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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 08:14

Une petite dépêche pour ceux qui se demandent comment on va faire pour fixer le prix du gaz quand il n'y aura plus de pétrole :

Sept ans jour pour jour après le lancement de Powernext Day-Ahead, le marché organisé de l’électricité en France, Powernext lancera le mercredi 26 novembre 2008 un marché organisé du gaz au comptant (Powernext® Gas Spot) et à terme (Powernext® Gas Futures) sur les PEGs (Point d’Echange de Gaz) français.

Avec les déboires habituels de l'Ukraine face à son fournisseur du château Gazpromstein, nul doute que ce nouveau marché va rapidement intéresser du monde.


Va-t-on réussir à décorréler le prix du gaz européen des questions d'offre et de demande physique, comme cela a été le cas pour le pétrole ?

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 07:00
Mike Masters a mis sur son excellent blog la présentation qu'il vient de faire au MIT (Massachussets Institute of Technology). Il y dit en mots simples et en vingt planches très dépouillées ce qui nous a demandé beaucoup d'encre électronique : il y a eu hypertrophie puis explosion d'une superbe bulle sur le marché des matières premières (commodities) en 2008.

Masters explique que trois conditions se sont mises en place ces dernières années pour permettre aux matières premières, et au pétrole en particulier, de s'envoler vers des sommets tout relatifs.

La première, que nous subodorions, est que :
dans les années 1980, les acteurs du marché physique du pétrole décidèrent de fixer le prix des transactions spot comme celui des futures plus ou moins un certain différentiel. Les prix spot devinrent des dérivés des prix des futures - et non l'inverse.
Ce fait explique parfaitement pourquoi maintenant le prix du pétrole s'enfonce bien en-dessous de son coût marginal, anticipant largement la baisse de consommation effective - ce n'est pas parce que les usines automobiles s'arrêtent que les stations-service ferment leurs portes.

Cela signifie donc plus largement que, depuis 20 ans, le cours du pétrole ne représente plus le prix "réel" de cette matière première, tel qu'il serait fixé par l'offre et la demande mondiale. Masters le dit d'ailleurs plus loin :
Le prix des futures de pétrole est fonction de l'offre et de la demande en futures de pétrole. Cette demande vient de 3 sources : le besoin en couverture des consommateurs physiques de pétrole, les spéculateurs traditionnels et les "investisseurs" d'indice.

Ce sont ces "investisseurs" qui ont fait monter le baril à près de $150 cet été et cherchent maintenant à l'amener sans doute à des niveaux proches des $30, en vendant à découvert, avec la bénédiction des banques centrales et de l'AIE qui considèrent qu'un pétrole bon marché est forcément bon pour relancer l'économie.

Au-delà de cette explication simple mais robuste de ce qui a fait les cours du pétrole ces dernières années, on comprend désormais que l'économie réelle est désormais complètement sous contrôle de la finance.

On s'est gaussé du système économique communiste, dans lequel les prix des biens et services étaient définis par une nomenklatura en charge de l'établissement de plans quinquennaux, faisant totalement abstraction des mécanismes simples de l'offre et de la demande.

Sans nostalgie aucune de ce système, on constate néanmoins aujourd'hui que le prix d'un des composants essentiels de l'industrie mondiale est entièrement déterminé par quelques milliers de jeunes adultes encravatés, qui jouent, devant leurs écrans de salle de marchés, à un espèce de jeu de rôle massivement multijoueur dans un but unique d'enrichissement personnel immédiat.

A quand le prix de l'eau ou de l'heure de SMIC fixé par ces nouveaux maîtres du monde ? Après tout, on leur a déjà bien confié le carbone...

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 07:00
L'hyper-médiatisation du cours du baril nous a convaincu, ces dernières années, que nous étions en train de connaître un nouveau choc pétrolier. Pourtant, il y a toujours des 4x4 dans la rue. Alors, que se passe-t-il ?

En voyant le carburant s'approcher de la barre des 1,50 € (anciennement 10 francs), nous avons tous cédé à la croyance facile d'un pétrole devenu brutalement cher. Et les personnalités politiques, notamment de gauche, de hurler à l'atteinte du pouvoir d'achat.

