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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 21:34
On avait déjà mis en perspective les différentes prédictions de certains économistes distingués ici.

Il y a deux semaines, un autre économiste - de la banque canadienne CIBC  cette fois-ci - s'est prêté à son tour à ce nouveau jeu de Madame Sol-Oil : dans sa dernière note de conjoncture, Jeff Rubin nous prévoit un bon petit baril à $225 en 2012 - en dollars 2008 cela va sans dire - en s'appuyant sur quelques considérations sobrement illustrées par des histogrammes sur le supply crunch, l'OPEC, le marché automobile dans la zone BRIC, toussa... Même pas besoin de tirer des plans sur le pic pétrolier !

Ces estimations consolident notre schéma récapitulatif de façon assez homogène :
On attend toujours de Patrick Artus (Natixis) qu'il nous donne une update de son fameux $380 en 2015, qui commence à dater (2005).

Pour sortir de la pensée unique "ça monte parce que ça doit monter", un grand quotidien de cette riante province canadienne qu'est l'Alberta, le Calgary Herald, a eu la bonne idée d'interviewer Frank Atkins, un économiste, un vrai, un dur, un tatoué, qui "fait de la vraie science" économique à l'Université.... de Calgary.

Atkins décrypte remarquablement bien la note de Rubin, qu'il estime crédible mais cherchant avant tout à "vendre" un scénario à faible probabilité d'occurrence mais dont pourrait bénéficier l'activité de trading de CIBC. Il déclare notamment :
Ce que nous les économistes, nous connaissons et comprenons, ce sont les fondamentaux ; or vous aurez du mal à trouver quelqu'un en ce moment qui vous dira que ce sont les fondamentaux qui nous amènent à 116 $ US le baril.
Hé oui, l'offre et la demande, ces fameux fondamentaux, ne permettent pas d'expliquer ce qui se passe en ce moment sur les marchés, de la même façon que la gravité seule ne suffit pas à expliquer le comportement d'un liquide ou d'un gaz sur de petites échelles d'espace et de temps.

Et Atkins d'ajouter :
Je crois personnellement que le pétrole devrait s'orienter à la baisse, mais bien malin qui pourra deviner quand cela se produira. Probablement lorsque l'économie américaine cessera de glisser, le dollar américain trouvera son niveau plancher et les gens cesseront de prendre leur argent pour acheter du pétrole à terme en tant que valeur refuge.
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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 11:50
Pendant que les médias s'affolaient de la suite de records du cours du baril exprimé en dollars, un autre seuil plus significatif semble être tombé.

En attendant la confirmation officielle des cours du pétrole et du dollar, nos estimations provisoires montrent que le baril de Brent a franchi, en moyenne mensuelle, la barre mythique des 70 € en avril dernier.

Pourquoi mythique ? Tout simplement parce qu'elle n'avait jamais été franchie, même au plus fort du deuxième choc pétrolier, en données reconstituées selon certaines sources.

Quid des 100 € ? Si on se contente d'une simple extrapolation linéaire de la tendance constatée depuis janvier 2007, cela ne se produira pas avant l'été 2009, si les fonds d'investissement parviennent à tenir le rythme haussier sur les matières premières.
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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 13:49
Un groupe de travail de l'association ECRIN vient de nous pondre un rapport ambitieux intitulé Prospective sur les carburants - éléments de réflexion sur l'évolution de l'offre et la demande en couples moteur-carburant à l'horizon 2050.

Hélas ! En fait de prospective, c'est une véritable rétrospective qui nous est offerte, avec des informations certes intéressantes et rarement publiées sur, par exemple, l'évolution du mix énergétique de la SNCF au XXème siècle. La prospective proprement dite ne représente que 7 des 54 pages qui constituent cet opuscule.

Les auteurs se prétendent "scientifiques", mais leurs titres aussi creux que ronflants  - "responsable de la veille moteurs", "ingénieur carburants, prospectives", "délégué recherche carburants", "coordinateur technique"... - pourraient laisser croire qu'il s'agit d'un quarteron de placardisés.

Mais trève de procès d'intention, venons-en au fond.

Etonnant : ce rapport fait l'impasse totale sur les agro-carburants. En cherchant bien, on trouve pourtant trois fois le mot "éthanol" : la chose est donc connue, à défaut d'être étudiée.

