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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 21:52

Dans un de nos précédents articles, on avait suggéré de surveiller l'activité solaire pour savoir si on risquait une inversion de tendance en matière de réchauffement global de l'atmosphère terrestre.

On a tendance à vite aller chercher les taches solaires et les compter pour se forger une idée de l'activité solaire. Pourtant, en matière de climat, il est plus simple et plus rigoureux de chercher combien d'énergie l'astre solaire nous envoie sur l'ensemble du spectre de radiations. On mesure pour cela l'irradiation solaire totale, en anglais Total Solar Irradiance (TSI).

Notre astre solaire possède une remarquable stabilité : en moyenne mensuelle, cette TSI varie depuis plusieurs siècles entre 1360 et 1362 W/m², soit une plage de variabilité de moins d'un pour mille. Voilà qui nous change du baril versatile.

Mine de rien, ce petit millième peut faire la différence. Quand on reste à 1360 W/m² pendant une longue période, le climat de l'hémisphère Nord bascule dans ce qu'on a appelé le Petit Age Glaciaire : c'est le fameux minimum de Maunder. Et quand on tutoie les 1362 W/m² avec un renfort de gaz à effet de serre, les records annuels de température mondiale sont atteints.

Et en ce moment, où en sommes-nous ?

TSI-o-meter.jpg

Comme le montre notre TSI-o-mètre alimenté par les données de l'Université de Boulder (Colorado), le Soleil est en forme en ce moment et nous gratifie de plus de 1361,5 W/m². On est en fait assez proche des valeurs reconsituées pour le fameux Optimum Climatique Médiéval, quand la vigne poussait en Angleterre.

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:00

Tiens, maintenant que la vague de froid se termine, où en sommes-nous du réchauffement climatique ?

C'est le moment d'aller jeter un oeil aux données NOAA qui sont désormais complètes sur 2011.

Anomalie-temp-globale-1112.jpg

Psychologiquement parlant, entre le froid quasi-polaire que nous venons de connaître et la vision de cette courbe, la moitié d'entre vous doivent se dire que c'est la fin du réchauffement, surtoutsachant que les premières estimations de la moyenne de janvier 2012 sont étonnamment basses - et où en reparle du minimum du Maunder au passage.

C'est pourquoi rien ne vaut une petite série ultra-longue, un peu sérieuse que celle-ci, pour vous rappeler qu'en fait, la tendance à long terme reste confirmée :

Anomalie-temp-globale-1112-lissee-sur-11-ans.jpg

Surveillons néanmoins l'activité solaire...

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 14:15

 

Méthane Hurlant

Si les années 2000 ont sans nul doute été celles du carbone - intronisation en 1998 à Kyoto, puis médiatisation progressive avec un paroxysme en 2007-2008, juste avant que la crise financière n'éclipse les climatologues de la scène et que le tant attendu sommet de Copenhague n'accouche de souris vertes - les années 2010-2020 seront sans nul doute celle du méthane.

I-love-CO2.png

Le pétrole est désormais proche de son pic, c'est une affaire entendue : la question est désormais de trouver la source d'énergie abondante qui va nous permettre d'entretenir la course au développement et au confort dans laquelle toute l'humanité est désormais lancée.

Toute ? Non, certes. Quelques petits villages décroissants au sein de l'Empire Thermo-Industriel tentent de proposer des modes de vie alternatifs. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et, de la même façon qu'Astérix et ses amis n'ont pas renversé la civilisation romaine, ces initiatives courageuses et souvent sympathiques resteront des épiphénomènes dans les vingt ans qui viennent.

On avait cru, au milieu des années 2000, que le nucléaire profiterait de l'enthousiasme général pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Malheureusement pour cette industrie, le gong de Fukushima a sonné la retraite, et c'est sans doute plutôt une bonne nouvelle à la fois pour l'humanité et l'industrie européenne.

