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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 21:10
Chakib Khelil, le président de l'OPEP, a déclaré aujourd'hui sur France24 :
Je prévois probablement des prix de 150 à 170 dollars durant cet été. Cela va peut-être décliner un peu vers la fin de l'année.
Quasiment au même moment, selon Enerzine, le candidat républicain John Mac Cain a promis de conduire les Etats-Unis jusqu'à l'indépendance énergétique, dès 2025.

Et l'article souligne en conclusion :
Dans le camp adverse, Barack Obama ne promet pas l'indépendance mais (...) la réduction de 80% des émissions de carbone pour 2050.
On notera l'identique capacité d'engagement sur le long terme de nos candidats à la Maison-Blanche : alors que Khelil joue petit et se contente d'une prévision qui se veut autoréalisatrice à quelques semaines de portée - sa simple déclaration a permis au baril de franchir la barre des $140 le soir même à Wall Street -  McCain et Obama nous donnent tous deux très exactement rendez-vous à leur... 89ème anniversaire pour vérifier qu'ils ont tenu parole.


Il est difficile d'être un homme d'Etat original de nos jours : impossible de réitérer des promesses déjà faites comme :
John F. Kennedy,  septembre 1962 :

Nous choisissons d’aller sur la Lune dans cette décennie et faire d’autre choses encore, non parce que c’est facile, mais bien parce que c’est difficile, parce que ce but servira à organiser et mesurer le meilleur de nos énergies et de nos connaissances, parce que c’est un défi que nous sommes prêts à relever, que nous ne voulons pas remettre à plus tard, et que nous avons l’intention de gagner.
ou bien :
Winston Churchill, mai 1940 :

Je n'ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur
En plus, ces promesses-ci furent tenues.

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 21:49
Hong Kong 2008. Prototype de nos cités futures. Preuve irréfutable du caractère dérisoire de nos Grenelles.


A Hong Kong, les gratte-ciel poussent comme des champignons. Sur la photo ci-dessus, la moitié n'existait pas il y a dix ans. Il s'agit là de petits modèles ne dépassant pas les 400 mètres, le plus haut de la ville (416 mètres) est hors champ à droite.

Plus il y a de tours, plus le quartier devient exceptionnel du point de vue de l'immobilier. C'est le même phénomène auto-entretenu qui a fait d'une île marécageuse la New York moderne, où le m² atteint des niveaux tels que certains habitants, pourtant loin de connaître la misère, choisissent de s'installer dans des sous-sols sans fenêtres.

La ville est d'une propreté toute helvétique. Pas un papier gras qui traîne, pas un SDF avec ou sans tente. Il n'y a que des gens jeunes ou riches, parfois les deux. C'est normal :  il faut avoir un visa sur son passeport pour y pénétrer. Même si on est Chinois - et dans ce cas, à moins d'être très riche, on n'en aura pas. Les pauvres restent dans l'intérieur des terres, derrière les barbelés qui séparent toujours l'ancienne colonie britannique du reste de la République Populaire de Chine. Populaire ?

Ce qui frappe à Hong Kong, c'est le silence. Pas de klaxon ou de musique de rue tonitruante : les bonnes vieilles habitudes anglaises continuent de prévaloir sur la culture asiatique, avide de tapage diurne et nocturne. Plus de hurlement de réacteurs d'avion, maintenant que le célèbre aéroport de centre-ville a été déplacé à des dizaines de kilomètres.

Mais alors, où sont les mouettes, les goélands et autres cormorans qui devraient hanter ce port de leurs piaillements ? Quand on se pose cette question, on commence à comprendre le désastre sur lequel la ville s'est construite. Pas d'oiseaux. Pas d'insectes - même pas un moustique. Pas de plantes à fleurs. La végétation vaguement luxuriante qui tapisse les collines en arrière-plan est d'une diversité à pleurer. Et, bien entendu, plus un seul poisson nageant dans les eaux grises. Quant à l'eau potable, elle provient d'usines de dessalement, malgré les fréquentes pluies diluviennes.

