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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 07:00
Constatant que notre climatomètre semblait pour l'instant stabilisé autour des +0,5°C, nous avons essayé d'estimer à quelle vitesse les conséquences majeures du changement climatique, telles que décrites par Mark Lynas, allaient se concrétiser.

En synthèse, on obtient ceci :

Si le réchauffement poursuit donc sa progression linéaire, on note qu'aucune personne vivant en 2009 ne connaîtra les phénomènes réellement catastrophiques à l'échelle de l'humanité : ceux-ci ne surviendront que vers la fin du siècle. En supposant que vous ayez un/une enfant aujourd'hui même et que celui-ci vive les 80 ans d'espérance de vie moyenne pour un Occidental, vous remarquerez que même lui/elle ne vivra sans doute pas les conséquences redoutables du réchauffement, qui ne battront son plein qu'au... 22ème siècle.

Notre méthode prédictive, essentiellement fondée sur la prolongation de droites et la simplification à outrance, est bien entendu scientifiquement discutable. Des gens plus compétents - des climatologues comme Jim Hansen ou Valérie Masson-Delmotte, par exemple - considèrent que nous sommes proches d'un point de basculement qui ferait brutalement s'accélérer le réchauffement et nous mettrait bien plus proches de la quasi-disparition des stocks de poisson océanique ou de l'effondrement de la production céréalière mondiale.

Le problème est, qu'en toute rigueur scientifique, ils ne peuvent pas tracer une courbe plus inquiétante, ne disposant pas aujourd'hui de suffisamment de faits pour cela.

Nul doute que de nombreux décideurs sur la planète ont fait également construire de telles chronologies... et en ont froidement tiré la conclusion qu'il est urgent de faire un petit quelque chose pour ne pas ensuite être mal jugé par l'Histoire, mais certainement pas de sacrifier ses acquis pour éviter une menace plus lointaine d'aujourd'hui que l'explosion de la première bombe atomique.

Voilà pourquoi il ne faut pas s'attendre à quoi que ce soit de majeur à l'issue des déjà fameuses négociations de Copenhague.

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Published by Aerobar Films - dans Gros temps sur la planète
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commentaires

amourabi 29/06/2009 21:07

suite

Concernant la T° au Groenland (courbe bleue), on retrouve bien la séquence réchauffement brusque - refroidissement long - réchauffement brusque, avec pour les réchauffements des durées respectives de 2-3 ans et 60 ans (le refroidissement fait qq siècles) - ce qui reste dans les clous, plus ou moins, de ce qui était connu avant. En revanche, et ce sont les résultats les plus frappants, l'indice de deutérium (en rouge à gauche), à chaucune des transitions autour du YD (froid-chaud, mais aussi chaud-froid), présente des transitions abruptes en 1 à 3 ans, indiquant des rechauffements ou refroidissements de la zone océanique source d'humidité de 2 à 4 °C. En comparant aux autres mesures, les auteurs en déduisent que cela ne peut en fait s'expliquer que par un changement de cette région source: c'est-à-dire en réalité une réorganisation de la circulation atmosphérique, d'un schéma glaciaire à interglaciaire (et réciproquement), quasi d'une année sur l'autre... Si cela est exact, le fait que l'atmosphère puisse subir de tels basculement en des laps de temps aussi court est assez stupéfiant... Les auteurs proposent ensuite, en se basant notamment sur l'étude des poussières, un scénario du déroulement de ces transitions abruptes, alliant "bipolar seesaw" et changement de circulation tropicale puis polaire.
Voilà pour le gros du papier, qui est en effet assez marquant. Néanmoins, annoncer qu'il faut "un an pour mettre fin à un glaciation" (ici) peut sembler un peu exgéré - notamment parce que la déglaciation semble déjà en cours à l'époque du YD - exgération dont il n'est nul besoin étant donné la force de ces résultats, et le challenge qu'ils posent à la compréhension du climat qu'ont les scientifiques

Aerobar Films 29/06/2009 21:23


Voilà qui est à la fois passionnant et inquiétant ! Il va falloir qu'on se penche de plus près sur ces recherches relatives aux abrupt climate changes.


amourabi 29/06/2009 20:57

Première partie de la réponse
L’existence de variations rapides et importantes (réchauffement de plus de 10 °C en quelques décennies voire moins, tout au cours de la dernière période glaciaire et de la déglaciation qui l’a suivie) a été documentée au début des années 1990 grâce aux forages réalisés au centre du Groen-land (GRIP et GISP 2) : 24 événements dits « de Dansgaard-Oeschger » (DO) y ont alors été iden-tifiés. La carotte de North GRIP confirme pleinement ces résultats et permet d’étendre la reconstruction du climat jusqu’à la dernière période interglaciaire il y a 123 000 ans. Mais dans ce domaine, les années récentes ont aussi été marquées par l’avènement d’une méthode permet-tant d’évaluer l’amplitude des réchauffements associés aux DO. Cette approche fondée sur l’analyse des isotopes de l’azote et de l’argon précise que ces réchauffements ont été importants, jusqu’à 16 °C. Ils confirment que l’interprétation classique des profils isotopiques enregistrés dans la glace (d18O ou dD), dont nous avons confirmé la validité pour les glaces de l’Antarctique, sous-estime, jusqu’à un facteur 2, l’amplitude de ces réchauffements rapides caractéristiques du climat du Groenland. On sait désormais que cela est dû à un changement, entre période glaciaire et interglaciaire, de la répartition des précipitations au cours de l’année (à l’inverse cette répartition est pratiquement inchangée en Antarctique).

amourabi 28/06/2009 19:18

Toutes les prévisions climatiques ont été faites sur des prévisions linéaires, comme si le climat était linéaire !!! Elles sont toutes fausses. Lors de la fin de la dernière glaciation il y a environ 6000 ans, les glaciers qui recouvraient l'Europe actuelle ont disparus en 1 an seulement et la température moyenne a augmenté de 12 degrés, ce qui est énorme. Il n'existe actuellement rien qui permette d'expliquer une telle variation aussi énorme et aussi rapide, confirmée par les derniers carottages glaciaires effectués au Groënland.

Aerobar Films 28/06/2009 23:26


Faire disparaître un glacier de la taille de l'Europe (du Nord) en une seule année semble impossible du point de vue climatique. D'où tenez-vous cette hypothèse ?


Bhag 21/06/2009 15:23

C'est bien vite oublier les variations naturelles. Facile de faire des prédictions en cachant les facteurs qu'on ne sait pas prévoir.

Aerobar Films 21/06/2009 16:51


Quelles variations naturelles cacherions-nous ?


klums 18/06/2009 10:32

"et nous mettrait bien plus proches de" ... le pesimisme a censuré votre phrase ?
---
"on" c'est nous et pas "eux" !
Il faut agir chaque jour de manière réfléchi avec notre environnement et surtout propager l'idée qu'un monde en croissance perpétuel n'es pas possible !

Aerobar Films 18/06/2009 18:59


Sorry, la phrase complète (restaurée désormais dans le texte) était "et nous mettrait bien plus proches de la quasi-disparition des stocks de poisson océanique ou de l'effondrement de la
production céréalière mondiale."