Jeudi 3 juillet 2008
A mi-année, le doute n'est plus permis : le troisième choc pétrolier a commencé.
Nous définissons un choc pétrolier comme la période pendant laquelle la dépense globale estimée de pétrole est supérieure à 5% du PIB mondial.

Jusqu'en 2007, nous étions restés sous cette barre et la tendance semblait aller vers un ralentissement. C'était sans compter la flambée brutale du pétrole depuis le début 2008, imputable selon nous à des transferts encore plus massifs qu'avant d'investisseurs vers les marchés des matières premières.

Il est d'ailleurs à noter que le pétrole semble désormais concentrer la spéculation : du charbon à l'aluminium en passant par les céréales, les cours ont commencé leur décrue. Le fait que le cours du Brent passe devant celui du WTI est d'ailleurs un autre signe de l'intensité spéculative : en effet, il n'y a que sur le marché à terme du Brent que les contrats sont complètement déconnectés du marché physique.

Non seulement nous sommes désormais au-dessus de la barre symbolique des 5%, mais nous l'avons franchie à une vitesse suffisamment élevée pour que l'économie réelle en soit désorganisée, comme ce fut le cas en 1973 et en 1979. Cela va être très dur de se raccrocher aux branches.

Une chute de la demande est donc inévitable, et nous la prévoyons brutale.

L'élasticité-prix du pétrole n'est pas une constante. Certains lui fixent une valeur "parfaite" de 1/25, comme s'il s'agissait d'un nouveau nombre d'or. Nous estimons au contraire que l'élasticité-prix est une variable, quasi-nulle tant que le prix du baril fait que la dépense mondiale en pétrole reste sous la barre des 5% de PIB, puis augmentant violemment en valeur absolue dès que cette valeur est atteinte.

En climatologie comme en économie, les effets de seuil sont partout.
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Samedi 28 juin 2008
Sur quoi nous fondons-nous pour prévoir une chute prochaine du baril tout en annonçant un possible franchissement du "mur des mille dollars" ?

Pour cette dernière prédiction, la réponse est simple : l'inflation. C'est en effet la seule solution dont disposent les pays occidentaux, les Etats-Unis en premier chef, pour résorber leur dette colossale.

Mais qu'est-ce qui ferait s'effondrer le cours du baril à plus court terme, alors qu'il bat record sur record ? Nous vous livrons ici les résultats de notre modèle macro-économique inédit. Un petit dessin vaut peut-être mieux qu'un grand discours, dans le plus pur style des prévisions piquistes :
Nous y retrouvons notre vieille amie, l'inflation. Celle-ci serait en effet ressortie de son tombeau dès la fin 2001, du fait de l'ouverture en grand des vannes de liquidités par la Fed qui voulait éviter que l'explosion de la bulle Internet, puis le 11-Septembre, ne provoque une crise économique majeure.

Mondialisation oblige, elle s'est très vite propagée à l'ensemble de la planète. En Europe, on a accusé le passage à l'euro, début 2001, d'avoir provoqué une valse des étiquettes : il est probable que l'inflation ait aidé ceux qui effectuait les conversions de prix à avoir la main lourde.

Les matières premières ont donc logiquement commencé à s'apprécier. Cette tendance haussière a intéressé les investisseurs insitutionnels - aussi bien les sages fonds de pension anglo-saxons que les hedge funds et les banques d'investissement - qui ont ainsi emballé le marché des matières premières.

Face à ces prix, la demande mondiale a commencé à s'assagir depuis 2006. Elle ne va pas tarder à décrocher : quand le pétrole devient trop cher, les possesseurs de 4x4 finissent par avouer comme un seul homme qu'ils conduisent au-dessus de leurs moyens. Cet effet non-linéaire, dû au fait que l'utilisation du pétrole est souvent lié à la composante ostentatoire du train de vie occidental ("voyez comme je me déplace") et qu'on accepte plus facilement de perdre la face si on le fait à plusieurs, va provoquer une chute brutale de la demande.

Les pétroliers, qui spéculent actuellement à la hausse avec les autres, vont s'apercevoir les premiers de ce décrochage et changer rapidement de stratégie de couverture. Les marchés à terme, mal équipés en systèmes de régulation, vont réagir instantanément et sans doute violemment, entraînant le baril vers des cours à deux chiffres.