L'électricité ne manque pas : outre quelques centrales à charbon pour assurer la fourniture locale, des centrales nucléaires poussent comme des... heu... mauvaises herbes, à Daya Bay, à une centaine de kilomètres de là, chez les pauvres.

Il fait chaud à Hong Kong. Suffocant : l'humidité ambiante rend l'air ambiant désagréable dès 25°C, même si le temps est couvert. Alors, de même qu'au Canada, on vit l'hiver sous terre pour échapper au froid glacial, les habitants de Hong Kong passent d'un immeuble climatisé à un autre via de gigantesques centres commerciaux. Pour les longues distances, ils prennent la voiture, le tramway, le bus ou le métro - tous climatisés.

On cherche vainement des affichettes prônant le "consommez moins", "et si vous baissiez la clim ?", "vive le vélo" et autres "sauvons le climat". Il fait déjà chaud. Et on a assez d'argent pour payer la note d'électricité et remplir le réservoir du SUV dernier cri. Les économies d'énergies, les délestages électriques, les routes inondées par les orages tropicaux, c'est pour les pauvres.

Cynisme tout occidental ? Avec la loi de l'enfant unique, au bout de deux générations, les villes chinoises sont pleines de jeunes individualistes pur jus, unique objet de soins de deux parents et quatre grands-parents, qui n'ont jamais eu à apprendre à partager leurs affaires avec un frère, une soeur ou même un cousin germain.

Bienvenue au XXIème siècle. Avez-vous vu Soleil Vert ?
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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 21:15


Image prise ce mois sur un ferry chinois.
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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 19:51
Après l'horreur de Mitsubishi de l'année dernière, penchons-nous un peu sur la pub actuellement utilisée par Volswagen aux Etats-Unis pour vendre son dernier 4x4 compact.


Sur le ciment du trottoir, à gauche, on aperçoit la roue d'un vélo délaissé, abandonné au profit du monstre 4x4 GTI pour la beauté duquel un yuppie californien gaspille quelques dizaines de litres d'eau.

L'image est lourde de sens, et la dernière phrase du boniment la place dans sa pleine dimension : It's what the people want - c'est ce que veulent les gens.

Si cette pub se trouve un jour déployée sur les panneaux d'affichage des grandes villes françaises, nul doute que certains "casseurs de pub" iront vite la barbouiller de graffiti, en hurlant à l'intoxication du bon sauvage qui sommeillerait en nous et que la société de consommation pervertirait.

N'est-ce pas plutôt confondre la cause et la conséquence ? Les publicistes exposent ce que nous voulons voir, faisant ainsi appel ce mécanisme d'empathie bien connu de tout commercial : on reformule toujours le besoin du client - une grosse voiture qui fait vroum vroum - avant de lui proposer ce qu'on souhaite lui vendre - le dernier modèle de chez VW.

Qu'on ne nous fasse pas croire que ceux que cible cette publicité n'ont jamais entendu parler de gaz à effet de serre, de réchauffement climatique, de raréfaction de la ressource en eau ou même de pic pétrolier.

Il nous faudra au moins une génération pour que les mentalités évoluent et que ce genre d'accroche visuelle ne fasse plus vendre. Pour l'instant, elle ne choque qu'une infime minorité qui n'est pas le "coeur de cible".

Voilà pourquoi il ne faut pas espérer que les émissions mondiales de gaz à effet de serre se stabilisent avant... 2030.
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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 22:15
Un remarquable document récemment publié par la Banque Mondiale met en avant un nouveau dysfonctionnement du protocole de Kyoto.

On sait déjà que les mécanismes d'attribution des crédits d'émission, ces permis de polluer, sont bourrés de défauts et issus de négociations complaisantes envers les émetteurs de gaz à effet de serre (GES).

Les fameux marchés d'échange desdits crédits ont eu des fortunes diverses, le plus connu d'entre eux (PowerNext Carbon) ayant réussi à diviser par 100 la valeur d'une tonne de CO2 en un an, ce qui était exactement à l'inverse de ce pour quoi il était conçu.

Cette fois-ci, le problème est dans les fameux projets de compensation : ces projets sont supposés réduire les émissions de GES des pays émergents, ce qui leur permet de produire des crédits d'émission à revendre aux pays développés.

