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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 07:00
Une récente étude co-signée par Hansen cherche à mieux cerner en quoi le pic pétrolier - ou plutot la finitude des réserves d'or noir - pourrait limiter la concentration en CO2 de l'atmosphère. Malheureusement, les courbes publiées peuvent induire en erreur le non-spécialiste et redonner du poil de la bête aux piquistes négateurs, malgré nos efforts passés de clarification de la question du PO/RC.
Quiconque jette un rapide coup d'oeil à ces courbes - notamment (c), (d) et (e) - en déduit immédiatement et faussement que la prise en compte du caractère limité des réserves pétrolières nous évite d'atteindre une concentration réellement catastrophique : ces trois courbes plafonnent autour de 450 ppm, qui est justement l'objectif que les machins genre Kyoto ou Grenelle cherchent à nous faire atteindre. Tout va bien donc, il suffit d'épuiser le pétrole restant sous terre et on arrivera à la concentration-cible.

Il faut toutefois savoir qu'aller vers les 450 ppm n'est pas forcément une simple promenade de santé, comme l'indique notre carbonomètre.

Mais avant tout, il faut lire le texte explicitant les hypothèses des modèles délivrant les courbes ci-dessus. La courbe (b) décrit un monde futur dans lequel, à partir de 2013, nous commencerions à capturer le carbone issu de la combustion du charbon, jusqu'à ne plus en émettre un gramme à partir de 2050 ; c'est ce qu'on appelle un scénario volontariste. Et les modèles donnant les courbes (c), (d) et (e) conservent la même hypothèse de capture massive du CO2 issu du charbon et y rajoute la question du pic pétrolier.

On voit donc bien que le facteur déterminant pour le réchauffement climatique, ce n'est pas le pétrole mais bien le charbon.

Une autre preuve, factuelle celle-là et ne faisant pas appel à des simulations toujours contestables, est donné par le fait que le pic de production pétrolière semble avoir été passé en 2006 et que, malgré cela, la concentration atmosphérique en CO2 a continué de croître comme si de rien n'était.





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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 22:07
Nous suivons avec attention l'évolution de la banquise arctique, mais voilà que l'antarctique semble également faire des siennes.

Après avoir passé un an au-dessus de la moyenne 1979-2000, la banquise qui entoure le continent du pôle Sud vient de passer en-dessous de ladite moyenne, alors que l'hiver austral a encore 4 semaines à vivre.

Rien de très alarmant pour le moment, mais on ne s'attendait pas à une telle compétition entre pôles pour celui qui aura la plus grosse anomalie de fonte.
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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 18:00
Bob Watson, conseiller scientifique du gouvernement britannique et ancien président du GIEC, a officialisé la position pragmatique que nous avions évoquée comme le "plan A du climat".

Dans un entretien accordé au Guardian le 7 août dernier, il déclare que le Royaume-Uni devrait immédiatement commencer à se préparer à un réchauffement de +4°C de température planétaire.

L'impact d'un tel réchauffement est plus ou moins important selon les sources. Le Guardian s'appuie sur le consensus scientifique aujourd'hui en vigueur :
Selon le rapport Stern de 2006 sur l'économie du changement climatique, de 7 à 300 millions de personnes supplémentaires devraient être concernées par des inondations maritimes chaque année, il y aurait un réduction de 30 à 50% de la disponibilité en eau en Afrique du Sud et dans les pays méditerranéens, tandis que les rendements agricoles devraient décliner de 15 à 35% en Afrique, tandis que 20 à 50% des espèces végétales et animales devraient être frappées d'extinction.

