter assis sur une énorme batterie, évoque déjà Twizy !

Certains noms peuvent étonner nos jeunes lecteurs : ainsi, les capsules Gemini dont on évoque les retombées technologiques étaient des vaisseaux spatiaux conçues pour orbiter autour de la Terre, tandis qu'on préparait le programme Apollo. Hé oui ! Dites-vous bien que lorsque ces lignes ont été écrites, l'homme n'avait pas encore marché sur la Lune...

On y parle aussi de Scalextric : il s'agit d'une marque de jouets célèbre à l'époque pour ses circuits routiers électriques - aujourd'hui, on utilise encore une autre appellation déposée pour désigner ces jeux surannés, le circuit 24.

Dans un demi-siècle, lorsque nos petits-enfants se pencheront sur notre présent, peut-être seront-ils autant embarrassés par des termes comme Facebook ou Apple... Sic transit gloria mundi !

En cliquant sur les images des pages, vous pourrez les agrandir et donc les lire confortablement.

 

spirou 1502 - VE 1spirou 1502 - VE 2

 


spirou 1502 - VE 3

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 07:00

Alors que certains voient dans la revanche islandaise - no more cash, but much ash - les prémices de l'apocalypse maya, nous avons pu, une fois de plus, mesurer comme présent et passé ont parfois tendance à s'entrechoquer, en classant quelques cartons de souvenirs issus du grenier de nos aînés.

WTC-closest-to-heaven.jpg

Ce prospectus publicitaire, datant probablement de la fin des années 1970, affiche un slogan qui fait froid dans le dos : "Là où certains d'entre nous ne pourrons pas s'approcher plus près du Ciel"... De quoi avoir comme un goût de cendres dans la bouche.

En parlant de cendres, les petites particules de silice d'Eyjafjöll ne vont pas tarder à nous choir dessus. Ca tombe bien, on a justement retrouvé un opuscule très pratique intitulé "Que faire en cas de retombées nucléaires ?" par le Secrétariat US de la Défense Civile en 1967. L'illustration ci-dessous vous permettra de maîtriser la situation.

 

family-shelters.jpg

Les peurs de nos pères, c'était quand même autre chose que le virus H1N1.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 07:00
Nos yeux se sont  récemment arrêtés sur un numéro de Science et Avenir datant de 1983.

On est d'abord tombé sur une publicité pleine page pour un numéro hors série consacré au pétrole, avec des titres étonnants : pléthore ou pénurie ? l'offshore profond, les carburants alternatifs... Le pic pétrolier ne serait-il donc finalement qu'un simple marronnier de la presse écrite ?

Mais le plus amusant était quelques pages plus loin, un article intitulé (de mémoire) la vérité sur le mystère de l'île de Pâques.


A l'époque, le debunking ne consistait pas à pourfendre des théories du complot dénonçant d'improbables manigances du clan Bush, de membres très sélect du club Bilderberg ou de méchants capitalistes qui détruisent la planète et ruinent nos enfants, mais de prouver scientifiquement qu'il ne pouvait s'agir en aucune manière de l'oeuvre de "Vénusiens" ou de quelque autre peuplade extra-terrestre. On savait voir en grand, à l'époque ; cela dit, rien n'empêche que Bush ne soit pas en fait un Vénusien, ce qui expliquerait bien des choses.

L'article fit sans doute sensation à l'époque, car pour la première fois il narrait l'histoire complète reconstituée des Pascuans, depuis leur débarquement au Vème siècle jusqu'à celui de Roggeveen en 1722, expliquant comment les statues furent transportées et érigées - avec du bois et des lianes, pas besoin de soucoupes volantes - puis renversées.

L'effondrement civilisationnel qui fit que la population décrût brutalement dans d'atroces souffrances était déjà bien compris, mais à l'époque ce fait paraissait anodin : oui, bon, ils sont devenus trop nombreux, un peu de sécheresse, quelques grosses tempêtes et il n'y avait plus à manger, donc c'est logique, famines, guerres et chute brutale de la démographie. "C'est la vie", comme disent les acteurs dans les films hollywoodiens. Circulez, y a rien à voir, aurait-on envie d'ajouter.