Mais que représente-t-elle, cette fameuse menace ? Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours, en prolongation d'un de nos derniers calculs...
La menace est faible et apparemment passée : pendant un seul mois de l'année 2008, nous avons payé le gazole aussi cher que ce qu'il coûtait pendant le deuxième choc pétrolier - c'est-à-dire quand la gauche était au pouvoir, mais soyons honnêtes, ce n'était pas de sa faute. Quoiqu'il en soit, ce petit voyage à la Retour vers le futur est désormais terminé, malgré tous les efforts actuels de l'OPEP.

Voilà pourquoi sans doute nous verrons encore des 4x4 pendant de longues années sur les routes.

Tiens, et l'électricité, au fait ? Une nouvelle séance d'extraction des données de la DGEMP plus tard, nous obtenons la courbe parfaitement décroissante suivante :

En pouvoir d'achat, l'électricité coûte deux fois moins chère au Français qu'il y a vingt-cinq ans. Pas étonnant qu'au-delà des ampoules fluocompactes, l'homme moderne ne nous donne pas vraiment l'impression de s'intéresser à minimiser sa consommation.

Plus que la flambée du pétrole, ce qui pousse au développement de la voiture électrique, c'est la baisse du prix de l'électron ! Et les progrès effectués dans le domaine des batteries, bien évidemment.

Nous l'avions déjà souligné : le XXIème siècle sera électrique.
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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 11:10
L'Agence Internationale de l'Energie (AIE) a commencé son battage médiatique préparatoire à la publication de son fameux World Energy Outlook (WEO - prononcer oui-ho).

La grande nouveauté de cette année, c'est que l'AIE a enfin cherché à se renseigner sur la capacité géologique de l'offre à suivre la demande, plutôt que de se contenter d'un simple chiffrage des investissements à réaliser.

L'Agence reste malheureusement assez discrète sur la méthode qu'elle a utilisée pour recueillir ces informations, ses moyens propres en termes d'investigations géologiques étant limités, pour ne pas dire nuls. Sans doute a-t-elle procédé par la classique méthode Delphi : on rencontre plein d'experts, on en tire une première synthèse qu'on leur envoie, ils renvoient leurs corrections, on leur envoie une deuxième synthèse et ainsi de suite jusqu'à ce que le document se stabilise.

Le résultat prévisible de ce genre d'approche est d'obtenir un consensus mou et anonyme sur ce que les experts ont envie de dire, ou plutôt ce que l'animateur de la méthode a envie d'entendre. Et que veut entendre l'Agence pour mieux le crier sur les toits ?
Elle remarque qu'en l'absence d'investissements pour augmenter leur rendement, les champs pétroliers matures connaissent une baisse de production de 9% par an. Ce recul pourrait même s'accélérer à 10,5% par an d'ici à 2030.
Ces chiffres effrayants - 10% de baisse annuelle - ne sont bien entendu pas lâchés par hasard : il s'agit de faire pression médiatico-diplomatique sur l'OPEP pour qu'elle reconstruise de la surcapacité, notamment auprès de membres comme le Vénézuela qui veulent l'argent du pétrole sans les investissements qui vont avec. Rassurons nos lecteurs : les seuls champs à chuter d'autant, ce sont les champs de pétrole non conventionnel, essentiellement l'offshore, qui représentent encore une faible fraction de l'offre mondiale. Les champs terrestres font l'objet de nouveaux forages constants qui correspondent évidemment à des "investissements pour augmenter le rendement".

De toute façon, un pétrolier arrête d'investir dans un champ quand il sait qu'il n'arrivera pas à vendre son pétrole au-dessus du coût d'extraction. Ce mécanisme de régulation empêche la création de surcapacités trop importantes, surcapacités indispensables si on veut continuer à bénéficier d'un pétrole bon marché.

