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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 07:00

drapeau-chinois-masculin.pngSuite à nos dernières statistiques sur l'acier mondial, un fidèle lecteur a tenu à nous rassurer sur la placidité innée de la Chine en matière d'expansion en dehors de ses frontières millénaires.  

Certes, l'Empire du Milieu a historiquement peu cherché à conquérir le monde... tout comme le Japon, par exemple, si on fait abstraction du dernier siècle : le fait de disposer d'acier à profusion mais de manquer de fer, de charbon et plus généralement de matières premières a donné aux dirigeants nippons des idées neuves.  

Plus préoccupant en ce qui concerne la Chine d'aujourd'hui - ainsi que l'Inde - est le sex ratio de ses dernières générations : pour reprendre les expressions piquistes, les filles sont en déplétion ; il n'y a que 5 femmes pour 6 hommes.  

Que vont faire ces millions de célibataires forcés ? Plus encore que pour l'acier, il faut se méfier des excédents de testotérone.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 07:00

Le pic pétrolier favorisera-t-il l'émergence d'un Grand Soir de l'alter-mondialisme, de la décroissance ou d'un autre système économique en rupture ? Autrement dit, le système économique et financier est-il vraiment menacé par la raréfaction des ressources fossiles ?

 

Les oiseaux du maître

 

Rien n'est moins sûr ! Par temps de paix mondiale - et celle-ci semble désormais garantie par les armes de destruction massive détenues par les principales puissances - la seule et unique façon d'assurer le partage de ces ressources, c'est l'économie, capitaliste de surcroît.

Car ce modèle tant décrié bénéficie d'un effet de parc quasi-invincible, à la façon de Windows. Certes, il y a sans doute beaucoup mieux, économie solidaire et Linux, mais c'est trop tard, la messe est dite. Sauf Cygne Noir très improbable dans notre contexte de paix imposée, le système ultra-majoritaire n'a aucune raison de disparaître, ne serait-ce que parce que tout le monde s'en sert. Ce n'est pas une question d'idéologie, mais une simple question d'habitude.

Une autre illustration de la force des habitudes : sur les plus récentes tablettes graphiques, on utilise encore la configuration AZERTY des touches, alors que cette configuration a été inventée non pas pour faciliter la frappe, mais bien au contraire pour ralentir la cadence des dactylographes, qui allaient tellement vite qu'elles bloquaient le mécanisme subtil des premières machines à écrire. On aurait pu changer de standard depuis au moins cinquante ans, mais voilà, maintenant qu'il y en a un, pourquoi changer ?

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 07:00
http://www.thebulletin.org/sites/all/themes/bas/images/clock.pngBonne nouvelle : la Doomsday Clock a pris une minute de plus.

Il reste désormais six minutes avant la fin du monde, selon le Bulletin of Atomic Scientists. Avec un nom pareil, on vous laisse imaginer de quelle apocalypse il s'agit.

Un tel optimisme paraît étonnant, alors que la Grande Foire de Copenhague a démontré l'incapacité des processus onusiens à faire progresser dans la même direction les Etats sur des questions de bien public.
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 07:00
Alors que s'achève la conférence de Legoland Copenhague, quelques élucubrations conspirationnelles viennent à se collisionner dans nos circonvolutions cérébrales.

Quelle lecture ferait un extra-terrestre de la situation ? Comme procédé littéraire, on ne peut plus, en effet, utiliser le sauvage des Lumières, vu qu'il s'appelle désormais "représentant d'un pays émergent" et qu'il fait partie du jeu.

Tentons une réécriture des dernières pages d'histoire : en 1992, c'est le fameux Sommet de Rio. Deux auparavant , le Président George Bush père a prononcé son fameux discours où il a employé l'expression du "nouvel ordre mondial" : les Etats-Unis se déclarent maîtres de la planète et ce n'est bien évidemment pas au goût de tout le monde. Le concept de développement durable ne peut alors que rallier une d'abord timide opposition à l'Oncle Sam, puisqu'il s'oppose à l'American Way of Life dès qu'on y réfléchit un peu, sans pour autant paraître trop agressif au premier abord.