Une bonne nouvelle pour nous tous, car cet accident majeur a mis en exergue que le nucléaire n'était supportable qu'avec des autorités de sûreté puissantes et capables de remettre les pendules à l'heure quand l'industriel tente de biaiser pour sauver sa profitabilité - au grand dam d'Areva, la Finlande a d'ailleurs montré l'exemple. Cela a également rappelé qu'une gouvernance similaire entre exploitant et autorité de sûreté était nécessaire pour éviter ce que le film Le Syndrome Chinois avait déjà anticipé il y a plus de trente ans.

Une bonne nouvelle également pour l'industrie européenne car elle démontre la nécessité de ne pas aller dans la logique du moins-disant : quand on veut de la sûreté nucléaire, plus de doute désormais il faut mettre le prix.

Toutefois, la traversée du désert a commencé et il faudra quinze à vingt ans pour en atteindre le bout : d'abord, parce que Fukushima a marqué durablement les populations et les hommes politiques, tout comme Tchernobyl avait gelé d'un coup une grande partie des projets électronucléaires occidentaux. Ensuite, parce que l'OCDE n'a plus de sous ! Finis, ces temps heureux où on pouvait dépenser sans compter : les prêteurs sont devenus exigeants.

La voie royale est donc libre, non pas pour les énergies renouvelables non hydrauliques qui produisent un kWh intermittent et hors de prix, mais toujours pour les fossiles : charbon et gaz naturel.

Le charbon, si salissant et polluant, a une cote moyenne ; en plus, son pic n'est plus très loin.

Il ne reste plus que le gaz naturel, dont le pic est aujourd'hui assez lointain, surtout si on poursuit l'aventure du gaz "non conventionnel" qui comprend les désormais fameux gaz de schistes et les plus discrets hydrates de méthane tapis au fond des océans.

Le choix allemand de l'arrêt du nucléaire est en fait une Realpolitik de l'énergie : puisque la Russie peut nous fournir beaucoup de gaz à prix raisonnable et que les centrales au gaz ne coûtent pas cher à construire, incitons nos opérateurs à remplacer leurs vieilles bouilloires atomiques par de belles installations Siemens-gemacht que le privé pourra facilement financer. Et dans vingt ans, quand le gaz commencera se faire un peu plus rare, il sera toujours temps de reconsidérer la question nucléaire, on n'est plus à un changement d'avis près...

Et avec le quasi-silence imposé aux émissions d'information climatiques, on a aussi un peu oublié le méthane dissous dans le pergélisol et que le réchauffement arctique est en train de libérer lentement mais sûrement.

CH4 mon amour, pourrait-on bientôt rebaptiser une célèbre émission radio...

I-love-CH4.png

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 14:14

On a coutume de donner des nouvelles de la banquise arctique sous forme de surface ou d'étendue.

On trouve également des données d'épaisseur.

Le projet PIOMAS de l'Université de Washington a eu la bonne idée de multiplier l'un avec l'autre - ne riez pas, si le principe est simple, pour qu'en pratique le résultat ait du sens il faut faire bosser des physiciens - et peut ainsi publier des valeurs de volume total de la banquise.

http://nsidc.org/images/arcticseaicenews/20110816_Figure5.png

Pour le moment, ce volume évolue en-deçà des valeurs record de 2007 : cela signifierait-il qu'on pourrait assister à un morcellement surprise d'ici un mois et battre le record ?

Wait and see...

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 09:46

Puisque le réchauffisme n'a plus la cote, les médias attisent désormais les nouvelles inédites allant dans le sens opposé, comme par exemple l'hypothèse d'une nouvelle période de climat frais, comme ce fut le cas du XVIIe au XIXe siècle.

Tamise-gelee--1677-.jpg

La Tamise gelée (1677) - Abraham Hondius, Museum of London

 

Il est vrai que l'activité solaire sort un peu de la routine en ce moment : les cycles qui se suivaient et se ressemblaient commencent à faiblir, ce qui donne à certains l'occasion de rappeler que le Petit Âge Glaciaire de nos aïeux étaient probablement la conséquence du Minimum de Maunder, une période anormalement faible d'activité solaire qui s'est notamment traduit par la disparition quasi-totale des taches solaires pendant un demi-siècle.

http://solarscience.msfc.nasa.gov/images/ssn_yearly.jpg

Source NASA

 

Ne vous précipitez pas toutefois trop vite sur vos moufles et vos bottes en laine : il y a encore des taches sur le Soleil - le maximum est prévu pour 2013 - et de toute façon, le CO2 émis depuis nous garantit des nuits moins froides par renforcement de l'effet de serre.