Au Royaume-Uni, les impacts les plus significatifs devraient être l'élévation du niveau de la mer et des inondations dans l'intérieur des terres. Les climatologues prédisent également une augmentation des pluies diluviennes en hiver et des étés plus secs.
Mark Lynas, auteur de Six Degrees, donne une vision plus apocalyptique d'une telle élévation de température :
La plupart de l'humanité sera à court d'eau la boisson et l'irrigation : les glaciers des Andes et de l'Himalaya, qui alimentent les systèmes fluviaux dont dépendent des dizaines de millions de personnes, auront fondu, et leurs rivières seront périodiquement à sec. Des systèmes météorologiques complets, comme la mousson asiatique dont dépendent 2 milliards de personnes, pourraient être altérés de façon irrévocable. Des déserts auront envahi l'Europe méditerranéenne, pratiquement toute l'Afrique du Sud et la moitié ouest des Etats-Unis. Les latitudes plus septentrionales seront frappés d'inondations régulières. Des vagues de chaleur d'une férocité inimaginable calcineront les paysages continentaux : le Royaume-Uni devrait faire face aux températures estivales qu'on trouve aujourd'hui dans le nord du Maroc. La planète sera au beau milieu d'une extinction massive de la vie qui approchera en ordre de grandeur celle de la fin du Crétacé, il y a 65 millions d'années, quand près de la moitié de la biodiversité mondiale a été effacée.
Lynas résume la position de Watson en une phrase lapidaire qui serait selon lui la rengaine de tous les négociateurs en matière de climat : "mitigate for two degrees, adapt for four" - en clair, mettez en place des mesures atténuatrices pour ne pas dépasser +2°C, mais préparez tout pour +4°C.

Les discussions actuellement en cours à Accra
montrent d'ailleurs que nous sommes encore loin d'un consensus d'action préventive un tant soit peu sérieux :
Plusieurs propositions ont été avancées afin de financer la protection des forêts. L'Arabie saoudite a par exemple suggéré de lever un impôt sur l'industrie forestière.
Plutôt que de taxer le carbone, taxer la mauvaise foi permettrait sans doute de récolter rapidement les fonds nécessaires à la prévention climatique !

L'article du Guardian se conclut par une déclaration surprenante mais logique de Bob Watson : la pollution effrayante actuellement générée par les centrales chinoises et indiennes fonctionnant au charbon "sale" - relâchant des gaz soufrés dans l'atmosphère - nous donnerait un "bonus" de -100 ppm de CO2, les sulfures ayant un effet globalement refroidissant. Que l'Orient passe à la technologie du charbon "propre" comme l'a fait l'Occident  ferait faire un bond équivalent à +100 ppm à l'aiguille de notre carbonomètre ci-contre...
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 09:00
Alors que la fonte des glaces vient d'ouvrir à la circulation maritime le mythique passage du Nord-Ouest, qui relie l'Atlantique au Pacifique en passant par l'Océan Arctique au large des côtes canadiennes et alaskiennes, on s'attend à ce que le passage du Nord-Est, qui fait de même mais en passant au large de la Sibérie, soit lui aussi bientôt ouvert.

La fonte de la banquise polaire arctique est en effet en train de s'accélérer, du fait de tempêtes qui ont brisé la glace fine qui bloquait ces passages. Plus besoin de brise-glaces, l'effet de serre suffit.

Il y a un mois, on ne pensait pas que le record de fonte de 2007 puisse être égalé : on recommence aujourd'hui à considérer cette hypothèse. Mais la médaille d'argent est de toute façon garantie.

Et en Antarctique, ça se gâte...
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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 07:00
Lassés de voir la pensée "PO>RC" (le pic pétrolier vaincra le réchauffement climatique) se diffuser dans la blogosphère, nous avons décidé de consacrer une page de notre Aerobar Wiki à la question. Nous la publions également ici pour recueillir et tenir compte de vos éventuels commentaires.

L'acronyme PO/RC désigne la combinaison de deux pénomènes problématiques, Peak Oil (PO) et Réchauffement Climatique (RC). Tous deux sont matériellement inéluctables, mais d'impact variable selon les décisions que nous prenons aujourd'hui ; le fait que les deux surviennent concomitamment rend les décisions plus urgentes, le choix des bonnes solutions plus critique.


Le pic pétrolier va-t-il faire s'infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre ?

 

C'est un argument propagé par certains piquistes. Mais ceux-ci négligent le fait que le CO2 n'est que l'un des multiples gaz à effet de serre (GES). Le graphique ci-contre est extrait du site de Jean-Marc Jancovici : il représente la répartition des GES (convertis en équivalent carbone) émis par l'homme en 2004. On voit bien que le CO2 d'origine fossile n'est  qu'une partie du problème.

Un mot sur les émissions de méthane : une partie est certes dûe à l'industrie des hydrocarbures (fuites d'exploitation principalement), mais l'essentiel provient de sources animales (ruminants) et végétales (rizières) corrélées à la population mondiale et non à notre consommation énergétique.