Très bon concept, mais comment aller plus loin ? Sur ces entrefaites, les anciens maîtres du monde,  les Européens, tombent sur un papier scientifique qui n'intéresse alors que 3,7 personnes dans le monde : les conséquences à long terme des émissions de gaz industriels sur le climat.

"Dis donc, y a peut-être quelque chose à tirer de cela..."
se disent quelques diplomates.

"On a là une question dont la résolution ne peut passer que par une gouvernance mondiale, et sur lequel les Etats-Unis sont assez passifs. Prenons l'initiative ! Construisons de nouvelles institutions internationales qui, sous prétexte de prendre le climat sous contrôle, nous permettront d'améliorer nos relations économiques et financières avec nos anciennes colonies qui regorgent de ressources naturelles, tout en respectant les beaux traités de l'OMC et tutti quanti ; en plus, dans ce nouveau machin qu'on basera partout sauf à New York, les Etats-Unis ne seront qu'un simple acteur et, en plus, pas avec le beau rôle ! C'est pas beau, ça ?
- Oui, mais qui a entendu parler de... de quoi, déjà ? De l'influence à l'équilibre des gaz à effet de serre sur le climat terrestre ? On ne peut pas mobiliser les foules, et encore moins les chefs d'Etat, avec ça...
- Tu as raison. On va appeler ça "changement climatique", c'est plus court. Et pour nous asseoir sur des bases solides, on va fonder un truc qu'on va appeler le GIEC qui nous fournira un socle scientifique indiscutable. Et pour montrer qu'on ne manipule pas les chiffres, on va fournir à ces scientifiques des données économiques made in USA : on va appeler ça "scénarios d'émissions" et ils seront directement alimentés par les projections macro-économiques des institutions internationales que les USA reconnaissent sans réserve : l'ONU et l'OCDE."

La démarche est un succès : elle prend rapidement l'ampleur mondiale souhaitée par ses pères, et les Etats-Unis se retrouvent, quelques années plus tard, coincés à Kyoto par le reste du monde sur la question même de leur modèle économique, à la manière de Gulliver endormi se réveillant ligoté par des Lilliputiens. Le géant s'énerve et sort en claquant la porte.

climate-check.jpg
Les Démocrates, malins et retors, essaient de récupérer le sujet en douce : Al Gore se découvre d'un coup une véritable passion pour la question, avec le succès que l'on sait. L'enjeu n'est pas de faire un beau film, mais bien que l'Amérique reprenne le thought leadership. Pas de chance, les Républicains lui piquent la Maison-Blanche, et avec eux vient l'époque des méthodes plus expéditives.

"Fucking Europeans !" hurle-t-on à Washington, à l'heure où les Faucons ont pris le pouvoir et se prennent tous pour Patton. "Ils nous ont bien eus, mais pour parler comme l'un d'entre eux qui ne nous aimait pas trop, nous avons perdu une bataille mais pas la guerre...
- OK, mais on fait quoi ?
- Carpet bombing ! Démolissez-moi leur théorie scientifique, sans elle leur position ne sera plus tenable ! Tous ces chercheurs européens qui croient dur comme fer à Darwin ne peuvent pas être des gens sérieux ! Pan sur le GIEC !
- C'est quand même du solide...
- Allez-y comme dans le Pacifique ! Lâchez les sceptiques ! Crédit illimité ! A force de faire des trous, ça finira par casser."


