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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 11:55

Nous nous permettons de détourner un extrait de la bande dessinée des Givrés publiée dans Spirou - à ne pas confondre avec les Indégivrables du Monde - en introduction à ce petit billet.

givres-2013.jpg

Ces dernières années, nul ne peut nier que l'écologie a eu droit à un grand retour sur le devant des scènes politique, économique et de la vie quotidienne. Ce mouvement était en première analyse animé par quatre courants de pensée :

  1. les piquistes, alarmés d'abord par le plafonnement prochain de la production mondiale de pétrole (peak oil) puis par la raréfaction plus ou moins proche et plus ou moins démontrée des métaux et autres ressources naturelles ;
  2. les réchauffistes, dont les fronts se perlent de sueur à la vue des courbes de température atmosphérique à la croissance plus ou moins inexorable ;
  3. les tiers-mondistes, obnubilés par la montée des eaux qui transformeraient des centaines de millions d'habitants du Globe à faibles revenus en réfugiés climatiques ;
  4. les décroissants, héritiers des critiques de la société de consommation - de Debord à Pasolini - mais ayant perdu l'ambition de changer le monde.

préserve la couche d usinesCrise économique et trucs de schiste ont réduit l'audience des piquistes ; rassemblés dans leur forteresse, ces derniers attendent patiemment leur heure. En période de crise, le tiers-mondisme - voire le quart-mondisme - perd également de la visibilité : plutôt que de s'intéresser aux pauvres de l'autre hémisphère, l'homme de la rue souhaite que les décideurs se préoccupent d'abord des pauvres qui envahissent ses trottoirs.

L'homme de la rue a même une secrète peur d'y finir lui aussi : s'il y a bien une espèce en voie de disparition rapide en ce moment, c'est l'activité productive occidentale : ses usines partent en Chine, ses centres administratifs en Roumanie ou au Maroc et ses espoirs de croissance sont dans les BRIC. Aujourd'hui, personne ne peut démontrer qu'un scénario catastrophe d'une France avec 10 millions de chômeurs est structurellement impossible.

Face à cette menace majeure, autant dire que l'effet papillon du CO2 qui sort des pots d'échappement et des cheminées tracasse de moins en moins les élites pensantes et les masses laborieuses. L'actualité rappelle par ailleurs jour après jour que ce sont plutôt les molécules complexes et les nano-particules qui semblent poser des dangers bien plus graves pour la santé publique.

Bref, comme le chante Carmen Maria Vega dans son dernier disque :

Les bidons dans l'Atlantique
Catastrophe écologique
Le changement climatique
On s'en fout !

Il ne reste donc qu'une seule issue aux mouvements écologistes s'ils veulent continuer à disposer d'une base électorale suffisante : un repositionnement sur le terrain de la décroissance, en se faisant le porte-parole et le soutien réel de cette fameuse France d'en-bas, celle qui a de moins en de moins de ressources et que l'Etat exsangue et endetté ne peut plus subventionner.

Il faudra sans doute adopter un autre mot que décroissance dont la connotation négative n'est pas supportable pour un parti de grande échelle ; on oubliera vite développement durable tellement l'expression a été galvaudée par les tiers-mondistes mondains. Sobriété ? Simplicité ?

Tout reste à faire.

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Published by Aerobar Films - dans Chaud devant
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commentaires

Env2100 08/07/2013 20:06


Merci M. Aerobar de nous faire reprendre un peu d'altitude avec les hautes latitudes.
Je croyais que 2050 serait la conjonction de trois problèmes :
- excès démographique avec 9 GHabitants
- début des difficultés d'approvisionnement de certaines matières premières
- début des réels problèmes liés au réchauffement, ce que nous constatons aujourd'hui n'étant que des signes avant-coureurs.


En fait il faut ajouter un quatrième facteur :
- détérioration irréversible de certains milieux utiles à l'homme, conduisant à une réduction de facto de la surface de la planète, au sens de l'empreinte mondiale. Il suffit de se promener un peu en Chine du Nord, dans certaines
parties des USA pour découvrir que d'immenses plaines anciennement fertiles se transforment en déserts, parfois même en déserts salés - il n'y a pas que la Mer d'Aral. Et je ne parle pas de
l'état des océans, encore un "res nullius" pour lequel personne ne lèvera le petit doigt.


