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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 15:07

L'arrivée imminente de l'Autolib marque-t-elle la fin de la voiture thermique (ICE en jargon anglophone) et le début de la suprématie de la voiture électrique (EV dans le même jargon) ?

Rien n'est moins sûr. Signalons au passage qu'Autolib n'est pas une solution d'autopartage mais plutôt une façon détournée mais efficace, pour le groupement Autolib, de mettre la main sur de précieux espaces de voie publique qui pourront servir dans le futur à recharger toutes sortes de véhicules, qu'ils soient 100% électriques ou hybrides rechargeables (PHEV, toujours dans le même jargon).

Voici un petit schéma qui décrit comment vont probablement évoluer les proportions des différentes motorisations dans les dix ans qui viennent en Europe :

future-of-cars-copie-1.png

On constate tout d'abord la disparition progressive du Diesel, devenant de plus en plus coûteux au fur et à mesure que les législations antipollutions se durcissent, sans qu'il soit pour autant possible pour les constructeurs de répercuter l'intégralité de ce surcoût à l'acheteur final. De plus, l'Union Européenne commence en avoir un peu assez de sa fiscalité avantageuse et nos Etats endettés vont finalement se dire qu'il serait dommage de ne pas un peu plus taxer ces millions de contribuables mazoutophiles. Enfin, les constructeurs ont besoin aujourd'hui d'investir lourdement dans le moteur à essence pour répondre aux besoins des marchés non-européens, donc finalement que le diesel devienne une impasse technologique n'est pas pour leur déplaire.

Les petits véhicules sont parfois les 2e sinon les 3e véhicules des foyers aisés ; ceux-là vont pour partie se convertir à l'électrique. Par contre, les foyers financièrement contraints qui achètent des citadines parce qu'ils ne peuvent pas payer plus resteront fidèles à une formule peu coûteuse et leur garantissant une autonomie raisonnable : les moteurs à essence sont pour eux, pic pétrolier ou pas.

A l'autre bout du marché, les véhicules gros, lourds et coûteux, qu'ils soient SUV ou berlines statutaires et ostentatoires ne pourront pas passer à l'électrique, pour des raisons évidentes de coût et d'autonomie. Par contre, elles vont rapidement se muer en PHEV, fonctionnant sur batteries en semaine pour les déplacements domicile-travail et domicile-shopping et retrouvant le goût de l'essence pour le week-end et les vacances, lorsqu'il s'agira d'aller à Deauville ou Courchevel. Là encore, le diesel est mal parti, les constructeurs se contentant d'améliorer leurs gros moteurs à essence pour leur clientèle mondiale, asiatique comme européenne.

Au milieu du marché, on est un peu entre les deux : une petite frange de véhicules électriques adressera principalement les véhicules de flotte, mais le PHEV séduira plutôt les particuliers, qui préféreront payer plus cher leur solution de mobilité que d'avoir un rayon d'action limité.

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Published by Aerobar Films - dans Transports futurs
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commentaires

Clément 25/10/2011 13:10



Deux textes à mettre en relation : http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/09/28/a-quelle-vitesse-la-production-petroliere-actuelle-decroit-elle/


et : http://futura24.voila.net/petrole/voiture.htm


Comme l'on voit, la production de pétrole va diminuer rapidement et aucune solution viable ne se trouve du côté des véhicules électriques. Tous les véhicules, pas seulement les petites voitures
en ville.


Reste le train, le tramway, le métro et le vélo.


 



Aerobar Films 25/10/2011 21:13



Tant que je verrai des gens éparpiller les feuilles avec des souffleries portables fonctionnant au pétrole plutôt que de les ramasser au râteau, je resterai convaincu que la voiture en a encore
pour un certain temps... Au moins dix ans, sans doute vingt, peut-être quarante.


Nous ne payons pas le pétrole assez cher, c'est plutôt cela le point.



wawa 07/10/2011 11:49



je partage l'avis de e2100, le diesel n'a pas dit son dernier mot:


meilleur rendement mécanique que l'essence et moins exigeant au niveau de la qualité du carburant (utilisation des fractions légere des huiles lourde & autres shiste bitumeux au fur et a
mesure que les pétroles "light" type lybien s'épuisent et que l'on a consommé en premier.


Si les moteur a bougies doivent augmenter je fait le pari qu' ils utiliseront le gaz naturel (gnv)


 


quand aux hybride une 3eme voie possible : les stirling a gaz naturel (et pourquoi pas)!