Comme l'avaient prévu les Européens, la bonne science a tenu bon. Etonnamment, personne n'a vu la faille principale du dispositif : non pas la théorie du réchauffement, mais bien la façon catastrophiste dont on estime ses conséquences futures sur l'économie et la vie quotidienne des habitants de la planète. La seule étude un tant soit peu sérieuse est dans le fameux rapport Stern, que tout le monde a pris pour argent comptant - sauf quelques climatologues de renom :
En conclusion : Stern a largement bien utilisé la climatologie, bien qu’il se soit égaré parmi les fourchettes hautes des nombreuses estimations et qu’il les ait prises comme référence dans son résumé. Ce parti pris haut de gamme fait qu’on peut accuser son rapport d’ “alarmisme”
Malheureusement, quand des climatologues osent parler d'économie, on ne les écoute pas. Pourtant, on accepte bien que des économistes parlent de climat...

N'ayant pas suivi avec attention ce qui s'est passé au Danemark, tellement le bruit masquait le signal, il nous faudra attendre quelque temps pour savoir si les Européens ont progressé dans leur quête de pouvoir mondial.

La partie est dure à jouer car les Démocrates subtils sont de retour, avec un Obama plus charismatique que jamais et qui a prévenu les Européens qu'il avait fait son "homework" sur la question.

Se rajoute à cela un imprévu de taille dans le plan initial : l'arrivée de la Chine charbonnière dans la cour des grands, la Chine qui a privilégié la force brute de l'industrie et du commerce pour s'imposer... naturellement.
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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 12:00
Etant parfaitement incompétents pour réaliser nous-mêmes des études climatologiques et refusant de céder à la facilité de jouer l'écho des dernières brèves à ce sujet, nous avons décidé de réutiliser notre bonne vieille méthode du copier/coller, qui nous avait permis d'envisager que le mythique pic pétrolier avait peut-être été franchi dans l'indifférence générale, non pas par de savants calculs effectués à partir de données parcellaires et erronnées, mais tout simplement par un raisonnement graphique.

Cette fois-ci, nous avons décidé de rebondir sur la fameuse hypothèse du Deuxième Minimum de Maunder, qui agite quelque peu la communauté des réchauffistes en cette belle fin d'été. Et plutôt que d'essayer de construire le énième modèle climatique mondial, nous allons nous contenter de répliquer ce qui pourrait ressembler à un motif (pattern) dans l'évolution de la température mondiale. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur des données fortement lissées : en utilisant une moyenne glissante de 11 ans, nous pouvons ainsi réduire l'effet du fameux cycle quasi-décennal de l'activité solaire.
Quel est l'intérêt de cette manipulation ? Certainement pas de donner une prévision fiable - il y a des gens dont c'est le métier - mais seulement de proposer un scénario pour discussion.

En effet, rien ne permet aujourd'hui de dire que ce scénario est plus improbable que celui qu'on construit si souvent en se contentant de prolonger la tendance linéaire de +0.015°C/an jusqu'en 2050 ou en 2100. La courbe ci-dessus montre que, dans le passé proche, le comportement linéaire de la température ne dure jamais plus d'une trentaine d'années. Un tipping point (une inflexion) vers le bas et non vers le haut est donc probable si on considère, selon un raisonnement de dinde de Noël de base, que le passé permet de prévoir l'avenir.

Quoi qu'il en soit, ce scénario de science-fiction - car il s'agit bien de cela - nous montre un avenir original par rapport au bruit médiatique ambiant du "Copenhague, notre dernière chance avant l'annihilation inexorable de l'espèce humaine" chanté sur l'air du Temps du Muguet par les agitateurs de tout poil qui iront en avion (soit 200 kg de CO2 par passager depuis Paris) dans la capitale danoise pour sauver la planète.

Nous serions peut-être entrés dans une longue période de statu quo climatique : près d'une quarantaine d'années de quasi-stabilité à +0,5°C de réchauffement qui va en amener beaucoup à se dire que finalement, la menace climatique s'est dégonflée ou encore que le fait d'avoir changé de voiture a suffi pour régler le problème.

Les politiques vont assez rapidement effacer la question de l'effet de serre de leur agenda - comme ils l'avaient fait de la couche d'ozone - et les journalistes vont remettre le couvert sur une autre peur millénariste, la question démographique par exemple. Les climatologues devront, eux, attendre 2040 pour que leur aride spécialité recommence à intéresser l'homme de la rue : les étudiants actuels auraient tout intérêt à fuir cette matière pour vite se reconvertir à la géologie, sans doute plus porteuse.