Pour amadouer l'OPEP et la persuader de relancer, bien au-delà des besoins réels, les investissements dans le pétrole non conventionnel, l'Agence lui promet ainsi un baril "à 100 dollars en moyenne" sur la période 2008-2015 et relativise la baisse continue du baril :
"une aggravation de la crise financière actuelle minerait probablement l'activité économique et par conséquent la demande, ce qui augmenterait la pression à la baisse sur les prix", souligne ainsi le rapport. Mais si ces "déséquilibres temporaires pourraient faire baisser le prix du pétrole, il est de plus en plus clair que l'ère du pétrole bon marché est révolue".
Le caractère pseudo-scientifique de l'exercice apparaît dans les conclusions : l'AIE nous prédit un baril à $200 en 2030, sans prendre la peine de nous donner la moindre marge d'erreur, alors que nous estimons que cette dernière, rien qu'à l'horizon 2009, est très importante (cf. nos propres prévisions ci-contre).

Nous allons bien évidemment attendre de lire ce WEO, qui sera publié en grande pompe le 12 novembre prochain, pour le critiquer plus avant. Une chose est toutefois sûre : compte tenu des délais d'impression, il est fort probable que les dernières projections du FMI datées d'hier :
Les grands pays industrialisés subiront, en 2009, un repli de leur produit intérieur brut sur l'ensemble de l'année, selon les nouvelles projections du Fonds monétaire international, publiées hier. Du jamais-vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
n'ont pas été injectées dans les modèles de prévision de croissance de la demande énergétique.

De toute façon, nous vivons en ce moment une période chaotique et donc particulièrement imprévisible.

Le seul bon conseil du jour, c'est Carpe Diem !

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 07:00
En ce jour de la Fête chrétienne des Morts, il nous a paru logique de parler de TOD.

Das Tod, c'est la mort en allemand, mais en cyber-anglais, c'est l'abréviation de The Oil Drum, un site communautaire à propos "de l'énergie et de notre avenir".

La spécialité culinaire de ce site, ce sont les plats de spaghetti, c'est-à-dire des graphiques Excel élaborés sur lequels les courbes colorées sont parfois tellement nombreuses qu'on pourrait les confondre avec une version informatique des célèbres pâtes italiennes.

Un récent exemple de ces spécialités ? Voici par exemple un article au titre frappeur : le pétrole, les prix de l'immobilier, le crédit ? Trois parties d'une même histoire dans lequel l'auteur, qui vit en Australie, discute notamment de la réalité de ces banlieues états-uniennes - dont il est seulement distant d'une dizaine de milliers de kilomètres. Prolifique e-pizzaïolo, il parvient à nous établir d'impressionnantes corrélations, comme celle ci-dessous qui montre qu'il y a un (lointain) rapport entre la facture pétrolière états-unienne et le montant total du crédit immobilier. Si si, regardez bien, les deux courbes vont dans le même sens...

Vous pensiez le monde complexe ? TOD est là pour vous rassurer et pour vous expliquer que TOUT dépend du pétrole, absolument tout. C'est à se demander comment le monde a fait pour tourner depuis le Néolithique jusqu'au XIXème siècle : peut-être l'histoire pré-pétrolière n'est-elle d'ailleurs qu'un complot des terraplatistes comme nous...
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Illustrations : phyvette, Phil Hart (TOD)
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 21:00
Non, vous ne rêvez pas. Exprimé en heures de travail, le prix actuel du pétrole est dans l'ordre de grandeur qui prévalait du temps des Trente Glorieuses.

Pour preuve, notre nouvelle version du barilomètre qui convertit (presque) automatiquement le prix du baril en euro, puis en heures de travail selon le dernier barème du SMIC en vigueur, et indique en sus dans quel contexte pétrolier nous sommes.

Il s'agit d'un instrument de mesure instantané : la plupart des mesures aujourd'hui publiées sur le Web s'intéressent à des moyennes annuelles.

Comme on peut le constater, l'instrument pointe aujourd'hui sur 6,1 heures, soit le temps de travail nécessaire pour s'offrir un bon baril de 159 litres de pétrole texan. Au plus fort de la bulle pétrolière, il est monté à un peu moins de 11 heures de travail, mais seulement pendant un très court laps de temps.