Voilà pourquoi un baril à $75 vers la fin 2008 ne nous paraît pas impossible : il s'agit d'une simple division par deux de son cours, similaire à celle du NASDAQ entre mars et septembre 2000.

Ensuite, selon la gravité de la crise dans laquelle nous serons plongés, la demande finira par reprendre lentement sa progression... jusqu'à se heurter au plafonnement de la production pétrolière. Les investissements préventifs n'ayant pas été réalisés pour cause de récession, il n'y aura pas de carburants alternatifs disponibles en quantité suffisante pour que la demande bascule sur eux, et le prix du baril pourra donc poursuivre son ascension vers des sommets jamais atteints.

Hé oui ! Selon notre modèle, la hausse des prix du pétrole depuis le début du siècle n'est pas du tout dûe au pic pétrolier. A la rigueur, le pic a servi d'argument aux acteurs des marchés financiers pour maintenir la cadence. Mais patience, c'est juste une question de temps.

Pour les prévisions au-delà de 2020, c'est ici...
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Vendredi 27 juin 2008
La n-plus-unième dépêche à propos du prix du pétrole :
"Si le pétrole parvient à clôturer au-dessus de 140,42 dollars, la situation sera clarifiée : cela signifierait que le pétrole s'engage vers les 155 dollars", a pronostiqué de son côté la banque Barclays Capital dans une note technique.
Un extrait de la définition de bulle spéculative sur wikipédia :
Il y a bulle à partir du moment où le raisonnement d'arbitrage entre les différents actifs ne s'applique plus et où la logique de formation des prix devient essentiellement auto-référentielle : un prix démesurément élevé aujourd'hui se justifie uniquement par la croyance qu'il sera plus élevé demain.
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Mercredi 25 juin 2008
Une fois n'est pas coutume, nous sommes retournés à nos chères statistiques de l'AIE.

Nous voulions en effet approfondir la façon dont nous consommons le pétrole à travers le monde, et les données de l'Agence ont l'avantage de permettre de cerner précisément la consommation domestique - "domestique" est à prendre au sens de "à l'intérieur du pays concerné" - en produits pétroliers. En effet, si on se contente d'analyser les consommations nationales de pétrole brut, on arrive rapidement à raconter n'importe quoi, comme le font les pseudo-économistes qui ont mis au point la "théorie" de l'ELM.
Ce premier panorama nous montre plusieurs choses intéressantes.

D'abord, que nous Français consommons seulement deux fois moins de "pétrole-mobilité" que l'Américain moyen, et ce principalement parce que nous nous déplaçons moins. Ce n'est pas qu'une question de voracité de nos véhicules respectifs : nous utilisons deux fois moins de carburéacteur par tête de pipe alors que les avions sont presque les mêmes de part et d'autre de l'Atlantique. On notera que nos cousins Canadiens ne sont pas tellement moins consommateurs d'or noir que leurs voisins méridionaux : s'ils se déplacent un peu moins, ils ont néanmoins tendance à privilégier le fioul domestique pour leurs besoins industriels et de chauffage.

Ensuite, nos voisins d'Europe du Nord, notamment la Suède et le Danemark, malgré leur image plus verte que la nôtre et leurs belles promesses, consomment en fait à peu près autant de pétrole que nous.

On s'aperçoit aussi qu'un Français consomme plus de pétrole qu'un Russe dans les usages stationnaires (principalement chauffage et production électrique). Ce n'est pas parce qu'il fait glacial dans les datcha et isba, bien au contraire, mais parce que ces dernières sont chauffées avec des combustibles plus adaptés (gaz, bois, charbon). Plus adaptés car c'est complètement stupide que de gaspiller un carburant liquide comme le fioul domestique pour se contenter de produire de la chaleur. Nos cousins Canadiens devraient également voir s'ils ne peuvent pas réduire leurs besoins pétroliers en usage stationnaire.

Enfin, on constate que le Chinois est loin de s'empiffrer de pétrole comme on a parfois tendance à le penser quand on regarde les montants en valeur absolue. Par contre, on remarque que le pétrole sert là-bas minoritairement (44% pour être précis) à des usages de mobilité auquel il est pourtant prédestiné.

Pourquoi ? Probablement parce que, pour alimenter en énergie (chaleur et électricité) les usines et les gratte-ciel qui poussent là-bas comme des champignons, on a recours à force chaudières au fioul, centrales électriques et groupes électrogènes, plutôt que d'attendre des solutions énergétiques plus adéquates à des besoins stationnaires.