 



Environnement2100 02/10/2011 21:32



Pannes : je faisais allusion aux pannes d'origine électrique. De l'électronique sans panne on sait faire, de l'électronique embarquée on sait faire, de l'électronique de puissance on sait faire,
mais de l'électronique de puissance embarquée sans panne et pas chère, va falloir déverminer quelques années. Je subodore que l'électronique du PHEV est bien plus pénible à gérer que celle d'un
simple EV. SAV, frais de retrait ?


J'ignorais qu'on mettait les cross-over dans le secteur SUV : ce n'est pourtant pas le même budget ? Je reste à penser qu'un véhicule délibérément haut sur pattes peut abriter n'importe quelle
solution technique propulsive (à part les pédales).



Aerobar Films 02/10/2011 21:37



Remercions les premiers acheteurs d'EV qui font essuyer les plâtres, même si aujourd'hui l'industrie occidentale sait assez bien introduire de nouvelles technologies sans trop mécontenter
l'usager... Et puis en PHEV, c'est moins grave : si l'électronique est par terre, il reste le moteur thermique piloté en mode conventionnel.



Environnement2100 02/10/2011 20:09



Je n'ai pas eu l'occasion de tester la Bolloré-Mobile, mais je crains déjà que son plaisir de conduite soit quelque part entre les équipes de France de foot et de rugby. J'irai tester dès que la
foule le permet, mais je me permets d'ores-et-déjà une prédiction sotte (et pourquoi pas) : le premier succès commercial d'un EV sera un modèle qui comprendra à la fois un GPS et une
caméra HD.


En ce qui concerne l'évolution des densités des différentes solutions, je suis un peu étonné de voir la chute vertigineuse des moteurs diesel. Tout d'abord parce qu'il me semble qu'ils gagnent
toujours au petit jeu du gramme de carbone/km; ensuite parce que leur technologie n'a pas dit leur dernier mot, enfin parce que la durée de vie d'un véhicule en France est de 14 ans environ ; je
subodore que celle d'un diesel est légèrement plus élevée. En conséquence, je doute qu'on se débarrasse de la moitié de nos diesels en dix ans. Je suis plus intéressé par le cours du litre de
diesel, qui a dépassé le cours de l'essence récemment en Europe, mais je ne suis pas sûr que ce soit le cas aux USA, et encore moins en Chine. Je serais donc plus conservateur dans leur
élimination. Mais au détriment de qui ?


Au début, du EV, qui a toujours du mal à présenter des performances sérieuses ; par la suite, du PHEV, qui est une solution bidon sur le long terme (mais intéressante en régime de transition).
D'ailleurs si on est capable de faire un PHEV qui consomme peu tel la Kia PHEV, on
doit être capable de faire un diesel turbo de caractéristiques comparables qui consomme encore moins. Pourquoi s'emmerder à faire un PHEV, compliqué, délicat, propice à des pannes dont on ignore
tout ajourd'hui, alors qu'on peut faire un véhicule traditionnel aussi performant et qu'on connaît par coeur ? Le différentiel de taxation au profit des véhicules PHEV ou EV est un rêve tué en
plein vol par la crise économique. La Kia Rio à 3.2 l/100 km montre que les dix années qui viennent seront aussi un combat technologique.


Les berlines me paraissent un peu le bastion du diesel : qui va acheter en Europe une berline essence juste pour consommer plus ?


Le point le plus surprenant restera les SUV, où tout est possible, puisque les Bobos qui s'en dotent ont les possibilités financières de faire les choix qu'ils veulent, au long des modes et des
opportunités.


 


 



Aerobar Films 02/10/2011 20:32



Nous avions déjà un peu développé ici pourquoi le diesel n'est
plus très loin d'avoir passé son pic.


Pourquoi s'emmerder à faire un PHEV, compliqué, délicat, propice à des pannes dont on ignore tout ajourd'hui, alors qu'on peut faire un véhicule traditionnel aussi performant et qu'on connaît par
coeur ?


Pas forcément, selon le mix entre trajets urbains et routiers, on peut faire un PHEV globalement très performant en matière de consommation avec un moteur à essence banal sinon rustique.


Enfin, cela fait longtrmps que les SUV ne sont plus achetés que par les bobos : avec l'arrivée des cross-over (des SUV sur plateforme technique de berline et non plus de 4x4) dans la catégorie,
celle-ci est en passe de devenir le segment dominant après celui des petites genre Clio.



phyvette 01/10/2011 18:55



Et comment on dit ; hybrides Diesel rechargeables, en jargon anglophone ?



Aerobar Films 02/10/2011 17:58



Hé bien on ne le dit pas, sans doute parce que l'expression vient des USA, peut-être parce que c'est une hybridation stérile.