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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 20:30

Quelle chute, mes amis !

On est retombé au niveau de fin 2010 - début 2011. Certes, ce n'est pas la dégrindolade de fin 2008, mais quand même. Voilà qui va nous coûter une entrecôte, sans doute.

Selon la sensibilité de son interlocuteur, on expliquera cela par la dégradation de la situation économique occidentale ou par le fait que Daech brade le pétrole irakien pour financer ses combats.

Prix-du-baril-en-euro-et-en-dollar---2014.10.png

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Published by Aerobar Films - dans Indicateurs
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commentaires

Env2100 05/11/2014 13:57


Je reconnais que les grandes manoeuvres autour du prix du baril commencent à m'échapper, mais je tente un dernier effort.


 


La conjoncture crée de la structure : quand on provoque artificiellement du pétrole cher (par tout moyen à disposition, historiquement ce fut par intervention massive des
courtiers de Wall Street qui, en 2005-2007, ne savaient où poser leurs liquidités), on génère du pétrole cher : les producteurs classiques sont parfaitement heureux d'un
différentiel monstrueux, et les producteurs expérimentaux trouvent toutes sortes de justifications (par ex.: la fameuse "indépendance énergétique") pour produire du pétrole cher. On a donc mis
une (petite) décennie pour s'habituer, mentalement et économiquement, au pétrole cher (100USD). Je rappelle au passage qu'il y a une (petite) décennie, un baril à 100USD semblait être la porte de
l'enfer pour certains. Les soubresauts d'une économie stupide sont tels aujourd'hui que le réel prix de l'énergie en général, et du pétrole en particulier, est au 42e rang de
préoccupation des décideurs.


Or il s'est passé deux choses : 


- le pétrole du Golfe (comprendre : proche, facile, pas cher, à moins de 500 km d'un port) a franchi son pic. Il reste encore *beaucoup* de pétrole, mais pas forcément doux ou proche ou facile.
On peut considérer 60 USD comme un prix plancher pour l'avenir, en dessous duquel nous verrions  des *désinvestisssements*.


- les Saoudiens sont passés du stade "pays sous tutelle" (février 1944, accords du Quincy) à "pays vaguement indépendant" (1980, rachat définitif de Aramco qui devient Saudi Aramco) à "pays
vaguement dangereux" (2001, chute du WTC) puis à "pays concurrent" : les Saoudiens se sont dotés d'une structure de vente sophistiquée (gestion de futures) dès 2012, et sont de plus largement
équipés en unités de raffinage pour leur brut acide, leur donnant deux capacités d'action supplémentaires. Ainsi, ce pays sans culture apparente, sans complexes, sans dépendance s'est hissé au
plus haut niveau de la diplomatie mondiale : faire chier les Etatsuniens, capacité dont nous (Français) nous sommes privés en nous soumettant volontairement (et stupidement) en réintégrant
l'OTAN, sous la présidence d'un nain que je ne nommerai pas.


 


Lesdits Saoudiens présentent pourtant un caractère traditionnel : ils gèrent leur force de frappe commerciale en bon père de famille, ce qui les rend curieusement prévisibles. Le pétrole de
schiste en général, et du Bakken en particulier, joint à l'inversion du pipe Seaway (encore en 2012), ont rendu au WTI une vigueur oubliée. Cet afflux soudain à Cushing aurait sans doute provoqué
une chute plus brutale encore du WTI si le Pony Express n'avait subi des revers de réalisation. Tout d'un coup, les Etatsuniens (re)passent "de pays dépendant au pétrole" à "pays tirant plein de
pognon du pétrole".


 


Les ordinateurs saoudiens ont donc, sans agressivité, calculé qu'il faudrait être un peu plus présent dans cette région du monde, puisque la Chine continue d'absorber tout ce qu'on lui vend à
n'importe quel prix. Les Saoudiens ont donc préféré la part de marché au bénéfice, le futur au présent : devant la légère chute de prix à Cushing, ils n'ont pas faibli, et ont au contraire
diminué leurs propres prix à destination des USA (tout en les augmentant à destination de l'Asie, faut pas déconner). Oui, les Saoudiens jouent contre les producteurs de brut Etatsuniens, et
continuent de produire les mêmes quantités de pétrole, en dépit d'une conjoncture économique morose.


 


Les Etatsuniens ne peuvent rien faire contre cela :


- les premiers fautifs du pétrole cher, les boursiers, ne sont nulle part quand on les cherche


- le pétrole en chute affaiblit l'ennemi N°2 des USA, la Russie de Poutine


- le pétrole bon marché ranime son économie, et favorise les nouveaux maîtres du monde, les financiers.


 


Tant qu'on reste au-dessus de 60€ le baril, il ne se passera rien. Je doute que nous voyions un baril à moins de 60 USD. Il est désormais utile de considérer l'Arabie Saoudite comme une force
commerciale de taille mondiale. Même si ce pays ne représente aucune capacité militaire ou diplomatique, son action quotidienne va bien au-delà de celle du Qatar (dont on nous rebat les
oreilles), ou même de la France. J'en veux pour preuve l'année 2018, qui verra la Chine et le Royaume du Pétrole Amer signer des accords à très long terme.


 


L'entrecôte c'est une Arlésienne : on en parle beaucoup, mais...

vincent 03/11/2014 10:27


ou peut-être est ce pour re-tuer La Russie qui ouvre trop sa geule...

phyvette 02/11/2014 09:32


Certes daesh braderait son pétrole à moins de 20 us$, mais dans des volume qui ne sont pas impactant sur le marché mondial, ce ne peut pas être une cause déterminante.


La seule raison valide à cette baisse est l'abondance de l'offre USA/Arabie-Saoudite, le duo voulant punir l'Iran et la Russie en les frappant au
portefeuille.


 


Voir le dernier papier de Mattiheux Auzanneau : http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/10/31/le-petrole-pas-assez-cher/#more-11356


 


Pour l'entrecôte, je confirme, miam-miam-schlurppp...!