Ces valeurs sont à comparer aux pointes mesurées lors du premier choc pétrolier (près de 30 heures de SMIC en 1974) puis du second (un peu plus de 20 heures de SMIC en 1980). Et on comprend mieux ainsi pourquoi, bien qu'on nous dise que le baril soit cher, ce ne sont pas seulement les classes sociales les mieux nanties qui s'offrent des 4x4.

Si on désire maintenant s'intéresser aux valeurs en moyenne annuelle, nous avons réussi à remonter la pendule jusqu'au début des années 50, en substituant le SMIG au SMIC. Le résultat* est édifiant :

On constate que les Trente Glorieuses sont loin d'avoir été trente années durant lesquelles le pétrole était bon marché : ce n'est que dans les années 1960 que le Français moyen a cessé de considérer l'essence comme un produit de luxe - et à projeter son idéal de vie dans Banlieutopie, avec une maison individuelle dispendieuse à chauffer, les indispensables véhicules personnels pour rester en communication avec le reste du monde et le tout-jetable.

On voit mieux alors les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont été une mise en parenthèse momentanée de ce paradigme. En les réduisant à un simple épiphénomène, on pourrait presque dire que les Vingt Glorieuses (1945-1965) ont donné naissance aux Quarante Jouisseuses (1965-2005) qui, malgré deux chocs pétroliers, ont tenté d'aller jusqu'au bout du modèle de la société de (sur)consommation.

Depuis 2005, nous sommes apparemment en train de quitter ce modèle, mais sans pour autant être pour le moment dans des situations insupportables pour le Français moyen, du moment que ce dernier abandonne son mode de vie gaspilleur et revienne à la façon dont il vivait jusque dans les années 1950 : habitat en ville, vêtements adaptés au temps qu'il fait, durée de vie accrue des objets, recyclage des matériaux... Bref, ce qu'on appelle aujourd'hui le "geste écolo" sous prétexte de sauver la planète, c'est tout simplement le retour aux bonnes vieilles habitudes économes de grand-mère.

Même si, selon nos dernières estimations, la partie droite de la courbe devrait bientôt redescendre vers les 5-6 heures/baril, nous devrions garder voire renforcer nos réflexes de sobriété : non pas à cause d'une pétrole apocalypse chère à certains hommes politiques, mais tout simplement... à cause d'une profonde récession économique.

Et la prochaine fois que vous trouverez l'addition salée après être passé à la pompe, méditez donc ce dernier graphe :

Malgré une légère hausse - temporaire - ces dernières années, le gazole qui nourrit nos véhicules est loin d'obérer sérieusement le pouvoir d'achat du Français moyen, même smicard.

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* La valeur correspondant à 2008 est provisoire car calculée uniquement sur les 10 premiers mois de l'année.
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 12:32
Les temps sont durs pour le pétrolier BP.
BP : les suppressions d'emplois vont dépasser les 5.000 visés, affirme Tony Hayward (Les Echos)

Le patron du géant pétrolier britannique BP, Tony Hayward, a affirmé que son groupe prévoyait désormais de supprimer plus de postes que les 5.000 qu'il s'était donnés pour objectif, dans un entretien au Financial Times mercredi.
Le directeur général de BP a déclaré, selon le journal, que les réductions d'effectifs seraient "sensiblement plus élevées" que l'objectif de 5.000 postes en moins d'ici mi-2009, et a expliqué qu'il était plus que jamais concentré sur sa mission d'augmenter la productivité du groupe alors que l'industrie pétrolière risque d'entrer dans une période beaucoup moins favorable.
Alors que le baril se maintient à $65, on est un peu étonné d'entendre parler de conjoncture défavorable pour le pétrole. Il est probable que ce cher Tony anticipe une poursuite de la chute des cours et qu'à plus court terme, les positions prises par les traders de BP se sont révélées foireuses. Auraient-ils cédé naguère aux sirènes trompeuses de Goldman Sachs ?

