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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 17:15
Après cinq ans de surévaluation, le baril semble avoir décidé de rester sage pour le moment.
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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 21:00
C'est, à peu de chose près, le titre de l'article (payant) des Echos de vendredi dernier, qui résume le dernier rapport en anglais des Accidental Hunt Brothers :
Deux experts accusent Wall Street, le régulateur des Bourses américaines de commerce, des entreprises de marché et les législateurs d'avoir favorisé en 2008 la création d'une énorme bulle spéculative sur les dérivés des matières premières.
Leur rapport a le bon goût de mettre tout le monde d'accord, les piquistes comme les "bullistes" :
« L'effet de cette activité a été de déstabiliser une économie déjà fragile et affaiblie, estiment les deux compères. La bulle des matières premières a amplifié les effets de la bulle immobilière et de la crise financière, rendant la situation beaucoup plus grave et provoquant davantage de faillites, plus de pertes d'emplois et d'actions en justice que jamais auparavant. » Or, pour eux, « tout cela pouvait être évité si des limites aux prises de position spéculatives avaient été mises en place sur les marchés des dérives de matières premières ».
Sans aller jusqu'au retour au gré à gré absolu comme l'avait suggéré notre HP (Hyper-Président), voici donc de nouvelles voix qui s'élèvent contre l'ultra-libéralisme qui règne aujourd'hui sur les marchés de matières premières, et  qui seront sans doute plus écoutées par le nouveau gouvernement démocrate : les Frères de Chasse Accidentels insistent en effet sur les conséquences funestes de cette bulle sur l'économie états-unienne, notamment en matière d'emploi.

On peut néanmoins regretter que cette analyse cherche à tout mettre sur le dos de la bulle des matières premières : une partie significative de l'envolée du chômage aux Etats-Unis est avant tout dûe à l'éclatement de la bulle immobilière, qui a brutalement détruit des emplois dans l'industrie du bâtiment et de la vente des biens immobiliers.
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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 07:28
Un cours plancher semble enfin avoir été atteint pour le baril de pétrole.
Le rebond sera-t-il suffisamment fort pour un scénario Bing-Bong ?

Converti en heures de SMIC, le baril de Brent vaut désormais un peu moins de 4 heures de travail, soit son niveau moyen du début des années 2000.

La bulle pétrolière est donc complètement dégonflée.
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 19:00
Un de nos bloggeurs favoris, Jerome a Paris, a récemment commis un article très intéressant sur la crise gazière actuelle, qui réfute notre thèse d'une Russie donneuse de leçons à l'Europe de l'Est et en situation de déclin avancé.

Cet article était tellement intéressant qu'il a été repris dans le Financial Times de mercredi dernier. Nous estimons qu'une traduction, quoiqu'un peu bâclée, était méritée, son auteur ayant une fine connaissance des marchés énergétiques russes.
La bataille des oligarques derrière le différend gazier
par Jérôme Guillet et John Evans

     Un Kremlin monolithique, dirigé par Vladimir Poutine et utilisant "l'arme énergétique" pour intimider l'Ukraine voisine et au-delà menacer le reste de l'Europe de pénurie de gaz naturel : l'image est devenue un lieu commun pendant les "prises de bec de gaz" de ces dernières années. Or, ces querelles ont une plus longue histoire qu'on ne le pense - elles ont commencé en 1992 - et, qui plus est, Vladimir Poutine et Gazprom ne peuvent pas gagner une longue guerre du gaz, et ils le savent.

     L'industrie du gaz soviétique est né en Ukraine dans les années 1930 et l'infrastructure a été construite à partir de là. L'Ukraine est resté un élément central du réseau de gazoducs, tandis que le coeur de l'activité s'est déplacé à l'ouest de la Sibérie. Le découpage de l'Union soviétique le long des frontières de ses anciennes républiques a rendu impossible toute re-répartition praticable des actifs physiques. Les actifs vitaux de Gazprom, le monopole russe du gaz, sont situées en Ukraine et, par conséquent, ne sont plus sous son contrôle direct:  les pipelines sont un élément évident, mais, tout aussi important, l'Ukraine contrôle l'essentiel de la capacité de stockage du système d'exportation russe. D'autre part, l'Ukraine, un pays d'industrie lourde, a quasiment épuisé ses réserves de gaz, ce qui le rend tributaire du gaz de la Sibérie.

