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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 07:00
Une dépêche AFP est passée relativement inaperçue hier :
GB: interdiction d'une campagne sur le réchauffement jugée alarmiste

Une campagne d'information du gouvernement britannique détournant de célèbres comptines pour sensibiliser le public à la menace du réchauffement climatique a été censurée mercredi par le gendarme de la publicité, qui l'a jugée alarmiste.
L'une des affiches de cette campagne, illustrée d'un dessin, reprend une comptine bien connue des enfants, dont elle modifie la deuxième partie : "Jack et Jill ont grimpé en haut de la colline pour aller chercher un seau d'eau. Mais il n'y en avait plus parce que la météo extrême due au changement climatique a provoqué une sécheresse". Une légende accompagnant le dessin explique que "les épisodes météos extrêmes comme les inondations, les vagues de chaleur et les tempêtes vont devenir plus fréquents et plus intenses".

Une telle publicité mensongère était pourtant passée sans encombre à l'ouverture du fameux échec de Copenhague. C'est la preuve qu'outre-Manche, on commence à avoir une approche plus raisonnée des questions environnementales et que là-bas, l'équivalent de notre Bureau de Vérification de la Publicité fait son travail.

jesus-chassant-les-bobos-du-GIEC.jpg

Jésus chassant les Dir'Com' du GIEC - d'après Nicolas Vleughels

 

 

 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 07:00
Gaz à effet de serre : la décroissance se poursuit en 2008

En 2008, en partie « grâce » à la crise économique, la France a confirmé la tendance à la baisse de ces émissions de gaz à effet de serre. Avec une diminution de 0,6 % par rapport à 2007, la France se situe bien au-delà des objectifs fixés par le Protocole de Kyoto pour la période 2008-2012. Force est de constater, comme l’a révélé le ministère de l’Ecologie dans son rapport, que la croissance du PIB s’est effectuée sans hausse de carbone. Bonne nouvelle, pourtant, tous les secteurs ne sont pas concernés blablabla
"

Pour vous changer de la langue de bois et du groupthink officiels, voici un petit jeu : un pays industrialisé fortement émetteur de gaz à effet de serre est caché dans le dessin ci-dessous, saurez-vous l'y trouver ?
http://www.esrl.noaa.gov/gmd/webdata/ccgg/trends/co2_trend_gl.png
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 07:00
Le Centre d'Analyse Stratégique a mis en ligne sa prose sur la Croissance Verte, les impacts sur les emplois et les métiers, toussa...

Croissance-Verte-copie-1.jpg
Si vous avez le courage de lire les 69 pages de cet opuscule, vous verrez qu'il s'agit d'un exercice de groupthink administratif parfaitement banal dans ses assertions - normal, c'est du groupthink - mais remarquablement pédant. On y découvrira par exemple le terme de taxe pigouvienne (en page 24) ; on s'esbaubira sur les mérites respectifs des travaux de Hamilton et de Hoteling pour l'analyse des prix du pétrole ; car saviez-vous, pauvres ignares, que
la règle de Hotelling selon laquelle la rareté croissante est compensée par la hausse du prix relatif a semblé se vérifier à la faveur de l’inflation sur les ressources rares qui a précédé la crise financière.
Le baril à 147 dollars, une bulle spéculative ? Que nenni, les amis, vous ne comprenez rien à l'économie : ce que vous dit le bon docteur Hotelling, c'est : "quand pas beaucoup menhirs, menhirs devenir chers".

Bon, ne nous trompons pas de cible : Hotelling était un vrai économiste, qu'on pourrait même qualifier de distingué. Mais la loi qui l'a rendu célèbre n'a rien à voir et est bien plus puissante que la trivialité que nous régurgitent ces fonctionnaires peu inspirés : elle explique pourquoi des magasins concurrents ont tendance à se rapprocher les uns des autres et à mettre les mêmes produits en devanture, alors qu'un libéral naïf s'imagine qu'une concurrence parfaite pousse forcément les magasins à se développer partout où il y a des consommateurs et en adoptant des vitrines aussi différenciées que possible pour attirer le chaland.