C'est par ce mécanisme que de nombreuses personnalités engagées, de Jean-Louis Borloo à Al Gore en passant par Yann Arthus-Bertrand, rassurent leurs partisans : certes, déclarent-ils, je pollue, mais je donne de l'argent à hauteur de mes émissions pour financer des projets de compensation.

Pas de bol : ces projets n'existent pas. Ou plutôt, ils restent sur le papier.

Car la bureaucratie mise en place pour le suivi de Kyoto n'arrivent à pas à valider les projets qu'on lui présente : il y a aujourd'hui deux ans d'attente. Principale cause évoquée : il n'y a pas assez de certificateurs, ces personnes qui vérifient que chaque projet réduira bien effectivement les émissions des montants annoncés par leurs promoteurs.

Et que devient alors l'argent donné par les compensateurs ? Sans doute s'accumulent-ils dans les fonds qui jouent les intermédiaires entre les promoteurs de projet et les contributeurs. De là à se demander si ceux-ci ne placent pas, en attendant, ces sommes sur les marchés à terme des énergies fossiles...

Pendant ce temps-là, l'anomalie de banquise arctique vient de repasser au-dessus de la barre du million de km² fondu. Ainsi fond, fond, fond...

Dérisoirement durable.
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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 07:51
Non, il ne s'agira pas ici d'évoquer la rubrique radio de Jean-Marie Pelt, mais de signaler le n-ième galvaudage d'une expression qui voulait changer le monde, récolté au sein d'un article du Monde traitant des nouveaux sex-shops chics  :
Clochette "ring for sex", petite bougie en forme d'homme ou de femme pour "consumer son ex", livre "Tout ce que les hommes savent des femmes" qui ne comporte que des pages blanches, petite lingette à main pour "laver vos péchés", les gadgets inutiles se mélangent aux tenues d'infirmière, aux cosmétiques Yes for Love et au kit "pole dancing" pour tenter d'imiter Kim Basinger dans "9 semaines 1/2". "C'est une de nos meilleures ventes", constate Patrick Pruvot, responsable du Passage du Désir. Cet ancien publicitaire a gardé le sens de la formule : "Nous faisons du développement durable du couple."


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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 07:56
A gauche d'un article récent du Monde sur la capture et le stockage du carbone (CCS), un encadré signale que Greenpeace, dans un rapport publié le 6 mai dernier et intitulé Faux espoir (False hope) - comme un de nos articles, d'ailleurs - explique "pourquoi la captation et le stockage du carbone ne sauvera pas le climat".

Cette nouvelle posture aussi radicale que provocatrice ne nous étonne qu'à moitié, il y avait eu des prémisses dont nous avions fait écho.

Comme d'habitude, il ne s'agit que d'une plaquette de propagande : aucune étude propre ne vient corroborer la position martelée par l'ONG tout au long des 44 pages de ce document qui pourrait faire sienne l'ancienne devise de Paris-Match : "le poids des mots, le choc des photos".

Greenpeace se contente en effet de citer les études scientifiques qui vont dans le sens de son pitch (en français : boniment), ce qui donne un aspect argumenté, pseudo-scientifique, à l'opuscule, et de conclure par son célèbre leitmotiv :
Le marché des énergies renouvelables est en plein boom. En 2007, l'investissement annuel mondial dans les renouvelables a dépassé les 100 milliards de dollars.
Crise subprime oblige, on est curieux de savoir si ce montant sera aussi élevé en 2008. Pour avoir une idée de ce que représente 100 milliards de dollars d'investissement à l'échelle de l'économie mondiale, nous vous recommandons un petit tour sur notre page des ordres de grandeur, qui vous permettra de calculer que la seule Russie dépense à peu près ce montant chaque année pour construire de nouvelles centrales au charbon et au gaz, sans CCS bien entendu.
Des décennies de progrès technique ont rendu opérationnelles des technologies comme les éoliennes, les panneaux solaires photovoltaïques, les centrales électriques à biomasse et les collecteurs solaires thermiques.
On l'aura compris : cette année Greenpeace a obtenu des budgets publicitaires importants de la part de l'industrie des énergies renouvelables. Qu'une part importante des émissions de CO2 proviennent du secteur du transport, pour lequel les éoliennes ou les centrales à biomasse ne sont d'aucun secours, ne pose pas de problème au rédacteur de ce vibrant hymne aux technologies "vertes".
Les mêmes décideurs dans le domaine du climat, qui étaient sceptiques quant au CCS, croient bien plus à la capacité des technologies renouvelables à obtenir des réductions d'émissions de gaz à effet de serre : 74% ont exprimé leur confiance dans l'eau chaude solaire, 62% dans les fermes éoliennes offshore et 60% dans les fermes éoliennes terrestres.
Nous tombons là dans le discours typique du vendeur de lessive et des 49 marques de lave-linge qui recommandent son produit. Inutile de pousser plus loin la traduction, nous n'allons pas tarder à tomber sur le bon de commande.