     C'est donc une situation de dépendance mutuelle. La Russie a besoin de l'infrastructure ukrainienne pour honorer ses contrats d'exportation vers l'Europe, et l'Ukraine a besoin du gaz russe. En cas de conflit, retenir du gaz (du côté de la Russie) ou fermer l'infrastructure d'exportation (du côté de l'Ukraine) sont des choix tentants, qui ont été faits à plusieurs reprises depuis la disparition de l'Union soviétique.

     L'Ukraine avait l'habitude d'obtenir sa quote-part de gaz de la part des planificateurs soviétiques et s'attendit à ce qu'il en soit toujours ainsi après l'indépendance. Quand la Russie a pour la première fois tenté d'obtenir le paiement de ses livraisons au début des années 1990, cela a échoué. Quand elle coupa le gaz pour la première fois à l'Ukraine afin de faire respecter les paiements, l'Ukraine détourna simplement le gaz envoyé à des fins d'exportation ; lorsque les acheteurs européens hurlèrent, la Russie céda et rétablit l'approvisionnement en gaz sans avoir réussi à se faire payer par l'Ukraine. Cela fut ainsi. Pourtant, en quelque sorte, le gaz continue de couler tous les ans.

     La Russie ne peut pas couper le gaz de l'Ukraine pendant une longue période de temps, parce que cela met en péril ses exportations. Dans la pratique, donner près de 20 pour cent de ses livraisons de gaz à l'Ukraine en paiement du transit est un accord acceptable pour les deux parties. Alors, pourquoi cette comédie chaque année ?

     Gazprom comprit il y a longtemps que l'Ukraine ne paierait jamais les livraisons officielles. La tentative de "solution" était de privatiser une partie du négoce. Les clients se vont vus offrir des prix plus bas s'ils payaient directement à un autre fournisseur, officiellement indépendant des autorités ukrainiennes de gaz et de Gazprom.

     Une coopération de cadres dirigeants de Gazprom et de politiciens russes et ukrainiens fut nécessaire pour mettre en place une transaction de 30 milliards de m3. Les facilitateurs de la transaction sont en mesure de profiter personnellement de celle-ci - et par conséquent d'en priver à la fois Kiev et Gazprom. Des querelles politiques en Ukraine peuvent largement être comprises par un combat pour devenir la contrepartie ukrainienne de la transaction - ce n'est pas par hasard que Yulia Tymoshenko, le Premier ministre, a fait sa fortune dans le négoce de gaz dans les années 1990 et que Viktor Ianoukovitch, le chef de l'opposition pro-russe, représente certains des plus gros acheteurs de gaz industriels de l'Est de l'Ukraine. En Russie, de même,  des luttes entre coalitions changeantes au sein du Kremlin et de Gazprom sont monnaie courante.

     Ainsi, alors que le monde a les yeux tournés sur le prévisible exercice de corde raide entre l'Ukraine et la Russie, la véritable lutte relative au partage se déroule plus discrètement entre quelques oligarques de Moscou et de Kiev. C'est peut-être la raison d'être de ce bruyant spectacle de marionnettes. Les inquiétudes au sujet de la Russie ou de Gazprom au sujet de l' "arme du gaz contre l'Europe" sont déplacées. Dans l'exercice de leurs fonctions, les deux sont parfaitement conscients de leur dépendance absolue aux exportations vers l'Europe, qui comptent pour une grande part du revenu national, et de la nécessité de relations à long terme stables et fiables pour financer les investissements nécessaires dans l'infrastructure du gaz .

     Il est beaucoup plus préoccupant que les gouvernements de l'Ukraine et la Russie tolèrent - voire encouragent - l'utilisation de leurs échelons politiques supérieurs et de pans entiers de leur infrastructure, comme des instruments dans les litiges entre d'inconnus oligarques. Cela laisse supposer que l'état de droit et le principe de responsabilité ont peu pénétré la vie publique dans chacun des deux pays. Et aussi, par rapport à la puissance de factions rivales, combien est exagérée la réputation d'homme fort de M. Poutine, le Premier Ministre russe.

