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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 15:26
shell-scotch-whisky.jpgUne nuit que j'étais
A me morfondre
Dans quelque pub anglais
Du coeur de Londres
Parcourant l'Amour Mon-
Stre de Pauwels
Me vint une vision
Dans l'eau de Seltz

Serge Gainsbourg

Ce qui suit est la traduction d'un e-mail envoyé par Jeroen van der Verr, le chief executive de Shell, à tous ses employés le 22 janvier dernier. Les passages soulignés en gras l'ont été par l'auteur de la traduction.

De : Jeroen van der Verr
A : tous les employés Shell

Objet : les scénarios énergétiques de Shell

Dans cette lettre, j'aimerais partager des réflexions à propos de la façon dont nous voyons l'avenir de l'énergie, et notre route privilégiée pour satisfaire les besoins énergétiques mondiaux. L'industrie, les gouvernements et les utilisateurs d'énergie - c'est-à-dire nous tous - allons faire face au double défi de plus d'énergie et moins de CO2.

Cette lettre est tirée d'un texte que j'ai écrit pour être publié dans de nombreux journaux dans les semaines à venir. Vous pouvez l'utiliser dans votre communication externe. Il y aura plus d'information à propos des scénarios énergétiques dans les prochains mois.

D'ici l'année 2100, le système énergétique mondial sera radicalement différent de celui d'aujourd'hui. Les énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien, l'hydro-électricité et les biocarburants constitueront une grande partie du bouquet énergétique, et l'énergie nucléaire aura aussi sa place.

L'humanité aura trouvé des moyens de gérer la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre.De nouvelles technologies auront réduit la quantité d'énergie nécessaire à l'alimentation des bâtiments et des véhicules.

En fait, le futur lointain paraît brillant, mais y aller sera une aventure. Chez Shell, nous pensons que le monde va prendre une des deux routes possibles. la première, un scénario que nous appelons Scramble (Bousculade), ressemble à une course à travers un désert montagneux. De la même façon que dans un rallye hors-piste, il promet de l'excitation et une compétition féroce. Cependant, la conséquence involontaire de "plus de précipitation" sera souvent "moins de vitesse" et nombreux auront des accidents durant le parcours.

L'autre scénario, nommé Blueprints (Plans), présente quelques faux départs et commence comme un trajet précautionneux sur une route qui est encore en construction. Arriver à destination en toute sécurité dépend de la discipline des conducteurs et de l'ingéniosité de tous ceux qui sont impliqués dans l'effort de construction. L'innovation technologique procurera l'excitation.
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Quelle que soit la route que nous choisissons, la situation mondiale délicate limite notre marge de manoeuvre. Nous connaissons actuellement un changement en rupture de la croissance de la demande en énergie, dû à la croissance de la population et au développement économique, et Shell estime que, après 2015, l'offre de pétrole et de gaz d'accès facile ne pourra plus suivre la demande.
De ce fait, la société n'a pas d'autre choix que d'ajouter de nouvelles sources d'énergie - des renouvelables, certes, mais aussi du nucléaire et des combusitbles fossiles non conventionnels comme les sables bitumineux. Utiliser plus d'énergie signifie inévitablement émettre plus de CO2, à un moment où le changement climatique est devenu un problème critique à l'échelle de la planète.

Dans le scénario Scramble, les nations se ruent pour sécuriser les ressources énergétiques à leur avantage, craignant que la sécurité énergétique soit un jeu à somme nulle, avec des gagnants et des perdants nets. L'utilisation du charbon local et des biocarburants domestiques augmente rapidement.

Prenant le chemin de la moindre résistance, les décideurs accordent peu d'attention à la stagnation progressive de la consommation énergétique - jusqu'à ce que la pénurie survienne. De même, malgré beaucoup de rhétorique, les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas sérieusement traitées jusqu'à ce que des chocs majeurs déclenchent des réactions politiques. Comme ces réactions arrivent trop tard, elles sont violentes et conduisent à des records de prix et de volatilité de l'énergie.

L'autre route vers l'avenir est moins douloureuse, même si le commencement est plus perturbé. Ce scénario, Blueprints, voit de nombreuses coalitions émerger pour relever les défis du développement économique, de la sécurité énergétique et de la pollution environnementale au travers de coopérations internationales.