La crise économique en 2007 m'a fait prendre conscience d'une chose : ma génération (les Baby Boomers) a emprunté à ses enfants une bonne part de son train de vie, en n'ayant aucunement
l'intention de rembourser. Et on voit bien aujourd'hui que rien n'est fait pour réduire le train de vie des retraités, faciliter les transferts d'héritage, ou même (pardonnez-moi d'aborder
brutalement un sujet qui touche au coeur), légiférer sur l'euthanasie. Pourtant, la crise est là : elle n'est pas potentielle ou envisageable : non, elle est là, et personne ne veut lâcher un
centime.


Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les trois autres crises ? On doit donc admettre une chose : les Baby Boomers, qui sont encore fréquemment au pouvoir, laisseront l'humanité s'enfoncer
dans ces quatre crises sans rien faire, si ce n'est s'en protéger eux-mêmes. C'est le paradoxe des "Trente jours avant la Fin du Monde", je vous en reparle.


Il n'y a donc qu'un conseil à donner aux jeunes, sachant que :
- le niveau de vie moyen réel ne cessera plus de baisser à partir de 2030 (Jancovici a dit "dès maintenant")
- avec une augmentation de température moyenne de +2°C en 2050, l'ensemble de la biosphère sera en mutation, avec des effets partout négatifs sur les cultures vivrières et sur les maladies
épidémiques
- seuls les pays restés riches et puissants parviendront à maintenir stable leur population 


Lisez entre les lignes et prenez vos responsabilités.

phyvette 26/06/2013 23:31


"on s'en fout du sous jacent" c'est de E2100.


 


Sinon la décroissance c'est vraiment de la balle. La décroissance économique, ce
n'est connoté négativement bien au contraire, ça tiens en une formule magique "Si c'est gratuit c'est dans mes prix". Et Dieux sais que du gratuit il y en a partout, il ne faut des fois même pas
se baisser.


 


La décroissance économique c'est ne plus rien payer si une alternative existe,
c'est la décroissance positive qui fais dire merde à Mon Trésor et zut à la GMS et crotte à la socité de conssomation marchande..


 


La décroissance économique c'est des grace-matinées et des siéstes monstrueuse,
c'est un portemonaie verrouiller.


 


La décroissance économique c'est la belle vie qui emportera le monde quand la
courbe de Laffer aura fais son oeuvre, en ce sens toutes hausses d'impôts et bonne pour la décroissance.


 


Vive Hollande plus grand président décroissant de la 5ème

xtoflyon5 25/06/2013 01:50


L'économie circulaire qu'ils proposent maintenant les zécolos.


http://www.fondation-nicolas-hulot.org/fondation/actualites#actu33867

Wendy 24/06/2013 17:57


les robots arrivent. le scénario catastrophe de 7milliards d'humains au chômage est envisageable.


la seule variable d'ajustement sur cette planète et dans le système mondial capitaliste c'est l'humanité.


on a passé "le pic humain". celui-ci, contrairement au "peak oil" est bien ressenti et exprimé par la Banque Mondiale, par exemple, qui prévoit des tensions sur l'alimentation avant 2025.


tous les blablas écolos sont dépassés. le club de Rome c'est dépassé. la transition énergétique ne commencera jamais. c'est juste inutile. ceux qui pourront payer auront l'énergie dont les
calories, les autres...quels autres ?


"fight club" ? c'est l'avenir "politique" ?


j'aime beaucoup votre expression "on s'en fout du sous jacent".


le sous jacent, en l'occurence, c'est l'humanité.


noir c'est noir ? je ne sais pas.

Zolpi 23/06/2013 14:15

Bonjour, Je trouve que vous devenez de plus en plus pertinent . Vous suit (par flux rss) depuis 4 ou 5 ans. Ancien décroissant sincère , réchauffiste par obligation propagandiste, piquiste par
esprit refractaire du monde actuel, et tiers-mondiste : pas du tout. A vous suivre.