En 2007, on estime que 25% des émissions de carbone fossile proviennent du pétrole, contre 60% pour le charbon et seulement 15% pour le gaz. Ces estimations s'obtiennent en appliquant les coefficients suivants aux données mondiales de production fournies par BP :
  • pétrole : 0,85 Mt CO2 émis par tep
  • gaz : 0,65 Mt CO2 émis par tep
  • charbon : 1,125 Mt CO2 émis par tep
Le pétrole n'est donc responsable que de 15% des émissions totales de gaz à effet de serre d'origine humaine, soit un septième du problème. Même s'il est brutal, le passage du pic pétrolier ne suffira pas pour réduire les émissions de GES.

Il faut par ailleurs relativiser l'importance du pétrole comme carburant de l'économie mondiale : depuis 2006, c'est le charbon qui est redevenu la première source d'énergie de l'humanité, comme ce fut le cas de 1850 jusqu'au début des années 1970. Le pic pétrolier pourra éventuellement ralentir l'expansion économique mondiale pendant quelques années, mais il ne l'entraînera pas avec lui dans sa décroissance.


Les scénarios du GIEC sont-ils crédibles ?

Les scénarios d'émission créés par le GIEC pour étudier les différents cas de figure du réchauffement sont souvent critiqués par les piquistes (dont certains éminents comme Jean Laherrère de l'ASPO) : les quantités de carbone que ces scénarios prévoient d'envoyer dans l'atmosphère seraient largement supérieures aux ressources d'hydrocarbures et de charbon exploitables à des conditions technico-économiques raisonnables.

Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que ces scénarios sont... en-deçà de la réalité. Conçus au début des années 1990, ils sous-estiment la quantité de gaz à effet de serre que nous avons réellement envoyée dans l'atmosphère depuis. Il est de ce fait question au GIEC de les revoir à la hausse.

Les réserves fossiles, telles que nous les connaissons aujourd'hui, garantissent que nous pourrons suivre le rythme prévus par les scénarios intensifs (et catastrophiques) jusqu'en 2050 environ, ce qui nous amène à 450 ppm si la progression reste linéaire. Un coup d'oeil au carbonomètre ci-contre permet de comprendre l'impact à terme d'une telle concentration.

Pour poursuivre la tendance, il faudra exploiter des ressources fossiles non conventionnelles - et aujourd'hui non comptabilisées dans les réserves fossiles - comme le charbon présent en quantité massive dans le sous-sol de la Mer du Nord, ou bien comme les hydrates de méthane qui tapissent certains fonds océaniques. Ce ne sont pas les réserves restantes de pétrole qui comptent, mais celles de charbon et de gaz, sous toutes leurs formes.

Nombreux sont ceux qui doutent qu'on aille jamais chercher ces combustibles si difficiles d'accès : mais comment être sûr que d'ici 40 ans, notre soif d'énergie ne nous aura pas poussé à trouver des solutions techniques ? L'Histoire nous montre que nous l'avons fait jusqu'à ce jour : la toute première exploitation canadienne de sables bitumineux a commencé à produire 30 000 barils par jour en 1967, il y a... 41 ans. Aujourd'hui, plus d'un million de barils par jour - quarante fois plus - proviennent de cette province de l'Alberta, et ce n'est qu'un début.

Même si nous laissons tranquilles ces ressources non conventionnelles, et que les émissions de carbone fossile décroissent enfin par épuisement des réserves, deux phénomènes risquent de prendre le relais :
  1. la fonte du pergélisol des régions arctiques : ce sol gelé en permanence contient d'énormes quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2
  2. l'accroissement de la déforestation, à la fois pour augmenter le nombre de terres arables nécessaires pour nourrir la population mondiale qui continue de croître et pour fournir un combustible de remplacement (bois)
Comme on est aujourd'hui incapables de chiffrer précisément l'effet de tels phénomènes, l'approche par scénarios multiples adoptée par le GIEC est une bonne façon, sinon la meilleure, d'envisager le champ des possibles.

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 01:00
Après le barilomètre et le banquisomètre, voici maintenant le carbonomètre, qui présente "à l'ancienne" les dernières tendances constatées par le NOAA.

Nous nous sommes inspirés du point de vue de James Hansen pour définir les zones du cadran.

