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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 12:33
On nous suggère de laisser tomber le dépoussiérage des problématiques mondiales avec notre plumeau en véritables plumes de Cassandre, pour commencer à nous pencher sur les solutions.

Chez les libraires, le rayon des solutions est déjà plein, avec quelques ouvrages quasi-mythiques comme le Plan B de Lester Brown.
Dans une démarche qui n’est pas sans rappeler, à l’échelle globale, ce que proposait Pour un pacte écologique dans le contexte de l’élection présidentielle française, Lester Brown dresse la liste des actions à entreprendre au niveau global, sur tous les plans : restauration des écosystèmes, stabilisation du climat, sécurité alimentaire mondiale, recul de la pauvreté, stabilisation de la démographie, adaptation de l’urbanisme, réforme du fonctionnement économique…
Comme le laisse entendre le titre, ces propositions forment un plan de secours, au cas où le plan principal ne serait pas applicable. L'ouvrage sous-entend que ce plan principal est l'actuelle course à la dégradation des écosystèmes, à la transformation du climat, à la dégradation de la sécurité alimentaire, etc.

C'est là, à à notre avis, verser un peu dans la théorie du complot : en fait, actuellement, il n'y a pas de plan principal. Comme disait à peu près l'ineffable Laurence Parisot juchée sur le monocycle du libéralisme, "on continue à pédaler parce que, si on arrête, on tombe".

L'expérience montre pourtant que les monocyclistes savent descendre de leur véhicule et vaquer à d'autres occupations. Il faut donc proposer un plan à nos amis libéraux, pour leur expliquer qu'il existe d'autres activités que le monocycle-droit-dans-le-mur au sein de notre Grand Cirque et qu'ils ont intérêt à descendre.

Il est donc temps de commencer à réfléchir à ce plan, que nous appellerons "plan A" par commodité.

Nous avions déjà esquissé un premier chapitre de ce plan : il nous faut nous préparer à supporter le changement climatique, puisque nous sommes absolument incapables de l'empêcher. Cessons donc de perdre du temps à nous quereller pour savoir si le réchauffement sera de 3 ou 5° à l'échelle de la planète, et préparons-nous au pire.

Première chose : le niveau des mers. Actons le fait qu'il aura monté de dix mètres d'ici la fin du siècle, engageons immédiatement les constructions de digues, pour protéger les territoires qui le méritent, et décidons d'un schéma directeur de réaménagements des infrastructures portuaires. Voilà les bases d'une politique de grands travaux comme on les aime dans les milieux keynésiens.

L'argent ? Il est vrai que les Etats sont à sec et que les monnaies sont déjà contaminées par le virus redoutable de l'inflation. Par contre, les fonds d'investissement ont de l'argent plein les poches : qu'ils viennent donc enfin sur le terrain du capitalisme industriel. Qu'ils voient ces placements rénumérés, sous forme de péages par exemple,  ne sous semble toutefois pas malhonnête. Que ceux qui veulent préserver leur maison du bord de mer paient pour la digue : les autres iront s'installer à l'intérieur.

Poursuivons : le dérèglement des saisons. Celui-ci va mettre à mal notre belle agriculture européenne, habituée à un cycle saisonnier qu'on croyait éternel bien avant Vivaldi. Pendant des décennies, nous allons subir une alternance aléatoire de périodes "comme dans le bon vieux temps", de sécheresses dignes du Sahel et de pluies diluviennes.

Cette fois-ci, nous n'avons pas de solution technique disponible. Il va falloir inventer une nouvelle agricuture "flexible", capable de s'adapter aux fortes variations climatiques et même d'en tirer le meilleur parti. En amont, il nous faudra savoir mieux prédire ces variations, et donc intensifier les efforts de recherche publique en matière de climatologie et météorologie. Il faut que cette discipline devienne aussi attirante et puissante que ne le fut la physique nucléaire dans la deuxième moitié du XXème siècle.

Si nous savons prévoir de façon fiable, même grossièrement, de quoi seront faites les prochaines saisons à un ou deux ans d'horizon minimal, nous pourrons gérer dynamiquement nos actifs agricoles au mieux de nos besoins.

A suivre...


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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 23:03
Chez les Ch'tis, raillent certains, il y a deux saisons : l'hiver et le 15 août.