Surprenant : on trouve une seule fois le terme "CO2" et deux fois l'expression "gaz à effet de serre". Personnellement, nous aurions du mal à écrire 50 pages sur les carburants du futur sans faire référence à ces gaz et leurs effets réchauffants au moins une fois par page... Nous n'avons pas compté l'expression "effet de serre" qui revient deux fois, elle aussi, parce que ces occurrences sont localisées dans un texte que les auteurs ont intégralement pompé : l'introduction d'un autre rapport, vraiment sérieux celui-là, rédigée par Christian de Boissieu.

Exaspérant : les auteurs se considèrent comme faisant partie des "pays les plus développés" alors que le Japon ou la Corée du Sud ne sont que des pays "développés" (page 42).

Navrant : la conclusion, en page 46 :
Quelle pourrait être l'équilibre offre-demande en 2050 pour les différents modes de transports ? De fait, il est impossible de répondre à une telle question compte tenu du couplage plus ou moins important avec la croissance mondiale, de la population, comme de l'économie.
Voilà une réflexion qu'elle est bonne et qu'aurait dû se faire le groupe de travail avant de commencer à écrire ! Cela lui aurait permis de traiter correctement la question qui lui était posée, plutôt que de chercher à nous apitoyer sur la disparition passée des voies romaines en France.

Sans se démonter, les auteurs s'attribuent eux-mêmes un zéro pointé :
La question de fond réside plutôt dans la possibilité pour les différents moyens de transport de se développer de façon durable, c'est-à-dire, à des échéances toutefois non connues précisément : en limitant, voire en réduisant leur impact sur la santé et l'environnement [et] en s'adaptant à une baisse inéluctable des ressources fossiles (à des échéances toutefois non connues précisément)
On appréciera les précautions extrêmes prises sur les échéances, à l'heure où celles-ci deviennent consensuelles et estampillées des sources les plus autorisées : ainsi, dans le fameux rapport du Comité d'Analyse Stratégique (ex-Commissariat au Plan) donné en lien plus haut, il est quand même écrit en gras que "le pic pétrolier marquant le début de raréfaction de la ressource se situerait entre 2020 et 2030".

Mais comment peut-on oser écrire plus de cinquante pages de "prospective sur les carburants" sans s'intéresser un instant à la question des ressources ?

Tentons un peu de sérendipité. Le style général est vieillot, les camemberts Excel ne font pas appel aux options "motifs et textures" avancées qui font aujourd'hui le délice des bloggeurs, les exemples concrets évoquent le parfum suranné des Trente Glorieuses - une note de bas de page parle de la Renault Dauphine presque comme Proust le faisait des madeleines - et le peu d'intérêt déjà souligné pour les questions environnementales forment un faisceau de présomptions.

Ce document est probablement l'oeuvre d'une bande de papy-boomers nostalgiques de l'époque ou Science, Technique et Progrès était les fondements du plan quinquennal co-rédigé entre hauts fonctionnaires de l'Etat et "pantouflards" à la SCNF, chez Renault ou chez Elf, et pour qui le rapport Meadows est une somme d'élucubrations de gauchistes écologistes radicaux.

Depuis, le mur de Berlin est tombé, la France n'est plus qu'une petite partie de l'Europe... et la concentration en dioxyde de carbone continue de croître de plus de 2 ppm par an.

Tels Godefroy et Jacquouille la Fripouille, voici d'autres valeureux Chevaliers de la Terre Plate qui se retrouvent perdus dans notre monde post-moderne et fini.

Vous l'avez compris, quitte à lire de la prose officielle, il vaut mieux lire les perspectives énergétiques françaises à l'horizon 2020-2050.
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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 10:04
Dans les médias, il est courant de trouver tout et son contraire quand on parle d'élasticité de la demande en pétrole.

Qu'est-ce que l'élasticité de la demande ? Les économistes parlent plus précisément d'élasticité-prix de la demande : c'est une valeur qui caractérise en quoi la demande concernant un produit donné est sensible à son prix.

Les produits de luxe ont, par exemple, une élasticité positive : jusqu'à un niveau de prix très élevé, la demande augmente avec le prix ! A l'opposé, les produits grand public "superflus" comme les bananes ou les casquettes ont une élasticité négative : leur consommation s'effondre si le prix monte. Quant aux produits de première nécessité, leur élasticité est nulle : on les achète quel que soit le prix - jusqu'à un certain niveau bien entendu.