Il nous aura fallu 150 ans pour passer des 300 aux 400 ppm. L'exponentielle étant ce qu'elle est, si la tendance se poursuit, nous aurons sans doute la chance des connaître les conditions climatiques propices à la fonte des pôles.

Par contre, ce sera nos descendants qui verront le sol à la verticale du Pôle Sud : il faudra un certain temps pour que disparaissent les quelques kilomètres de hauteur de glace qui dissimulent aujourd'hui ce point à nos yeux.
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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 00:00
Un léger rework de notre barilomètre nous a permis de mettre au point un autre instrument que vous ne trouverez nulle part ailleurs : le banquisomètre™.

Celui ci-contre, branché sur les bases de données de The Cryosphere Today, vous permettra de constater que pour l'instant cette année, la banquise arctique semble se comporter plus normalement que l'année dernière, tandis que l'anomalie de surface antarctique revient lentement vers sa valeur normale, après une échappée vers les +2 millions de km².
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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 07:53
Science et Vie consacre sa couverture - et un intéressant dossier - à la question de la montée du niveau des mers. La revue met même gratuitement à disposition un simulateur de montée des océans, après le simulateur climatique dont nous avions exploité quelques résultats. La fonte accélérée des calottes glaciaires est également à l'honneur, même si on y apprend peu de choses finalement. Il s'en dégage que les niveaux prévisionnels annoncés par le GIEC l'année dernière sont bien des minimums, et qu'aujourd'hui personne n'est capable de dire comment les choses vont se passer. Après, c'est une question de philosophie : catastrophisme éclairé ("mieux vaut se préparer au pire") ou optimisme prudent ("tant qu'on ne sait rien, inutile de s'affoler").

Même si, "dans notre Ford intérieure" comme aurait dit Bérurier, nous aurions préféré avoir tort, nous sommes satisfaits d'y voir confirmation de nos anticipations concernant le futur préoccupant du littoral dunkerquois et, plus généralement, de nos complexes énergético-industrialo-portuaires.

On y signale notamment un rapport de la Banque Mondiale, publié en 2007, qui fait un état prévisionnel des lieux suite à une élévation de 1 à 5 mètres du niveau des mers, niveau qui semble aujourd'hui le bon ordre de grandeur pour brosser les grandes lignes de notre plan A.

L'attention est attirée sur le fait que les réfugiés climatiques n'apparaîtront pas progressivement d'ici 2100, au fur et à mesure que le niveau des mers monte, millimètre par millimètre. Ces populations seront jetées hors de chez elles brutalement, en quelques jours, suite à une tempête ou un ouragan inhabituellement fort sans forcément être monstrueusement puissant - rassurez-vous, dans le scénario à +5°C, il y en a. On a vu la catastrophe humanitaire qu'a provoqué Katrina (400 000 sans-abris) dans le pays le plus riche du monde, on imagine ce que cela donnera en Asie (taille de lot moyenne estimée : la dizaine de millions).

Plaie d'argent n'est pas mortelle, aussi allons-nous terminer par ce point. Sur le plan financier, une inondation type La Nouvelle-Orléans de villes comme Miami ou Shanghai pourraient rayer des actifs immobiliers mondiaux, en quelques heures, des milliers de milliards d'euro.

Bref, si vous envisagez d'investir dans une résidence secondaire, ne prenez rien qui ne soit au-dessus des 10 mètres d'altitude. L'île de Ré est fortement déconseillée... Si vous préférez la montagne, visez tout de suite 2000 mètres ou plus d'altitude pour être certain d'avoir de la neige en hiver.

Si toutefois vous "craquez" cet été pour une charmante petite maison de pêcheur pas très en hauteur et que vous cherchez à savoir combien d'années vous allez pouvoir en profiter, nous vous conseillons de vous rendre à cette prochaine conférence-débat d'une des plus grandes climatologues françaises, Valérie Masson-Delmotte, qui fera un point up to date de la situation et des perspectives climatiques et répondra à toutes vos questions, le tout pour une somme plus que modique.

En plus, la conférence devrait avoir lieu le jour du minimum de la banquise arctique. Ce sera l'occasion de savoir si le record aura été ou non battu. Toujours selon Science et Vie qui a eu la bonne idée de mettre en application des marchés prédictifs un peu plus sérieux que ce qu'on trouve d'habitude sur le Web, le record a 68% de chances d'être battu.