Le cas le plus surprenant reste sans nul doute Cuba, souvent mythifié en société exemplaire de l'après-pétrole, et qui en consomme en fait deux fois plus par habitant que la Chine, essentiellement pour... produire de l'électricité, ce qui est peut-être le plus mauvais usage qu'on puisse faire du pétrole.
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Mardi 24 juin 2008
Nous n'avons pas fini d'épuiser le fameux BP Statistical Review of World Energy.

Cette fois-ci, nous nous sommes intéressés à la production gazière par grande région. Nous étions restés à l'idée un pic nord-américain passé depuis 2001, et à un plateau qui allait s'orienter à la baisse en Europe. Les chiffres de BP nous ont permis d'actualiser cette vision :
On constate que les Cassandres piquistes ont eu tort concernant l'Amérique du Nord, notamment du fait d'un sursaut significatif de la production états-unienne.

Par contre, la situation européenne devient carrément préoccupante : nous avons clairement quitté le plateau et entamons la descente aux enfers, alors même que la Russie, notre fournisseur de méthane numéro un, semble avoir franchi son pic.

Certes, 2007 a commencé par un hiver clément : comme les capacités de stockage européennes sont faibles, cela s'est probablement traduit par un appel de production réduit par rapport à 2006. Mais si c'était la seule explication, les baisses de production seraient relativement homogènes entre les grands pays producteurs de l'UE-27.

Or ce n'est pas le cas : les Pays-Bas ont légèrement (1%) augmenté leur production, tandis que Danemark et Royaume-Uni ont vu leur production s'effondrer de 10% chacun par rapport à l'année précédente.

On pourra remercier la Norvège d'avoir fourni en abondance l'Union Européenne pour éviter la pénurie.

Boston Flameover La situation à l'horizon 2010 va devenir critique : la Norvège sera sur son plateau, Royaume-Uni et Danemark continueront de chuter, la Russie confirmera probablement son pic et les nombreux projets de terminaux de liquéfaction qui pourraient nous alimenter en gaz provenant du Moyen-Orient (voire d'Amérique) n'ont aucune chance d'être tous opérationnels d'ici là.

Après le pétrole cher, voici bientôt venue l'heure du gaz coûteux.
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Lundi 23 juin 2008
Intéressant entrefilet des Echos du jour :
 Selon une étude réalisée par l'agence américaine de régulation des matières premières, seuls 29% des échanges de "light sweet crude" réalisés sur le Nymex le sont à des fins de couverture par les utilisateurs de brut. En 2000, les spéculateurs représentaient seulement 37% des échanges à New-York.
Cette statistique officielle établit donc que 71% des échanges actuels sont à de pures fins de spéculation lucrative - la couverture étant aussi une spéculation, mais visant à réduire le risque financier d'un industriel - soit exactement l'inverse de la situation qui prévalait en 2000. Pour mémoire, cette année-là, le baril valait $28 (ou 26 €).

Notre fable pédagogique du marché de la salade à Champignac aurait-elle un soupçon de réalisme ? Nous serons bientôt fixés.

Il aura fallu plusieurs années pour qu'on reconnaisse publiquement que le Tour de France est une épreuve récompensant les meilleurs spécialistes médicaux du dopage sportif et non les meilleurs cyclistes. Il faudra bien un peu de temps pour qu'on cesse de croire que le prix du baril est d'abord lié au rapport de l'offre et la demande.

Pour nous forcer à aller jusqu'au bout dans notre défense de la thèse d'un baril sous l'emprise de drogues financières, nous décidons de prendre le risque de prédire un baril à $75 à la fin de l'année 2008. Il est à $137,16 à l'heure exacte où nous écrivons cette ligne.


par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Lundi 23 juin 2008
On a récemment vu que l'amont pétrolier (l'exploration-production) était capable de raconter n'importe quoi, et qu'il était donc difficile de s'appuyer sur leurs annonces officielles pour estimer si nous étions proches ou non du pic pétrolier.

Dans l'aval (le raffinage), on parle moins, mais on agit. Les dernières données issues du BP Statistical Review of World Energy montre que la capacité mondiale de raffinage continue de croître à rythme soutenu.
Le raffinage est une industrie lourde et fortement capitalistique : l'unité de mesure des investissements y est le milliard de dollars. Compte tenu de telles mises de départ, les investisseurs regardent à deux fois avant d'augmenter les capacités : ils ne mettent l'argent sur la table que s'ils sont sûrs que la raffinerie, une fois construite, tournera à plein pendant plusieurs années.