L'avenir est-il aux 4x4 pour autant ? Rien n'est moins sûr. Les énergies fossiles resteront chères, à cause d'une pénurie de plus en plus organisée à défaut d'être géologiquement provoquée. Pour de simples questions de rééquilibrage des balances commerciales, les Etats forceront leurs citoyens à se passer, lentement mais sûrement, de leurs drogues carbonées.

Voilà l'enjeu fondamental, parfaitement macro-économique, de la taxe carbone.
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 07:00
Nous améliorons légèrement notre climatomètre pour qu'il indique une moyenne sur 12 mois glissants, plutôt que la valeur mensuelle du mois dernier, que nous récupérons d'abord chez Meteor avant de chercher une valeur définitive sur le site de la NCDC.

Cela nous permet de désaisonnaliser la mesure, même si ce n'est pas parfait.

Nous sommes donc à +0,53°C d'anomalie par rapport à la moyenne du XXème siècle.

Et en France ? Hé bien, nous en sommes déjà à +1°C environ - il faudrait qu'on ait accès aux chiffres de Meteo-France pour être plus précis - si on en croit ce graphique :


L'anomalie affichée y est seulement d'un demi-degré, mais la période de référence est 1971-2000, qui elle-même est plus chaude d'un demi-degré (à vue de nez) que l'ensemble du siècle dernier.
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 07:00
En réponse à notre point de vue sur la lente progressivité du changement climatique actuel, un de nos lecteurs nous rappelle que le climat n'a pas toujours varié aussi linéairement et doucement qu'en ce moment. Preuve en est le graphique ci-dessous, tiré du très richement illustré article de wikipédia à ce sujet :


On note que, depuis 15 000 ans - soit à peu près le début de l'Histoire - la température moyenne aux pôles (EPICA correspond à un forage au Groenland, Vostok à un en Antarctique) est restée étonnamment stable, alors qu'elle avait auparavant tendance à se comporter de façon plus chaotique. Durant la dernière glaciation, on remarque que des oscillations assez extraordinaires ont eu lieu : des variations de température de 5 à 7°C se sont produites en seulement quelques dizaines d'années, voire peut-être en quelques années - cela ne se voit pas sur la courbe ci-dessus, mais sur des "agrandissements" (cf. ci-dessous).

On ne sait pas encore exactement ce qui produit ces variations, notamment celles dites de Dansgaard-Oeschger : ces dernières se sont répétées plus de 20 fois avec une période étonnamment régulière (1470 ans, soit moins de 1% d'erreur !). Elle commencent toutes par un brutal réchauffement de cause inconnue, qui provoque la fonte massive des calottes glaciaires et l'irruption d'icebergs en quantité phénoménale, ce qui perturbe fortement les courants océaniques ; un lent refroidissement se produit alors.

Ce phénomène peut-il se reproduire ? Certainement, mais bien malin qui saurait le prédire puisqu'on n'a pas encore complètement élucidé le mécanisme. On arrive à remonter l'arbre des causes jusqu'à un probable déversement massif d'eau douce dans l'Atlantique Nord, mais on ne parvient pas à définir clairement l'origine de ces énormes quantités d'eau : la pointe de chaleur initiale n'a pas d'explication. On suspecte toutefois la rétroaction de l'albedo de la glace, à savoir que moins il y a de glace aux pôles, plus ceux-ci absorbent le rayonnement solaire, et plus la glace fond, et donc moins il y a de glace, etc. Ca ne vous rappelle rien ?