Ce rapport n'est pas une étude déguisée en étalage de cuistrerie, mais une belle histoire. En voici donc un résumé dans le style narratif adapté :
Il était une fois des ressources qu'on espérait devenir rares, un climat lentement changeant qu'on confondait allègrement avec l'environnement et des innovations vertes et mystérieuses. En mélangeant toutes ces croyances, on en vint à s'imaginer que les méchantes usines automobiles (naguère pleines d'affreux communistes) allaient disparaître et que les gentils ouvriers ainsi libérés du fordisme allaient construire pleins de jolies éoliennes de toutes les couleurs (à condition qu'elles soient vertes) et trier  dans la bonne humeur les ordures des bobos urbains.
Et la morale ? Nos vaillants fonctionnaires l'ont oublié. Proposons-en une :

Les bobos se pacsèrent, eurent moins d'enfants pour économiser le pétrole restant... mais beaucoup plus de retraités à financer.
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 07:00
Discrètement, la bulle du réchauffement climatique - à laquelle nous avouons nous être quelque peu enivrés - semble se dégonfler.

Déjà, fin 2008, le chancèlement de l'économie mondiale avait rappelé qu'avant de se soucier du niveau des océans en 2100, il était bon de s'inquiéter de la simple pérennité de ses liquidités imprudemment placées sur un compte courant bancaire.

rechauffement-climatique-wwf.jpgPuis six mois de tintamarre politico-médiatique ont débouché sur une conférence de Copenhague où les arroseurs furent arrosés. A trop exagérer - cf.  la maladroite pub du WWF ci-contre, où le créatif a confondu changement climatique et modification génétique - les ONG ont soudainement perdu toute crédibilité, entraînant avec elles leur sujet, pourtant respectable mais si peu glamour quand on ne s'intéresse qu'à son aspect scientifique !

Enfin, la terre nous a rappelé, par un léger soubresaut en Haïti, qu'elle savait être bien plus rapidement et plus fortement létale que l'atmosphère qui la surplombe.

Les médias, déçus par la retombée du soufflé climatique, ont déjà repris leur course vers les extrêmes : le Monde d'hier nous parle maintenant d'un changement climatique réellement catastrophique, à savoir le refroidissement qui suivrait un conflit atomique entre Inde et Pakistan :
En conséquence de quoi, avertit M. Starr, "les températures moyennes sur Terre deviendraient plus froides qu'elles ne l'ont été au cours des mille dernières années", créant ce que l'auteur nomme "un hiver nucléaire". La diminution des précipitations et la réduction des périodes de pousse entraîneraient un désastre agricole.
Que les "réchauffistes" se rassurent : quand le soleil reviendra frapper les vitres des rédactions surchauffées, on y ressortira de derrière les étagères les rapports du GIEC, un peu malmené ces derniers temps. L'homme ne sait envisager le futur que comme une simple extrapolation du présent.
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 07:48
Connaissez-vous newsmap ?

newsmap-copie-1.png
On a déjà parlé de ce site japonais qui présente, dynamiquement, la façon dont les médias utilisent l'espace pour "pousser" leurs infos. On voit ainsi, en un coup d'oeil, de quoi est fait l'actualité et donc ce que l'internaute moyen va voir en priorité.

Ce matin, l'échec médiatique de Copenhague complète son échec diplomatique : il se fait voler les manchettes par la grève du RER A - une menace avérée très concrète pour des millions de personnes qui vont se rabattre sur des véhcules polluants - l'actualité sportive et la santé de Johnny Hallyday.

Et dans le coin en bas à droite, vous verrez l'extinction, redoutée pour la crédibilité de la puissance publique, de la fameuse pandémie.
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 07:00
Lord Kevin déclara un jour "If you can not measure it, you can not improve it", qu'on peut librement traduire par "pas d'amélioration sans mesure".

On a vu que les compteurs "intelligents" en donnaient une variante logiquement cohérente : on peut se contenter de mesurer, sans chercher à améliorer.

La tonitruante Conférence de Copenhague, et ses espérés objectifs "contraignants" de réduction des émissions des gaz à effet de serre, laisse envisager une autre position : qu'importe la mesure...

