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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 09:26
Un extrait du blog de Dominique Seux, journaliste aux Echos :
Le brut et la bulle

Les experts de la grande banque Lehman Brothers voient le baril à 110 dollars à la fin de l’année. Faut-il les croire ?
... Vous pourriez compléter la question : faut-il les croire davantage que leurs grands concurrents de Morgan Stanley qui avaient juré que le baril serait à 150 dollars mi-juillet ? De toute façon, 125 dollars aujourd’hui, ou même 110 en décembre, ce serait encore haut, le baril était à 73 dollars il y a exactement un an. Le litre de super 95 à un euro, ce n’est pas pour demain ! Ce qu’on peut conclure, provisoirement, de cet épisode, c’est quand même plusieurs choses. Un : on voit que la spéculation n’est pas vraiment en cause, ce sont les données physiques qui comptent.
En toile de fond de cet avis, un rapport états-unien récemment publié minimise effectivement le rôle de la spéculation.

Il a été établi par une commission ad hoc, présidée par la CFTC (Commodities Futures Trading Commission) - dont nous nous étions déjà moqués de son interprétation très originale de la notion de spéculateur - qui n'est autre qu'un régulateur, analogue à l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) en France. Comme le travail de la CFTC consiste à vérifier qu'il n'y a pas manipulation de marché, il était prévisible qu'elle n'allait pas écrire qu'elle avait failli à sa mission. Il y a des limites à l'auto-flagellation dans ce bas monde.

Tout dépend de plus de ce qu'on appelle spéculation. Ce que dit le rapport, c'est qu'il n'y a pas eu manipulation des cours  - comme nous l'avions un moment envisagé comme scénario explicatif un rien conspirationniste à la flambée du brut - et que les cours des futures ont reflété le prix d'équilibre entre l'offre et la demande.

Reflété, mais pas forcément fidèlement ! Les marchés à terme nous donnent furieusement l'impression d'amplifier et de distordre à court terme les tendances, ainsi que d'influencer le cours du pétrole physique. Par contre, dès qu'on se place à seulement deux ou trois mois dans l'avenir, les futures apparaissent clairement comme de piètres instruments de prévision des prix réels.

Pour preuve, le graphique ci-dessous, qui rapproche le prix réel passé du baril de celui des contrats futures sur les 3 prochaines années : la très légère backwardation actuellement constatée n'a rien à voir avec les variations attendues du cours du baril pour les prochains trimestres !
On peut aussi se demander pourquoi ce rapport soi-disant d'experts ne souligne pas qu'une bonne partie de la hausse du baril est simplement liée à la dévaluation lente du dollar. Oublier ce facteur nous fait douter du sérieux des "économistes" qui ont prêté leur plume à ce document qui, sous des atours d'objectivité et d'indépendance, sert, comme il est d'usage dans le monde de l'énergie, à défendre une position discutable et non à éclairer sereinement la situation.
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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 20:30
Avec le prix du baril toujours au voisinage de notre prévision de début d'année, les projets de carburants alternatifs reprennent du poil de la bête immonde, comme le montre ce communiqué qui vient de tomber :
Devant l'inflation du prix du baril de pétrole, le groupe canadien Alter NRGH Corp a décidé de se lancer dans l'aventure et de transformer du charbon en gasoil. L'usine, située à environ 150 milles (241 kilomètres) au nord-ouest d'Edmonton, devrait produire jusqu'à 40.000 barils par jour de différents combustibles dont le diesel, affirme un document publié sur le site web de NRG.

Le projet sera probablement développé progressivement, avec une première phase de production de 20.000 barils par jour. Alter NRG possède en effet quatre baux, près de la ville de Fox Creek. Selon les estimations, ces sites recèlent 468 millions de tonnes "prouvées et probables" de réserves houillères. Une unité de traitement convertira le charbon en diesel et en naphta, précise le document, cité par Bloomberg.