Il est à noter toutefois que le point de départ de ce changement abrupt de climat ne correspond pas aux conditions actuelles : les calottes glaciaires s'étendaient alors jusqu'à la Manche, car la température globale était alors 5 à 6° en-dessous de l'actuelle. Rien ne dit donc que les variations brutales naguère mesurées puissent se reproduire : on voit bien sur ce graphe de la NOAA que la valeur maximum du réchauffement abrupt restait en-deçà des valeurs actuelles :



Si on cherche absolument un scénario de changement climatique catastrophique, au sens du Jour d'Après, qui puisse survenir de nos jours, on ne peut donc qu'envisager le glissement de tout ou partie de la calotte groenlandaise dans la mer. Ce glissement pourrait être provoqué par plusieurs années successives de temps exceptionnellement doux dans un Océan Arctique libre de glaces l'été (effet d'albedo) renforcé par un effet de serre local amplifié par le dégagement massif de gaz carbonés (CO2 et CH4) issu du permafrost - qui contient deux fois plus de carbone qu'on ne le pensait jusqu'à récemment).

Après quelques tsunamis ravageurs ravageant les côtes scandinaves ou terre-neuviennes et l'arrêt de la navigation transatlantique rendue impossible par la présence généralisée d'icebergs, le fameux Gulf Stream s'arrêterait et un lent mais inexorable refroidissement s'engagerait alors, conduisant l'Europe du Nord à un climat proche de celui du Labrador et l'Europe du Sud à celui qui régit aujourd'hui la région de Seattle - la sécheresse en plus.

Ce scénario reste à notre avis peu probable, comme le montre une étude récente (EDIT) : autant une banquise flottant sur la mer peut se disloquer brutalement quand la température se réchauffe, autant une calotte glaciaire bien ancrée sur un substrat rocheux comme le Groenland a peu de chances de se décoller d'un bloc et filer dans la mer. Et la vitesse de disparition de la banquise, comme celle de dégazage du permafrost, peut brutalement ralentir comme elle a accéléré ces dernières années, pour des raisons inconnues dans les deux cas.

Mais peu probable ne veut pas dire impossible.
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 07:00
Lorsque les premières négociations climatiques commencèrent, il y a plus de dix ans, les références chiffrées commençaient déjà à dater un peu : en effet, c'est l'année 1990 qui formait la base de discussion. La situation se comprenait donc comme le montre le graphique ci-contre : l'OCDE était le principal émetteur de gaz à effet de serre, c'était donc à ses membres de faire des efforts, pendant ce temps les autres pays pouvaient se développer.

Depuis, le gaz carbonique a continué de couler des pots d'échappements et des cheminées, et la situation s'est inversée, comme le montre  le graphique ci-dessous.

Finie l'image d'Epinal des pauvres économies émergentes pour lesquelles on va utiliser le carbone comme instrument de financement du développement : c'est maintenant elles les principales responsables des émissions de carbone fossile.
Le problème, c'est que certains négociateurs climatiques occidentaux qui vont aller discuter le bout de gras à Copenhague pour établir la suite du protocole de Kyoto sont encore dans l'ancien paradigme. Espérons qu'ils se feront recadrer d'ici là : rien n'est pire qu'un négociateur qui se trompe d'objectif.

En tout cas, gageons que c'est avant tout par pragmatisme qu'Obama a décidé de revenir à la table des négociations : les Etats-Unis n'étant plus le Grand Satan Premier Emetteur, la position de départ est nettement plus confortable...

... Et ce d'autant plus qu'il faut calmer la croissance de plus en plus insolente de la Chine.

Bon, cela dit, tant qu'on laissera les Douze Salopards extraire le carbone de leur sous-sol, pourquoi les consommateurs deviendraient-ils sobres ?
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 07:00
Assez parlé des coupables. Le réchauffement climatique est un phénomène très lent et donc imperceptible pour l'homme, tellement son signal est noyé dans le bruit - nos amis traders parleraient plutôt de volatilité - des phénomènes météorologiques.
Comme on le voit ci-dessus, une fois moyennée sur douze mois glissants, l'anomalie de température moyenne globale a progressé, en près d'une décennie, de... 0,1°C, alors que les écarts journaliers de température que nous connaissons au quotidien sont cent fois supérieurs ! Un de nos lecteurs nous a fait remarquer que le climat a connu dans le passé des variations bien plus importantes, nous en reparlerons prochainement.