Car ces fameuses émissions de gaz à effet de serre ne sont aujourd'hui pas mesurées. Les nombres qu'on trouve un peu partout, dans les rapports les plus officiels comme dans les blogs les plus farfelus, ne sont que de vagues estimations.

Ainsi, les "statistiques" d'émissions de CO2 françaises...
...sont calculées par l'Observatoire de l'Energie à partir des quantités de houille, de produits pétroliers, et de gaz naturel utilisés pour la production d'énergie. Les consommations pour d'autres usages tels que les bases chimiques, les lubrifiants, le bitume, etc..., ne sont pas comptabilisées. Une teneur en carbone propre est affectée à chacune de ces énergies. De plus, il est tenu compte des corrections climatiques pour la part utilisée dans le résidentiel-tertiaire.
Autrement dit, il s'agit d'un modèle ad hoc et confidentiel qui permet à la France d'afficher ce qu'elle veut. On notera au passage que le modèle ne compte que le carbone fossile alors que ce dernier n'est à l'origine que de la moitié du réchauffement d'origine anthropique. Les émissions de méthane d'origine bovine, par exemple, sont négligées.

D'ailleurs, s'il était facile de comptabiliser les tonnes de carbone émises à l'échelle d'une nation, on ne voit pas pourquoi, à l'échelle plus modeste d'une entreprise, il faudrait déployer une méthodologie lourde et complexe comme le Bilan Carbone.

Les émissions officielles de CO2 de chaque pays relève donc d'une annonce politique et non d'un calcul rationnel et certifié. Cela rend plus aisé la fixation d'un objectif de réduction à long terme : on aura le temps nécessaire pour, discrètement dans quelques années, faire évoluer quelques paramètres masqués de la formule secrète d'évaluation des émissions.

Après les grands coups de bluff des réserves pétrolières de l'OPEP dans les années 1990, il semble donc qu'à Copenhague ne se tienne pas une Conference of the Parties (COP) mais bien une... partie de CO2P (CO2 Poker).



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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 20:16
Quel événement illustre cette photo ?

tuvalu-demo.jpg
  1. 1. Chahut monstre à la MJC de Guéret (Creuse) après la projection d'un documentaire amateur sur la future chaîne de montage de l'Airbus A350
  2. 2. Séance de motivation de vendeurs à la concession Mercedes de Toul (Meurthe-et-Moselle) dans le cadre de la promotion du nouveau modèle 350
  3. 3. Manifestation historique des îles Tuvalu, des ONG occidentales et des jeunes de la planète entière à la Conférence Climatique de Copenhague
Pas facile, hein ? Allez, on vous aide un peu...
Action organisée par les ONG et non-autorisée par les Nations Unies, il y a seulement quelques minutes pour soutenir les pays insulaires et tout principalement Tuvalu qui souhaitent ouvrir un groupe de travail sous la Conférence des Parties pour amender le Protocole de Kyoto. A l’heure où ces photos sont postées, la COP est toujours suspendue. Steffen Smidt, le chef de la délégation danoise a entamé des discussions informelles avec l’ensemble des parties pour trouver une solution rapide à cette situation.
Ne vous y trompez pas : la bonne réponse est donc, bien entendu, 3.

En ce moment, votre avenir et ceux de sept milliards et demi d'êtres humains, de leurs enfants, petits-enfants usw jusqu'en 2100 se jouent au Danemark. Osons une conclusion pontifiante : l'Histoire jugera
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 07:00
Le Centre d'Analyse Stratégique a publié discrètement quelques points de vue d'experts sur ce qu'il faut essayer de défendre à Copenhague.

Pour Jean Tirole, il faut mettre en place un vrai système de quotas d'émissions de GES, à l'échelle mondiale et sans toutes ces exceptions qui font que le système européen actuel n'a d'intérêt que pour les opérateurs financiers (chouette, un marché dérivé de plus !). C'est déjà loin d'être évident à instaurer, mais déjà, rien que ça serait un grand pas dans la maîtrise des émissions.

Certains pays pauvres continuent à réclamer en sus des transferts de technologie à prix préférentiels. D'éminents intellectuels n'hésitent pas à prendre la plume pour renchérir sur ce sujet "fondamental" et "crucial". C'est effectivement une façon fondamentale de faire capoter le processus de négociation, pour plusieurs raisons.