Il y en a qui se plaignent de la faible transparence de telles organisations : dans le cas présent, il est pourtant facile de comprendre d'où vient l'argent.

  greenpeace-omo-like.jpgEn cherchant à ralentir voire empêcher le déploiement du CCS - et donc en permettant à plusieurs milliards de m3 de CO2 de plus de rejoindre l'atmosphère - on peut se demander si les auteurs de cet article ont conscience du fait que les prochaines générations pourraient un jour les poursuivre pour apologie de crimes contre l'humanité.
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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 12:47
On a déjà évoqué ici le dégonflement de la baudruche de la voiture à hydrogène.

Dans le secteur des transports, il existe un autre délire technologique : l'avion à hydrogène. EADS s'est vaguement creusé la tête pour savoir à quoi il ressemblerait (voir ci-contre).

Il s'agit là d'une propulsion classique à réaction, l'hydrogène étant brûlé dans des turboréacteurs, comme l'est aujourd'hui le jet fuel.

Le carburant nécessitant d'être stocké dans des réservoirs sous pression, il faut abandonner l'architecture conventionnelle des réservoirs d'aile et tout remettre au centre.

Résultat : le fuselage perd toute son élégance alors que les ailes deviennent fines comme du papier. En terme de résistance des matériaux, voilà qui annoncent quelques beaux défis pour les spécialistes en aérostructures.

Un seul tout petit problème : le résultat de la combustion sera exclusivement de la vapeur d'eau. En pratique, l'avion sera donc suivi d'un panache de vapeur d'eau aussi impressionnant, toutes proportions gardées, que ceux d'Ariane 5 ou de la navette spatiale (voir ci-contre).

Et si la vapeur d'eau n'est pas nocive, de telles traînées de condensation provoquent un forçage radiatif encore plus puissant que celui du CO2 qu'elle est supposée remplacer en sortie réacteur de ces avions futuristes.

Bref, l'avion de ligne à hydrogène est encore un concept qui ne verra le jour que si nous décidons de nous asseoir définitivement sur la réduction du risque climatique.

Côté EADS, les dernières études sur la question (dont provient l'image ci-dessus) datent de 2001. Il est probable qu'on a aujourd'hui, à Toulouse comme à Hambourg, des sujets bien plus fondamentaux à traiter.

Quant à Boeing, il se contente de faire voler des petits démonstrateurs à hélice qui ont le bon goût de rester à basse altitude, et dont le but principal est de valider la technologie des piles à combustible embarquées.

La pile à combustible volante a en effet plus d'avenir... mais dans des drones ou des missiles, plutôt qu'à bord de gros porteurs.
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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 22:04
Au fur et à mesure de l'actualité et de nos vagabondages sur la Toile, nous avons décidé d'attribuer, quand l'occasion se présentera, des labels Dérisoirement Durable™.

En passant sur cette page des Charbonnages de France, nous avons beaucoup hésité en lisant cette lyrique conclusion :
Le challenge des prochaines années pour l'Europe et pour la France ne sera pas de réduire leur dépendance vis à vis du charbon mais d'accélérer le déploiement de technologies de charbon propre qui mettront en valeur son développement durable.
Le développement durable du charbon, il fallait l'oser, surtout sans éclater de rire.