De nombreuses innovations surviennent au niveau local, tandis que les grandes villes développenet des liens avec l'industrie pour réduire les émissions locales. Les gouvernements nationaux introduisent des normes d'efficacité énergétique, des taxes et d'autres instruments politiques pour améliorer la performance environnementale des bâtiments, des véhicules et des carburants.

Comme les appels à l'harmonisation augmentent, les différentes politiques convergent au niveau mondial. Les mécanismes de cap-and-trade, qui attribuent un coût aux émissions de CO2, sont adoptés à l'échelle internationale.Le prix croissant du CO2 accélère l'innovation, engendrant des découvertes majeures. A nombre croissant de voitures fonctionnent à l'électricité ou à l'hydrogène, tandis que les installations industrielles sont dotées de technologies pour capter et stocker le CO2 sous terre.

Avec un de ces deux scénarios, également probables, en toile de fond, nous saurons uniquement dans quelques années si la déclaration de Bali sur le réchauffement climatique était juste de la rhétorique ou le début d'un effort mondial pour le contrer. Cela dépendra beaucoup de la façon dont évoluent les positions à Pékin, Bruxelles, New Delhi et Washington.

Shell utilise traditionnellement ses scénarios pour préparer l'avenir sans exprimer de préférence pour l'un ou pour l'autre. Mais, confrontés avec la nécessité de gérer le risque climatique pour nos actionnaires et nos petits-enfants, nous croyons que les résultats de Blueprints fournissent le meilleur équilibre entre l'économie, l'énergie et l'environnement.

Pour avoir une deuxième opinion, nous avons fait appel aux simulations de changement climatiques calculées par le Massachussets Institute of Technology. Ces calculs montrent que le monde de Blueprints , avec captation et stockage du CO2 conduit au plus faible changement climatique, à la condition que les émissions anthropiques des autres gaz à effet de serre soient réduits de façon similaire.

La réalité qui donne à réfléchir est que le scénario Blueprints surviendra uniquement si les décideurs se mettent d'accord sur une approche mondiale du commerce des émissions et promeuvent activement l'efficacité énergétique et l'innovation dans quatre secteurs : la production de chaleur et d'électricité, l'industrie, le transport et le bâtiment. Ce sera dur et il reste peu de temps.

Par exemple, Blueprints suppose que le CO2 sera capté dans 90% des centrales électriques fonctionnant au charbon et au gaz naturel dans les pays développés en 2050, et aussi pour au moins 50% de celles dans les pays n'appartenant pas à l'OCDE. Aujourd'hui, il n'y en aucune qui le fasse.Comme la captation et le stockage du CO2 ajoutent des coûts et n'apportent pas de revenus, des soutiens gouvernementaux seront nécessaires pour que cela se concrétise rapidement à suffisamment large échelle pour affecter les émissions mondiales. Au minimum minimorum, les sociétés devraient toucher des crédits carbone pour le CO2 qu'elles captent et stockent.

Blueprints ne sera pas facile. Mais il offre au monde la meilleure chance d'atteindre indemme un avenir énergétique soutenable, aussi devons-nous explorer cette route avec la même ingéniosité et la même persévérance qui ont envoyé l'homme sur la Lune et créé la révolution numérique.

Le monde a un long voyage à faire avant d'atteindre un système énergétique faiblement carboné. Le secteur privé peut suggérer des routes possibles pour y aller, mais ce sont les gouvernements qui occupe le siège du conducteur. Et les gouvernements détermineront s'ils doivent préparer plus de concurrence ou un véritable effort collectif.

Voilà l'article, et voilà comment je vois nos défis et nos opportunités. Je suis impatient de vous écouter me dire comment vous voyez la situation (soyez concis SVP).

Cordialement

Jeroen van der Veer, Chief Executive
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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 22:50
Credit Crunch
Si la crise financière actuelle s'envenime et déclenche une profonde récession, nous pourrions peut-être ne jamais rencontrer le fameux pic pétrolier.

Pour restaurer la confiance perdue dans la crise actuelle du crédit, la seule solution pour les acteurs économiques (Etats, banques, entreprises) qui veulent survivre est de rembourser leurs dettes.

La chute brutale des investissements qui en découlera aurait pour effet de maintenir la production mondiale à son débit actuel pendant quelques années, avant de le voir lentement mais sûrement baisser.

Si la récession est suffisamment forte, la consommation planétaire ira même en décroissant, et il n'est pas certain qu'elle puisse égaler, à l'issue de la crise, dans plusieurs années, son niveau record de fin 2006.

