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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 09:30

Avec l'ouverture du Salon de l'Auto et les rafales d'annonces électrisantes qui s'en suit, on a parfois du mal à cerner le phénomène de la voiture électrique (VE) tel qu'il se présente aujourd'hui. Pourtant, la paysage est plus simple qu'il n'y paraît.

battery-car-300x300.jpgTout d'abord, sachez qu'aucun constructeur ne vise aujourd'hui l'homme de la rue : si les véhicules présentés ne vous semblent pas suffisamment convaincants sur le plan de l'autonomie pour vous faire abandonner votre véhicule thermique, c'est tout à fait normal.

Mais alors, où sont les clients ? Tout simplement dans les entreprises et les collectivités : c'est ce qu'on appelle les flottes. Il faut savoir qu'en France aujourd'hui, ce marché a dépassé celui des particuliers, notamment grâce aux loueurs courte et longue durée auprès de qui de plus en plus de personnes viennent emprunter, moyennant contrepartie, un véhicule plus ou moins personnel.

Ces flottes ont un usage parfaitement connu, notamment les véhicules chargés d'effectuer des tournées urbaines. Il est donc facile d'en remplacer une partie par des véhicules électriques sans prendre trop de risques de panne sèche, et l'investissement en bornes de recharge est limité : il suffit d'en établir quelques-unes sur les parkings privés où dorment la nuit ces véhicules de société ou de collectivité.

Les acheteurs de véhicules de flotte ont un énorme avantage : ils sont rationnels. Ils se fichent du design ou de l'image de marque : ce qui compte pour eux,, c'est la satisfaction de l'usage au moindre coût. Comme dans les bouquins d'économie !

Nos lecteurs aînés se souviendront que le moteur diesel lui-même a également profité de la logique  rationnelle des flottes pour s'implanter et se développer : dans les années 1970, seuls quelques taxis osaient le gazole sous le capot de leur bruyante Peugeot 504. C'est par ces premiers débouchés, également favorisés par une fiscalité avantageuse, que l'expérience des motoristes s'est développée et a permis progressivement au diesel de détrôner l'essence.

Une variante semble se développer : les solutions d'auto-partage type Autolib. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est là que se trouve les plus grands points d'interrogation : le succès de Vélib - quoique relatif car le coût total en reste assez élevé, si on compte les vols et vandalismes - ne garantit pas le succès d'Autolib et consorts. C'est pour ce marché à l'iportance hypothétique que sont développés, à plus ou moins grand frais, les Mu, Twizy et autres e-smart.

Et Tesla Motors et son Roadster à 100 000 dollars ? Le prix même suffira à vous convaincre qu'il ne s'agit pas là d'un produit véritablement grand public. Ses performances remarquables sont obtenues par une quantité de batteries embarquées doublée par rapport aux autres VE, et par une structure et une carrosserie en carbone, très légère mais très coûteuse d'entretien : le moindre "pet" se transforme en trou irréparable, il faut changer la pièce entière.

Y a-t-il une concurrence entre VE et hybrides ? Non. L'hybridation est juste une façon de faire passer aux véhicules thermiques les règlementations antipollution de plus en plus draconiennes. Le client qui achète une hybride achète en fait une thermique. A long terme, quand le pétrole sera devenu bien plus cher, il y aura sans doute une segmentation bien nette du parc automobile : des petites et moyennes voitures électriques pour tous, des grosses bagnoles thermiques statutaires et/ou sportives pour ceux et celles qui ont besoin de s'afficher au volant de tels objets. Une voiture hybride est forcément beaucoup plus chère qu'une voitutre thermique "pure" de puissance équivalente, même si vous l'assemblez en Chine avec des équipements d'origine chinoise.

Pour généraliser, risquons une analogie de la loi de Moore pour établir la loi d'Aerobar : si la puissance des microprocesseurs double tous les dix-huit mois, on peut estimer que la capacité des batteries devrait doubler tous les huit ans. Même si des révolutions scientifiques se font jour, il faudra du temps pour valider et certifier l'usage de ces batteries dans la vie courante et construire l'outil de production capable de fournir en masse la technologie. La voiture électrique grand public réellement concurrente du véhicule thermique, avec une autonomie proche de 500 km et un coût similaire, devrait donc être disponible vers 2025. C'est à la fois peu et beaucoup : le GSM a mis également vingt ans à conquérir la planète, et il y a dix ans encore, il se trouvait encore beaucoup de sceptiques démontrant par A+B que le mobile GSM était cher, sans intérêt pour le grand public et qu'il resterait donc un joujou pour cadres supérieurs.