     Jérôme Guillet, banquier d'affaires, et John Evans, écrivain, sont les rédacteurs de The European Tribune, un site d'actualité et de débats (www.eurotrib.com)
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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 07:00
Les cours du pétrole semblent animer d'une certaine vigueur en ce début d'année, après avoir quasiment touché le seuil des 30 dollars.


Dans les journaux, vous trouverez une explication "évidente" : ce sont les événements militaires au Proche-Orient qui en sont responsables. Il s'agit bien entendu de ce que NNT appelle le faux raisonnement narratif (narrative fallacy), c'est-à-dire une belle (et fausse) histoire qui satisfait notre cerveau, avide d'explications simplistes. Car il n'y a pas de gisement de pétrole dans la bande de Gaza, ni d'oléoduc d'importance, et la probabilité du risque d'un embrasement soudain du Moyen-Orient - là où se trouve le pétrole, à plusieurs centaines de kilomètres de là - dans le mois qui vient n'a pas changé de façon significative.

A quoi donc est dûe cette vigueur ? Peut-être tout simplement au redémarrage d'un nouveau cycle spéculatif à la hausse.

La crise financière n'a pas fait disparaître tous les méchants qui avaient propulsé le baril à près de $150 l'été dernier. Certes, Lehman Brothers a disparu, ainsi que quelques autres fonds. Mais, même si certains nettoyeurs style Madoff ont fait un peu le ménage dans les grandes fortunes, il reste toujours énormément de liquidités dans les circuits financiers, et ces investisseurs semblent toujours aussi peu intéressés par l'économie réelle, déprimée et dont les rendements sont clairement minables. De plus, les traders talentueux qui savent gonfler et dégonfler des bulles ne se sont pas partis élever des chèvres en Arizona.

Bref, les conditions semblent réunies pour qu'un scénario alternatif dit "Bing-Bong" anime les cours du pétrole en 2009. Ce scénario nous donnerait l'évolution suivante des cours :
Pour relancer la mécanique à la hausse, nos amis les experts auto-proclamés du pétrole pourraient utiliser, outre la guerre israélienne, la reprise de la consommation pétrolière aux Etats-Unis (voir ci-contre) ou bien agiter à nouveau la menace du pic pétrolier. La reprise de la dévaluation du dollar face à l'euro faciliterait l'entretien du mouvement.

A l'été, une fois atteint le magique plafond des 200 dollars, un nouveau mouvement de baisse pourrait se nourrir des inévitables mauvaises nouvelles en provenance de l'économie réelle, complétées par le fait que l'offre sera, comme toujours, largement supérieure à la demande.

Ce scénario est bien entendu extrême : la vitesse à laquelle le baril s'envolerait est par exemple inédite. Mais ce n'est pas parce que cela n'est jamais arrivé que cela ne surviendra jamais, comme l'explique la théorie du Cygne Noir.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 07:00
Et si la chute du baril était voulue ?

Encore une théorie du complot, allez-vous nous dire... Tout à fait, mon cher Thierry, mais après tout, c'est en étudiant de tels scénarios qu'on fait parfois des découvertes intéressantes.


Utilisons les méthodes popularisées par le roman policier pour approfondir : alons donc chercher un maître du genre pour nous éclairer...