Pour en revenir au climat actuel, il faut admettre que la température moyenne de l'atmosphère n'évolue pas partout de la même façon : le réchauffement est bien plus fort aux pôles qu'à l'Equateur, et à nos latitudes on peut considérer qu'il va deux à trois fois plus vite qu'en moyenne à l'échelle de la planète.

Cela dit, nous vous conseillons de regarder quelques vieux films pour constater que le changement climatique n'a pas encore transformé notre habitat. Ainsi, le très rohmérien Genou de Claire vous montrera que l'été 1969 sur le lac d'Annecy ne semble pas avoir été très différent de celui qui s'annonce cette année, alors qu'un demi-degré de température moyenne globale les sépare.

Quoique... Vous avez vu ? Jean-Claude Brialy - oui oui, le barbu chapeauté - porte un pull en plein mois de juillet
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 07:00
Notre point de vue dit des Douze Salopeurs montre qui, chaque année, ose extraire de son sous-sol le carbone fossile qui s'échappe dans l'atmosphère.

CO2mètre 388ppmUn article récent d'ICE a attiré notre attention sur le fait que "davantage que la trajectoire de concentrations atmosphériques de CO2 (rester sous les 400, les 450ppm, avec quelle dynamique, etc...), c'est le total d'émissions accumulées qui compte".

Sans chercher à remonter jusqu'à l'invention de la machine à vapeur, on peut donc valablement s'intéresser à la quantité totale de carbone fossile émis par chaque pays, disons depuis 1990 puisque c'est l'année qui est souvent choisie comme référence pour mesurer les progrès réalisés par chacun en matière de contrôle des émissions.

De plus, en 1990, on était encore aux alentours de 350 ppm, considérée par certains climatologues comme la limite à ne pas dépasser ; rappelons qu'à ce jour, nous sommes au-dessus des 385 ppm, soit 35 ppm "de trop".

On peut donc lire le graphique ci-dessus comme la répartition des responsabilités dans le "froissage de tôles" climatique que nous avons collectivement provoqué, en attendant le futur accident catastrophique et lointain. La Chine y voisine les USA, mais la France apparaît également en tête du classement malgré son électricité nucléaire climato-vertueuse, faute au pétrole dont nous continuons à nous régaler goulûment.

Comme d'habitude lorsqu'on manipule les chiffres, il y a pas mal d'incertitude, notamment dûe au fait que la consommation nationale de pétrole brut n'est pas corrigée des importations/exportations de produits pétroliers : les pays qui exportent les produits de leurs raffineries sont donc légèrement défavorisés. Quoiqu'il en soient, les grands coupables des 35 ppm de trop aujourd'hui dans l'atmosphère y sont nommés sans erreur possible.

Le protocole de Kyoto reposait sur le paradigme d'une OCDE responsable de l'essentiel des émissions et autorisait de ce fait les autres pays soi-disant "en développement" - des pays comme la Corée du Sud ou le Mexique avaient réussi à être classés comme tel - ou à l'économie "en transition" - cas de la Russie et de ses anciens satellites - à émettre bien plus de CO2 que les Occidentaux.

Ces pays émergents ne s'en sont pas privés, puisque depuis 1990, si on en croit les chiffres de BP dont découlent notre analyse, les pays non-membres de l'OCDE sont responsables... de 60% du cumul des émissions.

l sera intéressant de voir si les "négociateurs climatiques" resteront cette fois-ci encore campés sur une position tiers-mondiste qui n'a plus guère de sens pour les années 2010. Les règles du jeu ont changé : à en croire notre  magnanime lectrice Karine, la Chine est désormais le premier marché automobile mondial, alimenté par une industrie chinoise qui ne connaît pas la crise.


Et si l'OCDE demandait à Copenhague le statut d'économie en transition ?


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