Un récent article d'une équipe de climatologues renommés montrerait (nous ne l'avons pas encore lu) qu'il en serait de même au Groenland :
« Nous avons analysé la transition entre la dernière période glaciaire et notre période interglaciaire chaude actuelle », constate Dorthe Dahl-Jensen, coordinatrice du projet NorthGRIP, et professeur au Centre d’étude de la glace et du climat au Niels Bohr Institute de l’Université de Copenhague.
(...)
« Le résultat le plus spectaculaire est la modification de l’origine des précipitations du Groenland. Quelques années après la modification du contenu en poussières, l’excès en deutérium de la glace bascule d’un niveau glaciaire à un niveau interglaciaire quasiment d’une année à l’autre, ce qui témoigne d’une réorganisation extrêmement rapide de la circulation atmosphérique tropicale puis polaire » explique Valérie Masson-Delmotte, directeur de recherches au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.
(...)
« Ces mesures d’une résolution temporelle exceptionnelle permettent pour la première fois de comprendre l’anatomie des changements climatiques passés. Tout comme le recul extrêmement rapide de la banquise Arctique au cours de l’été 2007, les changements climatiques les plus abrupts de la dernière déglaciation sont liés à des modifications radicales de la circulation atmosphérique », conclut Jean Jouzel, directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace.
Nous en étions restés à une évolution lente du climat dans l'hémisphère Nord, dû au fait qu'il allait falloir des centaines d'années pour que les océans se réchauffent puis restituent cette chaleur. C'était là la composante linéaire des modèles climatiques.

Il semblerait que la circulation générale atmosphérique soit en fait beaucoup plus sensible à l'élévation globale de la température, avec une réponse non-linéaire. L'article évoque notamment un décalage vers le Nord de la Zone de Convergence Inter-Tropicale (ZCIT, en anglais ITCZ), plus communément dénommée "Pot-au-Noir", qui ferait s'accroître de 2 à 4°C d'une année sur l'autre la température moyenne du Groenland. Pour fixer les idées, la situation à l'équilibre d'un Groenland plus chaud de ces quelques degrés, c'est... un Groenland à nouveau vert, sans neige ni glace.

Si le Groenland reverdit, que se passera-t-il près de chez nous ? Il est probable que nous connaissions bientôt  les joies d'un climat parfois proche du type subtropical : alternance irrégulière de périodes de sécheresse et d'épisodes de fortes pluies rappelant les moussons lointaines. Comment ? C'est déjà le cas ?

Comme le disait le générique des Envahisseurs, il semblerait qu'il faille "convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé" . Car on se demande bien comment nos chers agriculteurs vont maintenir leurs rendements, OGM ou pas, avec de telles évolutions dans l'intensité et la variabilité des saisons.
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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 12:55
Mark Lynas, l'auteur de l'intéressant Six Degrees - espérons que la version française sera bientôt en rayon - a publié dans le Guardian du 13 juin un article qui confime que nous n'avons aucune chance d'échapper à la version hard de l'Anthropocène.

Le journaliste raconte le récent exercice d'un think tank (le Stockholm Netwok) qui a bâti 3 scénarios possibles pour le futur, un peu à la mode de Shell.

Le premier scénario s'appelle Agree And Ignore (Se mettre d'accord et ignorer) : les gouvernements s'engagent à entreprendre des actions pour réduire le changement climatique, mais ne tiennent pas les objectifs qu'il se sont fixés. "Cela vous rappelle quelque chose ?" commente cyniquement Lynas.

Le second s'appelle Kyoto Plus.
Dans celui-ci, les gouvernements signent un accord fort en 2009 à Copenhague, qui engagent les pays industrialisés dans un nouveau cycle d'objectifs style Kyoto, tandis que les pays émergents les rejoignent au fur et à mesure qu'ils atteignent le stade du "monde développé". Ce scénario représente le meilleur résultat qui puisse déboucher de façon plausible du processus en cours.
Enfin, le dernier scénario - Step Change, soit changement en rupture - repose sur l'arrivée prochaine (2010-2011) de catastrophes naturelles telles qu'elles provoquent une évolution radicale de la posture des décideurs mondiaux. Les approches nationales de réduction de gaz à effet de serre dans les pays consommateurs sont abandonnées au profit de droits d'extraction limités, accordés par l'ONU aux entreprises qui extraient du sol les combustibles fossiles ; il s'agit là d'un angle d'attaque qui n'est pas sans rappeler celui que nous avons adopté dans les Douze Salopeurs : examinons le mal à la racine plutôt qu'à l'autre bout de la chaîne. La propagation du prix de ces droits jusqu'au consommateur final réussirait, plus sûrement que l'approche à la Kyoto, à faire drastiquement baisser la demande.