Nous avons décidé de nous faire notre propre opinion sur la question. Après un petit tour sur Wikipédia pour récupérer une définition consensuelle, nous avons donc rapproché les variations de la demande et les variations du prix du baril, grâce aux incontournables données BP. Il n'est pas possible de mesurer l'élasticité sur une période plus courte qu'une année, du fait des phénomènes de pompage entre production, consommation et stocks tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
Mis à part 2002 qui est une année-charnière pour le prix du pétrole (alors de... $28 le baril en dollars 2006)  et au voisinage de laquelle la mesure n'est pas forcément représentative, on constate que la fameuse élasticité est quasi-nulle, et généralement très faiblement positive depuis... le deuxième choc pétrolier.

Autrement dit, le pétrole est bien aujourd'hui un produit de première nécessité. Et le caractère plat de l'élasticité-prix sur les dernières années laisse présager qu'on est encore loin de la zone de prix à partir de laquelle la consommation va chuter - et l'élasticité devenir négative.
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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 20:55
C'est au tour de Claude Mandil, ancien big boss de l'AIE, de dévoiler le fond de sa pensée dans ses propositions à la Présidence française concernant la sécurité énergétique de l'Union Européenne.

On y trouve, dès la page 4, une déclaration qui devient presque banale :
La sécurité à long terme de l’approvisionnement mondial en pétrole n’est pas assurée. Il est maintenant clair que les principaux pays producteurs, ceux qui disposent des réserves géologiques les plus importantes, ne souhaitent pas accroître leurs capacités de production à un niveau compatible avec l’évolution tendancielle de la consommation, car ils n’y voient pas leur intérêt, préférant garder pour l’avenir des sources de revenus dont ils n’ont pas besoin à court terme. Bien que les ressources géologiques soient sans doute plus importantes que ne le prétendent les pessimistes, il est de plus en plus communément admis que la production mondiale aura du mal à dépasser les 100 millions de barils par jour (contre 87 aujourd’hui) alors que la prolongation des besoins tendanciels conduit à une demande d’environ 120 mb/j en 2030 (AIE, World Energy Outlook). Le risque existe donc que le monde connaisse une crise pétrolière très sérieuse au cours de la prochaine décennie, avec des prix extrêmement élevés.
Pour ceux qui se souviennent des discours du même M. Mandil d'il y a quelques années, alors qu'il présidait l'AIE, ce changement de point de vue a une certaine dimension historique.

Mais ce n'est pas tout !
La sécurité à long terme de l’approvisionnement en gaz n’est pas mieux assurée que celle du pétrole, et pour les mêmes raisons : les pays producteurs, et en particulier les trois principaux, la Russie, l’Iran et le Qatar, qui disposent ensemble de 56% des réserves mondiales (d’après BP)
Quoi ! L'ancien Président de l'AIE, un organisme international issu de l'OCDE, siégeant à Paris et disposant d'une visibilité internationale égale à celle de l'OPEP, utilise les données publiques mises gracieusement au format Excel par BP chaque année !?! Plus loin, les montants des réserves sont à nouveau citées, mais avec le site Web de l'EIA comme source, cette fois-ci.

Cela confirme donc que l'AIE ne dispose d'aucune information privilégiée concernant les réserves - ou bien que M. Mandil est parti en mauvais termes avec l'Agence !

Ce document évite les incontournables en matière de blabla énergétique que sont les courbes, histogrammes et camemberts. L'emphase est donnée au qualitatif, ce qui fait qu'une part importante du problème énergétique (le charbon) est passé sous silence. C'est sans importance pour le lecteur averti, c'est plus gênant s'il est effectivement adressé à un Lecteur qui maîtrise mal jusqu'aux ordres de grandeur énergétiques, comme son dernier débat avec sa malheureuse adversaire l'avait établi.

Enfin, il se veut un appel à la considération de nos amis russes. Oh Frère Grand, comme tu as de grandes réserves de gaz...
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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 19:08
Une critique édifiante du roman The Shell Game publiée par Publishers Weekly :
Même les fervents théoriciens de la conspiration resteront dubitatifs face aux sinistres intrigues gouvernementales qui forment le socle de ce fragile thriller politique. Alten, plus connu pour ses romans gore mettant en vedette des requins géants préhistoriques (Meg, The Trench), va bien au-delà de l'idée déjà exagérée que l'administration Bush a laissé les dévastatrices attaques du 11-Septembre se produire pour servir le programme néoconservateur de remodelage du Moyen-Orient. En 2012, alors que le conservateur centriste David McKuin (sic) siège à la Maison Blanche, le gouvernement fédéral projette de faire exploser une bombe nucléaire dans une ville américaine pour pouvoir en accuser l'Iran et prendre le contrôle radical de ce pays. Face aux comploteurs se dresse Ace Futrell, un expert en énergie dont l'épouse a peut-être été assassinée par les renseignements américains. Un maladroit mélange de personnalités politiques réelles et fictives (Hillary Clinton est encore au Sénat en 2012, après avoir perdu l'élection 2008 face à McKuin) ne rend pas ce livre paranoïaque et superficiel plus crédible.
Voici donc l'ère du sous-Clancy arrivé ! On frémit surtout à l'idée que ce film puisse être porté à l'écran...

