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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 07:00
Comment se fait-il que les plus grands chefs d'Etat et les économistes les plus distingués consacrent une partie conséquente de leur temps - allant jusqu'à faire des devoirs à la maison (homework) pour se mettre à niveau, comme Obama - à échafauder des postures et des plans face à un péril certes préoccupant à long terme, mais qu'on ne peut pas délibérément classer comme Menace n°1 de l'Humanité, loin devant d'autres questions comme les pollutions chimiques, la prolifération nucléaire, les pandémies de tout poil ou la surpopulation ?

Peut-être tout simplement parce que le changement climatique offre un terreau conceptuellement intéressant pour construire de nouveaux mécanismes internationaux d'échanges économiques, avec en toile de fond la satisfaisante pensée qu'on oeuvre pour le bien des générations futures de l'humanité toute entière - excusez du peu.

Pourquoi donc passer tant de temps à donner un prix au carbone ou négocier des "transferts de technologie" que personne ne cherche à expliciter ? Non pas pour sauver des eaux ces îles emblématiques que personne ne sait placer avec précision sur une mappemonde, ou bien pour éviter une fonte totale des calottes glaciaires d'ici un bon millier d'années, ou encore pour empêcher la naissance de phénomènes météorologiques échappées des usines à effets spéciaux d'Hollywood : il s'agit tout simplement de trouver de nouvelles façons d'exploiter les liquidités toujours croissantes qui perturbent tellement les marchés traditionnels - des matières premières aux devises en passant par les actions - que ceux-ci ont perdu leur fonction première qui est de déterminer un prix d'équilibre entre l'offre et la demande réelles, et qui sont en grande partie fautives de la crise interbancaire de 2008.

Pour ne prendre qu'un exemple bien connu de nos lecteurs, l'ordre mondial établi du commerce international et des marchés de matières premières fait que l'OCDE se tire aujourd'hui une balle dans le pied en laissant ses élites financières propulser le prix du baril à des niveaux records, ce qui déséquilibre les balances commerciales et enrichit éhontément certains pays émergents peu reconnaissants : pour ces derniers, l'OPEP est une relique historique et désuète des anciennes pratiques de tenue des prix, puisque maintenant Goildman Sachs s'en charge.

Tant pis pour les activistes folkloriques qui croient qu'en allant peindre la Petite Sirène en vert dans la capitle danoise, ils "mettent la pression" sur les décideurs pour qu'ils fassent un geste fort pour la planète : le climat est un simple prétexte pour donner un nouvel élan au système économique mondial, dans un contexte où l'OCDE n'est plus la première puissance industrielle et où les ressources naturelles deviennent de moins en moins abondantes et bon marché. Il est temps de changer les règles du jeu, puisqu'elles ne nous permettent plus de gagner.


Croire que ce qui sera décidé à Copenhague stabilisera le climat, c'est comme croire que la raison d'être de l'OMC est d'éradiquer la faim et la misère dans le monde. Mais mieux vaut encore que l'ensemble des nations cherchent à monter des usines à gaz (à effet de serre) plutôt que de tenter de résoudre leurs différents par les moyens guerriers jadis invoqués dès que les déséquilibres économiques internationaux devenaient insupportables.

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