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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:00
avatar-now.jpgLa chimère cachée dont il est ici question, c'est tout simplement le blockbuster du moment, Avatar.

De même que les images y paraissent en trois dimensions, trois composantes cinématographiques fondamentales alimentent à la fois le texte et l'image de cette super-production hollywoodienne.

La première est bien évidemment le western, et particulièrement Little Big Man pour sa trame méchants Blancs contre bons Indiens, reprise notamment par Danse avec les loups et Pocahontas.

La seconde composante provient des films de Miyazaki : on y retrouve cet esthétisme d'une nature luxuriante mais parfois hostile (Princesse Mononoke), ainsi que le thème typique de l'homme qui lutte contre son environnement (Nausicaa et la Vallée du Vent). De nombreux décors semblent avoir été piqués au Château dans le ciel.

La dernière composante est évidemment l'univers du space opera, avec l'archétype Retour du Jedi où les longilignes Na'avi glabres et sexy sont remplacés par les minuscules Ewoks poilus et ridicules.

En plus - en peluche pourrait-on dire puisqu'on évoquait les Ewoks - on trouvera par-ci par-là quelques autres références à d'autres classiques, par exemple Apocalypse Now ("Walkyrie 25, à l'attaque !") ou bien même Matrix pour le dédoublement des personnages dans deux univers.

Bref, loin d'annoncer un nouveau genre de film, Avatar n'est qu'une nouvelle synthèse du meilleur d'Hollywood. Au moins, on n'y retrouve pas le pire : c'est ce qui rend le film regardable, avec ou sans lunettes.

Regardable, mais pas écoutable : car autant les oeuvres citées ci-dessus ont également laissé leurs traces musicales dans l'histoire du cinéma, autant la bande-son d'Avatar est proprement indigente et se résume à de bons bruitages soutenus par de la musique d'ambiance.

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Published by Aerobar Films - dans On a vu - on a lu...
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commentaires

flessard 05/02/2010 13:26


Meme niveau de déception de ma part, et vos commentaires je ne puis que acquiescer.
Je m'étais dit qu'avec tout ce pognon mis à la disposition du projet, 250 000 000 de billets verts (mazette! C'est pas d'la petite bière!) il ne pouvait pas y en avoir pour engager un ou deux
scénaristes de plus pour relifter l'histoire?
Et bien non, je me suis répondu moi même en me disant que si j'étais producteur de ce film, et bien, Sacré Nom de Dieu, je me serais juré d'investir 250 000 000$ pour être sûr de retrouver tout mon
pognon, pas de le prendre des risques à la loto . Alors j'aurais engagé le meilleur scénariste qui m'inventerait l'histoire qui ratisse le plus large possible , de 7 ans à 77 ans ,avec un
histoire-béton pour lobotomisé. Et croyez moi c'est de la business tout ca, on veut du rendement pas une avancé scénaristique, et le pognon on veux être sûr de le ravoir le plus vite possible. Si
par pur hasard on fabrique une perle, et bien , messieurs, c'est le hasard. On prend quand même le pognon et on se essaye de maximiser le filon.

Ceci dit, je trouve que Cameron fait du film d'immersion, malgré ce que son style nous laisse croire à premier abord. Titanic a été pour moi une belle aventure non pas pour son scénario, mais pour
l'impression que j'ai eu de vivre vraiment les dernières heures sur ce bateau mythique. Avatar, c'est pareil. La 3D nous immerge sur cette planète étrange, et malgré la superposition d'une trame
''western' comme scénario, c'est cette planète Pandora qui est en vedette. Mais un film d'immersion sur une planète imaginaire en 3D pour 250G$ ce n'est pas vendeur. D'où ce scénario fourre tout
pour vendre. Business is business. Mes biscuits aux gingembres écolo-équitable se vendent beaucoup plus dans mon magasin depuis que j'y met plein de pépites de chocolat sucré...