Le fait que l'industrie pétrolière mondiale poursuive sans mollir ses investissements en raffinage nous amène donc à penser qu'elle ne considère pas comme imminent le plafonnement mondial de la production de pétrole brut. Autrement dit, elle parie avec son argent que le pic pétrolier n'est pas pour demain.

Il est vrai que, dans le passé, on a vu des industries capitalistiques poursuivre leurs investissements alors que ces capacités supplémentaires étaient inutiles. La sidérugie française des années 1980 reste sans doute l'exemple le plus emblématique : n'ayant pas vu la fin des Trente Glorieuses, les deux leaders du secteur, Usinor et Sacilor, ont creusé leur tombe en s'épuisant dans une guerre des capacités.

Dans le cas du raffinage, on peut considérer que les acteurs industriels ont tiré les leçons de ce passé : depuis le deuxième choc pétrolier, le secteur a su maintenir une situation proche de la saturation pour sauvegarder les marges bénéficiaires, malgré plusieurs aléas de conjonctures majeurs, dont l'effondrement de l'URSS.

Si on crédite l'industrie pétrolière capable d'anticiper, mieux que nous-mêmes, la date probable du pic pétrolier, et compte tenu du temps nécessaire pour rentabiliser l'investissement dans une raffinerie (5 à 7 ans minimum), on peut en déduire que le pic pétrolier surviendra moins d'une décennie après que les capacités mondiales de raffinage aient commencé à plafonner.

L'industrie pétrolière parie donc pour l'instant  - avec beaucoup d'argent - sur un pic pétrolier au-delà de 2013.
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Samedi 14 juin 2008
Le célèbre tableau de données Statistical Review of World Energy vient d'être publié par BP dans son édition 2008. Nous avons décidé aussi sec de nous infliger une séance de data-crunch.

Au chapitre de la production pétrolière, 2007 est en léger retrait par rapport à 2006, d'un peu moins de 0,2%. Cette variation annuelle est plus forte que celle de 2001 (-0,1%) mais moins que celles de 1991 (-0,3%), de 2002 (-0,5%) ou encore de 1999 (-1,6%, plus forte baisse depuis 1982).

Le graphique suivant montre que, mis à part l'Angola,  l'Irak et le Qatar, les pays de l'OPEP font partie des grands absents de la liste des pays qui ont le plus augmenté leur production pétrolière en 2007 :
On note la relative modestie du développement du Canada et de ses sables bitumineux, malgré leur grande présence médiatique. La taille des réserves ne suffit pas, il faut aussi être capable d'assurer le débit.

Au chapitre des baisses, par contre, l'OPEP cumule les places au tableau d'honneur :

La baisse notable de l'Arabie Saoudite semble confimer qu'elle a passé son maximum absolu de production en 2005, comme l'avait prévu Matthew Simmons.

 La consommation d'hydrocarbures liquides, elle, continue à augmenter d'un peu plus d'un pour cent par an. Cet écart s'explique par des baisses des stocks mondiaux et/ou par le développement d'alternatives type CTL et biocarburants. Le pic pétrolier n'est donc pas encore pour cette année.Parmi la cinquantaine de pays qui ont vu leur consommation s'accroître en valeur absolue, on trouve en tête de liste la Chine, l'Inde, l'Arabie Saoudite et le Brésil, que le prix élevé du pétrole n'a apparemment pas découragés. Rappelons le cas particulier de l'Arabie Saoudite, qui ré-exporte 60% de sa consommation domestique de brut sous forme de produits pétroliers.

A l'inverse, les seuls pays à avoir significativement réduit leur consommation en valeur absolue sont les pays occidentaux non américains : Allemagne, Japon, Royaume-Uni, Italie et France sont ceux qui ont le plus réduit leur consommation.