Le think tank a eu ensuite la bonne idée de demander au Hadley Center, le plus important et le plus prestigieux établissement britannique de recherche en climatologie, d'injecter ces scénarios dans leurs modèles climatiques.
Résultat des courses : Agree & Ignore entraîne une élévation de la température planétaire de +4,85°C, Kyoto Plus de +3,31°C et Step Change de "seulement" +2,89°C.

Pour fixer les idées, à +3°C, on devrait voir les premiers ouragans de catégorie 6, l'Amazonie disparaîtra sous la pression conjuguée de la sécheresse et des feux de forêt et les tempêtes d'équinoxe pourraient ruiner quelques pièces essentielles de notre littoral.

A +5°C, nous aurons changé de planète. Seul le Nord de l'Europe bénéficiera encore d'un climat supportable par l'homme - mais malheureusement, ses sols acides seront bien incapables de se transformer en grandes plaines céréalières. L'Europe du Sud sera devenue durablement désertique.

On fait souvent appel à la théorie des jeux et ses incontournables équilibres de Nash pour proposer des solutions politiques viables aux questions environnementales. Par exemple, le marché des crédits d'émission se justifierait par le fait qu'une entreprise finira par préférer réduire ses émissions par de judicieux investissements, plutôt que d'acheter éternellement des droits à polluer.

A la lumière de cette théorie, on peut comprendre qu'un décideur, finalement, préférera choisir l'option faible du scénario Agree & Ignore : en l'absence d'un cataclysme à la Pearl Harbour qui prépare l'opinion à n'accepter "que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur", aucun élu n'acceptera de prendre le risque d'être impopulaire à imposer des mesures qui se seront révélées à posteriori à peine moins inefficaces que l'inaction totale.

Dans tous les cas, la calotte glacaire arctique finira par disparaître. Ira-t-on jusqu'à construire un musée-frigo pour exposer les derniers bouts de banquise, avec un ours polaire empaillé dessus ?
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Cet article a été publié par NaturaVox sous le titre Réchauffement climatique : l'inévitable catastrophe

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 18:27
Un grand merci à meteor d'avoir attiré notre attention sur la récente publication inhabituelle d'une équipe de climatologues.

Ceux-ci ont en effet eu l'idée de faire tourner les modèles climatiques, améliorés par deux décennies de recherche sur le réchauffement climatique, sur un cas de figure que nous avons un peu oublié : l'hiver nucléaire.

Nous avons pourtant récemment alerté nos lecteurs que ce démon endormi pourrait bientôt se réveiller : notre grand frère "responsable" semblerait être très actif en prolifération en ce moment, et l'uranium est, plus que le pétrole, une denrée qui devient vraiment très demandée.

De cet article de 14 pages, nous ne garderons nous aussi que le graphique le plus perturbant pour nos esprits désormais habitués à pinailler le degré, voire le demi-degré, de réchauffement global :

La courbe en bleue est le début de la célèbre "crosse de hockey" qui représente la composante anthropique du réchauffement climatique. Elle est brutalement contre-carrée par 3 scénarios de guerre nucléaire, qui nous précipitent dans un refroidissement climatique catastrophique à tous les sens du terme.

Le pire scénario nous entraîne instantanément dix degrés en-dessous de la moyenne du XXème siècle. Quand on pense que trois degrés au-dessus, en l'espace de quatre-vingt-dix ans, est déjà très préoccupant...

Il n'y a pas pire envisageable que ce scénario (150 Tg de fumée induite), qui correspond à l'explosion des 21 000 têtes nucléaires aujourd'hui en stock sur la planète. Près de 95% d'entre elles sont aujourd'hui aux Etats-Unis et en Russie, tandis qu'à l'opposé 1% sont en Chine et en Inde.

Le scénario intermédiaire (50 Tg), qui nous refroidit de 4°C quand même - Il faudra que les Terminator soient équipés de raquettes - correspond à un conflit "limité" où seul un tiers de l'arsenal mondial est utilisé.

Enfin, le cas particulier du scénario "5 Tg" mérite une citation :
Dans le cas du scénario 5 Tg, tous les aérosols ont été mis dans l'atmosphère en l'espace d'une journée à partir de la maille du modèle située en 30°N 70°E. (...) De plus, les propriétés optiques des aérosols de type suie ont été alignées sur celles de la pure fumée, puisque ce scénario a été conçu pour étudier les effets de la fumée provenant de cibles urbaines.
Vous vous en doutiez probablement, les coordonnées indiquées correspondent  à celles de l'Iran.

Une simple "frappe préemptive", faisant appel à une puissance plus que modeste (1500 kt : 100 fois Hiroshima, mais seulement 0,03% de la puissance de feu de l'arsenal états-unien) ramènerait donc instantanément le climat global au niveau du Petit Age Glaciaire.