Mais cette semaine, nous remettrons finalement la palme à Big Blue, qui cherche sans doute à faire parler un peu de lui alors que son grand rival HP occupe les manchettes de journaux avec son rachat d'EDS.

Le magazine de publi-rédactionnel économique BusinessWeek titre en effet sans sourciller :
La réponse d'IBM à la crise alimentaire

La Grille Communautaire Mondiale d'IBM et une équipe [de chercheurs] de l'Université de Washington utilise des PC à l'échelle de la planète pour développer de meilleures variétés de riz.
La Grille Communautaire, c'est juste une mise en commun des capacités de calcul d'ordinateurs pour faire du calcul intensif en le distribuant sur des milliers, sinon des millions de machines. L'une des premières applications médiatiques de ce concept fut d'aider le SETI à décoder les signaux radio en provenance de l'espace pour détecter d'éventuelles sources extra-terrestres intelligentes.

Mais les OVNI, même peuplés de petits hommes verts, ce n'est pas green, c'est has been, ce n'est plus à la mode. En ce moment, ce qui excite les attachés de presse, c'est ce qui sauve la planète !

Alors, le service Corporate Communication d'IBM cherche frénétiquement ce qui ferait que la Maison Bleue puisse être repeinte en vert. Et elle déniche ce projet de génie génétique ! Rassurez-vous, il ne s'agit que d'accélérer un processus d'hybridation artificielle, pas de créer des OGM...

Mais bon, cela reste un peu tiède : simuler des croisements de variété de riz, voilà qui aurait sans doute fait tourner la tête à Mendel, mais qui laissera sans doute de glace l'homme de la rue. L'idée géniale fuse alors : déclarons que c'est la solution aux émeutes de la faim, tout simplement !

Hélas, ce n'est parce qu'on sait faire de la sauvegarde de données informatiques qu'on est capable de prendre en main la sauvegarde de l'humanité. Dérisoirement durable...
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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 21:28

Selon un prétendu proverbe chinois, mille jurons n'ont jamais déchiré une seule chemise.

A l'heure où nombreux se penchent à nouveau quotidiennement sur la situation de la banquise polaire arctique, ce petit graphique simplissime montre que mille colloques ne semblent pas non plus capables d'interrompre la transformation du climat de notre planète.

Plutôt que de nous maintenir encore dix ou vingt ans dans l'illusion que nous sommes en train de mettre en place, de façon universelle, un modèle de développement réellement durable de l'humanité, il serait plus raisonnable de reconnaître notre échec complet.

A l'échelle des nations, ceux qui tentent de décrocher le maillot vert sont souvent les plus schizophrènes. Les Pays-Bas se veulent le royaume de la petite reine mais ont vendu du méthane par millions de m3 à l'Europe entière. Le Danemark est très fier de ses éoliennes, mais beaucoup moins de ses plateformes offshore. La Norvège produit pratiquement toute son électricité grâce à la force hydraulique, mais noie la planète sous ses exportations de pétrole.

La position actuelle des Etats-Unis, qui n'ont toujours pas ratifié le protocole de Kyoto, a au moins la mérite de la franchise.

Peut-être faisons-nous preuve d'ambition démesurée à vouloir transformer en profondeur nos civilisations en quelques décennies par le simple truchement de taxes, de marchés de crédits d'émission et de modifications marginales de nos comportements.

Sans pour autant arrêter ce qui va dans le bon sens sans rien coûter, laissons tomber les autres efforts de prévention, souvent coûteux et au résultat aléatoire (capture et stockage du CO2, véhicules très faible consommation, etc) et consacrons les quelques années de tranquillité qui nous reste à concevoir exclusivement les soins curatifs que nous devrons apporter à la planète quand elle sera plus chaude... de six degrés.

Il n'est plus temps d'espérer la solution technologique miracle qui ne viendra pas : rappelons que l'énergie atomique n'a pas été découverte parce qu'on a cherché une alternative aux combustibles fossiles. Le temps est venu d'investir exclusivement dans les infrastructures qui nous permettront de survivre à un climat inédit.

Bref, construisons des digues plutôt que des voitures électriques.
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Article également publié sur AgoraVox
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