D'abord, parce que ceux qui peuvent décider ne sont pas autour de la table. Aux dernières nouvelles, les Etats ne sont pas propriétaires des technologies conçues sur leur sol par leurs citoyens : ce sont les entreprises qui ont payé lesdits citoyens qui possèdent ces droits. Qu'un soi-disant plénipotentaire négociateur climatique promette de tels transferts, il entendra parler du pays quand il y rentrera.

Ensuite, parce que ce n'est pas un sujet central dans la réduction des émissions, mais au contraire périphérique.

D'un point de vue général, les transferts de technologie les plus urgents sur le plan humanitaire sont bien évidemment ceux relatifs aux médicaments, or on sait bien qu'aujourd'hui, il n'est même pas question que ce point soit négociable ; pourtant, des milliers d'hommes meurent aujourd'hui dans les pays pauvres faute de soins adaptés - ceux relatifs au traitement du SIDA par exemple. Pourquoi alors privilégier des transferts de technologie n'ayant qu'une conséquence lointaine et indirecte sur le bien-être de l'humanité, à savoir le climat des prochains siècles ?

Vous allez nous dire : le solaire, l'éolien, l'efficacité énergétique. On vous répondra que toutes ces solutions décentralisées peuvent être mises en pratique sans payer de royalties à quiconque, on est dans de la technologie rustique, voire pas de technologie du tout.

Et le charbon dit "propre", alors ? Faux débat : les technologies de "charbon propre" aujourd'hui sous licence occidentale visent à réduire les émissions de polluants (SO2, NOx) et non celles de CO2. La capture et séquestration du CO2 est loin d'être aboutie en matière de R&D et de toute façon, elle sera inaccessible aux pays pauvres car très coûteuse.
 
Bon, et le nucléaire ? On retombe ici sur la question de la non-prolifération, qu'il ne faut pas traiter dans un cadre purement climatique car on n'y mesure pas toutes les retombées (si nous osons dire) des options possibles. Et la plupart des pays émergents ayant un rôle à jouer conséquent dans les émissions futures - au hasard, la Chine - possèdent déjà les technologies de 3ème et 4ème générations nucléaires. S'ils ne la déploient pas, c'est comme d'habitude parce que ça coûte très cher.

Alors, pourquoi continue-t-on donc à parler de ces fameux transferts de technologies "propres" ? Principalement parce que cela fournit d'intarissables sujets à des juristes désoeuvrés et qui manquent de connaissance en droit du travail pour participer à la Grande Bulle de la Grippe A.

A vouloir utiliser les négociations climatiques pour régler tous les problèmes, depuis le financement du développement des pays pauvres jusqu'au système financier international en passant par le climat (on allait l'oublier), on va finir par ne rien régler du tout. Copenhague est une auberge danoise où tout le monde s'imagine aller dégotter qui des sous, qui des sujets de recherche en droit international, qui des grandes envolées lyriques, qui de l'amour de son prochain, qui de la visibilité médiatique, etc.

Cela devient fatigant et l'Histoire montre que les décisions, de Yalta à Bretton-Woods en passant par (la rue de) Grenelle, ne se prennent pas sur des scènes où tous les personnages jouent une pièce différente.
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 16:49
Ils voulaient être un million de signataires le 19 décembre prochain, ils seront probablement moins de 500 000 selon nos dernières estimations : c'est la triste aventure du n-ième site d'agitation climatique Copenhague-2009, dont la popularité retombe comme un soufflet.

Rationalité Limitée évoquait hier combien les partisans de l'économie Bisounours sont nombreux à prendre la parole dès qu'on aborde le thème de la responsabilité sociale de l'entreprise.

Sur les questions environnementales, force est de reconnaître que le Bisounours est une également une espèce répandue, persuadée qu'il suffit d'éteindre la lumière à certains moments pour que 7 milliards d'individus décident de changer qui leur mode de vie, qui leurs espoirs de vie future. Autrement dit, il suffit d'être gentil pour changer le monde.