Il y aurait cependant une certaine résilience du réchauffement climatique à cette perturbation anthropique majeure si on en croit la remontée rapide des températures dans les années qui suivent.

Dans ce cas "5 Tg", il faudra tout de même dix ans pour revenir à la situation qui prévaut actuellement, avec une demi-décennie vraiment fraîche (-1°C en moyenne planétaire) et sèche qui pourrait suffire à ruiner successivement plusieurs récoltes céréalières à l'échelle de la planète. Certes, à la fin du XIXème siècle, la température globale était également basse, mais il y avait quelques milliards d'humains de moins à nourrir...

A l'autre extrême, le scénario "150 Tg" - qu'on pourrait aussi baptiser SkyNet Days - ramènera les conditions climatiques dans l'Hémisphère Nord à celle en vigueur lors de la dernière glaciation. Seuls le Brésil et l'Afrique subsaharienne resteront relativement vivables à moyen terme et, du fait de la barrière des alizés, relativement épargnés par les nuages radioactifs. Avis aux survivalistes !
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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 21:14
On a l'habitude d'identifier les principaux émetteurs de CO2 fossile en se fondant sur leur consommation de charbon, pétrole et gaz naturel. Mais peut-on pour autant exonérer de leurs responsabilités ceux qui extraient ces combustibles fossiles de leur sous-sol ?

Après tout, quand il s'agit de drogues, ce sont surtout les producteurs et les trafiquants qu'on poursuit et qu'on condamne.

Partant de l'incontournable base de données BP, nous avons donc cherché à identifier les Douze Salopeurs, à savoir les douze pays qui extraient le plus de carbone fossile, que ce soit pour leur consommation personnelle ou pour le revendre à d'autres nations consommatrices moins bien dotées en ressources. Le graphe ci-dessous illustre ce sombre Hall of Shame :
Les Douze Salopeurs extraient à eux seuls un tiers du carbone fossile qui est envoyé dans l'atmosphère.

Sans surprise, on trouve, bien en tête, le couple infernal Chine-USA.

Mais, les talonnant, la Russie décroche une belle médaille de bronze. L'Australie obtient également une très belle sixième place, quasiment ex-aequo avec l'Arabie Saoudite. Et le Canada, avec sa belle feuille d'érable renouvelable dans son drapeau, n'a pas vraiment à rougir de sa position.

Pétrole, gaz et charbon étant aujourd'hui à des prix records grâce aux bulles spéculatives en cours sur les matières premières, ce petit tableau d'horreur sans prétention permet de voir où les principales puissances mondiales déversent en ce moment leurs "carbo-dollars" pour alimenter les feux de leurs économies.

Et, du même coup, on obtient la liste des plus grands adversaires potentiels d'une taxe carbone mondiale.
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Cet article a fait l'objet d'une mise à jour sur bas des données BP 2007.
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 16:52
Ougol (уголь), c'est le charbon, en russe.

Et pendant que les internautes gardent, fascinés, l'oeil sur les courbes toujours croissantes des cours du pétrole, la Russie poursuit sa lutte personnelle contre le climat.

Nous avons bien écrit "contre le climat" et non "contre le changement climatique". Le climat russe reste assez frais, surtout en hiver, et il n'est aujourd'hui supportable qu'avec un bon chauffage. Qu'il se réchauffe en peu, boljemoï, pourquoi pas ?

Ca tombe bien, la terre russe est gorgée de combustibles fossiles et, pour être bien sûr qu'ils seront brûlés le plus vite possible de façon à emballer proprement le réchauffement climatique, la Russie préfère s'équiper en centrales à charbon bien polluantes - outre les habituels trucs qui puent et mauvais la pour santé , la combustion du charbon émet deux fois plus de gaz à effet de serre que le gaz naturel - et au rendement minable - ce qui signifie qu'il faut brûler encore plus de charbon pour obtenir un kWh électrique.


Comme le souligne un article effrayant paru cette semaine :
Si la Russie veut s'en tenir à son plan de marche, elle devra installer 280 turbines d'ici 2011, soit plus d'une par semaine. A ce jour, seul les entreprises d'infrastructures chinoises se sont montrés capables de travailler à un tel rythme.
Il est temps de cesser de pointer du doigt la seule Chine comme Empire du Charbon et se rappeler que, plus près de nous, un Géant des Fossiles est en train de se réveiller.

Et l'environnement est le cadet de ses soucis.