Les études (ingénierie et environnement) seront effectuées en 2008 et 2009, et un projet opérationnel sera soumis aux autorités vers la fin de l'année prochaine, prévoit le groupe canadien. Si un agrément est ensuite obtenu dans 18 mois suivants, l'exploitation minière pourrait commencer en mai 2013 et la raffinerie traiter ses premiers barils de combustibles au début de 2014.
Le planning est réaliste, mais il reste suspendu à l'obtention des autorisations. L'usine étant implantée dans l'Alberta, patrie des célèbres sables bitumineux, deux cas extrêmes sont possibles : soit le gouvernement albertain ne veut pas de projet qui fasse concurrence aux débouchés desdits sables, soit au contraire il veut asseoir sa réputation de Grand Salopeur du XXIème siècle et il n'est plus à quelques millions de tonnes de CO2 dégagés en plus ou en moins.

Inutile de dire que nous penchons pour le cas numéro 2. Seul un baril redescendant en-dessous des $100 - ce qui est heureusement possible - pourrait stopper ce projet lorsque viendra l'heure d'engager les investissements, estimés à près de cinq milliards de dollars.
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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 14:35
A l'heure où un nouveau record de prix vient encore de tomber, nous sommes tombés par hasard sur un petit opuscule publié par l'IFP en mai dernier sur les prix du pétrole. Le graphique ci-contre en est extrait.

Les trois courbes qui y sont portées représentent l'évolution de l'indice des prix des produits alimentaires (courbe jaune), des métaux (courbe grise) et du pétrole (courbe bleue).

Elles ne se superposent pas parfaitement, ce qui est logique : ainsi, la courbe de l'index des métaux reflète en 2007 la pointe de prix qu'a connue l'uranium.

Il y a néanmoins une tendance de fond qui semble identique, et que la thèse de la spéculation généralisée sur toutes les commodités explique de façon simplissime. On parle de troisième choc pétrolier, mais peut-être faudrait-il plus parler de Premier Choc des Commodités ?

Ce qui mérite d'être souligné, c'est le potentiel de hausse résiduelle sur les produits alimentaires. En effet, en cinq ans, l'indice correspondant a été "seulement" multiplié par deux alors que pétrole et métaux ont été multipliés par quatre. De plus, l'élasticité-prix de la nourriture est aujourd'hui parfaitement nulle pour plusieurs centaines de millions d'estomacs.

Les statistiques de l'INSEE montrent qu'aujourd'hui, l'alimentation représente 20% des dépenses des ménages les moins favorisés. Dans les premiers mois de la "drôle de guerre", alors qu'aucune balle ou presque n'avait été tiré entre Français et Allemands, elle représenta... 75% des dépenses des Français. Cette période étonnante de l'Histoire a quelques similitudes avec la situation présente : l'issue semble inévitable mais "pour l'instant, tout va bien".

Voilà qui devrait permettre aux investisseurs de bientôt déserter les huiles du sous-sol pour s'intéresser encore davantage aux produits de la terre.


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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 22:45
Goldman Sachs vient de laisser fuir un joli petit Powerpoint résumant les conclusions de leur Centre de Recherches des Commodités.

Ces findings ne sont, bien entendu, pas "au fond de la cour, à droite".

Grâce à des modèles mathématiques extrêmement puissants, la banque d'affaires parvient à décrypter le caractère apparemment chaotique du prix du baril :


La formule que nous avons entourée sur la page ci-dessus démontre le caractère on ne peut plus sérieux de ce document. Jamais, en effet, exp(log(5)) n'a été égal à 148,41... : exp(log(x)) vaut très exactement x. On va dire que c'est une coquille ? Au prix où les "chercheurs" de Goldman Sachs sont payés, ils pourraient au moins se relire avant de publier.

En tout cas, on comprend maintenant comme sont fixés ces mystérieux objectifs : avec des tables trigonométriques. Car si la formule est fausse, le texte qui l'accompagne est sans ambiguïté :
exp(log(5)) est égal à 148,41 dollars, ce qui serait l'objectif pour les prix du pétrole à long terme, compte tenu du taux d'accroissement actuel
Pourquoi e5, la cinquième puissance de la constante d'Euler, est-elle égale au prix à long terme du pétrole ? Si vous ne savez pas répondre, c'est normal : vous ne travaillez sans doute pas aux laboratoires Goldman Sachs.