Nous expliquons le paradoxe de l'élasticité-prix de la demande pétrolière, très faible à l'échelle mondiale et toujours positive en 2007  - la consommation mondiale a augmenté alors que les prix ont augmenté - par cette analyse à l'échelle des pays : là où le pétrole est subventionné (pays émergents), la consommation ne mollit pas, tandis qu'elle accuse de nets signes de faiblesse là où des taxes élevées rendent la dépense pétrolière de moins en moins supportables pour le consommateur final, tout riche qu'il soit.
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Cet article a également été publié sur Oléocène
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Samedi 7 juin 2008
Brut : puissances asiatiques et Etats-Unis "inquiets" (Les Echos)

Le secrétaire américain à l'Energie reconnaît que la flambée de l'or noir est un "choc" pour l'économie américaine, déjà en difficultés. Il estime néanmoins qu'il n'y a pas de crise du pétrole et qu'il n'est pas nécessaire de réguler le marché.
Et un peu plus loin :
Les analystes de Morgan Stanley s'attendent à ce que le prix de l'or noir atteigne les 150 dollars d'ici le 4 juillet, fête nationale américaine et pic de la saison des déplacements estivaux en voiture, soit dans moins d'un mois.
La manipulation de marché par les "opérateurs non commerciaux" (spéculateurs) continue.

Si le prix élevé du pétrole était vraiment un problème pour les Etats-Unis, il leur suffirait pourtant de demander aux analystes de se taire...

Car ceux qui connaissent réellement la situation en matière d'offre et de demande pétrolière - compagnies pétrolières, grossistes en produits pétroliers, raffineurs - s'expriment curieusement rarement dans les médias à propos des prochains prix du pétrole. Ceux qui font le buzz, ce sont les opérateurs financiers, pour des raisons évidentes.
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Lundi 2 juin 2008
Nous avons assez bassiné nos lecteurs avec nos positions pro-bulle en ce qui concerne les matières premières et le pétrole en particulier.

Mais les bubble-skeptics, les sceptiques de la bulle - à ne pas confondre avec les décontractés du gland -  retrouvent ces derniers jours une certaine vigueur, notamment suite à des accusations officielles.

Voyez ces extraits d'un article des Echos datant de lundi dernier. Celui-ci, d'abord :
Michael Lewis, responsable de la recherche matières premières chez Deutsche Bank, rappelle que le long rallye des ressources naturelles a été aussi fort, voire plus robuste encore, chez des produits non cotés à l'instar du molybdène, du cadmium et du ferrochrome que sur les produits cotés comme le pétrole et le cuivre, où « des afflux de capitaux spéculatifs sont possibles ». A son sens, ce simple fait suffit à réfuter l'idée que les spéculateurs ont été la cause première de la hausse des cours des matières premières.
puis celui-là, encore plus péremptoire :
Tsutomu Fujita, chez NikkoCiti, considère que le renchérissement des matières premières est devenu un élément structurel et n'envisage la possibilité de la formation d'une bulle spéculative qu'après la fin de la décennie.
It's BRIC, stupid!

Mais peut-on considérer de telles sources comme suffisamment indépendantes pour porter un jugement faiblement biaisé sur la situation ? Demander son avis à des économistes de banque d'investissement quant à la possibilité de spéculations excessives, c'est comme sonder des chauffeurs de taxi sur le rôle de la voiture dans la pollution urbaine...

Un autre avis autorisé, légèrement plus indépendant :
Il s'agit d'une énorme bulle. Je ne sais pas ce qui va la faire éclater mais, un jour ou l'autre, elle éclatera. Vous ne pouvez pas aller contre l'offre et la demande. Vous ne pouvez pas toujours aller contre les fondamentaux.
Il provient de la bouche de Steve Forbes, directeur de la publication du même nom, et elle date... du 30 août 2005 alors que le baril venait de toucher le niveau des $70. Quelques jours plus tard, le pétrole entamait sa décrue pour retomber aux alentours de $50 en fin d'année.

Il est difficile de croire que le baril est arrivé jusqu'à $70 à cause d'une bulle, puis à quasiment le double à cause de l'offre et la demande. Jusqu'à présent, dans l'histoire des marchés, les choses se passaient dans l'ordre inverse... Alors, concédons-le aux analystes cités plus haut, nous ne sommes pas sur une bulle.

Nous sommes sur une super-bulle.

Et nous laisserons le mot de la fin à Steve Forbes qui, toujours dans sa déclaration d'il y a 3 ans, prédisait :
Je ne pense pas que (le cours du brut) va atteindre les cent dollars mais s'il le fait, le crash sera encore plus spectaculaire...


L'éclatement de la bulle Internet aura alors l'air d'un pique-nique.


par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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