Maintenant, speaking with data grâce aux données de la NOAA, il faut effectivement reconnaître que nous ne sommes pas vraiment dans une phase d'emballement climatique alors que le CO2 continue de croître linéairement.

Anomalie-temp-globale-1997-2011.png

EDIT : et pour répondre au commentaire ci-dessous, on constate, sur une plus longue période et avec un lissage sur 11 ans (la durée moyenne d'un cycle d'activité solaire), qu'on pourrait bien être en train de "casser" la tendance :

Anomalie-temp-globale-1971-2011.png

Rendez-vous dans dix ans, comme dit la chanson.

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 20:52

Les risibles feuilletons pseudo-économiques du moment, où on prédit alternativement la mort du dollar et la fin de l'euro, ont fait oublier les travaux des obscurs climatologues dont plus personne ne se soucie depuis Copenhague.

Heureusement, le New York Times les remet à l'honneur et rappelle que la montée attendue des eaux sera probablement sensiblement supérieure à celle prévue par le dernier rapport du GIEC.

http://www.realclimate.org/wp-content/uploads/NYT-sealevel.jpg

Pour son plan B, faut-il préférer les falaises picardes à l'île d'Oléron ? C'est avant tout une question de goût personnel. Car n'oublions pas que toutes ses projections sont toujours bâties sur la base de scénarios d'émissions discutables.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 14:15

Il y a quelques années, au plus haut de l'engouement de l'opinion occidentale pour le climat, déboucha le fameux rapport Stern qui nous prédisait une catastrophe économiuque sans précédent.

Ce rapport était fondé sur certaines évaluations du GIEC, qui s'appuyaient elles-mêmes sur les travaux d'économistes distingués regroupés en "scénarios" ; en fait, Stern et son équipe avait surtout retenu les conclusions du GIEC relatives au scénario A2.

Mais qu'il y a-t-il donc dans ce scénario A2 ? Selon une première passe (peut-être un peu trop rapide) du couple infernal Google-Excel, en voici la constituante énergétique :

 

SRES-A2-ASF-World.pngDifficile ne pas voir que, si ce scénario accepte le pic pétrolier - qu'il localise autour de 2020, de façon un peu trop pointues sans doute - il est d'une générosité incroyable concernant le gaz et surtout le charbon, pour lequel il prévoit une consommation particulièrement boulimique à partir de 2050, et sans aucun problème de facilité d'accès à la ressource. Ce scénario "brûle" entre maintenant en 2100 environ le double des réserves prouvées de charbon, et sans aucune inflexion à la fin du siècle : cela signifie qu'il doit en rester encore à profusion sous la pelle des excavatrices de l'an 2101.

Bref, soit les ressources fossiles vont effectivement de raréfier au milieu de ce siècle, soit il y aura un changement climatique significatif dès 2100. Mais pas les deux à la fois.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 22:03

arctic-sea-ice-extent-100913.png

Ca y est, la banquise arctique repart dans l'autre sens. L'anomalie est importante, sans plus, en ralatif comme en valeur absolue.Mais est-ce vraiment le minimum ? Les dernières mesures montrent un "rebond négatif"...

banquisometre-relatif-31

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 07:00

On avait pris l'habitude de parler de 380 ppm de CO2 dans l'atmosphère, ce temps est désormais révolu.

 

On n'y est pas encore tout à fait - précisément, ce sera d'ici l'année prochaine à la même époque - mais en tenant compte du nécessaire arrondi au deuxième chiffre significatif, on peut d'ores et déjà considérer que la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone est de 390 ppm.390-ppm.jpg

Pour la barre des 400 ppm, bien plus symbolique, il faudra attendre 2014 ou 2015.

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 22:34

Si on en croit les estimations de Meteor, le réchauffement climatique est de retour.

Anomalie-temp-globale-1004.jpg

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