Mais allons plus avant, pour trouver enfin la dernière prophétie de nos modernes pythies de la Rue du Mur :


Voilà des graphistes qui, comme nous, ont été impressionnés par les belles courbes du GIEC et leurs plages d'incertitude. On notera que le sens précis du nuage bleuâtre n'est pas précisé, mais simplement sous-entendu. Cela pour faciliter un éventuel dédit, sans doute, ces gens-là sont des professionnels...

Alors que nous pensons qu'une pointe fébrile à $200 est macro-économiquement possible, nos brillants prévisionnistes nous annoncent donc un baril à $180 en fin d'année, dans le meilleur des cas - alors que c'était leur prévision précédente de "milieu de fourchette"- et visent plutôt $145 - une prévision tellement prudente qu'elle a déjà été réalisée - tout en laissant ouverte la possibilité d'un retour vers les $120.

Tiens ! Goldman Sachs commençant à préparer leurs (bons) clients à la fin de la hausse, ne serait-ce pas le début du commencement de la fin de la bulle ?
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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 22:39
Nous avons fait l'hypothèse que le prix du baril allait bientôt connaître un maximum avant de redescendre, rattrapé par l'économie réelle. Mais jusqu'où pourrait aller ce maximum ?


Toujours en supposant que ce maximum n'est plus lointain, nous nous sommes appuyés sur notre récent calcul rapprochant la dépense pétrolière et le PIB.

Il apparaît qu'au plus fort du second choc pétrolier, 10% du PIB fut consacré aux achats de pétrole brut. Supposons que nous ne pourrons guère aller plus loin : une règle de trois nous donne donc un prix maximal de 200 dollars 2008.

Toute la prise de risque de notre pari d'un baril à $75 en fin d'année réside dans le fait que nous pensons que la courbe des prix est proche de son point de rupture. Mais si les marchés à terme des matières premières résistent, cette chute se transformera en une baisse lente - le fameux "atterrissage en douceur" -  dont le point creux sera en 2009.

Nous avions péché par modestie il n'y a pas si longtemps, sommes-nous tombé cette fois-ci dans l'excès inverse ?
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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 16:40
Le Président de l'OPEP, Chakib Khelil, s'est fendu aujourd'hui d'une déclaration remarquable dans laquelle il désigne les Etats-Unis comme seuls et uniques fautifs de la flambée du prix du pétrole.

D'abord, c'est à cause de Greenspan :
"Les prix du pétrole connaîtront une nouvelle hausse dans les semaines à venir. Il nous faut suivre l'évolution du dollar, car une baisse de 1% du dollar signifie 4 dollars de plus dans le prix du pétrole."
Raisonnement assez surprenant : si le dollar baisse de 1%, un baril qui valait 150 dollars doit être revalorisé de seulement 1,50 dollar et non pas de 4 !

Mais bon, passons... Peut-être que la chute du dollar n'est pas la seule raison ?
"Je pense que 60% de la hausse du prix du pétrole est due à la chute du dollar et aux problèmes géopolitiques..."
Bingo ! Il y a aussi les fameux problèmes géopolitiques, et cette fois-ci Bush en prend pour son grade :

"J'affirme que tous les pays (de l'Opep) sont favorables à de nouvelles découvertes, mais le fait est que l'embargo qui avait été imposé à la Libye n'a pas permis d'élargir les investissements dans ce pays, comme l'embargo imposé actuellement à l'Iran ne permet à personne d'y investir", a-t-il poursuivi.

"Les Etats-Unis menacent de sanctions économiques sévères tout groupe qui se hasarderait à investir en Iran. Par ailleurs la guerre en Irak fait que l'investissement y est faible. Aucun pays de l'Opep ne peut investir dans ces pays interdits"

L'OPEP aimerait bien investir, mais les Etats-Unis n'arrêtent pas de lui mettre des bâtons dans les roues. Ah là là, Oncle Sam veut la mort du petit commerce, c'est bien connu.