Le shell game, c'est le jeu du bonneteau. Mais le titre a été évidemment  choisi pour que shell (coquillage) évoque la compagnie pétrolière anglo-hollandaise au logo de mollusque : pour que leurs avocats ne se soient même pas signalés, c'est que le bouquin ne doit pas valoir le dérangement.
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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 09:47
Un communiqué laconique - et encore à prendre au conditionnel - révèle que la compagnie brésilienne Petrobras aurait découvert un des plus importants gisements de pétrole mondiaux au large de Rio de Janeiro.

Il s'agit sans nul doute d'un gisement en eau très profonde, ce qui signifie que le pétrole qu'on en extraira coûtera un certain nombre de fois celui qu'on trouve encore à foison dans la péninsule arabique. Il ne devrait donc pas se vendre à moins de $50 actuels : cette découverte ne signe pas la fin du pétrole cher.

Elle ne signe pas non plus le report du pic pétrolier : le temps que les installations de production soient en place, il est probable que le pic soit déjà là. Et les débits qu'on peut attendre seront de toute façon insuffisants. Ce méga-gisement servira juste à prolonger le plateau de production que nous n'allons pas tarder à fréquenter, si ce n'est déjà fait comme le laisse penser le graphique ci-contre.

La conséquence majeure de cette découverte - et de la précédente, le gisement dit de Tupi - est surtout l'arrivée inattendue de Brésil dans le Top 10 des pays détenteurs de réserves de pétrole. En moins de deux ans, il est passé des profondeurs du classement à une enviable sixième place. D'ici quelques années, le temps que sa production soit au niveau de ses réserves, il jouera donc un rôle-clé sur le marché mondial du pétrole.


Avec une telle manne pétrolière en perspective, le Brésil devient probablement le pays dont on parlera le plus dans la prochaine décennie.

Nous vivons peut-être les dernières années où l'économie mondiale repose sur ce qu'on appelle la "mondialisation", à savoir l'exploitation massive de ressources humaines abondantes et à faible coût, qui a braqué les feux de la scène sur l'Inde et la Chine. Place désormais au monde de ressources rares d'Orsenna, dont les places les plus enviées seront réservées à ceux disposant encore de ressources naturelles à foison. C'est peut-être le moment qu'attendait le premier pays d'Amérique Latine pour prendre enfin son rôle de grande puissance mondiale, avec d'autres actifs tangibles que ses footballeurs vedettes. L'un des grands dangers à éviter pour l'économie brésilienne est la maladie anglo-hollandaise, qui gangrène les secteurs secondaires et tertiaires du fait de l'hypertrophie brutale du secteur primaire.

Le drapeau du Brésil est une véritable plaquette publicitaire : le vert y symbolise la forêt équatoriale - pour ceux qui préfèrent les biocarburants - et le jaune (or) les ressources du sous-sol. Quand aux étoiles, elles représentent les 26 états fédérés ainsi que le district de Brasilia ; leur disposition correspond à l’aspect du ciel de Rio de Janeiro, le 15 novembre 1889 à 20h30, à l'heure où la République fut proclamée.

Saluons donc la présence d'une démocratie dans ce club des riches qu'est l'ensemble des grands pays détenteurs de ressources rares, où les régimes autoritaires restent hélas nombreux.
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Article également publié sur AgoraVox et sur Yahoo!
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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 12:04

Dans l'American Energy Outlook 2008 (AEO2008), la dernière publication de la prévision à long terme (2030) de l'Energy Information Administration (EIA), une sorte d'observatoire de l'énergie dépendant du puissant Department of Energy, il s'est produit un léger changement dans les courbes et tableaux.

A première vue, on trouve toujours des projections optimistes du prix du pétrole, si on se contente de regarder les images.

