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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 07:00
A l'heure où on ne sait plus faire de films de SF sans images de synthèse, lunettes 3D et budgets somptuaires, nous avons découvert une petite pépite de cinéma déjà vieille d'un demi-siècle, mais qui ne le fait pas : la Jetée (1962), de Chris Marker.

jetee-2.35.jpg
Chris Marker, comme son nom ne l'indique pas, est français. La jetée dont il est question, c'est celle de l'aéroport d'Orly, fermée aujourd'hui, d'où les Parisiens des Trente Glorieuses allaient admirer les avions le dimanche.

L'ouvrage se veut clairement expérimental : une demi-heure seulement, et tout en images fixes : c'est en fait un diaporama commenté. Les images sont volontairement quelconques : ce sont des instantanés noir et blanc souvent mal cadrés, parfois légèrement flous.

Mais ces limitations techniques, qui ont dû rendre le film encore moins cher à produire que les films subjectifs du XXIème siècle type Blair-Witch Project ou Paranormal Activity, apportent du sens au scénario : cette succession d'images forment un mélange d'impressions, de souvenirs et de reportages donne du relief à une histoire beaucoup plus difficile à développer avec les moyens hollywoodiens : sous la surface d'une Terre ravagée par la Troisième Guerre Mondiale, un prisonnier est l'objet d'expériences scientifiques visant à le faire voyager dans le temps. Il finit par réussir à partir dans le passé d'avant, et y rencontre une femme... Vous aurez peut-être reconnu là le synposis de l'Armée des Douze Singes (Gilliam, 1995), qui en est effectivement son remake à grand budget.

Cette copie a d'autres vertus que l'original, notamment sur le plan distractif. Mais la qualité artistique de la Jetée rend ce court-métrage intemporel : le futur post-apocalyptique qu'il décrit - en faisant partie pourtant des premiers de ce genre - nous paraît encore dans le futur, cinquante ans après, tandis que le passé nostalgique des avions sur la jetée fait également partie de notre histoire lointaine.

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Published by Aerobar Films - dans On a vu - on a lu...
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commentaires

phyvette 16/03/2010 21:03


-Hé doc, il y a un probléme, la DeLoreane ne pourra pas se garer devant l'Hippopotamus de la place des Ternes.

Le 8 mars 1969 ce restaurant n'éxite pas encore.



-Pas grave Marty je vais régler le GigoWatt mutitemporel sur le 8 mars 1980...


E21OO 16/03/2010 12:00


J'ai rêvé ou le 8 Mars est passé ?


Aerobar Films 16/03/2010 13:37


Bonjour

ceci est un message automatique.

nous sommes actuellement en voyage temporel dans les Trente Glorieuses. Veuillez rappeler ultérieurement




phyvette 15/03/2010 22:36


Précision ; nous étions en 1969, Roissy-Charles-de-Gaulle était un projet, et le tarmac d'Orly était plein de Caravelle, autre fierté nationale.

Sous les préaux on chantait la Marseillaise...

Une autre époque ; une éternité.
A la radio, Jean Ferrat chantait "Camarade", il venait de comprendre le bougre.

Le Club de Rome n'avait pas encore remis son rapport, les comptes publics était a l'équilibres pour le moins.

L'essence ordinaire moins cher que l'eau d'Evian permettait de propulser une 404 à 100 km h avec 10 litres au cent sur la N4.

Nous n'avions pas encore atteint les rendement décroissant.
Pas encore buttés sur la loi de l'élément limitant.
Et Carnot était surtout un ex président de la République.


Joyeux temps de l'insouciance, ou le nuke civil était une promesse pour les générations futures.


Dommage que la médecine moderne ait sue soigner une péritonite. La suite ne sera pas aussi réjouissant, et sans vouloir faire la "Dinde de Noël", j'ai bien peur que les prochaines années soit pires
encore.

Aller un Valium avec la camomille et au lit.


phyvette 15/03/2010 20:50


Vers l'âge de 9 ans toute ma classe de primaire fut transportée sur ce balcon en surplomb des pistes de l'aéroport d'Orly.

Une jounée découverte d'une magnifique réalisation de la France de "Mon Général". Pas du bourage de crane, non, la simple satisfaction de vivre dans un pays en pleine croissance (proche de la
suchauffe économique).

En ce temps les Français mangeaint moins d' anxiolytiques.


Aerobar Films 15/03/2010 21:31


Hé oui, maintenant on préfère emmener les enfants voir Home, comme ça on est sûrs qu'ils se
suicideront avant l'âge de la retraite.