L'article passe beaucoup plus de temps à explorer ce qui s'est passé après l'effondrement, comment les tribus faméliques restantes ont réussi à cesser de s'entretuer et à mettre en place l'équivalent du "gouvernement mondial" qu'on nous suggère - avec raison - de temps en temps comme issue à la présente crise et aux prochaines qui arrivent (prolifération nucléaire, pénurie alimentaire mondiale, réchauffement climatique, etc). Le champion de chaque clan se mesurait aux autres une fois l'an en allant chercher, sur un îlot voisin, un oeuf d'oiseau : le premier à revenir avec le trophée donnait la victoire à son clan, qui prenait alors le contrôle de l'île pour un an. Pas très démocratique, mais cela marchait.

A quand le remplacement du Parlement Européen par le concours de l'Eurovision ?
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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 07:00
Lorsqu'une société est frappée par une crise soudaine et déroutante, comme nous le sommes aujourd'hui, le mécanisme est toujours le même : on commence par l'effet de panique - c'est la raison du succès des films catastrophe - puis on se met à danser sur le volcan. Allons-nous bientôt connaître de nouvelles "Années folles" ?

... Ainsi commence un article dans l'air du temps. Continuons donc à vous en livrer quelques morceaux choisis, mais avec la forme qui convient aux citations :
Il fallait s'y attendre : la fin du monde est à la mode. ce que Dieu fit en six jours, nous allons le défaire en six mois, ou six ans, et le créateur peut bien s'indigner, l'humanité étouffe à peine un rire en lançant ses derniers confettis.
L'article nous prédit une fin du monde sous la forme d'un "Apocalypse Chic"
Qu'est-ce que l'"Apocalypse Chic" ? Un phénomène social qui fait que, dans la même ville de Detroit aux Etats-Unis, on peut enregistrer un nombre de chômeurs qui rappelle les pires moments de la Grande Dépressiopn et entendre la plaisanterie du jour : "Quelle est la différence entre la Chrysler Corporation et le Titanic ? A bord du Titanic, il y avait un orchestre."
Mais où est donc le lien vers cet article si actuel, nous direz-vous ? Hé bien, il n'y en a pas, vu que l'article en question est paru dans le mensuel Réalités, ancêtre du Figaro-Magazine, en... mai 1975.

Un peu plus loin, après l'apocalypse chic, voici un article intitulé... Le marketing choc, écrit par un certain Robert Leduc (agence Ted Bates), et qui se révèle, dans ses dernières lignes, d'une remarquable clairvoyance :
Le centre d'intérêt du marketing se déplace. De l'économique, il glisse vers le social.

La crise du pétrole, qui précède celle des autres grandes matières premières, aura servi de détonateur. Elle met, et pour longtemps, le marketing devant un nouveau défi : celui de la pénurie. Que va-t-il devenir lorsqu'on nous demande de fermer le chauffage, d'acheter des voitures plus petites et de récupérer nos bouteilles vides ? L'ère du jetable s'achève. (...) Face à un projet de produit nouveau, la question ne sera bientôt plus : "est-ce qu'il se vendra ?", mais "en avons-nous vraiment besoin ?". Il va falloir faire converger la rentabilité et l'utilité. Le marché de l'utilité marginal va se rétrécir. Dans ses calculs, l'entreprise doit dès maintenant intégrer des objectifs sociaux.
Hé oui, il s'agit bien là d'une définition du développement durable, donnée cinq ans avant que l'expression ne soit officiellement forgée, et par un publiciste, comme de bien entendu. Déjà, à l'époque, le bobo décroissant en vélo faisait vendre (des cigarettes, certes) :


L'archéologie le prouve : la croissance verte, le développement durable, la décroissance, c'est rien que de la pub. Même pas récente.

Du réchauffé d'il y a 35 ans.

Des idées neuves, vite !!!
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 00:00
Poursuivons nos retours dans le passé, dans un monde encore inconnu des moteurs de recherche et qui a pourtant existé !

