Lundi 29 juin 2009
Notre point de vue dit des Douze Salopeurs montre qui, chaque année, ose extraire de son sous-sol le carbone fossile qui s'échappe dans l'atmosphère.

CO2mètre 388ppm Un article récent d'ICE a attiré notre attention sur le fait que "davantage que la trajectoire de concentrations atmosphériques de CO2 (rester sous les 400, les 450ppm, avec quelle dynamique, etc...), c'est le total d'émissions accumulées qui compte".

Sans chercher à remonter jusqu'à l'invention de la machine à vapeur, on peut donc valablement s'intéresser à la quantité totale de carbone fossile émis par chaque pays, disons depuis 1990 puisque c'est l'année qui est souvent choisie comme référence pour mesurer les progrès réalisés par chacun en matière de contrôle des émissions.

De plus, en 1990, on était encore aux alentours de 350 ppm, considérée par certains climatologues comme la limite à ne pas dépasser ; rappelons qu'à ce jour, nous sommes au-dessus des 385 ppm, soit 35 ppm "de trop".

On peut donc lire le graphique ci-dessus comme la répartition des responsabilités dans le "froissage de tôles" climatique que nous avons collectivement provoqué, en attendant le futur accident catastrophique et lointain. La Chine y voisine les USA, mais la France apparaît également en tête du classement malgré son électricité nucléaire climato-vertueuse, faute au pétrole dont nous continuons à nous régaler goulûment.

Comme d'habitude lorsqu'on manipule les chiffres, il y a pas mal d'incertitude, notamment dûe au fait que la consommation nationale de pétrole brut n'est pas corrigée des importations/exportations de produits pétroliers : les pays qui exportent les produits de leurs raffineries sont donc légèrement défavorisés. Quoiqu'il en soient, les grands coupables des 35 ppm de trop aujourd'hui dans l'atmosphère y sont nommés sans erreur possible.

Le protocole de Kyoto reposait sur le paradigme d'une OCDE responsable de l'essentiel des émissions et autorisait de ce fait les autres pays soi-disant "en développement" - des pays comme la Corée du Sud ou le Mexique avaient réussi à être classés comme tel - ou à l'économie "en transition" - cas de la Russie et de ses anciens satellites - à émettre bien plus de CO2 que les Occidentaux.

Ces pays émergents ne s'en sont pas privés, puisque depuis 1990, si on en croit les chiffres de BP dont découlent notre analyse, les pays non-membres de l'OCDE sont responsables... de 60% du cumul des émissions.

l sera intéressant de voir si les "négociateurs climatiques" resteront cette fois-ci encore campés sur une position tiers-mondiste qui n'a plus guère de sens pour les années 2010. Les règles du jeu ont changé : à en croire notre  magnanime lectrice Karine, la Chine est désormais le premier marché automobile mondial, alimenté par une industrie chinoise qui ne connaît pas la crise.


Et si l'OCDE demandait à Copenhague le statut d'économie en transition ?


Par Aerobar Films - Publié dans : Gros temps sur la planète
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