Autrement dit, le Véritable Plateau Ondulé (VPO) entame probablement sa première ondulation descendante.


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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 22:47
undefinedQue ce soit dans les bars de Brest ou sur les méthaniers qui croisaient dans la rade ce premier janvier 2008, la cigarette était désormais bannie...


Dans le cas du méthanier,  la mesure date en fait de sa construction : si tout le gaz naturel que peut contenir ce navire s'enflammait d'un seul coup, l'énergie dégagée serait comparable à celle de la bombe atomique jetée sur Hiroshima !
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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 21:56
peak-oil--iea-donation-.jpgEtonnant article en première page du WSJ , où les thèses, naguère présentées comme exotiques, du peak oil (pic pétrolier) sont désormais mises sur le même plan que les très sérieuses estimations de l'AIE et de l'IEA (ne pas confondre).

N'ayant plus de brioche, les compagnies pétrolières se rabattent sur le pain :
Mr. de Margerie said at Total's annual meeting this spring that the company was "looking into" nuclear-industry investments and had hired nuclear experts to help make strategic decisions. ConocoPhillips recently said it was considering building a commercial-scale plant to turn plentiful U.S. coal into natural gas.
Ben ? Et les éoliennes, alors, les gars ?

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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 18:28
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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 09:43
muguet.jpg... le baril devrait avoir atteint les $100, si on en croit ce sondage Internet...
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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 22:58
Aujourd'hui, une petite séance de vol acrobatique en économie énergétique. Gare au vertige.

Prenez  un Airbus A380 standard, prix catalogue  : 300 millions de dollars. C'est bon ?

Multipliez cette somme par 4 : vous avez maintenant de quoi vous payer une centrale au charbon moderne. La Chine en construit une comme ça chaque semaine. On continue ?

Mulitpliez encore par 3 : maintenant, vous avez de quoi vous acheter une centrale nucléaire EPR, avec son chargement de combustible (par contre, l'éco-taxe pour le recyclage des déchets n'est pas comprise).

Multipliez maintenant par 5 : vous avez de quoi vous payer un Tunnel sous la Manche .

Multipliez ensuite par 2 et vous pourrez acheter le Barrage des Trois-Gorges (25 milliards d'euros).

Multipliez par 4 : 100 milliards de dollars ! Pour ce prix, vous avez un programme Apollo complet, avec pas de géant pour l'humanité et tout le tintouin.

Allez, multipliez encore par 3 : pour 275 milliards de dollars, vous avez... le montant des investissements 2006 en exploration-production pétrolière. Cher baril !
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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 10:10
Towards BaghdadLe WTI a franchi hier son record historique à $78,77 sous la pression de la spéculation,  en prétextant le ciel bleu de la croissance mondiale et quelques nuages de crise immobilière US à l'horizon...

En 1990, quand l'Irak avait envahi le Koweït, le baril était monté à $35 ($65 en dollars constants). 


Et la saison des ouragans n'a pas encore commencé...
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 11:03
Les Barils
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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 17:02
Les forums de discussion Internet lancent parfois des sondages auprès de leur communauté de membres.

Severus SnapePar définition non représentatifs, leurs résultats sont parfois surpremants. Ainsi, sur un forum dédié à Harry Potter, on découvre que Sirius Black est de loin le personnage masculin le plus sexy (26% des avis), devant le romantique Cedric Diggory (12%) et l'ambigü Drago Malefoy (10%). Le binoclard à la cicatrice n'arrive que cinquième, derrière... Severus Rogue !

Ce genre de sondages permet aussi de s'apercevoir que la plupart des internautes aiment papoter de choses qu'ils ne connaissent pas. 86% des participants à un fil sur le mystérieux complot ayant fait s'effondrer les tours du WTC n'ont jamais vu ces tours autrement que par média interposé, et certains d'entre eux en ont appris l'existence... le 11 septembre 2001.

Cependant, comme l'explique un article récent du New Yorker (The Science of Success), un groupe de personnes intéressées par un sujet donné - et qui fréquentent donc un forum thématique ciblé -  forment une sorte d'intelligence collective capable de prévisions étonnament fiables. Ainsi, un site consacré au pic pétrolier prévoit régulièrement le cours du baril à $1 près, deux mois à l'avance !

Sa prochaine prédiction : le baril devrait franchir les $100 le 11 janvier 2008...


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