Mais au fait, cela n'explique que 60% de la hausse ? Et les 40% qui restent, alors ? C'est la spéculation, évidemment ?
"...et que 40% est due à l'intrusion du bioéthanol sur le marché"
A l'OPEP, on ne peut plus investir tranquillement, alors on fait de l'économie créative. Après le nouveau concept vu plus haut d'élasticité-prix de la monnaie - 1% de dévaluation du dollar augmente le prix de baril de 3% - voici maintenant le produit de substitution qui fait monter le prix : plus il y a de concurrence, plus les prix sont hauts !

l'OPEP a apparemment décidé de s'attaquer aux déclarations humoristiques de l'EIA (voir ci-contre) en matière de prix du pétrole. Il y a apparemment, dans les milieux lambrissés de la géopolitique des hydrocarbures, un concours officieux de la déclaration officielle la plus comique.

Tant qu'il ne s'agit pas de comique troupier...
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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 10:41
La progression des cours du baril s'est clairement emballée depuis le début de l'année 2008.

Cette progression apparemment exponentielle ne pourra bien entendu pas durer !

De deux choses l'une. Soit cette poussée est principalement liée à une tension exacerbée offre-demande, et alors les choses devraient - provisoirement - s'améliorer en 2009-2010 si on en croit les dernières prévisions de l'Agence Internationale de l'Energie.

Soit nous sommes dans un emballement typique d'un phénomène hyper-spéculatif, et un décrochage devrait bientôt survenir, comme ce fut le cas pour la fameuse bulle Internet. La courbe du NASDAQ composite donnée ci-contre présente exactement le même aspect que notre prix du baril.

Si on superpose les deux courbes en ajustant les échelles, on s'aperçoit que le baril serait dans sa dernière ligne droite : les taux de progression actuels (+50% en six mois) correspondent à ceux constatés sur les derniers mois de 1999 et le début 2000, juste avant le krach.

Voilà qui nous rend confiants dans notre hypothèse d'un baril à $75 en fin 2008. Les choses commencent déjà à se tasser : Morgan Stanley a perdu son pari d'un baril à $150 avant le 4 juillet 2008.

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 10:25
A mi-année, le doute n'est plus permis : le troisième choc pétrolier a commencé.
Nous définissons un choc pétrolier comme la période pendant laquelle la dépense globale estimée de pétrole est supérieure à 5% du PIB mondial.

Jusqu'en 2007, nous étions restés sous cette barre et la tendance semblait aller vers un ralentissement. C'était sans compter la flambée brutale du pétrole depuis le début 2008, imputable selon nous à des transferts encore plus massifs qu'avant d'investisseurs vers les marchés des matières premières.

Il est d'ailleurs à noter que le pétrole semble désormais concentrer la spéculation : du charbon à l'aluminium en passant par les céréales, les cours ont commencé leur décrue. Le fait que le cours du Brent passe devant celui du WTI est d'ailleurs un autre signe de l'intensité spéculative : en effet, il n'y a que sur le marché à terme du Brent que les contrats sont complètement déconnectés du marché physique.

Non seulement nous sommes désormais au-dessus de la barre symbolique des 5%, mais nous l'avons franchie à une vitesse suffisamment élevée pour que l'économie réelle en soit désorganisée, comme ce fut le cas en 1973 et en 1979. Cela va être très dur de se raccrocher aux branches.

Une chute de la demande est donc inévitable, et nous la prévoyons brutale.

L'élasticité-prix du pétrole n'est pas une constante. Certains lui fixent une valeur "parfaite" de 1/25, comme s'il s'agissait d'un nouveau nombre d'or. Nous estimons au contraire que l'élasticité-prix est une variable, quasi-nulle tant que le prix du baril fait que la dépense mondiale en pétrole reste sous la barre des 5% de PIB, puis augmentant violemment en valeur absolue dès que cette valeur est atteinte.

En climatologie comme en économie, les effets de seuil sont partout.
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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 14:35
Sur quoi nous fondons-nous pour prévoir une chute prochaine du baril tout en annonçant un possible franchissement du "mur des mille dollars" ?