Après avoir connu son heure de gloire, la capitalisation boursière de BP (145 milliards de dollars selon Yahoo! Finance) perd donc un peu de sa superbe si on croit ce dernier classement : la compagnie pétrolière est désormais doublée par la peu médiatisée Berskhire Hathaway, qui n'est autre que le fond d'investissement de Warren Buffett, aujourd'hui à la cinquième place des capitalisations boursières états-uniennes, devant JPMorgan Chase ou même IBM.

Pour en revenir à BP, l'une des conséquences inattendues de cette réduction de voilure pourrait être l'arrêt de la mise à jour annuelle du fameux fichier Excel qui sert de base à la plupart des articles, professionnels ou non, écrit dans le monde dès lors qu'on cherche à illustrer la thèse développée par une belle courbe.
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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 22:52
La chute du prix du pétrole crée un certain désarroi au sein des membres de l'OPEP.

Nous avions déjà fait le point sur les coûts de production ici, mais nous n'avions alors pas déniché les prix que chaque grand pays producteur souhaite pour équilibrer son budget. C'est désormais chose faite :
On y comprend mieux les effets de manche de Chavez et Ahmadinejad ces dernières années : en parfaite synergie avec les acteurs des marchés à terme du NYMEX, ceux-ci effrayaient la galerie pour maintenir au-dessus des $100 leurs précieux barils.

Désormais, avec un baril sous les $70, ces pays sont en déficit budgétaire marqué - à un moment où les banquiers sont devenus mauvais prêteurs, cela tombe plutôt mal.

Ce petit graphique se lit également d'une autre façon : choisissez une valeur de réduction de la production de l'OPEP sur l'axe horizontal et vous obtiendrez le prix maximal auquel l'OPEP sera forcé de vendre son baril.

Le rôle prédominant de l'Arabie Saoudite, une fois de plus, fixe un attracteur exactement sous le seuil des $50.

Un jour ou l'autre, on y viendra...
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 18:29
Jouons un peu à Madame Soleil, ou plutôt à Madame Carbone, pour l'année 2009.

Commençons par le plus facile : le cours de la tonne de carbone sur BlueNext.

Si on se contente de poursuivre les tendances passées, on verrait bien la tonne se maintenir autour de 20 €, ce qui n'est pas cher payé : rappelons que selon l'étude du Centre d'Analyse Stratégique sur la valeur tutélaire du carbone, la tonne devrait se payer 32 € dès 2010 pour que l'économie européenne atteigne les objectifs (lointains) du facteur 4.

Mais si on considère, de façon pragmatique et plus pessimiste, que l'industrie européenne va voir son activité chuter suffisamment en 2009 pour que ses besoins en émissions de carbone passent durablement sous les quotas alloués, le cours pourrait assez rapidement tendre vers zéro.

Tout dépendra de la confiance des opérateurs financiers - s'il en reste sur ce marché, ils semblent en avoir disparu depuis une semaine - en une éventuelle reprise à l'horizon 2012.

Concernant le pétrole, nous sommes également proches de ce que les climatologues appellent un tipping point, un point de basculement. Soit les marchés émergents, la Chine notamment, arrivent à tirer l'économie mondiale hors du fossé où l'a fourvoyée la crise bancaire, et alors la consommation finira par repartir, les traders rescapés par revenir discrètement placer les liquidités toujours plus abondantes et le pic pétrolier par faire reparler de lui. La reprise restera néanmoins lente et il y a peu d'espoir qu'on atteigne en 2009 le record de l'année 2008, sans même parler de la limite absolue des 200 dollars courants le baril.

EDIT : nous avons toutefois envisagé l'hypothèse d'un rebond purement spéculatif, dénommé le scénario Bing-Bong.

Soit, dans l'option contraire, et à notre avis plus probable,  le moral des traders sera franchement morose, auquel cas le pétrole ira tutoyer un nouveau record, mais à la baisse cette fois-ci, de $20 en deuxième partie d'année.

Comme on le voit, le champ des possibles est large, mais ceux qui prendront le bon pari se démarqueront des autres ! Et nous croyons peu au scénario "médian" d'un baril qui convergerait lentement vers les $60.
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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 23:00
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