Après tout, pourquoi pas : un prophète juif n'a pas dit des choses très différentes il y a deux mille ans, mais il faut toutefois reconnaître qu'il a su aller jusqu'au bout de sa logique, avec les résultats qu'on connaît. Et pourtant, il n'avait pas de site Internet.

Avec l'arrivée des premiers frimas d'octobre, les 250 000 Bisounours climatiques qui se sont enregistrés sur Copenhague-2009 ont-ils bien résisté à la tentation d'allumer leur chaudière ? Car c'est là sur ce genre de détails concrets que se fait la différence entre les saints et les Tartuffes.
2e grande Flash Mob* pour réveiller Nicolas Sarkozy en vue de Copenhague
Venez nombreux et faites du bruit !

(...)
On ne négocie pas avec le climat, on agit !
Agités avant de s'en servir...
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 07:00
Du temps de la première guerre froide, une doctrine stratégique s'était rapidement imposée entre les deux superpuissances nucléaires : la Destruction Mutuelle Assurée, en anglais Mutual Assured Destruction (MAD, ce qui signifie "fou" en anglais). Le principe était simple : chaque camp avait la certitude que la destruction serait totale en cas de conflit, et donc que personne n'avait intérêt à appuyer sur le bouton. Rationalité Limitée a récemment rappelé que les Soviétiques avaient préféré automatiser ce bouton, considérant qu'un ordinateur raisonnerait de façon plus rationnelle que leurs hauts dignitaires aux neurones baignant dans la vodka...

Aujourd'hui, de nombreuses questions sociétales, comme le climat, la démographie ou encore les ressources naturelles voient une grande partie du débat frappé d'un syndrome similaire, qu'on pourrait nommer Mutual Assured Decredibilization.

De quoi s'agit-il ? D'une radicalisation des positions des figures emblématiques de la question, principalement dûe au combat pour la survie médiatique de ces figures.

Prenez un Richard Heinberg par exemple. Il a commencé par écrire The Party's Over, un bouquin sur le pic pétrolier qui lui a assuré quelques revenus. Hélas ! Le sujet, explosif à ses débuts, a fini par lasser - le pic lui-même est sans doute passé depuis dans l'indifférence générale. Il a alors tenté d'approfondir la question avec une solution protocologique (The Oil Depletion Protocol) dont les ventes ont sans doute tutoyé celles du compte-rendu de la conférence de Kyoto en swahili. On imagine donc son éditeur : "Coco, si tu veux que je continue à acheter tes manuscrits, il va falloir du sang à la une !"

Heinberg, soucieux de prolonger sa rente de droits d'auteur, ne se le fait pas dire deux fois. Son bouquin suivant annonce le pic de production de tout ce qui existe (Peak Everything), et son dernier nous annonce un Grand Soir planétaire (Blackout) à côté duquel Ravage tient lieu de comédie rohmérienne.

Compte tenu du rythme annuel de parution de ses oeuvres, on voit bien qu'il n'a pas eu le temps de faire beaucoup d'investigations entre deux versions successives de ses thèses catastrophistes : la radicalisation de son discours ne sert juste qu'à maintenir ses ventes, de la même façon qu'un fabricant de téléphones portables qui doit renouveler sans cesse sa gamme pour ne pas disparaître.

Notons que le même phénomène se produit de l'autre côté du champ médiatique, chez les anti-catastrophistes : c'est le fameux clan des sceptiques, qui nient - avec d'autant plus d'aplomb que le temps passe - l'inexistence du changement climatique d'origine humaine ou le non-alunissage des Américains sur la Lune.

Le résultat logique de cette course à la surenchère est qu'au bout de quelques années, il ne subsiste plus sur une question donnée que deux types de livres accessibles au grand public : ceux des négationnistes et ceux des "superlatifs", quelle que soit d'ailleurs la réponse réelle à la question.
  Bref, dans ce que nous offre les médias pour éclairer notre compréhension du monde, la vérité ne naît pas du débat et de l'affrontement des thèses.

Heureusement, il nous reste la Science : malheureusement, elle paie si mal son homme que le Pic Chercheurs a été franchi depuis longtemps et que c'est sans doute là qu'on constate aujourd'hui l'une des premières pénuries en ressources théoriquement renouvelables.

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