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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 19:07

Reiser---la-pollution.jpgEn réaction à notre révélation sur les lieux les plus pollués de Paris, un de nos lecteurs pensaient que les particules issues notamment des plaquettes de freins des rames de métro étaient moins nocives que celles émises par les moteurs thermiques. Il n'en est rien, puisque :

La paroi interne des poumons est constituée d’un épithélium, c'est-à-dire d’un tissu composé de cellules étroitement jointes, à l’image d’un dallage. Or les particules de freins provoquent un phénomène oxydatif qui va rompre l’étanchéité entre ces cellules.

Cette citation est extraite d'un article du Monde d'aujourd'hui intéressant à plus d'un titre.

En particulier, il faut noter la méconnaissance crasse que nous avons de la qualité de l'air que nous respirons au quotidien : quelques rares études commencent seulement à retirer le voile qui recouvre la réalité de l'atmosphère urbaine ou campagnarde. Contrairement aux questions climatiques, la pollution atmosphérique se répand dans un quasi-désert scientifique, et il n'existe pas d'équivalent du GIEC pour fixer le consensus et le vulgariser auprès des décideurs et du grand public.

De même, on cherche péniblement à identifier des personnalités politiques ou médiatiques qui se seraient emparées de la cause. où est la Brigitte Bardot des bébés-particules, la Frigide Barjot des PM10 pour tous ?

Il n'existe pas non plus de grandes conventions internationales annuelles, où on discuterait de renforcer les règlementations mondiales au milieu d'un aréopage d'écologistes mondains de tout poil venus profiter de la notoriété de l'événement.

Pourquoi ? Peut-être parce que la question climatique est le soldat Ryan de l'environnement, le petit dernier qu'il faut absolument sauver vu que tous ses autres frères ont péri au combat.

Sans doute aussi parce que la pollution de l'air est quelque chose de difficile à réduire à des indicateurs simples comme la concentration mondiale de CO2 ou l'élévation du niveau des mers : il y a des choses qui favorisent le cancer, d'autres qui nous rendent simplement plus souvent malades, d'autres encore qui réduisent nos capacités sportives. Bref, on rentre tout de suite dans des discussions épidémiologiques qui échappent à l'homme de la rue.

Enfin, c'est aussi parce que la célèbre citation de Jacques Chirac au Sommet de la Terre de 2002, "notre maison brûle mais nous regardons ailleurs", doit être comprise non pas comme une dénonciation de l'inaction de l'humanité face à au changement climatique, mais plutôt comme un constat d'une focalisation excessive de nos énergies sur des problèmes, sinon secondaires, en tout cas ne nécessitant pas l'urgence que certains lui affectent : la "maison qui brûle", c'est la pollution physique et chimique de l'air intérieur et extérieur, de l'eau, du sol... Nous regardons "ailleurs", les yeux rivés sur un thermomètre planté dans l'arrière-train de ce que sera peut-être la planète dans 85 ans.

Si nous nous intéressons au climat, c'est peut-être à cause d'un phénomène de bulle médiatique spéculative, née dans un domaine où les lobbies industriels n'étaient pas assez puissants ou inattentifs pour la crever dès sa naissance, alimentée par l'esprit entrepreneurial des concepteurs de marchés financiers - établir une bourse du carbone, il fallait quand même y penser - et soutenue par les puissances émergentes qui y voyaient une occasion de ralentir fiscalement la croissance des pays développés.

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