Debunking Institute 80x80

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Published by Aerobar Films - dans Transports futurs
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commentaires

E2100 20/10/2010 01:43



Le VE s'imposera à la vitesse qu'il voudra, les 2% du parc en 2020 me paraissent toujours crédibles.


En ce qui concerne l'augmentation de la capacité des batteries, autant je la vois bien doubler dans les 8 ans qui viennent, autant je doute qu'elle aille beaucoup plus loin, ne serait-ce que
parce qu'elle sera alors bien suffisante. En revanche, nous ferons des progrès continuels sur la vitesse de recharge, la durabilité, l'effet mémoire etc. Ces progrès vont modifier notre façon de
gérer l'énergie mondialement ; le développement des capacités d'acheminement supra-conductrices nous fournira des solutions nouvelles. La revanche de la fée électricité se prépare tranquillement.



pierre 04/10/2010 10:49



"Pour ce type de véhicule les contraintes sont les mêmes que pour un particulier."


 


Exactement, ces contraintes sont même souvent supérieures, un taxi parisien c'est 200 ou 300 km par jour (sur 10 ou 11h)



Aerobar Films 04/10/2010 21:03



N'oublions pas que la solution proposée pour les taxis reposent sur un changement rapide de batterie, à la façon Quickdrop de BetterPlace.



miniTAX 04/10/2010 10:40



Monsieur Picque Oil et madame Cata Climatik ont le plaisir d'annoncer leur nouveau bébé baptisé Electricar, après de multiples mort-nés dans les années 80 et 90. Le petit bout de chou est
dorlotté par tout le gratin des écolos des villes et fait la fierté de son parain, l'Etat, qui le couvre de cadeaux payés par les mouton-tribuables et qui n'hésite pas à éditer de nouvelles et
nombreuses réglementations en sa faveur.


 


Bien que né avec une cuillère en argent à la bouche, Electricar est un grand prématuré et souffre de graves malformations congénitales : un nourrissage long et difficile, une incapacité à faire
de longue distance, des performances minables comparé à son aîné de plus de 100 ans, sans parler du coût astronomique entraîné par ses longues années sous soin intensif, heureusement pris en
charge par l'Etat.


 


D'ailleurs, sa naissance difficile, sa survie fragile et son rejet par la population générale provoque de vives tensions entre ses parents, qui de leurs propres aveux ne l'ont enfanté que sous la
pression de l'omnipotent Parain. Loin d'apporter l'harmonie au sein du couple, il est évident que Electricar est un facteur qui va conduire au divorce prochain de ses parents.


Electricar disparaîtra alors dans une vieille institution pour handicapés moteur. Peak Oil s'en retournera radoter sur ses vieiles lunes déplétionnistes. Cata Climatik changera de religion et ira
faire l'ermite dans une grotte à l'abris de la montée des eaux. Le Parain-Etat aura trouvé un autre couple à subventionner : M Panik et Mme Alamode.  Les mouton-tribuables se retrouveront
marron pour s'être enflamé pour des chimères qui ont vidé leur poche.


C'est le cycle de la vie, qui se répète, répète, répète...



I.Lucas 04/10/2010 01:20



L'article indique que les ventes de voitures aux flottes privées ont dépassées celles aux particuliers.


Dans la plupart des cas ces voitures sont revendues à des particuliers au bout de 6 mois! Ce sont souvent des voitures de locations!


Pour ce type de véhicule les contraintes sont les mêmes que pour un particulier.


Cela réduit d'autant le potentiel des voitures électriques



Aerobar Films 04/10/2010 10:32



Pour ne prendre qu'un exemple, la Poste ne revend pas ses fourgonnettes au bout de 6 mois !



Phili2pe 03/10/2010 00:05



2025 c'est demain


hier, "C'est dans l'air" sur France 5 traité justement de cela en partie,


 il semblerai aussi qu'il soit nécessaire de se poser la question de la recharge, j'ai entendu qu'actuellement pour recharger certains véhicule à 80 en 1/2, " le chargeur" coûtait 45000€...


et perso comme puis-je faire, je n'ai pas de garage, bon j'habite au 1er étage et si j'ai la chance de me garer en bas de ma fenêtre je pourrais sortir un fil électrique mais sinon?


Il manque encore des infrastructures, c'est peu de le dire...



Aerobar Films 03/10/2010 16:15



Idem pour tous ceux qui laissent leur voiture dans la rue : la recharge nocturne n'est pas pour eux tout de suite...