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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 10:00
La catastrophe du vol 447 occupe une partie conséquente des médias francophones, comme le montre l'image ci-contre générée ce matin par newsmap.

La plupart des experts semblent s'accorder sur l'hypothèse d'une rencontre fatale avec un orage du "pot-au-noir", cette zone frontière des climats de chaque hémisphère et plus scientifiquement dénommée ZCIT.

On nous présente ce cas comme isolé, et c'est probablement le cas.

Cela dit, et là nous rentrons dans la spéculation bloggesque qui nous caractérise, il pourrait en être différemment. En effet, l'activité de cette ZCIT est fortement liée à la température mondiale atmosphérique : on a déjà vu que le réchauffement climatique amènera probablement cette zone à se déplacer vers le Nord. Si, en plus, l'intensité des cellules orageuses qui émaillent cette ZCIT est amenée à se renforcer, toujours du fait du réchauffement, alors on pourrait, à moyen terme, voir notre planète régulièrement ceinturée d'une ligne orageuse s'étendant sur des milliers de kilomètres.

Cette frontière météorologique ne gênerait pas les activités terrestres, hormis quelques cas d'inondations faciles à contrer ; elle menacerait peu les activités de la marine marchande, qui ne craint plus guère les grains orageux.

Par contre, coupant de nombreuses lignes internationales du fait de son déplacement septentrional, elle pourrait empêcher certaines liaisons aériennes tout ou partie de l'année, plus durement que ne le font aujourd'hui les cyclones tropicaux : aucun pilote n'accepte de partir pour un vol s'il n'est pas sûr de traverser sans danger une zone orageuse, et les passagers se lasseront rapidement d'une desserte épisodique de certaines destinations.


Il sera sans doute possible, la plupart du temps, de trouver une route alternative moyennant un long détour  mais il faudra pour cela brûler beaucoup plus de kérozène. Et on doute que l'argument soit suffisant pour industrialiser un nouveau Concorde, qui pouvait voler au-dessus des soucis météorologiques.

Au-delà de la remontée du prix du baril, voilà un nuage de plus à l'horizon sur la route turbulente du transport aérien.

N-ième fantasme catastrophiste ? Depuis que nous avons écrit cet article, nous sommes tombés par hasard sur celui-ci, intitulé le vol 447, piégé par un climat qui se dégrade d'année en année :
Selon le météorologue, depuis la fin de l'année dernière, le secteur est anormalement plus actif depuis quelque temps. Le mur de nuages qui s'étend de l'Amérique du Sud à l'Afrique recouvre l'Atlantique. C'est ce phénomène qui est à l'origine des fortes pluies qui ont frappé le nord et le nordeste du Brésil depuis la fin de l'année dernière.

"Nous n'en connaissons toujours pas la raison, mais une quantité anormale d'énergie est déversée cette année dans l'atmosphère
, rappelle Azevedo Santos, professeur du département de la météorologie à l'UFRJ et coordinateur du projet Cyclones de l'Atlantique Sud.
Le site où cet article est publié est celui d'une publication à destination des professionnels du tourisme : le risque semblerait donc être pris au sérieux.
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commentaires

E
Il est en effet attendu que la zone de convergence intertropicale (ITCZ) voie sa taille, son altitude et son activité croître dans les décennies qui viennent ; nos avions de ligne n'étant pas conçus pour traverser, et encore moins pour survoler des nuages d'orage de violence croissante, il y aura effectivement des détours à faire pour éviter ces zones. Le survol des terres restant moins dangereux, l'Afrique et l'Amérique du Sud resteront accessibles moyennant des surcoûts. En revanche, l'Indonésie et l'Australie risquent de voir leur trafic aérien faiblir fortement. S'il se confirme que l'Airbus presque neuf s'est désintégré en vol sous la pression des éléments naturels conjugués, je pense également que les décisions de contournement vont être vite prises - l'Aéropostale a perdu suffisamment de pilotes dans cette zone.
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F
Risque à prendre au sérieux? Rien qu'en France il faudrait faire une minute de silence tous les 15 jours (toutes les semaines il y a 20 ans) pour les tués de la route. J'ose même pas imaginer le nombre de morts sur les routes dans le monde entier. Ca doit se chiffrer en heure de silence par semaine...
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A
<br /> Nous ne considérons pas la question de la létalité mais de la poursuite du transport aérien dans certaines zones.<br /> <br /> L'aéronautique civile applique le principe de précaution depuis longtemps : s'il y a un risque avéré, il est hors de question de le prendre, même si "seulement" quelques avions risquent d'en pâtir.<br /> La sécurité quasi-absolue est un des fondamentaux du développement du transport aérien civil. Si des études ultérieures confirment donc que l'accident du vol AF447 risque de se reproduire, on ne<br /> traversera plus le pot-au-noir en avion, c'est aussi simple que cela.<br /> <br /> <br />