Cette fois-ci, nous avons décidé de nous projeter exactement 50 ans en arrière, en nous plongeant dans le numéro 471 de Paris-Match, publié le 22 avril 1958.

En couverture, un jeune révolutionnaire, l'arme au poing, prêt à renverser le dictateur Batista encore en place : c'est Fidel Castro.

Dans les pages intérieures, l'hebdomadaire se fait l'écho d'un ouvrage visionnaire, écrit deux ans plus tôt par un certain Camille Rougeron, et intitulé Les Applications de l'énergie thermonucléaire :
Avec les explosions thermonucléaires et la quantité de chaleur qu'elles emmagasinent sous terre, on pourra produire de la vapeur à bon marché, de l'énergie deux cent fois moins chère que celle du charbon. On pourra créer des lacs artificiels, maintenir ouverts toute l'année le Saint-Laurent et la Volga, gagner à la culture des milliers d'hectares aujourd'hui gelés, épuiser totalement les puits de pétrole (on ne les exploite aujourd'hui qu'à 20 ou 25%), utiliser les couches profondes des gisements de houille.

Indépendamment du problème politique posé par son utilisation militaire, la bombe H peut offrir à l'homme des utilisations pacifiques illimitées. Tout pays qui la possédera pourra mutliplier, du jour au lendemain, ses réserves d'énergie, devenir totalement indépendant des pétroles du Moyen-Orient, du canal de Suez, de toutes les ressources énergétiques d'outre-mer. Et cela, pour plusieurs centaines d'années.
Un article paru dans Science et Vie la même année détaille un peu plus la vision aussi originale que dérangeante de M. Rougeron, pour ceux qui aiment la vraie science-fiction.

Une demi-siècle plus tard, on constate que l'énergie atomique n'a pas tenu toutes les promesses qu'elles a faites au monde civil. Son coût réel est aujourd'hui équivalent à celui du charbon, du fait des coûts indirects : fiabilité du procédé de production électronucléaire, enrichissement et retraitement du combustible, gestion des déchets, maintien de la sûreté. Les énergies fossiles l'ont même squeezé sur certains points : si la Volga devient navigable toute l'année, ce sera grâce aux gaz à effet de serre.

On notera qu'à l'époque déjà, la dépendance du pétrole du Moyen-Orient est une préoccupation nationale : on sait que le charbon national est en train de s'épuiser à grande vitesse et qu'il faudra que la métropole se dote d'une nouvelle source d'énergie bon marché pour maintenir son rang sur l'échiquier mondial.

Et, de même qu'aujourd'hui nos chers journalistes croient déjà voir le monde se développer de façon durable, Paris-Match affiche son optimisme atomique :
Déjà, les grandes compagnies pétrolières sont sur l'affaire.
Cinquante ans plus tard, Total commence effectivement à envisager de construire une centrale nucléaire au Moyen-Orient... Il était temps.

De ce monde d'il n'y a pas si longtemps où chaque Français consommait moitié moins de pétrole qu'aujourd'hui (cf. courbe ci-contre), les publicités ou "réclames" donnent une image sobre : en ville, la seule alternative aux transports en commun est le scooter - et nous prévoyons d'ailleurs son retour généralisé pour dans quelques temps - la voiture restant cantonnée aux grands trajets exceptionnels :
Simca Ariane, le temps des vacances chaque fois retrouvé...
Mis à part un ou deux objets dont l'usage doit commencer à échapper aux jeunes générations, comme ce "Mignon" de Philips ("le premier tourne-disques 45 tours automatique"), la vie quotidienne du Français de 1958 est loin de ressembler aux rêves décroissants de certains piquistes, qui s'imaginent condamnés aux années noires de l'Occupation dès que la production pétrolière commencera à décliner.

Moins de pétrole, c'est avant tout moins de déplacements. Mais puisque l'homme a réussi à vivre en société depuis 8000 ans sans trop se déplacer, pourquoi serait-il impossible de refermer cette parenthèse d'hyper-mobilité maladive sans pour autant renoncer aux progrès technique et social ?
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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 21:30
Poursuivons nos voyages dans le passé, dans un Monde quasi-inaccessible pour l'internaute moyen (l'article est accessible dans les archives du quotidien, mais payant).

