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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 21:00

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Il est temps de revenir à une petite séance de scrutation de spaghetti avec la mise à jour de nos fameux indicateurs mensuels du prix du pétrole selon différentes devises et donc, selon différents points de vue.

Rappelons que nous avons choisi comme référence le baril de Brent. Il fallait bien en prendre une, mais celle-ci s'éloigne par fois assez sensiblement de l'autre référence la plus courante, le pétrole dit WTI (World Texas Intermediate) et c'est le cas en ce moment : le baril de Brent est en gros dix dollars plus cher que le WTI, pour des raisons conjoncturelles assez mystérieuses et pas forcément très avouables par ceux qui fixent ces prix.

On nous sert un peu de storytelling : les pétroliers qui alimentent l'Europe n'oseraient plus franchir le canal de Suez à cause des événements en Egypte - pourtant ils n'hésitent pas à se frotter aux pirates qui hantent le large de la Somalie - et donc le pétrole écossais connaît une brutale surcote par rapport à l'huile texane qui est loin de tout ça.

Pendant ce temps, une pénurie frappe de façon discrète la plupart des usines automobiles occidentales :

Pour faire face à l'extraordinaire croissance de la Chine et dans une moindre mesure à celle de l'Amérique du Nord, les groupes automobiles imposent un train d'enfer à leurs fournisseurs, qui ont du mal à suivre au sortir de la crise. L'usine de Volkswagen située à Wolfsburg, en Allemagne, va même devoir renoncer à travailler aujourd'hui faute de moteurs et d'autres composants en nombre suffisant.

Ces mystérieux "composants" en rupture d'approvisionnement sont essentiellement électroniques et proviennent de... Chine bien entendu. Il semblerait pour le moment que ce soit une simple défaillance de la chaîne d'approvisionnement, un effet rebond de la crise d'il y a deux ans.On attendra un peu avant de crier à la guerre économique totale Occident-Chine, même si ça doit énerver certains de ne pas pouvoir fabriquer une grosse berline de 30 000 € parce qu'il manque un composant à 0,10 €...

Bon, revenons à nos barils :

Prix-du-baril-en-euro-et-en-dollar---2011.01.png

En minutes de travail, le gazole est repassé bien au-dessus des 8 minutes de SMIC et le SP95 s'approche des 10 minutes, soit un retour aux niveaux des pointes de 2005 et 2006. On est encore loin du record de l'été 2008, record tout relatif car, rappelez-vous, en pouvoir d'achat c'est en 2000 qu'eut lieu le plus important "choc à la pompe" des quinze dernières années.

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Published by Aerobar Films - dans Indicateurs
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Environnement2100 18/02/2011 12:16



Désolé de me commenter moi-même, mais le prix du baril sur lequel j'ai l'oeil vissé est celui du WTi ; pour le Brent il faut donc envisager 10 USD de plus.


 


Et pourquoi diable d'ailleurs faut-il payer le Brent 10 USD de plus ? Cet article de la Deutsche Bank nous éclaire (un peu) sur le sujet.


http://dbstars-asia.db.com/data/20110216084222H/data/report12-4.pdf?dbiquery=3:


 


Il a l'avantage et l'inconvénient d'être rédigé par des boursiers, donc l'aspect pétrolier est minimal, et l'aspect boursier maximal - l'objectif final est quand même de savoir si je dois acheter
du Conoco ou du Marathon, et on sent bien que le reste est secondaire. Deutsche Bank s'essaye à fournir une explication au spread : il y a maintenant non seulement une surproduction de pétrole en
Amérique du Nord (nous reparlerons bientôt de Bakken), mais en plus un excès de pipes qui viennent se déverser à Cushing, faisant ainsi chuter les prix auprès des raffineurs de façon purement
locale ; c'est ce qui conduit DB à déclarer que le prix qui fait vraiment référence, c'est le Brent (ils sont donc d'accord avec Aerobar, c'est pas beau ça ?). En ce qui me concerne, je trouve
que cet article fait la part belle au charabia boursier, et cherche peu ou pas à identifier l'impact de la spéculation sur le prix. Ajoutons que les USA ont fait de gros efforts pour empêcher
leurs voisins canadiens de monter un pipe pour exporter leur pétrole pourri ailleurs qu'aux USA ; les raffineurs en tirent les bénéfices aujourd'hui, mais les exploitants canadiens, qui sont loin
d'être tous américains, devraient commencer à tordre le nez.


 


Mais DB ne s'arrête pas là : ils déclarent, chose qui me paraît bien plus fondamentale, que le seuil de destruction de la demande aux USA est à 120 USD/bbl. Comme il y a des chances non nulles
que ce seuil soit atteint en 2011, je suis fort intéressé d'en voir l'impact sur la charnière Big Oil-Detroit, dont les intérêts respectifs sont donc en train de diverger. Il me semble que 120
USD est une barre un peu faible ; mais je pense qu'à 140 USD, nous allons enfin changer de siècle.



Environnement2100 17/02/2011 08:00



Autant l'année dernière était facile à pronostiquer (la prédiction de 70-110 USD a été scrupuleusement respectée) autant cette année de frémissements (de toutes sortes) sera propice aux envolées
de type feu de paille, mais avec une tendance longue positive, je m'explique.


 


Les boursiers (qu'est-ce qu'ils nous emmerdent ceux-là) avec leur vision à 5 jours, sont sans cesse à la recherche, au point de les provoquer, de ces fameux frémissements qui peuvent durer des
semaines jusqu'à ce qu'une autre valeur semble offrir des perspectives supérieures. Ainsi le prix des matières premières est-il en train de grimper, entraînant le baril, cantonné de plus en plus
à un rôle subalterne. Nous aurons donc quelques flambées, favorisées par les boursiers qui semblent tous avoir retrouvé une santé financière leur autorisant de nouvelles bulles.


 


La tendance longue est différente. Elle semble être imposée par le paysan chinois dont le voisin a la télé - et l'électricité. Aujourd'hui, si 500 millions de Chinois semblent disposer d'un
revenu comparable à ce que l'on trouve dans l'OCDE, il en reste 800 qui sont toujours au ras de la pauvreté, et pas loin de la famine. Ces 800 millions, fréquemment des paysans ou ex-, socle
culturel de la Chine, assistent jour après jour à la réussite de leurs cousins de la Côte, sans gagner un Renminbi de plus. Or la seule chose que les leaders chinois craignent depuis 3000 ans, ce
sont les troubles internes. Il va donc falloir agir pour eux, ce qui est assez facile à faire dans un premier temps, puisqu'il "suffit" de désenclaver certaines régions, autrement dit investir
dans des routes, des voies ferrées et des immeubles, toutes choses qui donnent du travail aux locaux, apportent l'électricité et l'illusion du progrès. Pour cela, il faudra bien ralentir l'achat
des T-bonds américains pour dépenser un peu plus en interne, ce qui rendra ces bons moins attractifs, ce qui obligera les américains à augmenter leurs taux d'intérêt, autorisant les autres pays
de l'OCDE à faire de même, générant (un peu) d'inflation. Cette inflation sera bienvenue pour nombre de pays riches, qui n'en rembourseront que mieux leurs épouvantables déficits. Cette
inflation, déjà annoncée par nombre d'observateurs, contribuera à l'élévation du prix des matières premières, dont le baril. Mais de combien l'inflation  ? 2, 4, 5 % ? ces chiffres sont
ridicules face aux variations constatées des commodities. C'est qu'il y a un coefficient, à vue de nez 3x.


 


En résumé de tout ça, je parierais bien sur un baril encadré par 75-125 USD en 2011.