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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 21:14

Suite à notre dernier article, un de nos fidèles lecteurs nous faisait remarquer que nous poussions un peu notre aïeule dans les Urticacées en prétendant que le prix reflétait désormais le mythique équilibre offre-demande du fait de la disparition des spéculateurs.

Avouons-le humblement (et rapidement) : notre contradicteur a raison.

Pour trancher la question, nous avons en effet mis au point un indice inédit, l'AFOSI (Aerobar Films' Oil Speculation Index) qui est la moyenne sur 30 jours glissants des variations journalières du cours spot du baril de Brent, en valeur absolue. Nous le déclarons sensible à l'intensité spéculative, car celle-ci se nourrit essentiellement de fortes variations des cours, à la hausse comme à la baisse, sur de faibles échelles de temps.

AFOSI-2010.08.jpg

Avec une valeur actuelle de 1,7%, en hausse, l'AFOSI montre que nous sommes proches de la moyenne décennale : autrement dit, l'activité spéculative est parfaitement ordinaire.

bulliste.pngGrâce à la profondeur de la série de données obligeamment fournie par l'EIA, on peut noter que la seule période où la spéculation a vraiment été faible correspond à l'après-Guerre du Golfe et à la crise économique qui l'a suivie. Quant aux périodes turbulentes, hormis le fameux "super-spike" de 2008, il y a l'invasion du Koweït en 1990 qui fixe le record historique ainsi que la tranche 1998-2001, période hautement bullesque s'il en est.

Finalement, le prix "fondamental" du baril est peut-être donc bien vers les 50 dollars.

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Published by Aerobar Films - dans Au Pays de l'Or Noir
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miniTAX 07/09/2010 13:29



Le prix en $ non corrigé de l'inflation ni du PIB mondial ne signifie pas grande chose, sauf dans la vision simpliste et fausse des pichuileux.


Le prix du baril ramené ramené au coût horaire n'a pas cessé de baisser depuis des décennies. S'il devait y avoir peak, c'est peak main d'oeuvre. Bref, tout le contraire de ce qui ont prédit
depuis des décennies les déplétionnistes néo-multhusien.


C'est k.n la réalité ! Mais c'est vrai qu'elle ne compte pas pour les bigots.



E2100 07/09/2010 09:49



De 1927 à 1971, les compagnies pétrolières ont décidé du prix du pétrole au cent près. De 1971 à 1983, l'OPEP a progressivement (et maladroitement) mis la main sur le prix, qui a en fait échappé
à tout le monde, et a inclus un peu d'offre-demande et déjà beaucoup de crainte boursière irraisonnée. De 1983 à 2000, l'énorme surcapacité mondiale non contrôlée a simplement fait effondrer le
prix ; de 2000 à nos jours, le pétrole, devenu commodity, a totalement échappé aux opérateurs ci-dessus pour ne plus dépendre que des décisions prises par les boursiers généralistes (période dite
"On s'en fout du sous-jacent !"). Vouloir analyser le cours du pétrole aujourd'hui consiste à proposer une explication des cours de bourse des matières premières, exercice aventureux. J'avoue mon
incompétence sur le sujet, mais on peut envisager quelques points : la politique de la Nation ne dépend pas encore de ce blog.


Rappelons une loi boursière forte : le boursier aligne sa position sur celle du plus bête. Supposons en effet un incendie majeur dans un grand pays céréalier, fortement médiatisé : le boursier le
plus bête va ignorer l'état des stocks mondiaux et acheter du blé, ce qui va faire monter son cours. Les boursiers généralistes, sachant cela, vont également acheter, puisqu'ils savent que leurs
confrères vont le faire, ce qui va faire monter les cours encore plus ; quand le pic de transactions est franchi, les courtiers professionnels vendent à un cours élevé, faisant ainsi chuter le
cours, qui revient à sa valeurs pré-crise, enrichissant les boursiers généralistes aux dépens des opérateurs lents et des opérateurs physiques.


Les valeurs qui me semblent impacter le cours des matières premières sont internes et externes.


indice des cours des matières premières : les courtiers cherchent à acheter en bas du cycle et à vendre en haut ; un cycle de +/- 2% est suffisant pour générer des bénéfices

déclarations des organismes officiels et responsables politiques

événements ayant une influence prétendue sur les cours (hurricane, attentat au Nigeria, état des stocks d'hydrocarbures US, etc)

état général de l'économie : une multiplicité d'indices, parmi lesquels PIB trimestriel et chômage US

volume de transactions : ce dernier s'auto-référence de façon courante, à la hausse comme à la baisse. On suppose que les courtiers ont une multitude d'indicateurs leur ordonnant d'acheter ou
de vendre ; comme ils ont souvent les mêmes, une augmentation des transactions entraîne une accélération dans le même sens - le bruit s'amplifie jusqu'à devenir du signal. De tous les paramètres
ci-dessus, c'est celui que j'ajouterais en tête.



Tous ces paramètres semblent rendre le cours du baril hautement spéculatif ; on devrait obtenir une courbe assez erratique. En réalité, il n'y a eu que deux sous-périodes dans la période OSEFDSJ
: 2001-2007, avec une aversion au risque croissante vis-à-vis des valeurs mobilières, et donc un attrait croissant pour les commodities, pétrole compris ; puis 2008-2010, période reconnue comme
dépressive, avec une aversion au risque généralisée, et donc une conduite excessivement prudente, donc à variations faibles.


Je fais le pari que les cours du pétrole (comme ceux des commodities en général) reprendront un cours erratique (on pourrait valablement dire chaotique) dès que l'économie mondiale (et
particulièrement US) donnera des signes de reprise.


J'ajoute pour mon camarade energy_isere (que je salue au passage) que l'OPEP se déclarant satisfaite d'un baril à 80 dollars, c'est équivalent à un homme fêtant son anniversaire et déclarant "Je
suis heureux d'avoir 40 ans" : tant mieux pour lui, parce qu'il n'y peut rien.



energy_isere 06/09/2010 19:52



L' OPEP se fiche de savoir quel est le "prix fondamental" du pétrole.


Pour l' OPEP ce qui compte c'est "le bon prix" pour le pétrole à savoir la fourchette 70-80$.






"Entre 70 et 80 dollars (le baril), tout le monde est content" a dit le ministre saoudien du Pétrole Ali al
Naimi. "Le prix actuel est bon pour les consommateurs, les producteurs et les investisseurs."


http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?p=261634#p261634