Dans l'édition datée du 21 août 1991 et barrée du titre Les Occidentaux réclament le retour de M. Gorbatchev, on trouve en dernière page un court article intitulé Hausse du pétrole et chute des céréales :
Hausse du pétrole, baisse des céréales, mouvements sur les métaux : les marchés de matières premières ont réagi vivement, mais sans surprise, au coup d'Etat en URSS. Le prix du pétrole, dont l'URSS est le premier producteur et un important exportateur, a gagné rapidement jusqu'à 2,70 dollars le baril avant de revenir à une hausse d'environ 1 dollar (à 22,5 dollars le baril à New-York pour une livraison en septembre).
Il y a donc à peine moins de vingt ans, un coup d'Etat au sein du premier producteur mondial de pétrole provoque une augmentation instantanée de... 10% de son cours, avant que les marchés ne se calment et enregistrent finalement, à la clôture, une hausse modérée de moins de 5%. Pourtant, le risque de pénurie à court comme à moyen terme est tangible :
Les opérateurs sont inquiets pour l'avenir des lourds investissements récemment décidés par les compagnies occidentales en URSS et, plus encore, par l'éventuel ralentissement des livraisons soviétiques.
Oui mais, allez-vous nous rétorquer, à l'époque il y avait les fameuses réserves de capacité de l'Arabie Saoudite, capables d'inonder le marché de millions de barils journaliers pour calmer le jeu...

Hé bien, non :
La capacité maximale de production de production mondiale est déjà atteinte après la guerre du Golfe. Les seules capacités disponibles sont en Irak. La crainte est donc nourrie d'une élévation des prix de l'or noir dans les mois à venir.
Le 21 août 1991, la conjoncture pétrolière était donc bien plus noire qu'aujourd'hui. Et la production mondiale de pétrole en 1991 fut effectivement inférieure à celle de 1990.

Mais que représentent 22,50 dollars de 1991 ? Avec l'inflation, le cours d'alors du dollar, peut-être est-ce une somme considérable, proche des 130 dollars actuels ?

Non plus. D'après nos calculs, 22 dollars 1991 égalent environ 35 dollars actuels. Oui, vous avez bien lu : 35, pas 135.

De deux choses l'une : soit le marché réel et physique du pétrole est encore plus tendu aujourd'hui qu'il ne l'a été en août 1991, soit le marché à terme... est dans une bulle.

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 21:23
Nous avons déjà fait ici un peu d'archéologie en publiant quelques extraits d'exemplaires historiques du journal Le Monde que nous avions décidé de conserver.

Nos yeux se sont récemment posés sur le numéro daté du vendredi 19 janvier 1991, avec une manchette qui fait toute la largeur de la page :
Foudroyante offensive alliée contre l'Irak
Mais ce n'est pas la une qui nous a le plus intéressé, c'est un article, rejeté en page 25, intitulé
Forte baisse des prix du pétrole
Des mesures d'économies préventives d'économies en France.
Amusant de voir comme, une génération plus tard, nous sommes dans la situation exactement opposée - et pourtant les Américains sont toujours en Irak ! Il est vrai qu'ils ne sont plus autant foudroyants.