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 22:08
Le dernier rapport du GIEC (2007) avait pour objectif d'établir le consensus le plus large possible au sein de la communauté scientifique. Le résultat en fut une évaluation très modérée, pour ne pas dire timorée, des conséquences du réchauffement climatique.

Depuis un an environ, de nombreuses publications affichent des conclusions nettement plus inquiétantes. Ainsi, prenons l'élévation du niveau des mers.

Le GIEC l'estimait à 28 à 43 cm d'ici la fin du siècle. Une équipe de Britanniques et de Finnois viennent de publier les résultats de leur nouveau modèle, qui donne une élévation allant de 80 à 150 cm.

Sans doute pour culpabiliser les gros émetteurs de gaz à effet de serre, les conséquences d'une telle élévation sont exprimées dans la presse en millions de Chinois à déplacer d'ici 2100 - au bémol près que lesdits Chinois ne sont peut-être pas encore nés. 2100, c'est quand même dans longtemps.

Pourquoi aller si loin ? Grâce à Sea Level Rise, un petit plug-in de Google Maps, il est possible de visualiser l'effet d'une augmentation d'un mètre (ou plus) pour n'importe quelle région du monde, et donc par exemple pour le littoral du Nord de la France :


Où l'on constate qu'en 2100, la désormais très connue ville de Bergues (flèche verte), aujourd'hui à dix kilomètres de la mer à vol d'oiseau, sera devenu un charmant port de pêche...

Plus ennuyeux, toute la zone industrielle de Dunkerque - le port, les usines sidérurgiques et métallurgiques d'ArcelorMittal et d'Alcan, la centrale nucléaire d'EDF - sera isolée sur une presqu'île dans le meilleur des cas.

Enfin, le terminal routier du tunnel sous la Manche sera également noyé, si on ne le prolonge pas d'ici là de quelques kilomètres à l'intérieur des terres.

On ne la voit pas sur la carte, mais plus loin au Nord-Est, toute la zone industrielle d'Anvers, l'une des plus grosses régions émettrices de CO2 d'Europe de l'Ouest, sera également menacée par les eaux.

C'est ce genre de détails qui pourrait laisser croire à l'existence d'une justice immanente.
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Article publié également sur NaturaVox
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 21:56
A notre gauche, Al Gore cherche à mobiliser 10 millions d'Américains pour en faire des "climate activists" (sic).

A notre droite, près de 30 millions d'Etats-Uniens  - chiffre jamais atteint auparavant - doivent désormais compter sur les coupons d'alimentation fournis par l'aide sociale pour survivre, selon The Independent.

Avec un tel rapport de 3 pour 1, il est difficile de croire que la priorité absolue du prochain Président des USA sera de s'intéresser au climat de la planète en 2100. Son dernier clip de campagne le montre d'ailleurs dans une usine désaffectée et non pas devant un iceberg.
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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 10:17
A partir de mesures effectuées par le spectromètre embarqué du satellite européen ENVISAT, des scientifiques de l'ESA ont pu établir la première carte européenne des émissions de CO2 anthropique.

Il ne s'agit que d'une partie de l'Europe (et de la France), mais on constate que la France nucléaire ne paraît pas si bonne élève que cela quand on la compare à la charbonnière Allemagne. L'embouchure du Rhin, et ses nombreuses raffineries, est évidemment digne du titre de Grand Mordor Européen.

Des recherches de corrélation (trop) rapides amènent à la conclusion que la langue flamande émet beaucoup plus de gaz à effet de serre que les autres dialectes européens. Gageons que l'argument sera vite repris dans certains couloirs de Bruxelles !

Plus sérieusement, une région dominée par l'agriculture intensive, telle qu'on la connaît en Brie ou en Beauce, semble peser autant qu'une région industrielle traditionnelle. Cela souligne une fois de plus que les sources d'émissions de dioxyde de carbone ne se résument pas à la combustion des énergies fossiles.
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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 12:41
sea-ice-anomaly---14-mars-2008.jpgTout d'abord, quelques bonnes nouvelles pour les ours polaires qui fréquentent régulièrement ce blog.

La banquise arctique semble se refaire une santé, comme le montrent les données du site Cryosphere Today.

Il faut maintenant juste espérer que cette glace ne sera pas trop mince pour ne pas disparaître trop vite.

Quant aux ours polaires qui habitent à nos latitudes, les nouvelles sont tout aussi fraîches que bonnes : un refroidissement brutal et marqué va envahir l'Europe dans les prochains jours.

Le lièvre de Pâques va devoir déposer ses oeufs dans des jardins enneigés !
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