"Voyons, Watson, vous connaissez mes méthodes, intéressons-nous au mobile : pourquoi faire descendre le prix du baril ?
- Faire repartir l'économie, bien évidemment, Holmes !
- Vous me décevez, comme toujours, Watson. Croyez-vous qu'il suffit de baisser le prix du pétrole pour redémarrer une économie qui est partie dans le décor en dérapant sur une grande flaque de liquidités, placée au milieu de la route par des financiers peu au fait de la maîtrise des risques ? C'est un peu comme si vous prescriviez à un gréviste de la faim de se bourrer de pâtisseries en lui garantissant qu'il sera instantanément remis sur pied.
- Holmes, je ne vous permets pas ! J'ai mon diplôme de docteur en médecine ! J'ai écrit bien plus d'articles scientifiques que vous n'avez jamais résolu d'enquêtes policières ! Je...
- Calmez-vous, Watson, c'était une image... Non, voyez-vous, dear old friend, la clé est dans le mobile. Qui a intérêt à ce que le baril s'effondre ?
- Les consommateurs ?
-  Oui, mais ont-ils un moyen d'agir sur le prix ? Avez-vous vu une class action de Que choisir traîner le NYMEX en justice quand le prix du baril montait ? Non, c'est quelqu'un d'autre...
- L'OCDE ?
- Ah, c'est déjà mieux, Watson : effectivement, les pays occidentaux avaient besoin de rétablir une balance commerciale qui traversait une passe de plus en plus difficile. Sans parler de l'inflation que cela générait... Mais avec leur historique de déficit, ils auraient pu s'accommoder d'une descente plus lente : une telle chute des cours ne pouvait que nourrir l'hydre de la Déflation, si craint des économistes. Si on a accepté de faire tomber le baril aussi bas, c'est qu'il y avait urgence. Urgence pour faire quoi ?
- Pour sauver les 4x4 de GM et de Ford ?
- Tut, tut, Watson, vous êtes ridicule : les constructeurs états-uniens meurent étouffés par les pensions de retraites qu'ils se sont imprudemment engagés à verser lors de leur dernière période faste. La mévente de leurs 4x4 était toute relative et désormais, la crise financière empêche une grande partie des acheteurs potentiels d'automobiles de se financer, qu'ils veuillent un 4x4 ou une voiture électrique.
- Heu...
- Voyons, Watson, c'est évident : il fallait sauver les grandes compagnies occidentales ! Avec l'effondrement des Bourses en octobre, les fonds souverains moyen-orientaux se trouvaient en position de force pour faire main basse sur les joyaux du capitalisme américain et européen. Or ils n'ont rien fait ! Pourquoi ? Parce qu'ils sont, en ce moment même, au chevet de leurs gouvernements, pour sauver les budgets somptuaires de ces économies mises à mal par un baril trop peu cher....
- Stupéfiant, Holmes !"

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 19:04
L'OPEP a eu beau annoncer une réduction de production supérieure aux prévisions, elle n'a pas pu remonter le baril au-dessus des 45 dollars.

Au contraire, le cours a fait une légère incursion sous les 40 dollars ce soir, comme pour faire la nique au cartel.

La poussée de fièvre de l'euro, au lendemain de la baisse historique des taux de la Fed, amène désormais le prix du baril à moins de trois heures et demie de SMIC, soit le niveau moyen de 1986, année du fameux contre-choc pétrolier.
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 07:00
Une petite dépêche AFP pour commencer la semaine :
Le président bolivien Evo Morales a soupçonné samedi les Etats-Unis d'avoir orchestré délibérément la chute actuelle du prix du pétrole dans le but de "punir" les régimes hostiles, dont celui de son allié vénézuélien Hugo Chavez.
"Cette baisse du pétrole, c'est peut-être pour punir les gouvernements révolutionnaires, les présidents révolutionnaires, punir Hugo Chavez et quelques pays pétroliers du Moyen Orient", a affirmé M. Morales.
"L'empire (américain) sait malheureusement utiliser le système financier pour punir quelqu'un", a poursuivi le dirigeant socialiste, qui participait à la clôture d'une campagne d'alphaébétisation dans le nord du pays andin.

Quand Morales pas content, lui toujours parler ainsi.

Beaucoup de pays producteurs vivent en ce moment assez mal la chute du prix du pétrole, leurs budgets nationaux ayant été construits avec des revenus attendus bien plus importants que les malheureux 45 dollars par baril d'aujourd'hui. Et si la Bolivie a pris les mêmes hypothèses que son modèle vénézuélien, il est sûr que la situation doit devenir préoccupante. Selon l'article donné en lien dans la phrase précédente, aujourd'hui seuls Qatar, Koweït et Emirats ont été suffisamment prudents pour ne pas s'affoler d'un cours du baril durablement présent dans le tunnel des 30-50 dollars.