Avec un gouvernement qui cherche à jouer des taxes pour maintenir la consommation des pauvres et des pêcheurs, on pourrait en effet titrer aujourd'hui :
Forte hausse des prix du pétrole
Des mesures de maintien curatif de la consommation en France.
L'article de 1991 nous montre qu'à cette époque, l'AIE faisait autre chose que publier des déclarations alarmistes vaguement documentées :
(...) la France, comme tous les grands pays consommateurs, devrait annoncer très rapidement des mesures visant à prévenir un emballement ultérieur des prix, dans le cadre d'un plan d'éclencher (sic) jeudi 17 janvier par l'Agence Internationale de l'Energie.
Ce plan contient un certain nombre de mesures frappées au coin du bon sens. Il est vrai qu'à l'époque, on n'avait pas de pétrole, mais on avait des idées :
  • - réduction de la vitesse sur les autoroutes de 130 à 110 km/h
  • - limitation de la température des locaux à 19°
  • - contrôle de la consommation du fioul domestique pour éviter tout stockage spéculatif
  • - consignes aux administrations de respecter les normes de chauffage et économiser la consommation de leur flotte
  • - abaissement des obligations légales de stockage imposées aux compagnies, pour permettre un délestage des stocks pétroliers
  • -interdiction de la vente en jerricans
C'est grâce à cette coordination politique internationale - et au succès militaire de la coalition - que le troisième choc pétrolier n'a pas eu lieu : après 6 mois de tensions, le pétrole a recommencé à couler à flots et à des prix acceptables. Depuis 2005, nous vivons en fait non pas le troisième, mais bien le quatrième choc pétrolier.

On notera que ces mesures n'ont rien de très coercitives et restent de nos jours à la portée du gouvernement français. Elles détruisent de la demande physique et minimisent les effets spéculatifs des acteurs économiques "réels" (particuliers, entreprises et administrations), ce qui semble adapté à la façon dont "on" nous décode généralement la situation actuelle. En complément d'un recours aux stocks stratégiques, elles étaient supposées - car en pratique, elles n'auront jamais eu besoin d'être mises en application - injecter 2,5 millions de barils par jour sur le marché si l'ensemble des pays de l'OCDE faisait de même.

Une question vient donc à l'esprit : pourquoi l'AIE ne nous ressort pas ce bon vieux plan d'économies d'énergies, éventuellement assorti de quelques mesures complémentaires pour calmer les money makers qui spéculent sur le marché des matières premières, et pourquoi les pays de l'OCDE ne l'adoptent-ils pas ou, tout au moins, l'inscrivent à l'agenda de leurs exécutifs ? Peak Oil Panic, mon cher Watson...

Au fait, nous avons oublié de vous parler de la baisse historique des prix du pétrole dont il était question ce 19 janvier 1991 :
Jeudi matin, les cours du pétrole de référence britannique (brent) étaient retombés aux alentours de 22 dollars par baril à Tokyo comme à Londres, soit 8 dollars de moins de la veille, après avoir grimpé dans l'intervalle à plus de 33 dollars.
Des variations de 25% en une journée ! Nous n'avons encore rien vu : gare à la prochaine secousse géopolitique d'ampleur...
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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 20:49
Les journalistes des Echos ont voté la non-parution du quotidien mercredi et l'arrêt de la production du site internet à la suite de la démission du directeur de la réaction Erik Izraelewicz et de son départ pour La Tribune.

Il nous faudra donc attendre quelques jours avant de lire à nouveau la prose d'Izraelewicz, qui écrivait auparavant dans les colonnes du Monde.

Rangeant hier soir quelques exemplaires du quotidien qui traînaient sur une étagère, nous étions justement tombés sur un de ses articles de fond, intitulé "la finance malade".


Celui-ci commence avec lyrisme :

L'argent fou, l'argent sale, l'argent qui corrompt...

Pour livrer, un peu plus loin, un diagnostic sans appel :

Faute d'un véritable code de bonne conduite et d'une police efficace pour le faire respecter, les marchés de l'argent sont ainsi devenus un lieu d'attraction pour des opérateurs peu scrupuleux. Le retour à une certaine moralité passe d'abord par la définition de nouvelles règles et le renforcement des autorités de surveillance.

Bref, il faut changer de modèle :

A l'ultra-libéralisme qui avait dominé le monde de la finance dans les années 80 doit succéder une période de rerégulation.

Quel style ! Et quel talent : enfin un papier qui évite l'incontournable buzzword "subprime" ! Mais pourquoi a-t-il besoin de remonter aussi loin dans le temps pour évoquer l'ultra-libéralisme débridé ?

Nous jetons alors un coup d'oeil aux manchettes de la Une :

M. Gorbatchev renversé par les conservateurs

et nous apercevons enfin de la date de parution : mardi 20 août 1991...


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