DenQ 02/02/2010 19:27


Avatar c'est nul, j'ai droit de le dire ?
Scénario nul (aucune surprise), histoire nulle (archi remake), acteurs nuls (en particulier le marine qu'on voit aussi dans devinez quoi ? Terminator Renaissance), musique nulle. Stéréotypes
américains. Ils sont vraiment débiles ces amerloques avec leurs militaires partout, et moi aussi d'avoir dépensé de l'argent pour voir ça. La 3D c'est cool pendant 5 minutes, ensuite on regrette
que ça bouffe toute la lumière et que ca brouille l'image.
Il reste les images de synthèse mais qu'est-ce qu'on s'ennuie ! On se dit: c'est pas possible, il ne va pas se passer ce que je pense qu'il va se passer. Et bien si ! Pendant tout le film.


Aerobar Films 02/02/2010 20:31


C'est un peu dur mais globalement on est plutôt d'accord...



E21OO 02/02/2010 13:54


Nous découvrons ainsi que notre ami Aerobar parle couramment le japonais, ce qui explique sans doute sa capacité à rerster zen quel que soit le contenu des commentaires sur ses billets.


Aerobar Films 02/02/2010 16:49


On peut comprendre vaguement Miyazaki sans avoir besoin des paroles ! Mais soyons francs : on met quand même les sous-titres...

L'avantage de la version japonaise, c'est que les paroles correspondent mieux aux mouvements des lèvres et que les voix sont plus diverses et "collent" mieux aux personnages. Les studios de
doublage ont le désagréable défaut de toujours faire appel aux mêmes comédiens.


E21OO 02/02/2010 10:31


Cameron n'est pas avare de ses mots et a livré un paquet d'infos sur ses inspirations. Il a confirmé que le western en fait partie (la scène du Toruk makto est carrément du rodéo) et en particulier
Danse avec les loups, refusé l'hypothèse Miyazaki, pas parlé de Chasseurs de Dragons (que je recommande), et invoqué les gravures chinoises des montagnes du HuangShan pour les collines flottantes,
ce qui paraît un peu exagérément culturel. Il me souvient quelques couvertures de livres de SF à bas prix, qui n'étaient pas forcément reliées au sujet de l'ouvrage (ça permet de recycler), dont
l'une était typiquement ce qu'on voit dans ce film, et Cameron a lu beaucoup de SF, en plus d'en faire. Le sujet est en effet bateau, mais depuis Romeo et Juliette, que faire de mieux ? Je trouve
aussi que la bande-son n'est pas mauvaise, elle est nulle, inexistante, comme si Cameron avait refusé qu'elle volât la vedette à l'image : il faut un peu de courage pour confier son film à Miles
Davis.


Aerobar Films 02/02/2010 10:48



Depuis Romeo et Juliette, que faire de mieux ?
A ses débuts, Cameron avait pondu le scénario de Terminator, bien plus original dans le PNH (Paysage Narratif Hollywoodien). Il est vrai que la musique de film n'a jamais été
son fort : à part le lancinant thème des machines de Terminator 2, on retient surtout de Cameron ses plans à grand spectacle. Mais est-ce faire du cinéma que de se contenter d'aligner les
plans spectaculaires à tous les sens du terme ?

Cameron peut rejeter la composante Miyazaki, elle est pourtant indéniable. Réalisé en animation 2D, Avatar aurait été vu comme un pur produit des studios Ghibli ; il y a aussi une composante
"belles images et ballets aériens" chez Miyazaki, qui est d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle nous les visionnons systématiquement sur grand écran, et en japonais, mais ceci est une autre
histoire.


amourabi 02/02/2010 07:48


J'ai vu ce film en 3 D et en numérique, c'est en dehors de tout autre facteur, un magnifique spectacle que je recommande totalement. Il s'agit vraiment d'une avancée dans ce domaine qui fait
paraître les autres films bien fades. L'histoire est tout à fait convenue, mais si je me déplace pour voir un film dans une salle ce n'est pas pour regarder une histoire intimiste, mon home cinéma
est là pour ça, mais pour voir un spectacle et là c'est réussi.


Aerobar Films 02/02/2010 09:15


C'est donc à rapprocher du cirque de nos aïeux : les numéros de clowns et de dompteurs étaient tout autant convenus, mais ce qui comptait c'était l'ambiance, l'odeur des fauves...