En deuxième approche, on s'aperçoit que le texte n'est pas tout à fait en phase avec les illustrations :
The real world crude oil price (which for the purposes of AEO2008 is defined as the price of light, low-sulfur crude oil delivered in Cushing, Oklahoma, in 2006 dollars) declines gradually from current levels to $57 per barrel in 2016 ($68 per barrel in nominal dollars), as expanded investment in exploration and development brings new supplies to world markets. After 2016, real prices begin to rise (Figure 1), as demand continues to grow and higher cost supplies are brought to market. In 2030, the average real price of crude oil is $70 per barrel in 2006 dollars, or about $113 per barrel in nominal dollars. Alternative AEO2008 cases address higher and lower world crude oil prices.
soit en français :
Le prix mondial réel du brut (qui, dans le cadre de l'AEO2008 est défini comme le prix du brut léger livré à Cushing en Oklahoma, en dollars 2006) descend graduellement des niveaux actuels jusqu'à $57 le baril en 2016 (soit $68 en dollars courants), des investissements accrus en exploration et développement apportant de nouveaux approvisionnements aux marchés pétroliers. Après 2016, les prix réels commencent à augmenter, la demande continuant à croître et des approvisionnements plus coûteux à produire arrivant sur le marché. Le prix moyen du brut est de $70 en dollars 2006, soit $113 en dollars courants. Des scénarios alternatifs présentent des prix plus élevés ou plus bas.
Nous attendons bien entendu de pied ferme ces scénarios alternatifs, qui devraient être rendus publics à la fin de  mois d'avril 2008. Rappelons qu'à l'AIE (Agence Internationale de l'Energie), le fameux "scénario de référence" est considéré par ses propres auteurs comme "impossible" ou tout au moins "catastrophique" (sur le plan des émissions de CO2).

Il est intéressant de noter cette année-charnière de 2016 où la tendance des cours s'inversera. Une sorte de "fond de vallée du prix" à mettre en relation avec... un pic de la production ?

Enfin, un mot a été remplacé par un autre. On commence à ne plus parler de "pétrole" mais de "liquides", comme le montre ce graphe de synthèse représentant l'évolution de la consommation états-unienne par source d'énergie.
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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 16:32
Notre rasade quotidienne en pétrole coûtera de plus en plus cher, mais elle finira par atteindre un maximum pour ensuite redescendre à des niveaux guère plus élevés qu'aujourd'hui. Un nouveau Conte des Mille et Une Nuits ?

On arrive à une telle conclusion si on porte sur un même graphe - après les avoir éventuellement corrigés de la glissade du dollar face à l'euro - les quelques rares prévisions de prix qui aient été émises par des économistes distingués.

En mars dernier, Goldman Sachs a annoncé qu’un baril à $175 était possible d’ici 2010. Pendant ce temps, Fatih Birol, de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), a pronostiqué un baril à $150 en 2030.

En 2006, Pierre-René Bauquis, de Total Professeurs Associés, avait présenté à l’IFP un scénario avec une pointe à environ $200 vers 2020.

Et en 2005, Patrick Artus, de Natixis, avait estimé un prix à $300 hors inflation en 2015, par une simple analyse de l’élasticité-prix de la demande.

Ces différentes estimations, loin d’être contradictoires, pourraient dessiner la courbe future du prix du pétrole dans les 25 prochaines années : après un passage de relais de la pure spéculation actuelle vers une tension offre-demande réelle liée au passage du pic de production, l’arrivée des carburants synthétiques stabiliseraient puis feraient lentement régresser le prix du baril.

Certains s'étaient gaussés des prévisions modérées de Fatih Birol. En fait, il était dans son rôle et ne pouvait pas annoncer les prix extrêmes que nous risquons de prochainement connaître : si l'AIE déclarait que "le pétrole pourrait aller jusqu'à $1000", l'OPEP comprendrait que "l'OCDE est prête à payer $1000 le baril", et ce n'est bien entendu pas dans la mission de l'AIE que de laisser propager de telles idées. L'Agence s'en tire donc par une pirouette rhétorique : elle alerte sur l'arrivée face au mur à court terme, mais ne parle plus de prix qu'à l'asymptote ou presque.
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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 22:42
La situation serait cocasse, si elle ne laissait pas présager de profonds troubles politiques et sociaux quand l'argent du pétrole aura fini de couler.

Baignant dans l'opulence de l'or noir, les habitants d'Arabie Saoudite n'ont pas envie de travailler.

Le secteur privé est obligé de recruter en masse des travailleurs immigrés (40% de la population totale), tandis que le secteur public entretient des quantités effarantes de fonctionnaires payés grassement à ne rien faire ou presque.

L'Etat saoudien ne pouvant décemment pas embaucher plus de fonctionnaires, il en est réduit à subventionner les salaires du secteur privé pour les rendre compétitifs vis-à-vis du secteur public.

Il fait twop chaud pouw twavailler... disait la chanson.
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