Cela dit, il n'a pas complètement tort : derrière la main invisible du marché du pétrole, il doit bien y avoir le bras non armé de la première puissance mondiale, et on a déjà évoqué le fait que le cours du pétrole était une arme de guerre économique.

Mais on doute fort qu'en ce moment, les USA souhaitent avant toute chose mettre en situation délicate l'Amérique du Sud : le gouvernement états-unien a clairement d'autres priorités.

Et ce cher président Morales, quand le pétrole caracolait au-dessus des 100 dollars, s'était alors bien gardé de remercier les Estados Unidos. De l'importance d'être constant...
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 07:00
Pour montrer qu'on maîtrise les concepts avancés d'économie industrielle, il est parfois de bon ton d'évoquer le concept d'élasticité-prix de la demande.

En langage ordinaire, il s'agit de qualifier comment évolue la consommation d'un produit en fonction de son prix, et réciproquement. Un peu de bon sens paysan - n'oublions pas que ce sont eux qui ont inventé le marché - nous fait dire que "plus c'est cher, moins on consomme". L'élasticité, qui est égale à la variation de la demande divisée par celle de du prix, est donc négative pour la plupart des produits de base.

Certains produits peuvent avoir une élasticité positive, par exemple les produits de luxe. Ce cas reste néanmoins très marginal.  Par contre, les produits de base ont souvent une élasticité quasi-nulle : on les achète quel que soit leur prix (jusqu'à une certaine limite quand même) parce qu'on en a besoin. Ce sont des biens de consommation courante et non substituables, comme l'eau ou l'acier.

Si on cherche à représenter sur une même courbe prix et consommation d'un produit pour un pays donné, la théorie économique nous dit donc qu'en règle générale, on devrait obtenir quelque chose comme ça :

Plus on va vers la droite, plus le prix monte et plus la demande baisse. La pente de la courbe donne une idée de l'élasticité : quand elle descend (vue de la gauche vers la droite), l'élasticité est négative ; quand la courbe est horizontale, l'élasticité est nulle, et quand la courbe est verticale, elle devient infinie.

Testons maintenant cette théorie à l'épreuve des faits, par exemple en s'appuyant sur les très précises statistiques de l'EIA :
Ah ben zut alors. Que se passe-t-il ?

Apparemment, jusqu'à une période récente, c'est-à-dire quand le pétrole était sous les 70 dollars, l'élasticité était positive, et même infiniment au début des années 1990. Cela signifie-t-il que le pétrole était un produit de luxe quand il était bon marché ? Non, plutôt que sa consommation n'était pas influencée par son prix, car trop bas.

A partir de 60-70 dollars, l'élasticité est devenue nulle puis légèrement négative : on voit qu'autour du point de rebroussement correspondant au record de prix de juillet 2008, la consommation suit très sagement l'attracteur (la courbe en rouge) à la hausse comme à la baisse.

Le Grand Choc Bancaire de l'automne 2008 a fait proprement dérailler le système de son attracteur. La consommation a repris depuis le fil de ce qui semble être un autre attracteur, lui aussi de pente légèrement négative. La question est : comment poursuivre la courbe ?

Intuitivement, nous dirions qu'elle va conserver un profil de courbe théorique telle que présentée au début de cet article. Par interpolation graphique, les USA ayant peu de chances de consommer à nouveau plus que leur maximum récent, a fortiori en période de crise économique, on trouve ainsi que le prix du baril a peu d'espoir de passer sous les $30.
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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 07:00


Hé oui ! Les temps sont durs pour ceux qui croyaient le pétrole durablement cher. Certains en sont réduits à s'offusquer de gaspillages bien anodins.

En euro, nous voici revenus à des niveaux qu'on avait atteints, pour la première fois depuis les années 1980, sans tambour ni trompette, à l'automne 2004.

On peut désormais considérer que le Choc des Matières Premières (2004-2008) est terminé.On notera qu'il correspond exactement au deuxième mandat de Bush Jr. Hasard ?


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