Pour cette dernière prédiction, la réponse est simple : l'inflation. C'est en effet la seule solution dont disposent les pays occidentaux, les Etats-Unis en premier chef, pour résorber leur dette colossale.

Mais qu'est-ce qui ferait s'effondrer le cours du baril à plus court terme, alors qu'il bat record sur record ? Nous vous livrons ici les résultats de notre modèle macro-économique inédit. Un petit dessin vaut peut-être mieux qu'un grand discours, dans le plus pur style des prévisions piquistes :
Nous y retrouvons notre vieille amie, l'inflation. Celle-ci serait en effet ressortie de son tombeau dès la fin 2001, du fait de l'ouverture en grand des vannes de liquidités par la Fed qui voulait éviter que l'explosion de la bulle Internet, puis le 11-Septembre, ne provoque une crise économique majeure.

Mondialisation oblige, elle s'est très vite propagée à l'ensemble de la planète. En Europe, on a accusé le passage à l'euro, début 2001, d'avoir provoqué une valse des étiquettes : il est probable que l'inflation ait aidé ceux qui effectuait les conversions de prix à avoir la main lourde.

Les matières premières ont donc logiquement commencé à s'apprécier. Cette tendance haussière a intéressé les investisseurs insitutionnels - aussi bien les sages fonds de pension anglo-saxons que les hedge funds et les banques d'investissement - qui ont ainsi emballé le marché des matières premières.

Face à ces prix, la demande mondiale a commencé à s'assagir depuis 2006. Elle ne va pas tarder à décrocher : quand le pétrole devient trop cher, les possesseurs de 4x4 finissent par avouer comme un seul homme qu'ils conduisent au-dessus de leurs moyens. Cet effet non-linéaire, dû au fait que l'utilisation du pétrole est souvent lié à la composante ostentatoire du train de vie occidental ("voyez comme je me déplace") et qu'on accepte plus facilement de perdre la face si on le fait à plusieurs, va provoquer une chute brutale de la demande.

Les pétroliers, qui spéculent actuellement à la hausse avec les autres, vont s'apercevoir les premiers de ce décrochage et changer rapidement de stratégie de couverture. Les marchés à terme, mal équipés en systèmes de régulation, vont réagir instantanément et sans doute violemment, entraînant le baril vers des cours à deux chiffres.

Voilà pourquoi un baril à $75 vers la fin 2008 ne nous paraît pas impossible : il s'agit d'une simple division par deux de son cours, similaire à celle du NASDAQ entre mars et septembre 2000.

Ensuite, selon la gravité de la crise dans laquelle nous serons plongés, la demande finira par reprendre lentement sa progression... jusqu'à se heurter au plafonnement de la production pétrolière. Les investissements préventifs n'ayant pas été réalisés pour cause de récession, il n'y aura pas de carburants alternatifs disponibles en quantité suffisante pour que la demande bascule sur eux, et le prix du baril pourra donc poursuivre son ascension vers des sommets jamais atteints.

Hé oui ! Selon notre modèle, la hausse des prix du pétrole depuis le début du siècle n'est pas du tout dûe au pic pétrolier. A la rigueur, le pic a servi d'argument aux acteurs des marchés financiers pour maintenir la cadence. Mais patience, c'est juste une question de temps.

Pour les prévisions au-delà de 2020, c'est ici...
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Cet article a été publié sur AgoraVox sous le titre Pétrole : bientôt mille dollars le baril
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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 22:44
La n-plus-unième dépêche à propos du prix du pétrole :
"Si le pétrole parvient à clôturer au-dessus de 140,42 dollars, la situation sera clarifiée : cela signifierait que le pétrole s'engage vers les 155 dollars", a pronostiqué de son côté la banque Barclays Capital dans une note technique.
Un extrait de la définition de bulle spéculative sur wikipédia :
Il y a bulle à partir du moment où le raisonnement d'arbitrage entre les différents actifs ne s'applique plus et où la logique de formation des prix devient essentiellement auto-référentielle : un prix démesurément élevé aujourd'hui se justifie uniquement par la croyance qu'il sera plus élevé demain.
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