Nous avons décidé d'être contrarian une fois de plus : pour nous, ce record ne sera pas battu cette année, même si le pôle Nord a effectivement de bonnes chances d'être découvert. Nous jouons donc la baisse, en position longue.


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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 20:01
Dans la suite du data-crunch de la BP Statistical Review of World Energy, voici l'actualisation 2007 de notre classement dit des Douze Salopeurs.
Avec 25% des émissions de CO2 fossile, la Chine reste largement en tête, suivie des Etats-Unis (14%) et de la Russie (9%). C'est dans la suite du classement que les choses bougent un peu : l'Australie ravit à l'Arabie Saoudite la peu envieuse place de cinquième, tandis que l'Indonésie (8ème) a échangé sa place avec celle de l'Afrique du Sud (9ème).

Le prolifique écrivain de science-fiction Isaac Asimov avait créé une série de nouvelles se passant au sein d'un club informel intitulé les Veufs Noirs. Formés d'une petite dizaine d'intellectuels et d'un redoutable maître d'hôtel, les Veufs Noirs se réunissaient régulièrement autour d'une bonne table en présence d'un invité - c'est le concept du dîner de cons, mais plusieurs crans au-dessus - à qui était rituellement posée en fin de repas la question : "Comment justifiez-vous votre existence ?"

Nos Douze Salopeurs Noirs n'auraient qu'à répondre : "à réchauffer la planète", car à eux seuls, ils sont responsables de 74% des émissions de carbone fossile.

Plutôt que s'épuiser à obtenir le ralliement d'une centaine de pays consommateurs via des protocoles type Kyoto difficiles à mettre en application et inefficaces, on se dit qu'il serait probablement plus simple d'établir une gouvernance entre cette douzaine d'Etats pour les amener à moins extraire d'hydrocarbures de leur sous-sol.

Encore plus simplement, il suffit de réunir Chine, Etats-Unis, Russie et Inde dans une même pièce pour décider du sort de plus de la moitié des émissions mondiales de carbone fossile.

Il faudra beaucoup de modestie à la France pour qu'elle accepte le fait qu'elle ne fera jamais partie d'un tel Sommet des Salopeurs Carboniques : malgré tous ses récents efforts, sa place est bien après la trentième ! Mais elle aura sans doute sa revanche le jour où on s'intéressera aux Salopeurs Nucléaires...

EDIT (15 juin 2009) : le classement 2008 des Douze Salopeurs peut être consulté ici.
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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 21:23

Selon cet article de The Independent, il y aurait une chance sur deux que le Pôle Nord soit réellement dans l'état figuré par notre montage ci-dessus, qui illustrait initialement un scénario envisagé pour... 2015.

Il s'agit là principalement des conséquences de la fonte exceptionnelle de l'année dernière : l'importante quantité de glace jeune et mince qui s'est formée cet hiver s'est positionnée, par le jeu des courants, au-dessus du Pôle. Il suffit maintenant de quelques bonnes poussées d'air chaud pour que fonde la glace et que l'océan soit enfin révélé au sommet du monde.

Il y a encore peu de temps, nous pensions que ce genre d'événement serait de nature à précipiter une prise de conscience générale de l'importance des conséquences du réchauffement climatique. Cette prise de conscience nous permettrait enfin de sortir des protocoles tiédasses qui ressemblent aux promesses de sagesse que faisaient jadis les enfants à leurs parents au Jour de l'An.

Ceux qui nous lisent régulièrement savent que nous avons dépassé cette utopie et que nous avons décidé de réfléchir à l'après-réchauffement.

Maintenant, avec un certain plaisir masochiste, nous suivrons cet été l'évolution de la calotte glaciaire comme d'autres ont suivi la progression inexorable de l'Espagne durant l'Euro 2008.

Grâce au Net, il y a deux points de vue possibles : l'un, objectif, fourni par les mesures satellite quotidiennes qu'on peut trouver sur The Cryosphere Today! dont un de nos graphiques préférés est fourni en bas de cet article ; on y trouve sur une seule et même image la surface actuelle de la calotte et l'écart (anomaly) par rapport à la moyenne des 20 dernières années du XXème siècle. L'autre point de vue, subjectif, est celui fourni par ces webcams situées au Pôle. Si vous n'avez plus d'image... glou glou la webcam : l'événement redouté est survenu !


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